‹ Mission archéologique en Arabie (volume 3)Chapitre 74 sur 136 · CI H · texte numérisé non relu

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INSCRIPTIONS MINÉENNES ET GRÀFFITES LIHVANITES. 257

suffixe et il faut probablement le regarder comme un n parasite (1), fréquent à 1 état construit. On traduira donc, en observant les lois de la grammaire . « ont consacré les enfants de Wadcl » en considérant Wadd peut-être comme un nom propre de personne (2). — -[m)rn; sur l’estampage, on ne distingue pas les deux dernières lettres, m, que nous restituons d après la ligne 7, mais sans preuve certaine. On a proposé de l’expliquer par mn -j- 2 « qui est dans Harrah » et il ne répugne pas d’y voir un des nombreux ^ des géographes arabes; 011 sait qu’il y a un Harrah tout à côté de Médâin-Sâleb. Il serait aussi plausible d’y voir un nom de localité et de le comparer avec l’arabe de Yâqût (I, 498), nom de lieu dans le Iledjaz.

L. 3. — ùnhsi n’est pas traduit dans Millier; Halévy, Hommel et Mordtmann proposent d y reconnaître le mot^yU. Parmi les nombreuses significations qui lui sont attribuées : « grand plat, coupe, table de marbre, d’or ou d’argent, disque du soleil, nom de dignité », on croit I rouver un sens propre à notre passage. On songe, par exemple, à un objet offert aux dieux de Ma'în : un plat d’or (assyr. pasMru) ou une table de marbre, comme en d’autres inscriptions on parle d’encensoirs ou de statues d’or offertes à la divinité. Mais a aussi le sens de poste militaire : « Manipulus militum qui e præsidiis conftnium excurrunt in ho stem ad eum persequendum » (3). C’est d’après ce sens que nous proposons, sous toutes réserves, de voir dans imns un verbe dont hSkSn serait le sujet et nous traduirions : « les dieux de Ma in ont agi pour lui comme ses fâtûr », c’està-dire « comme une escorte qui protège une caravane en des endroits difficiles ». Le verbe ins serait à la 2e ou à la 3e forme, ps ou yli. — | irn îoittnt, nous- proposons de traduire : « Sur mer et sur la route des caravanes » (4). On peut voir dans Mordtmann ( Beilràge ) le résumé des autres explications proposées. Le dernier mot de cette ligne commence par rus* ; la dernière lettre lue n n’est pas sans analogie avec S ou G.

(1) Nielsen, Neue Katab. Inschr., p. 49 ss.

(2) A travers les incertitudes philologiques où se meut encore l'épigraphie sabéo-minéenne, on serait assez tenté de se laisser guider ici par des considérations d’un ordre différent. Or en toule l’aire sémitique septentrionale, dont les concepts religieux et les usages linguistiques nous sont mieux connus, on ne voit pas d’exemple d'un nom de dieu important — tel que l'est le 71 des Minéens — employé purement et simplement comme nom propre d’un particulier. Nombreux au contraire sont les exemples de clans, de peuples ou d’individualités se désignant eux-mêmes comme « fils, "02, », ou bien « peuple, üÿ » de leur divinité. Cf. W. H. Smith, Kinsliip and Marriatje , II, p. 240. Tout compte fait, c’est donc au sens de Wadd divinité que nous donnerions ici la préférence.

(3) Freytag, Lcxicon ar. lut . ; cf. Lisân et Tâg el-'Arous.

(4) 'Attar est « seigneur de la mer »; cf. Glaser, Die Abessinier..., p. 37, note 1.

MISSION EN ARABIE

L bNIStth n’offre pas de difficulté. La première lettre du mot suivant

est fort probablement un S, répondant àÿ « maître ou seigneur ». — at*n ; probablement nom de lieu : ou des géographes arabes (1)

(Millier et Mordtmann). — pi « et si ». Le mot suivant a été diversement interprété. Millier et Jlommel lisent inn et regardent ce mot comme faisant un tout avec celui qui précède : mn| pi, et si (2). Mordtmann lit : T | an ; mais les deux derniers traits paraissent trop rapprochés pour représenter les deux jambages du " minéen. Nous mettons donc la barre de séparation devant le iod du verbe suivant. La lecture n’en reste pas moins embarrassante, car le signe qui précède immédiatement la barre de séparation ne paraît pas être un iod; les traits visibles sur l’estampage donnent l'impression d’un il*, d’un n ou d’un ! ; on lirait donc itfan, NCn ou icn. — Le verbe en arabe n’a pas le sens passif mais actif : « corrompre

l’esprit, mutiler un membre, ne pas rester en un endroit », par conséquent « s’éloigner ». Ce dernier sens conviendrait sans doute à notre passage, à cause du mot suivant qui doit être lu p = avec Mordtmann, au lieu de an lu par Hommel. L’estampage ne laisse aucun doute à ce sujet. Les deux dernières lettres, Nn, sont certaines.

L. 5. — 1!7.X\ L’incertitude sur la dernière lettre de ce mot n’est point complètement levée par notre estampage ; pourtant le iod proposé par Müllcr n’est pas clair; on ne distingue pas la boucle supérieure et la hampe intérieure infléchit légèrement vers la gauche. C’est la raison pour laquelle Mordtmann a cru distinguer un 7. La lecture 73.7N parait plus plausible que ixtn. — Le n final du mot suivant est à peu près sûr d’après l’estampage : nsbn; le mot a été traduit par « reine », dans Epi g. Denkm., où, à ce propos, on rappelle la mention, dans les inscriptions cunéiformes, de deux reines des Arabes : Samsi et Zabibi. Il ne serait donc pas surprenant de rencontrer le nom d’une reine chez les Minéens (3). Toutefois, le sens de « reine » est mis en doute par Mordtmann, qui préfère la signification de « propriétaire, maîtresse ». — Le mot qui suit p a été lu pin « ville », par Millier, et pm par Mordtmann. Sur notre estampage, nous distinguons clairement les deux dernières lettres, et la première semblerait être plutôt un i qu’un n. On lirait alors « Buhrân » (4). — ûnitfS, certain comme déchiffrement, semble résister à toute interprétation. Pour Mordtmann, il

(1) Cf. Yàqût et Harndâny.

(2) Cf. Sücl-Arab. Chrest., p. 54.

(3) Hommel, Aufsütze..., p. 12.

(4) Yaqüt, I, 498. est une localité dans le Hedjaz.

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représente difficilement un nom propre dont l’équivalent ne se trouve pas en aiabe. Il serait peut-être possible de considérer ce mot en rapport avec ce qui suit, de manière à commencer ici une nouvelle phrase. L’emploi de 3 Pour <( et » n’offre pas de difficulté, DCÛr pourrait représenter pw,

-U-, etc., ou toute autre combinaison provenant de trois ou quatre racines différentes, p», U~>, p. L’état actuel de l’inscription ne permet

pas de déterminer le sens qui conviendrait ici. — ■jnjra est d’une lecture certaine. Comme le a peut être conjonction, le mot n’est pas nécessairement un substantif représentant par exemple ; il est possible de le regarder comme un imparfait du verbe « secourir ». La dernière lettre de la ligne est vraisemblablement un ï.

L. 6. — pin b: « quiconque ». Le mot suivant, lu pjwi par Muller, est déchiffré p~y par Mordtmann. L’estampage parait confirmer cette dernière lecture. Le verbe pli’ dans CI H., 72 2, a été traduit par « indulgere ». Peut-etre pourrait-on lui reconnaître ici le sens de « donner en cadeau ». □tt-brus* « leurs ornements ». S’agirait-il d’un présent fait à la divinité?

L- 7- — - mm. On serait porté à reconnaître à ce mot la même signification qu’à la ligne 3.

Inscription sur une pierre encastrée dans le mur méridional du qala'ah, à 1 extérieur, à une hauteur de O"1, 50 environ; elle mesure O"1, 47 sur O"1, 22;

Fig. -106. — MédIin-Çâleu. Inscription minéenne, n° 4.

hauteur moyenne des lettres : 0,03; 4 lignes tronquées. Inédite. Estampage (pî. X) et copie (fîg. 106).

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. • . .23 | apjn | rnis ï | n. . .ï | irma | jn. . . 2

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