‹ Mission archéologique en Arabie (volume 3)Chapitre 81 sur 136 · Qu' Allah le rende prospère et heureux · texte numérisé non relu

Qu' Allah le rende prospère et heureux

L. 1. — nom propre fort connu en nabatéen. — plïN. Ne serait-

ce pas une épithète décernée à 'Abdmanàt? On prendrait le mot pour une forme élative, « très juste, le plus juste ». On pourrait aussi le re¬

garder comme un verbe, dont le sujet serait nSn et dont le régime serait constitué par les deux noms mysi mais. Considéré comme verbe, pTïs signifierait « perfectionner, assurer ». On traduirait alors le graffite : « 'Abdmanàt. Qu’ Allah assure sa prospérité et son bonheur! »

L. 2. — ruais. Le mot sé trouve plusieurs fois en lihyanite, accompagné de mytr, comme dans notre graffite. Cf. Epig. Denkm ., 4 4; 8 3; 23 7, 8; 25 4; 26 5, 6. On traduit par : « son succès et son bonheur ». Entre les deux termes de cette expression consacrée, nous constatons ici la présence d’un mot, nSn, lequel pourrait, à la rigueur, répondre à l’arabe *3 U. « sa situation, son état ». Mais on remarquera que nM n’est point précédé du i, ce qui serait nécessaire s’il était sur le même rang que niais. De plus, nSn peut être considéré comme composé de n, l’article, et de ni, nom divin; de sorte que nln égale Allah; cf. Littmann, Sem. Insc., p. 113.

A quelques minutes du précédent, à l’orient du massif principal de Médâin-Sâleh. Copie (pl. XXX).

imnn Hamzatar.

Nom nouveau, gravé sur le rocher à côté d’un chameau.

Nn 10.

A côté du précédent. Copie (pl. XXX).

...s | naciaux Awsmanât...

naaiiNs est un nom propre qui nous parait être composé de ÎSR équivalent de l’arabe « cadeaux », ou de ^5 « fondement » et de naa, la divinité de ce nom. Pour le nom propre isx cf. Epig. Denkm., 6, 1 ; 46. Le nom est d’un usage très fréquent en arabe; on trouve aussi lux Dor., p. 226. Une de nos copies porte nam\s.

Nu 11.

Même région. Copie (pl. XXX).

~..:sira

lia | ...

Le nom propre est illisible. On remarquera cependant le mot lia, si fréquent en sabéen comme nom de dignité.

INSCRIPTIONS MINÉENNES ET GRAFFITES UIIVAMTES.

Dans l’intérieur du grand massif. Copie (pl. XXX).

iapm 1 “air | p | narmS Par Ali' ah fils de Simâk hamuqabbir.

3.KHK répond à l’hébreu inpis , I Beg., 16 28, etc.; on l’interprétera par Ahi’âb; voir ZDMG., XL, 172. — pair est à rapprocher de l’arabe CfT'U-; cf. Ibn Don., 263; Kit. el-Ag., X, 85. — *apon. Le signe que nous rendons par p porte deux tirets au-dessus du cercle , alors que régulièrement le p n’en a qu’un. On pourrait donc se demander si notre signe ne représenterait pas une autre lettre, un y par exemple. Mais comme la forme, dans son ensemble, rappelle celle du p, nous lui donnons la valeur de cette lettre jusqu’à ce que de nouveaux textes aient contribué

à élucider la question. Le mot lapa sera rapproché de l’arabe jJb, ou qu’on traduira par « enseveli » ou « ensevelissant », suivant qu’on le prendra pour un actif ou un passif. Sur l’emploi de n pour l’article, voir Epig. Denkm., 24; 23 7, etc.; ibid., 14 9, on trouve Snpnn répondant probablement par sa forme à lapon; cf. également 35 2-3 iap:n.

L’intérêt de ce graffite consiste en partie en ce qu’il est gravé deux fois, sur deux lignes parallèles. Dans la deuxième ligne, la forme des caractères est plus franchement lihyanite.

Dans la même région. Copie (pl. XXX).

a El ’ ah .

sera interprété par : « El est père ».

Même région. Copie (pl. XXX).

p | q-p2 Modal : fils de

12T» Zadbar.

La lecture de ce graffite est un peu douteuse.

Même région, un peu plus au sud. Copie (pl. XXX).

yna. .

Rien à tirer de ce graffite incomplet.

A côté au précédent. Copie (pl. XXX).

Fin d’un mot avec le commencement d’un autre.

A l’entrée du gebel Ettib, à l’est du Diwân. Copie (pl. XXX).

^rpoya 131

Nous ne saurions dire si le graffite est complet; le commencement paraît avoir disparu. Le dernier mot pourrait être interprété St pays « à 'Amyaliil », en donnant au kaf la signification de à qu'il possède en sabéen et en considérant le nom propre comme étant composé de Dy et du verbe Stp qui pourrait être pris comme un verbe dénominatif de « force » ; à la deuxième forme signifierait « fortifier ».

N° 18. Dans le défilé de Mabrak en-Nâqah ainsi que les seize numéros suivants (pl. XXX).

narine Mahatgat.

N° 19 (pl. XXX). nSarn Wahablât.

nSam est à comparer avec nSam, Epig. Denkm., II, 1 ; IV, 1 ; XXVII, 1, 61. Ici nous avons la déesse Làt; cf. DM., Mission, 30, 62, 141, etc.; Littmann, Sorti. Insc., p. 116.

N° 20 (pl. XXX). ■j'ip | nSiNl Wâ’ilat Qayzân.

est un nom bien connu en nabatéen. A comparer aussi Ski dans Epig. Denkm., 1 1; 21 4. — ]~ip pourrait être un surnom. En arabe, signifie « doux au toucher », et « une colline de sable »; mais ce

dernier mot n’a qu’une ressemblance matérielle avec 'j'Pp, auquel nous comparerions plus volontiers jbâ.

N° 21 (pl. XXX). i~n: ~h'jt

On ne saurait dire si le mot est complet adroite. Nahzar serait-il un nom propre?

N° 22 (pl. XXX). p^awn

33n pourrait être assimilé à « pèlerins » et alors le mot suivant

désignerait le nom du pays. De nos jours on dit Hagg es-Sâm pour indi-

INSCRIPTIONS MINÉENNES ET GRAFFITES IJIIYANITES.

quer les pèlerins ou le pèlerinage de Damas ou de la Syrie. Mais aan peut aussi être un nom propre répondant à ; cf. Ibn Dor., p. 77, 187, etc.;

i aqdt , I, 583; lî, 443, etc. Les trois lettres suivantes, £32,, seraient alors interprétées : p « fils de?... »

N" 23 (pl. XXX). pton ffay’alân.

Doit-on prendre ce mot pour un nom propre signifiant « Vie de notre dieu »? ou est-ce une simple exclamation à comparer avec l’exclamation de chaque instant des Arabes modernes : Plagiat Allah « (par) la vie d'Allah »?

N" 24 (pl. XXX). nniiSn El-Sarah.

Nom fréquent dans les inscriptions sabéennes : « El manifeste ou éclaire ».

N" 25 (pl. XXX). I n£l

nm se rencontre déjà comme nom propre en lihyanite ; cf. Epig. Denkm., 60, 68. — smo. La dernière lettre est un peu douteuse. On pourrait peutêtre rapprocher le mot de la racine arabe « décortiquer ».

N° 26 (pl. XXX). i*irv>n | pii Ridwân Maylawy.

pii doit être comparé à l’arabe On sait combien est fréquent, en

sabéen, l’emploi de lii dans le sens de « grâce, faveur ». — in'D. Le iod est marqué comme douteux sur une de nos copies et on ne saurait dire s’il constitue la dernière lettre du mot, ou s’il était suivi d’une autre consonne. A le prendre tel qu’il est, on peut le considérer comme un relatif désignant le pays d’origine de Ridwân. Dans ce cas, malgré la différence de n et de on serait tenté de le comparer avec l’arabe nom de

lieu dont le relatif est cf. David an y, 215 14; 257 1, 3.

N" 27 (pl. XXX). aSiP Paix.

En lisant ce graffite, on pense tout de suite au ou DlSü? « paix », plutôt qu’à un nom propre ou

N° 28 (pl. XXX). abü

Même mot que le nu 27.

N° 29 (pl. XXX). naSir Paix.

De nos jours, certains bédouins, les Azâzmeb par exemple, aiment dans leurs conversations à redire souvent : « beaucoup de paix ».

Peut-être pourrait-on voir aussi dans ce mot un nom propre répondant à l’arabe •

N° 30 (pl. XXX). ]DHn Huday'mân.

■jniin, nom propre à rapprocher de l’arabe cf. Ibn Dor., p. 219.

N" 31 (pl. xxx). rmSN

N° 32. | N2"l Raha’

□I2?n | p fils de Hisâm.

N'2i, nom propre à rapprocher peut-être de la racine arabe -'•O « observer, être élevé ». — DUin peut être comparé à l’arabe ou cf.

Ibn Dor., 60, 70; Yaqut, III, 888; ou Yaqüt, 1, 534, etc.

N° 33. ’jaSir 2m Soleiinân a souhaité la bienvenue.

nm peut être un nom propre de lieu; cf. Nielsen, Neu Kalab. Inschr., p. 3. Mais il serait possible aussi d’interpréter ce mot comme étant l’équivalent du verbe arabe « souhaiter la bienvenue ». C est Selmàn, ou

Soleimân, qui souhaite la bienvenue aux voyageurs. Sur ces formules eu safaïtique servant à exprimer des souhaits v. DM., Mission..., p. 111. On sait combien fréquemment est employé le mot chez les Arabes ac¬

tuels, pour souhaiter la bienvenue, ou simplement pour saluer quelqu un.

N° 34. ~'J'2 2 D’biS 12n Hafan Alim ( fils de?) Ma 'ad.

pn est le nom d’un roi de Ma in; cf. Hommel, Sïid-Ar. Chrest., p. 130. — diSn doit-il être comparé à l’arabe « douloureux »? dSn ligure comme un nom propre en sabéen ; cf. Hommel, Süd-Ar. Chrest., p. 129. — Après lpSn vient un signe qui n’est pas sans analogie avec un 2 safaïtique. Seraitce le commencement du mot p « fils »?

ïÿD est à comparer avec le nom propre masculin 2l*.= ; cf. Hamdany, 54 19; 204 1; Ibn Dor., 267.

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