GR A F FIT ES TAMOUDÉENS
§ III. — Graffites tamoudéens.
1 (pl. XXX). — Copié par IIu ber {Journal..., p. 418) et par Euting. La copie de ce dernier nous est connue seulement par le travail de M. Littmann, Zur Enlzifferung der thamud. lnschriften, tab. XI, n° 772 et p. 36. Notre copie concorde avec celle d’Euting contre IIu ber qui a reproduit différemment les trois premiers signes. Du
reste, nous avons rapporté un bon estampage (fig. 1 08) qui confirme la copie. Nous proposons de lire :
rumny ron ïpb p Ceci est Laqad fille de ’Abdmanât.
p. Le premier signe est lu n par Littmann; mais nous croyons pouvoir lui attribuer la valeur de za (ou de dal) en nous appuyant sur les nos 31, 68, 112,
125, 139, 143, 144, etc., qui écartent définitivement de ce signe la valeur à'alef ou de dad (1 ) pour le déterminer à celle de za (ou de dal). De ces deux dernières lettres quelle est celle qui est spécialement représentée par ce signe? La question restera peutêtre pendante, croyons-nous, jusqu’à ce que de nouveaux documents permettent de donner une solution définitive à ce problème (2). Pour le cas présent, nous pencherions à lui reconnaître la valeur de za, en lisant ce premier mot p « ceci », que nous proposons de comparer avec le pronom démonstratif sabéen jj ; cf. Hommel, Süd-Ar. Chresl., p. 13. Voir ci-après les nos 50 et 149 (3). — ïpb, lu T2pS par Littmann ;
(1) Voir à ce sujet les hésitations de Littmann, Zur Entzifferung.. . p. 36.
(2) Il faudra tenir compte de ce fait que dans les n0B 4, 9, 149, nous avons un signe spécial pour rendre le dal. Par conséquent, dès maintenant, toutes les probabilités — pour ne pas dire la certitude — sont pour l’identification de ce signe avec le za.
(3) Une étude plus approfondie de ce texte nous porte ainsi à re¬
noncer à notre première interprétation proposée avec beaucoup d'hésitation dans RB., 1 908, p. 248, où nous avons transcrit le premier mot par Que le pronom démonstratif soit écrit avec s a au lieu Fig- 108.— Grafhtelamoudéen,
de dal, cela n’a pas lieu d’étonner au point de vue sémitique. De
nombreux exemples, en effet, confirment ce procédé. Toutefois, on peut se demander pourquoi le larnoudéen a un za, alors que nous voyons un dal en sabéen et en minéen. Faudrait- il ex-
les deux premières lettres ne sont pas douteuses, mais la troisième est difficile à déterminer. Le même signe se trouve aux nos 15, 20, 51, où nous croyons pouvoir lui attribuer la valeur de ï, non point sans hésitation, mais en nous appuyant toutefois sur la réelle ressemblance qui existe entre ce signe et le dad ordinaire, dont il ne se différencie que par quelques rayons ajoutés au cercle en guise d’ornementation. On constatera cependant que les mots tamoudéens lus de cette façon ne s’expliquent pas tous aisément. En admettant pour le dernier signe la valeur de r/ad, on lirait ce mot ïpb; cette lecture modifierait alors celle du mot nabatéen w'ip'i ou irp'i dans lequel la dernière lettre ne parait cependant pas pouvoir être lue sad. Comme le darl arabe peut répondre à un s ad nabatéen, il résulterait d une lecture ïpl l’équivalence des deux noms propres tamoudéen et nabatéen, car le changement du T en S est facilement admis en sémitisme (1). — Nous nous écartons de Littmann pour l’interprétation des deux mots suivants. Au lieu de nin~U5m p, nous lisons, en nous appuyant sur le texte nabatéen, mmasr ma « fille de 'Abd-Manât ».
1 bis (pl. XXX). Ce graffite et les six suivants se trouvent dans une fente de rocher, aux abords du Diwàn, à Médâin-Sâleh (fig. 20G). Ils ont été copiés par Hubcr et par Euting (2).
aunS D'j: S>s pin Ùa'bàn el-Naam à Habib.
Notre lecture, qui s’écarte de celle de Littmann pour le premier mot, repose sur une interprétation différente des deux premières lettres. Elle
pliquer celle différence par une variation dans la prononciation vulgaire qui aurait simplifié dal en za, laquelle prononciation aurait été simplement reproduite dans ces graffîtes, qu'on pourrait appeler populaires ?
(1) Dans la Revue biblique , 1908, p. 248, nous avons proposé la lecture cpS, à laquelle nous
étions arrivés par une série de déductions. Nous avions constaté une certaine ressemblance entre le signe qui nous occupe et le signe sabéen $r, équivalant au d hébreu, au ^ arabe et transcrit simplement par s (cf. Homyiel, Süd-Ar. Chrest., p. 4, 5, 10; ZDMG., XLVI, p. 528). Le mot étant lu DpS, on pourrait se demander s’il ne répond pas au nabatéen xi'pS ? H ne semble pas qu’il y ait répugnance à ce que le s sabéen représente le nabatéen. On ne saurait nier l’équation de JA- avec ^ arabe et d hébreu ; par exemple le nabatéen ■jyü? = y» Ll. — lyo. De plus, on admet le rapport de JA- = comme dans tnc = lui, et Serait-il téméraire
de dire que s sabéen répond parfois à JA' nabatéen? tl ne le paraît pas. Dans 1 inscription d’en- Némâra, MM. Dussaud et Macler, après M. Clermonl-Ganneau, ont remarqué la disparition du samek remplacé par S*lS ©3 pour S*lbD2. {Mission..., p. 320 et 322). N’aurait-on pas le même phénomène dans l’inscription de Médâin-Sâleh ?
(2) Durer, Journal..., p. 425. — Pour Euting, cf. Littmann, Zur Entzifj'erung der thamud. Inschr., pl. XI et p. 50 n“ 722.
GRAFFITES TAMOUDÉENS. o7 j
CtSrS:r! r58^16 61 Peu‘ S’aPPu5'eI's“r le »Ppr«hement avec ,U I ^ (Kit. el-Açj., II, 27). Peut-être faut-il supposer p ,< fils » après
‘.a ban; on sait que dans l'usage actuel des nomades le mot « Ms „
dalles généalogies est remplacé par l'article J!; „„ dit par' exemple’ Ç ■ rt , au lieu de JU ^1 J k. — Le mot 3,3n est à comparer à
l’arabe v
2 [Eut. 790)
]bs
Et moi un tel.
iSs, lecture plus probable querelle de F/g proposée par Littmann, car la dermere lettre est semblable au , de p. La deuxième lettre doit être regulierement un S. Nous lisons donc )Sb, équivalent de .Si « „n tel » signification un peu vague, qui pousserait à chercher si sous les apparences du 7 ne se cacherait pas un , ; et en fait le , présente cette forme dans la table alphabétique de Littmann. ,T3 répond à l'arabe Jjÿ, nom propre d un cheikh de la tribu des 'Achvàn. On connaît aussi jl>, u„ des prin cipaux membres du clan des F&iz, et enfin on trouve le nom propre dans Kit. el-Ag., XV, 141-143. 1
3 [Eut. 790),
nnrus nsrs nrn
J ai salué lAt et Gatamat.
T\V peut être rapproché de l’arabe w-, ou ^U, tous les deux de la racme ^ dlsPuter >;; 011 pourrait aussi penser à « orgueilleux » de la racine j&. - Le 2 en tamoudéen répond à la préposition J et signifie « dans, auprès, à » ; cf. Litt., Zur Entzif., nos 16, 17, 37, 38, 50, etc.
- nanÿ, à rapprocher de la racine ^ ^ « grande chaleur >,. La lettre
initiale pourrait être aussi un d (?), d’après la table alphabétique dressée par Littmann. naro serait à comparer avec l’arabe klxf, nom de tribu Yaqut, III, 90; IV, 119, etc.
4 [Eut. 789). s SÎ7S mil J’ai salué 'Adil et...
Pour les deux derniers signes, notre copie concorde avec celle de Huber, contre celle d’Euting. — bïy est à rapprocher de l’arabe J As « réprimander ». On pourrait aussi lire cependant la dernière lettre paraît être un i. destiné probablement à marquer le commencement d’un autre mot qui n’a pas été écrit.
5 [Eut. 788). ira ru yj n vj: Naâmat de la tribu de Mas[?).
HU7J semble répondre à l’arabe kUi, Yaqut, I, 118, 714; Ibn Doreid,
p. 17 1. — p égalerait la préposition arabe — ©a ru; l’interprétation reste douteuse : tribu de Mas?
MISSION EN ARABIE
6 (Eut. 787). nnnÿi Et Gatamat (v. n° 3).
7 (Eut. 787) Dïrs rmi fai salué ' A sdm.
pyy peut être comparé à 1 arabe ou à c^- ^ üstknfklu, Regis-
ter ; Kit. el-Ag., VII, 118.
8. A l’intérieur du gebel Etlib, ainsi que le n° 9 (pl. XXXI).
yiyiS Par Yagîd.
ÿ,ÿ,. nom propre nouveau, sur le type -'-po, ou forme verl)ale de l'imparfait. On peut le rapprocher de la racine arabe « décroitre, diminuer ».
ta y n 37 Dabahsat
Comparer l’avant-dernier signe avec un signe identique dans le n" 57 qui paraît bien devoir être lu '.
10. Ce graffite et les trois suivants ont été relevés au milieu des graffites nabatéens qui encadrent les stèles situées au sud du gebel Et lib (pl. XXXI).
-pSS 77(l)
Salut à
Laqad.
Spirs
A Saqil
nir ?b
Lasal (?)
nbws 77i
Salut à
'A salai
nSw, cf. l'arabe J-~ Yaqüt, I, 728.
iniü nnnÿ
Gatamat de Summag.
nnnÿ, cf. nos 3, 6. — - îotir est à rapprocher de l’arabe nom d un
ouàdy du Hedjaz (Yaqüt, 111, 130), ou localité dans la même région
(Yaqüt, III, 153).
14. — Dans le grand massif de Médàin-Sâleh ainsi que le n° 15 (pl. XXXI).
Smb A Rahil.
Cf. arabe « brebis ».