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CHAPITRE III

QASR HARÂNEH

L’ensemble des constructions de qasr Harâneh (pl. XXIII) forme un quadrilatère, presque un carré, mesurant en moyenne 36 m. 50 sur les côtés nord et sud, et 35 m. 45 sur les deux autres côtés (1). Au premier coup d’œil, on a l’impression de se trouver devant une forteresse. Cette masse imposante flanquée de tours et percée à peu près uniquement de meurtrières indique un lieu de refuge d’où il était facile de surveiller la plaine environnante et de tenir l’ennemi en respect. Nous eûmes 1 occasion de l’expérimenter quand, le 23 mars 1912, pendant que nous travaillions à l’intérieur, un gazou ayant fondu sur nos Arabes en train de faire paître leurs chameaux, il nous suffit de tirer quelques coups de fusils, du haut des murs, contre les agresseurs qui s’avançaient à découvert, pour briser leur élan et les obliger à aller chercher un abri dans le lit de l’ouâdy voisin. Le bédouin n’aime pas à passer trop près de ces murs, derrière lesquels il soupçonne toujours quelque ennemi caché, et quand il est obligé d en approcher, il glisse toujours préalablement une cartouche dans sa carabine.

L’état de conservation du château laisse sans doute beaucoup à désirer; néanmoins il est plus que suffisant pour donner une juste idée de ce qu’était le monument. On pourrait môme dire que celui-ci subsiste encore presque dans son entier, car les dégradations qu’1! a subies durant le cours des siècles n’en ont fait disparaître complètement aucune partie. De nombreuses voûtes de chambres se sont effondrées, mais tous les appartements sont reconnaissables et en grande majorité debout (pl. X1X-XXII).

Le mur d’enceinte est conservé à peu près dans toute sa hauteur par-

(1) Voir les mesures exactes et détaillées inscrites dans le plan.

tout, sauf vers l’angle nord-ouest, où peut-être il ne fut pas achevé. Il manque a cette muraille un couronnement ; mais rien ne prouve qu’il ait jamais existé. L’absence de matériaux ruinés, au pied, induirait plutôt à conclure le contraire. On aurait raccordé le sommet, tant bien que mal, avec les voûtes des chambres, ainsi qu on le verra a Qeseir 'Amra, et comme cela se pratique encore aujourd’hui assez couramment dans la construction des maisons arabes aux environs de Jérusalem.

La construction vaut d’être notée, car elle est caractéristique (pl. XIX, 1). Elle est formée de grosses pierres mal équarries, appareillées le plus souvent par leur petit côte. Les lits d’assises sont régularisés ensuite avec des pierres de dimensions beaucoup moindres, posées à plat et avec du mortier employé à profusion. On a obtenu de la sorte des assises dont la hauteur varie entre 0 m. 55 et 0 m. 58. Le tout était recouvert d’une épaisse couche de mortier qui subsiste encore en très grande partie, surtout à 1 est. Par suite du tassement de la construction, le crépi a craqué paitout dans le sens des lits d assise horizontaux et présente une série de aiges bandes correspondant à la hauteur des assises. Sur la face ouest, continuellement battue par les pluies d hiver, ces bandes ont fini par se désagréger, et sur ce point mieux que sur n’importe quel autre, on peut se rendre compte de la structure et de l’appareillage (pl. XIX).

La première ligne d'ouvertures dans le bas, sur les quatre faces du monument, mérite plutôt le nom de soupiraux que de meurtrières. Ces trous, hauts en moyenne de 0 m. 50 à 0 m. 60 et larges de 0 m. 25 ne s évasent presque pas du tout à l’intérieur, et donnent dans les chambres du rez-de-chaussée à 3 mètres environ au-dessus du sol. Il faut y voir très vi aisemblablement de simples trous destinés à laisser pénétrer un peu d’air et de lumière à l’intérieur des chambres.

La seconde ligne de jours, au-dessus des précédents, est cette fois une ligne de meurtrières, mais d’une souveraine incommodité. On se demande comment on pouvait lancer des projectiles à travers ces trous si étroits qui n’avaient pas plus de 0 m. 20 de large à l’intérieur des salles. Ils se trouvent dans celles-ci à 1 m. 25 au-dessus du sol.

A l’extérieur, toutes ces ouvertures ont été décorées assez élégamment, et a peu de frais, avec du mortier moulé en forme de briques. Le cordon qui court tout autour du monument, à une assise au-dessus des meurtrières, est du à une combinaison de matériaux analogues. C’est une série de ces briques de mortier, inclinées à 45» les unes sur les autres, et placées entre deux rangées de briques du même genre posées à plat, une rangée en dessous et l’autre au-dessus. La même décoration est répétée vers le

QASR HARÂNEH

milieu de chaque tour (1). Le mortier était excellent et il a bien résisté à l’action érosive des vents et des pluies, ainsi qu’on peut le voir d’après les photographies (pl. XIX et XX).

L’assise qui vient immédiatement au-dessus du cordon est identique aux assises du bas, mais après, surtout à l’est et au sud (pl. XIX, 1 et XX), c’est un autre appareil et un autre genre de pierre. Tandis que dans toute la partie inférieure on a généralement fait usage d’un calcaire gris et dur, ici on a un calcaire plus blanc et très tendre qui rappelle la pierre nârv du Mont des Oliviers. Les blocs sont plus petits que dans le bas, peut-être encore plus irréguliers, rarement placés de champ et noyés dans le mortier. Au premier abord, on serait tenté de croire à deux époques distinctes ; mais l’examen des appartements intérieurs n’est guère favorable à cette hypothèse (2). Probablement, comme on employait pour les voûtes cette nouvelle espèce de pierre parce qu’elle est plus lég’ère et fait mieux corps avec le mortier (3), on s’en sera servi aussi pour bâtir la partie correspondante des murs extérieurs. On notera que sur la face ouest, tout le mur, du haut en bas, présente partout le meme aspect, sauf au sommet, vers l’angle sud-ouest, où nous retrouvons le même appareil et la même pierre que nous venons de constater à cette hauteur sur les côtés est et sud (pl. XIX, 2).

Il y a une tour à chaque angle et une autre sur chaque face, vers le milieu. Toutes ces tours sont pleines et ont été construites pour le coup d’œil et non pour la défense. Elles donnent en effet du caractère à cette masse et constituent sa principale décoration extérieure. Elles contribuent en même temps à la solidité du monument en remplissant 1 office de contreforts. Les tours d’angle correspondent aux trois quarts d’un cercle. Elles sont tracées avec un rayon de 1 m. 25 à 1 m. 30 et le centre de la circonférence occupe le point où se recouperaient les parois extérieures si le quadrilatère était fermé sur les angles. Les tours élevées sur les côtés comprennent un demi-cercle et ont le même rayon que les précédentes.

(1) Pour la disposition exacte de ces briques, le lecteur se reportera aux photographies et non point aux coupes dans lesquelles on ne s’est pas appliqué à dessiner le dit cordon.

(2) Voir cependant la remarque faite plus loin, p. 76, à propos de l’angle nord-est du château. S’il n’y a pas eu précisément deux époques distinctes dans la construction du château, il a pu y avoir cependant une interruption momentanée et il semble même que l’angle nord-est n’ait pas été achevé.

(3) Encore aujourd’hui, en Palestine, on emploie pour faire les voûtes des maisons, une pierre légère et très tendre, dans le genre de celle-ci, absolument distincte du calcaire dur utilisé comme pierre d’appareil.

Celle du sud présente une forme spéciale sur laquelle nous allons revenir.

Le château ouvre à peu près exactement au midi. La façade (pl. XX) n’offre rien de bien particulier en dehors de l’encadrement de la porte. Comme celle-ci était située au centre, là où nous avons une tour sur les autres côtés, il a fallu combiner la tour et la baie de la porte. On a tout simplement partagé la tour en deux, dans toute sa hauteur, ménageant entre les deux parties un espace de 3 m. 34 et l’on a placé l’entrée du château au milieu de cet espace. La tour ainsi coupée produit un singulier effet. On se fût attendu à la voir reproduite entière de chaque côté de là porte, ainsi que cela se pratique d’ordinaire dans les monuments de ce genre. L’ouverture a 1 m. 72 de large sur 2 m. 74 de haut; il y avait dans le bas un seuil en relief de 0 m. 19 qui a été arraché. Elle est surmontée d’un large linteau qui ne parait pas avoir été protégé par un arc de décharge.

A 2 m. 75 du sommet de la porte s’ouvre une fenêtre rectangulaire, et non point arrondie dans le haut, mesurant à l’extérieur 1 m. 12 sur 0 m.80. A 0 m. 57 au-dessus dé la fenêtre, il y a une ligne de palmettes en mortier qui se trouvaient placées dans un cadre, en retrait de quelques centimètres, comprenant toute la largeur entre les deux tours et haut de 1 m. 10 environ. On aperçoit epcore au sommet, dans les angles, le retour de la moulure en mortier qui délimitait ce cadre. Qu’est-ce qui venait ensuite ? probablement rien de particulier. Le haut des tours et du mur devait se terminer sur ce point comme sur tous les autres. En tout cas, actuellement, on ne distingue plus rien qui puisse induire à penser autrement.

La restauration que M. Musil a donnée de cette façade (1) sera jugée par trop fantaisiste si on la compare à la photographie (pl. XX). Toute la partie supérieure de cette restauration, à partir de la fenêtre, est en désaccord avec ce qu’on voit encore en place. Les tours, ou plutôt les demi-tours, ne sont point en encorbellement au-dessus du second cordon de briques, mais conservent le même aplomb. Elles n’étaient pas réunies non plus par un arceau de manière à ne former qu’une seule tour au sommet, ou bien alors il faudrait supposer que la naissance de cet arceau était située beaucoup plus haut, au-dessus des palmettes qui ne figurent point dans la dite restauration. Mais ceci est invraisemblable, étant donnée la hauteur du monument. Un examen, même sommaire, de la photographie, coupera court à toute discussion sur ces différents points (2).

(1) Arabia Pelraea, I, Moab, p. 297.

(2) Notons aussi que le second cordon en briques qui figure dans les élévations de

QASR HARANEH

La porte d’entrée donne dans un passage large de 3 m. 50 et long de 9 m. 15 qui vient déboucher sur une cour. Ce passage (pl. XXIX), très inexactement rendu dans les plans de M. Musil, est couvert par une série de cinq petites voûtes transversales, inégalement larges, venant s’appuyer contre autant d’arceaux qui ne reposent point sur des pilastres, mais prennent naissance dans les murs latéraux, à 1 mètre environ au-dessus du sol. On a déjà dans cette disposition un aperçu de la manière dont seront voûtées toutes les chambres. Ici les arceaux ne sont pas exactement en plein cintre, mais un peu brisés (pl. XXI, 2).

La cour mesure en moyenne 12 m. 65 du nord au sud et 12 m. 9o d est en ouest ; on peut donc la considérer comme carrée ainsi que le monument. Dans le îond (pl. XXI, 1), c’est-à-dire au nord, ouvrent trois portes, au ras du sol; sur chaque côté il y en a deux autres semblables (pl. XXII), plus une troisième aux angles sud-est et sud-ouest, loutes ces ouvertures étaient divisées en deux par un linteau de pierre. A proprement parler, il y avait même deux linteaux ou deux longues pierres placées de champ, l’une faisant face à l’extérieur, l’autre à l’intérieur, et séparées par une poutre de bois dans laquelle devaient être montés les battants de la porte. La plupart des linteaux sont tombés ou ont été arrachés pour servir de stèles dans le cimetière arabe créé en dehors, vers l’angle sud-ouest du qasr. Il ne reste aucune poutre de bois non plus, mais on peut aflirmei qu’elles ont existé jadis, à cause des traces indubitables que leurs extrémités ont laissées dans le mur, de chaque côté (1). Les trois portes donnant dans les trois grandes chambres ont 1 m. 26 de large sur une hauteur moyenne de 2 m. 20 ; la largeur des autres varie entre 0 m. 89 et 0 m. 97, Les baies au-dessus des linteaux mesurent toutes plus d’un métré de haut. Elles servaient pour l’éclairage et l’aération des chambres qui ne possédaient point d’autres fenêtres ; car on ne peut pas donner ce nom aux deux trous percés dans le mur du fond des grandes salles et dont le principal office devait consister à établir un courant d’air avec l’entree.

Au point de vue architectonique, toutes ces portes présentent dans l’arceau qui les surmonte une particularité digne d’être notée. En principe, on a voulu faire des arcs en plein cintre surhaussés, et le plus grand nombre présentent en effet cet aspect. Mais souvent aussi on a abouti à un arc brisé par suite de la méthode de construction plus apte à produire des

M. Musil, au-dessous des créneaux, est tout entier restauré, comme ceux-ci, et que nul part nous n’en avons noté la moindre trace au sommet des murs.

(1) Il subsiste encore un bout de l'une de ces poutres contre le linteau de la porte

la salle 37. Voir plus loin, p. 77 et pl. XXX, 3.

arcs brisés, que des arcs plein cintre. On n'est généralement arrivé à la demi-circonférence que par un emploi exagéré du mortier. Aucun de ces arceaux ne possède de clef de fermeture ni des voussoirs proprement dits. Lorsque les deux montants ont été jugés assez hauts pour la naissance du cintre, on les a inclinés peu à peu l’un vers l’autre, en faisant avancer et en relevant fortement en arrière par une épaisse couche de mortier les pierres plates employées en guise de voussoirs. Quand les bords de ces pierres se sont rencontrés dans le bas, on a muré tout simplement l’espace

laissé vide au-dessus et c’est cette bâtisse finale qui sert de clef (fig. S et pl. XXI, XXII). Le procédé peut manquer un peu- d’élégance et de solidité, mais il permettait de construire les arcs, à peu près sans cintrage, ce qui était précieux dans ce désert. On n’avait pas à se préoccuper de l’élégance, les pierres devant disparaître sous un crépi abondant; et quant à la solidité, elle était suffisante puisque ces arceaux n’avaient qu’un faible poids à supporter.

Les murs, à l’intérieur du château, présentent sensiblement les mêmes caractères de construction qu’à l’extérieur: abus d’appareillage par le petit côté des blocs, et régularisation usuelle des lits d'assise par de petites pierres et du mortier; le tout recouvert d’un platras épais, fendillé suivant la hauteur des assises. On remarque tout le long des parois est et ouest, au-dessus des portes inférieures, une entaille haute de 0 m. 50 et profonde dans le bas d une dizaine de centimètres qui existe aussi sur les autres cotes, mais au centre seulement. La ou elle s’arrête, à chaque extrémité, il y a en dessous, à 1 m. 75 du sol environ, des restes d’un arceau sortant du mur (pl. XXI). Ces débris se font face au nord et au sud et il est évident qu’ils étaient réunis jadis par une série d’arceaux. Il y avait donc une galerie tout autour sur le devant des appartements. Les entailles signalées dans les murs marquent l’endroit où venaient s’appuyer les voûtes qui reposaient du côté opposé sur les arcades.

Ces voûtes devaient être dans le genre de toutes celles que nous verrons; très surbaissées et continues. Celles de l’est ou de l’ouest cou-

Fig. 8. — Oasr Haràneh.

Schéma d’un arceau de porte.

QASR HARANEII

raient du nord au sud, venant buter simplement, aux deux extrémités contre les murs, dans lesquels on n’avait pas jugé à propos de faire des encoches, puisqu’ils n’avaient rien à supporter. Les voûtes des deux autres côtés allaient en sens inverse des précédentes et venaient les contrebuter à chaque bout, au-dessus de l’arceau qui les séparait. Tout cela manquait un peu de liaison et de solidité ; aussi la galerie a complètement disparu, ne laissant que les quelques traces dont nous venons de parler. Cependant il pourrait y avoir lieu de la croire postérieure au monument puisqu’elle ne faisait pas corps avec lui. Elle n’a été construite qu’ après que les murs étaient crépis ; le bas des arceaux, qui subsites encore, semble avoir été encastré après coup dans le mur ainsi qu’en fait foi la photographie (1) .

Pénétrons maintenant à l’intérieur même du château afin d’en passer en revue les différents appartements.

Au rez-de-chaussée (pl. XXIII), toute l’aile méridionale est occupée par deux grandes salles et le passage qui nous a conduits dans la cour. Chacune de ces salles est divisée en deux nefs par une rangée de piliers, et chaque nef communique par une porte avec le corridor de l’entrée. La salle 1 mesure 12 m. 85 de long, sur une largeur totale de 8 m. 30. Les piliers qui la divisent se trouvent placés à des distances assez inégales (2) ; ils sont reliés entre eux et aux murs latéraux par une série d’arcs en plein cintre plus ou moins déformés. La hauteur de ces arceaux est très variable ; ceux d’entre les piliers sont les moins élevés. Leur épaisseur aussi est loin d’être partout la même. Ainsi les trois arceaux qui vont des piliers au mur sud mesurent 1 m. 01, 1 m. 06 et 1 m. 10 d’épaisseur. Dans la salle opposée, 2, les mêmes arceaux ont 1 m. 02, 1 m. 04, 0 m. 97. L’épaisseur des arceaux reliant les piliers entre eux varie entre 1 m. 10 et 1 m. 18 dans la salle 2 ; entre 1 m. 13 et 1 m. 28 dans la salle 1. Parfois le même arceau n’a pas la même épaisseur de chaque côté. Ainsi le premier arceau qui relie le pilastre au pilier en entrant dans la salle 1, mesure 1 m. 22 d’épaisseur contre le pilastre et 1 m. 28 contre le pilier. Ces simples chiffres suffisent à montrer avec quelle négligence et quel à peu près on construisait à Harâneh. Il est impossible de faire ressortir tous ces détails dans un plan général; aussi avons-nous été obligés dans tous ces cas de nous en tenir à des mesures moyennes.

Il y a un pilastre à chaque extrémité sur la ligne des piliers, mais non

(1) Tout cela ne prouve pas nécessairement que la galerie ne soit point contemporaine du château; mais ce manque de liaison entre les différents corps du monument montre bien la négligence apportée dans cette construction.

(2) Cette irrégularité apparente était commandée par les chambres du haut.

point sur les côtés, le long des murs. Les pierres formant la base des arceaux s’encastrent dans le mur à 1 m. 60 au-dessus du sol actuel, débordant de 0 m. 08 à 0 m. 10 sur la paroi du mur. Cet espace avait été rempli de mortier et l’on avait continué de cette façon, de 0 m. 55 à 0 m. 60, suivant les cas, la retombée des arceaux, les raccordant au mur, dans le bas, par une double échancrure. Tous les arcs venaient s’appuyer aussi contre les piliers de la même façon. A peu près partout, le petit appendice en mortier s’est détaché et a disparu.

La salle est voûtée. Il y a dans chaque nef quatre voûtes disposées en travers et venant s’arc-bouter contre les murs bâtis sur les arceaux qui relient les piliers aux murs latéraux. Ces voûtes sont très surbaissées et en certains endroits elles se rapprochent d’un plafond plat. Cette disposition rappelle celle des constructions modernes dans lesquelles on sépare les étages avec des poutres de fer réunies entre elles par des voûtins en briques, en pierre ou en ciment. A Harâneh, au lieu de poutres en fer on a

Fig. 9. — Qasr Harâneh. — Coupe longitudinale de la salle 1 (pi. XXIII).

des arcs, mais l’espace entre les sommets des arcs est couvert comme chez nous l’espace entre les poutres de fer. La coupe générale (pi. XXV), à laquelle nous joignons une coupe longitudinale de la salle 1 (fig. 9), compléteront la description que nous venons de faire de cette salle en même temps qu’elles faciliteront l’intelligence de ce que nous avons dit. La hauteur des plafonds est de 4 m. 20 en moyenne, du sol actuel au centre des voûtins ; mais on ne sera nullement surpris de voir cette hauteur varier dans chaque travée. Entre la ligne des piliers, courait tout du long, une marche de la même largeur que ceux-ci et haute d’une vingtaine de centimètres ; elle ne faisait qu’accentuer la division de la pièce en deux nefs.

La salle 2 est la reproduction fidèle de la salle 1, sauf de nombreuses variantes dans les détails ; nous avons noté sur le plan les plus sensibles

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