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Bougainville la nomma Nouvelle-Cythère, et itai Cook l’ayant visitée quelques ds: api A . be di le nom qu’elle porte aujourd’hui (a). Cette terre l'emporte de beaucoup en grandeur sur toutes celles comprises sous le nom d’archipel de la Société ; elle n’a pas moins de 40 lieues de tour, et se compose de deux presqu’îles qui se joignent par ur isthme assez étroit et de peu d’élévation, Une chaîne de montagnes coniques et entrecoupées par de profondes ravines traverse chacune de ces deux presqu’îles. La baie de Papété offre un port excellent et qui est le plus fréquenté de la Polynésie après celui de Honolulu. Les navires qui font la pêche de la baleine y trouvent un lieu de relâche des plus commodes. Plusieurs bâtiments marchands américains, anglais et français le fréquentent annuellement et y apportent, outre diverses liqueurs de la farine, des viandes salées, des habits, etc., etc. Bientôt Tahiti deviendra un lieu important pour le commerce. Déjà près de trente Français y sont établis soit comme marchands soit comme agriculteurs : il y a aussi plusieurs Anglais et A: méricains. Le café croît ici à merveille et promet de grandes ressources au pays.
Parmi les nombreux pics qui couronnent Tahiti, l’Oroéna est le plus élevé. On lui donne généralement 13,600 pieds d’élévation. Sa situation rapprochée de la baie de Papété, m’a procuré le plaisir de le gravir jusqu’à une hauteur où je nétais encore jamais parvenu ; mais les forces m’ont manqué avant d'arriver au plus haut point, Si ces pics étaient, comme nos montagnes du Canada, ombragés depuis le pied jusqu’au sommet, il ne serait pas difficile de les “parcourir, quoique souvent il ait des dangers réels causés par des coupes perpendiculaire de plusieurs mille pieds de profondeur. Je me suis vu quelquefois entre deux précipices de cette façon, n’ayant pour m'en retirer qu’un petit sentier en forme de dos d’âne, de deux pieds de large tout au plus. Sur ces hauteurs, le coup d’æil est magnifique. On voit s’étendre au loin au pied des montagnes, et se prolonger insensiblement dansles flots de la mer, les belles plaines qui environnent de toutes parts la délicieuse Tahit Une verdure perpétuelle, favorisée par un climat con-
(a) Plusieurs géographes lui donnent le nom de Ofahiti. C’est u faute. Lorsqu’on demande aux indigènes quel est le nom de leur île, ils répondent : 0 Tahiti, Ce qui veut dire; c’est Tahiti, La particule 0 signifie en leur langue esf ou c’est,
stamment doux et tempéré, couvre le sol jusqu’au sommet des pics volcanisés. Sur les plaines voisines de l'Océan, s’élèvent des forêts de cocotiers dont les longs rameaux disposés en for. me de parasol sont sans cesse mollement balancés par le souffle monotone des vents alisés. À ces productions colossales succèdent sans intervalle des arbres fruitiers dont les espèces sont peu variées, mais les individus extrémemènt mulpltipiés.Le plus utile de tous est, sans contredit, l’arbre à pain, dont le fruit est le principal aliment des indigènes. Les oranges, les citrons, les limons, etc., etc., y sont en telle abondance, qu’on les trouve même dans les forêts où personne n’habite. Enfin, parmi les arbres naturels de l’île, je n’en ai vu aucun qui ne porte des fruits, presque tous excellents au goût et très-nutritifs.
Ainsi, tu vois, cher ami, combien la nature s’est montrée prodigue envers ces peuples, en leur fesant trouve: dans les végétoux qui les entourent, tout ce qui est nécessaire aux besoins de la vie. Voilà peut-être aussi une des causes qui mettent un obstacle à leur entière civilisation. Habitués à vivre sans travail, l’agriculture leur présente des difficultés qu'ils n’ont pas encore vaincues. Jls commencent néanmoins à sentir les avantages que quelques-uns r‘irent de la culture des fruis qui ne demandent point un long et pénible travail, tels que les choux, les pommes de terre, les citrouilles, les ignames, le taro, les bananes, les ananas, etc, etc. Quand les fruits ne leur suffisent pas, ils trouvent de grandes ressources dans le poisson, et dans les cochons que les Européens leur ont apportés.
Les Tahitiens sont d’une couleur jaune qui tient un peu du rouge. Ils sont généralement de taille moyenne et bien proportionnés. Les femmes ont l’habitude de se frotter le corps avec de l’huile de coco, ce qui fait qu’elles exhalent une odeur forte et désagréable que lon sent à plus de trente pie La vie oisive que mènent ces habitants, ainsi ove ls douceur du climat, les rendent mous et mal assuré ‘s leur marche. Néanmoins, ils sont quelquefois légers, ils «mpent habilement dans les arbres les plus hauts, et font de longs trajets à lx nage sans éprouver de fatigue. Les missionnaires méthodistes anglais, établis au milieu d'eux depuis plus de 45 ans, y ont formé une espèce de civilisation, mais ils ne sont point encore parvenus à leur faire porter des pantalons. Les hommes ont pour vêtement un morceau d’indienne uu de coton qui leur sert de pagne, et une chemise qu’ils laissent flotter de toute part
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