‹ Mission de la Colombie [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 19 · OT SE · texte numérisé non relu

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bien long, quand on est en chemin depuis près d’un an et qu’on est vivement pressé de se rendre. Néanmoins, je me consolai sur ce que nous dit le préfet apostolique, que nous pourrions, tout en lui rendant service, nous rendre utiles à notre mission en apprenant la langue sandwichoise, car un grand nombre de serviteurs de l’honorable compagnie de la baie d'Hudson à Vancouver, viennentd’Oahu et conservent leur langue. Une lettre de M. Blanchet, en date du mois de décembre 1841 et adressée à M. Maigret, nous consola beaucoup en nous apprenant que trois missionnaires jésuites de St. Louis s’étaient fixés parmi les Têtes-Plates, Ce secour de la providence, disait M. Blanchet, et deux jeunes prêtres que nous attendons incessamment du Canada, va nous donner le dessus sur nos ennemis. J’étais au comble de la joie.

Persuadé que le meilleur moyen d’apprendre une langue est de vivre avec ceux qui la parlent, je commençai aussitôt à parcourir les différentes bourgades chrétiennes, à leur dire la sainte messe et à baptiser leurs enfants. Je reviendrai sur ce chapitre après avoir donné quelque notions topographiques de Parchipel Sandwich compris entre les 19° et 23© de latitude boréale, et les 155° et 160© 30° de longitude Ouest. Il se compose de 10 îles dont deux ne sont, à proprement parler, que des rochers stériles.

Le sol de cet archipel, comme celui de toute la Polynésie, est une terre volcanique qui n’est fertile que dans les endroits où elle est bien décomposée. Le reste est entièrement stérile ou n’est couvert que d’un gazon à demi-brûülé par les ardeurs du soleil, Il faut cependant excepter le sommet des montagnes, qui étant presque toujours couvert de nuages, offient généralement une verdure assez abondante, et souvent des forêts impénétrables. On n’y voit cependant aucun bois propre à la construction des édifices un tant soit peu considérables ; quelques-uns seulement sont employés pour faire des meubles qui figureraient fort bien avec ceux qu’importent les Européens et les Américains. Les vallées et les endroits arrosés par les ruisseaux sont d’une grande fertilité, et assez bien cultivés par les indigènes, qui y plantent en abondance le taro ou gouet, les bananes, les patates douces, les citrouilles, les melons de toutes les espèces, et le tabac. On rencontre aussi plusieurs plantations de cannes à sucre qui appartiennent pour la plupart aux blancs,

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