‹ Mission de la Colombie [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 19 · ARE ER RES · texte numérisé non relu

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an et ï Les Îles Sandwich ont été et sont encore fréquemment À je me Ë visitées : elles sont un lieu commode de relâche pour les navires ue nous $ qui font la pêche de la baleine, et pour ceux qui navizuent utiles à Fs entre l’Asie et le nouveau monde. Le bois de sandal, qui y car un ; était autrefois très-commun, a été pendant plusieurs années e de la i un objet de commerce avec la Chine. Aujourd’hui cette nservent be source de richesse pour les indigènes est entièrement épuisée lu mois î (a).

consola | jésuites : Je vais maintenant tâcher de te donner quelques notions e secour pi aussi abrégées que possible sur les principales îles de l’archipel. prêtres Lo s donner Je commence par Avahi, qui est la plus considérable et qui ie. Li comprend elle seule plus de terie que toutes les autres ensem- : ble. Cependant elle est bien loin d’être la plus fertile. C’est langue : là que se trouvent les plus hau‘es montagnes de la Polynésie. aussitôt Les pics appelés Mouna-roa et Mouna-kéa, quoique situés eur dire sous le tropique du Cancer, sont condamnés à être couverts drai sur de neige perpétuelle. La hauteur du premier est estimée aphiques à 18,400 pieds, et celle du second à 15,000. C’est au 23© de pied du Mouna-roa que se trouve le fameux volcan appelé longitude Kirauia, De tous les volcans connus jusqu’à présent, c’est le | propre- plus bizarre. Au lieu d'occuper le sommet d’une montagne, il est situé sur un plateau d’une médiocre élévation, au pied même du Mouna-roa. Le cratère principal se partage en 50 olynésie, ou 60 petits cratères de furme conique dont plusieurs sont endroits continuellement en éruption. C’est du fond de ces abîmes, nt stérile dont les bords sont coupés perpendiculairement, que s’échaps ardeurs pent avec un sifflement horrible les vapeurs qui s’enflamontagnes, ment au contact de l’air. De temps en temps les cratères nt géné- vomissent des cendres et lancent des pierres qui retombent des forêts au fond de l’abîme ou se brisent sur ses parois. (Ces éjacupropre à lations sont accompagnéés de tremblement de terre. La dérables ; flamme reprend un certain degré de vigueur, s’affaiblit ensuite s meubles et se change en une colonne de fumée qui couvre le cratère uropéens jusqu’au renouvellement de l’éruption. C’est surtout la nuit rosés par que ce spectacle est magnifique ; on voit alors à la clarté des n cultivés flammes ce que la lumière du jour ne permet pas d’apercevoir. taro ou uilles, les ntre aussi (a) Le bois de sandal ou santal n’est communément qu’un arnent pour brisseau. Il est dur et sa couleur est à peu-près celle da buis.

Les Chinois en sont très-amateurs.

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Avahi possède un assez bon port qui est fréquenté par un petit nombre de navires baleiniers et les petites goëlettes des naturels. (C’est dans ce port que le capitaine Cook trouva la mort le 14 février 1779. Je me suis fait raconter cette aventure par un vieillard qui vivait dans ce temps-là. Son récit est assez conforme à ce qu’en disent quelques relations. La première fois que Cook aborda sur les côtes d’Avahi, les indigènes attirés par la curiosité se portèrent en grand nombre sur le rivage. Les gens de l’équipage, croyant qu’on voulait les empêcher d'avancer, tuèrent d’un coup de fusil un Canac. Outre cela plusieurs petits vols furent sévèrement punis, ce qui indisposa les indigènes, qui ne +e mirent pourtant point en défense. L’expédition partit ensuite pour les mers du nord. De retour, Cook fut ussez bien accueilli ; le roi était alors absent pour cause de guerre. Lorsqu'il arriva, ses guerriers, fiers de ieurs succès, regardèrent ces étrangers d’un mauvais œil j l’un d’euxlança même une pierre sur quelques hommes de l’équipage. Aussitôt le coupable fut saisi et puni de plusieurs coups de fouet : ce qui fit disparaître les autres. Bientôt on les força d’approvisionner les navires, qui firent voile sans recevoir aucun maltraitement. Ces pauvres indigènes craignaient les canons et les fusils dont on les menaçait. Le mauvais temps s’étant élevé, les vaisseaux furent forcés de revenir au même endroit. Les indigènes firent alors éclater leur mécontentement. On tira sur eux du canon, mais cela ne servit qu’à les aigrir davantage. Cependant le rivage fut bientôt balayé. Cook descendit à terre pour se faire rendre quelques objets enlevés. Il était accompagné d’une douzaine d’hommes bien armés, et contraignit le roi de se donner en ôtage. Celui-ci se rendait aux navires, lorsque les naturels, persuadés qu’on voulait faire mourir leur roi, se mirent à insulter le capitaine. Les soldats firent feu, mais les insulaires s’acharnèrent contre leurs ennemis, en massacrèrent quatre, et assommèrent même l’infortuné capitaine qui tomba la face dans le bord de la mer. Les indigènes s’emparèrent aussitôt de son corps qu’ils emportèrent en triomphe, se le partagèrent entre eux et le dévorèrent encore tout palpitant. Ce massacre fut horriblement puni par la dévastation d’une partie de l’île. Les chefs enfin demandèrent la paix qui leur fut accordée. Les os du capitaine, qu’on avait conservés, furent rendus. Mon vieux Sandwichois, après sa narration, dont celle-ci n’est que l’abregé, ajouta qu'à cette époque ils étaient avides de sang humain

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et’qu’ils en offraient même à leurs dieux : aujour d’hui, dit-il, on a une grande honte d’avoir fait ces choses-là.

Après Avahi, l’île la plus considérable en étendue est Maui. Vue à une petite distance sur mer, elle paraît assez pittoresque ; see montagnes sont hautes, mais stériles, et d’une couleur rouge pâle. Dans les baies on aperçoit de jolies forêts de cocotiers. Elle possède quelques sucreries.

Oahu n’est que la troisième en étendue, (15 lieues environ de longueur sur une largeur de 5 seulement); mais elle est la première en importance, comme aussi la plus beile et la plus fertile de tout l'archipel. Ses montagnes, divisées en deux chaînes, sont peu élevées et couvertes de bois à leur sommet, Outre ces deux chaînes, elle présente quelques pics d’un aspect assez bizarre et plusieurs cônes tronqués qui, à une époque plus reculée, ont indubitablemert été le siége d'autant de volcans. Les plaines qui les environnent se composent de lave dont la couche supérieure est entièrement décomposée, si l’on en excepte les pierres calcinées qui s’y trouventen quantité prodigieuse. J’ai examiné des endroits où l’on avait creusé ; la lave non décomposée se rencontre à une profondeur qui varie ; quelquefois ce n’est qu’à un pied de la surface du sol, d’autres fois c’est à deux, trois et même quatre, quoique rarement. Il s’en faut de beaucoup que les montagnes occupent la plus grande partie de l’île : il y a de vastes plaines, surtout vers le milieu de l’île. Celles d’Alava, au sud, sont au niveau de la mer qui les sillonne en tout sens par des canaux naturels. Ces dernières et celles de Vaialua, qui sont encore plus étendues (environ 5 lieues de long sur 3 de large), fournissent à de nombreux troupeaux de chèvres d’excellents pâturages. J'ai parcouru cette île dans presque toutes les directions ; j’y ai remarqué un grand nombre de petits ruisseaux qui descendent des montagnes, et un petit lac à environ trois milles de la capitale, entouré de tous côtés de collines, et éloiggé seulement d’un demi-mille de la mer. Ses eaux renferment une telle abondance de sel marin que ses bords en sont blanchis et que son lit en est couvert d’une couche de plusieurs pieds. Jen ai recueilli quelques morceaux qui sont pârfaitement bien cristallisés, On est étonné, en visitant cette île, de trouver sur les plus hautes plaines et même sur les collines et dans le sein de la terre de nombreux amas de petits coquillagen de

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mer dont presqu’aucun n’est bien conservé. Parmi les voyageurs, les uns prétendent qu’ils ont été amäassés autrefois par les indigènes pour en tirer leur nourriture ; d’autres, que ces îles ont été anciennement submergées, ce qui me semblerait plus probable (a).

Jai dit qu'Oahu était la place la plus importante de l'archipel ; son port est spacieux et commode. On y voit quelquefvis quinze ou vingt navires étrangers, tant baleiniers que marchands. Honolulu, au fond de la petite baie qu’occupe le port, est la capitale du royaume sandwichois. Cette ville s'étend sur le bord de l’Océan et se prolonge dans une charmante vallée ( Anu ) arrosée par un petit ruisseau et prodigieusement fertile. Elle est défendue par deux forts. L’un occupe la base supérieure d’un pic tronqué qui a plus de 400 pieds d’élévation ; il peut battre à la fois le port ét la ville. Si cette place était fortifiée suivant les règles de l’art, elle serait imprenable. Le second est presque à fleur d’eau et situé sur le bord, à peu près vers la partie sud-est de la ville. Ses murs blanchis avec de la chaux sont en terre, hauts d’environ huit pieds et n’ayant aucune solidité. Il contient bien 45 ou 50 canons de difiérent calibre et montés sur des affüts de marine. Honolulu n’est point bâti régulièrement ; ses rues sont de différentes largeurs, généralement assez droites et propres. Il n’y a point, à proprement parler, de marchés ; ceux qui apportent des denrées passent par les maisons, et chacun choisit ce qui lui est nécessaire. Les voyageurs trouvent ici un hôtel tenu sur un assez bon pied. Le plus bel édifice actuellement est le temple méthodiste, qui est en pierre de taille, mais n’a de remarquable que sa grandeur. La dédicace s’en est faite pendant mon séjour en cette ville. Le roi avec sa suite a voulu y assister. Cette fête avait été annoncée depuis longtemps, et la nuit qui la précéda il y eut force musique à peau d’âne, ainsi que le jour où elle eut lieu. La réunion fut grande, Dieu sait ce qui s’y passa. Bientôt ce temple sera éclipsé par la magnifique cathédrale catholique commencée depuis deux ans. Elle a <cent-cinquante pieds de long sur une largeur proportionnée, etest soutenue intérieurement par deux rangs de colonnes enpierre. Ses murs en pierre de taille sont terminés et le

(a) Jen ai fait une collection des mieux conservés que j’ai pu trouver.

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veste le serait aussi, si l’entrepreneur n’avait pas fait banqueroute, Les frais de cette entreprise vont s’élever à près de 19,000 piastres, Quant au reste de la ville, ses maisons, si on en excepte celles de quelques Européens et Américains, ne sont que des cabanes en terre ou en foin comme celles du reste de l’archipel, ce qui donne à la ville une apparence de Ce is qui n’est que trop réelle, surtout pour les naturels.

Le commerce d’'Honolulu est assez étendu et est entièrement entre les mains des blancs. On sy procure généralement tout ve qui est nécessaire aux besoins de la vie, et à des prix assez modiques pour l’endroit (a). Presque toutes les semaines il ya des encans. Enfin, sa population s’élève à environ 9,000 habitants, dont à peu près 200 sont étrangers. Parmi ceux-ci, les Américains dominent, ensuite les Anglais et les Français. Ces trois nations y ont leurs consuls respectifs. I y a aussi à Honolulu plusieurs Chinois, et même trois Canadiens ; l’un porte le nom de Voyer, le deuxième, dont j'ignore le nom, est forgeron, et lé troisième, vagabond.

A environ un mille de la capitale, se trouve un lieu charmant, resserré entre deux montagnes, c’est le prolongement de la vallée sur laquelle se trouve une partie de la ville. C’est là que presque toutes les familles de blancs un peu aisées ont leurs maisons de campagne, et font leur résidence pendant la belle saison. A un mille plus au nord, les montagnes se resserrent et ne laissent entre leurs sommets qu’un petit sentier par le moyen duquel on passe dans la partie nord de l'île. (C’est là, sans contredit, qu'Oahu offre son plus beau point de vue. ‘Elevé à plus de mille pieds au-dessus du niveau de la mer qu’on aperçoit des deux côtés de l’île, on a, d’une part, l’aspect charmant de la ville et de la vallée qui l’avoisine ; de l’autre, un précipice coupé presque perpendiculairement, et dont la vue seule fait frémir. On le descend au moyen d’une rampe de feret de degrés pratiqués dans le roc. Autrefois, une armée, pressée par ses ennemis, y fut précipitée ; on en voit encore les ossements. On dit

(a) Un des objets les plus rares ici, est le pain. Ii n’y vient que peu de farine, et elle se vend le quintal, depuis £2. 10. 0. jusqu’à £3. 0. 0. mn principaux peæsonnages de la ville ne mangent que rarement du pain,

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aussi qu’un roi qui se fesait porter par quelques-uns de ses sujets, leur échappa des mains sur le haut, et descendit en bas avec tant de rapidité qu’il ne s’en releva point.

Je passe maintenant à quelques remarques sur l’origine, les mœurs et les coutumes des Sandwichois. Il paraît que ces derniers ainsi que les Tahitiens et les Mangaréviens (ir.sulaires des îles Gambier), tirent leur origine d'anciennes émigrations malaises, comme leur langue, leurs coutumes et la forme de leur gouvernement portent à le croire. Leur stature est la moyenne ; ils ont une physionomie mâle, accompagnée d’un certain air de douceur qui n’est pas toujours réelle, Ils sont affables et communicatifs à l’excès ; leur indiscrétion est telle, qu’elle est devenue proverbiale ; % Il n’est pas plus discret, dit-un, nu’un Canac. ” Ils ont les yeux généralement gros, mais étincelants, le nez épaté, les lèvres grosses. Quand on voit un Océanien pour la première fois, on‘admire la beauté de ses dents qui sont très-blanches, et contrastent avec la couleur de sa peau qui est trés-basanée ou olivâtre. Leurs cheveux sont d’un beau noir et générelement lisses. A Sandwich, i! n’y a que les femmes qui les portent longs et elles les laissent flotter au gré du vent. La façon de porter le chapeau n’est pas générale parmi les hommes, et il n’y a que les femmes qui suivent les maximes des prédicants américains qui les portent, encore l’ont-elles plus souvent sous le bris que sur la tête. Pour se garantir des ardeurs du soleil, ils ont recours, comme les Tahitiens, aux guirlandes de fleurs ou de feuilles. Les habits, quand ils peuvent s’en procurer, sont, pour les hommes, la chemise qu’ils portent seule, et assez souvent le pantalon dans Honolulu et dans les baies visitées par les blancs ; ailleurs, la ceinture autour des reins est presque le seul vêtement. Quant aux femmes, une longue robe d’indienne ou de coton, faite en forme d’aube, les couvre depuis la tête jusqu’aux pieds. Autrefois le tatouage était furt à la mode ; il est aujourd’hui défendu par la loi. Presque tous, hommes et femmes, au-dessus de 25 ou 30 ans, ont quelques parties du corps défigurées par des dessins de leur invention. Tantôt, c’est le visage, tantôt les mains, les bras, les: pieds et les jambes. Leurs dessins favoris m’ont paru être, sur les joues, les pieds et les jambes, les petites figures rondés et les croissants ; sur les bras, les noms de leurs chefs défunts, ou un guerrier lançant le javelot. Les femmes ont en général le dessus des doigts couvert de petites

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bandes ; on ne voit que les vieilles qui ont des dessins sur le visage. Avant l’arrivée des missionnaires, les hommes se casssient une dent à la mort des chefs; j'en ai vu quelques vieux qui n’en ont presque plus. La grandeur est ici une marque de beauté, et si la corpulence s’y joint, l’individu est parfait. L’habitude de fumer le tabac est générale, muis elle est pratiquée autrement que chez nous ; une seule pipe peut servir à plus de cent personnes. Celui qui la possède s’en sert le premier, tire deux ou trois bouffées de fumée et la passe à son voisin, et celui-ci aux autres, sans en excepter même les petits enfants et le missionnaire, s’il se trouve avec eux. Les Sandwichois excellent dans l’art de la natation; les deux sexes s'y livrent dès l’enfance, Plusieurs voyageurs les regardent comme les meilleurs nageurs du monde. Leur nourriture principale est le taro ou gouet qui, étant cuit, bien battu et délayé avec de l’eau, forme une bouillie épaisse qu’ils mangent lorsqu'elle est fermentée ; les deux premiers doigts de la main leur servent de cuillère. Le poisson qui se trouve en grande abondance sur leurs côtes, leur fournit une grande ressource. Les animaux domestiques sont, le cochon et le chien, dont ils font un régal. Plusieurs ont maintenant de nombreux troupeaux de chèvres et élèvent des poules, des dindes et des canards, etc., etc. Leurs habitations ne sont que de pauvres cabanes en foin, dont l’intérieur est couvert de plusieurs nattes qui leurs servent en même temps de lit et de plancher. On ne voit guères de cabanes éloignées de la mer ; ils aiment à se réunir por bourgades dans les baies pour être à la portée du poisson.

L'industrie sandwichoise n’est pas bien étendue ; cependant, leurs pirogues sont assez bien faites, avec le bois du cocotier. Depuis l’arrivée des Européens, ils se sont construit de petites goëlettes qu’ils manœuvrent avec une adresse surprenante. Leurs nattes et surtout celles de l’île Kauai sont très-fines, et recherchées des étrangers qui s’en servent au lieu de tapis. Avec l’écorce d’un arbrisseau que je crois être le mûrier à papier, ils fabgiquent, comme les Tahitiens, une étofle blanche à laquelle ils donnent le nom de tapa (a), et qui ressemble beaucoup au papier dont elle n’a

(a) Le tapa se fabrique en battant avec un marteau de bois l’écorce

du mûrier à papier, après lavoir préalablement préparée en la fesant tremper dans l’eau.

guéres plus que la consistance. (C’est avec cette étaño qu'ils se couvrent pour se défendre de l'air qui n’est pas toujours bien chaud le soir etle matin, surtout dans les endroits qui sont exposés au vent, Ce serait peut-être ici le lieu de te parler de la terrible loi du tapu (tapou) qui interdisait autrefois l’usage d’une multitude de choses aux indigènes, lorsque les prêtres des idoles le jugeaient à propos. Plusieurs objets étaient interdits pour toujours aux feinmes, comme de manger avec leurs maris, et de se nourrir que d’aliments grossiers. La viande de c:chon et de la volaille n’était que pour les hommes. Aux prêtres seuls était permise l’usage des noix de coco, etc., ete. Ce fut le roi Taméhaméha Ier.qui abolit cette loi tracassière, en donnant lui-même Fi un exemple remarquable de son infraction dans un repas Fi public, où il invita les dames à manger avec leurs époux et É« à se servir des mêmes mets. Les prêtres en furent irrités, mais ce fut en vain : une proclamation annonça aussitôt que leur règne avait cessé. Aujourd’hui il n’y a de tapu, c’est-àdre de sacré, que les feuilles d’un arbre nommé ara, lesquelles servent à faire des nattes. On ne peut en prendre sans payer une certaine somme aux chefs. Pendant mon séjour dans cet archipel, on a rendu tapu (sacrée) la mer aux indigènes de Pîle Molokai qui voulaient embrasser la religion catholique ; bien entendu que cela ne les a pas détournés de leur bon

je propos.

Plus haut, je t’ai promis, mon cher Cyprien, de te parler des missions établies ici depuis plusieurs années ; je le ferai d’autant plus volontiers que j’ai la certitude que cet objet Ÿ Vi l’intéressera plus que toute autre chose. Je ne te parlerai pas 1 | Lie des difficultés qu’ont éprouvées les premiers apôtres de ji je ces îles, ni des persécutions qu’ils ont endurées avant de pouvoir s’y fixer ; car je suppose que tu as lu les Annales de là Propagation de la Foi. Les missionnaires actuellement employés ici sont au nombre de neuf, sous la conduite de leur jeune évêque, Monseigneur de Nilopolis (b), qui a résidé quelque temps aux îles de Gambier. Le siége épiscopal est à Honolulu, capitale de l’archipel ; c’est là aussi que demeure

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‘ip (a) M. le vicomte de Latour m’a fait présent, aux îles de Gambier, de di portrait de Sa Grandeur Monseigneur KRouchouse, évêque de Nilopolis.

| . continuellement le préfet apostolique (c). Deux autres pères à en (Jos. Dévost et Martial Jean ) parcourent les peuplades ï ter (el d’Oahu. Quatre autres sont maintenant fixés dans Avahi | ju) qui et deux à Kauai (les pères Eugène Walsh et Barnabé ). aux k Ce dernier ne pourrait nullement ten céder pour la grandeur DFOPOS. Fi (d). Il n’y 4 encore personne à Maui, centre du méthodisme, itnet ‘à mais cette Île sera attaquée bien vîte par plusieurs mission- | ir que naires incessamment attendus de France. Molokai a déjà f volaille k été visitée par le père Dévost, qui y compte plus de 500 | ait per- è catéchumènes. Les missions ne sont pas aussi pénibles ici 1 Tamé- LÉ qu’en Candda : d’abord, du côté des voyages, qui ne sont, à | ÿ be Li proprement parler, que des promenades, car les plus longs à re pas % peuvent se faire en deux jours, et cela dans Avahi sev- ÿ ue et al lement, Les chemins sont presque partout magnifiques ; point ssrités, 3 de grandes rivières, point de forêts, point de montagnes, pour 4 dt que 4 ainsi dire ; où, s’il y en 4, elles peuvent être évitées. Ensuite n'éstsde de du côté des indigènés, qui, par leur caractère généralement quelles d doux et hospitalier, savent adoucir ce qu’il y a de pénible dans } ; payer % Pexercice du saint ministère au milieu deux. Îlsont pour ; ane cêt F leurs missionnaires un attachement invislable, et ne perdent noë dé Li aucune occasion dé leur témoigner leur “econnaissance ; dans olique ; L le voyage, ils leur offrent les rafraïchissements qui eont à À ir bon È leur disposition, tels que les pastèques, les mélons, et les | à fruits qu’ils cueillent sur les montagnes. Un jour que j'allais | ä Héjia pour ÿ chanter la messe le dimanche, plusieurs { enfants vinrent m’attendre au sortir du défilé qu’il faut passer | > parler pour aller du suû au nord de l’île, portant des fruits qu’ils 1 e ferai MI avaient été cueillir assez loin, pour me les offrir en cet | t objet Li endroit où i! n’y a pas d’eau. De tant loin qu’ils aperçoivent ! al pas hi le missionnaire, ils accourent sur son passage, afin de le tres de ji saluer, de lui donner uné poignée de main, et de le prier ant de dé saluer pour eux les chrétiens des peuplades qu’il doit visi< ales de PAU ter; il n’y a pas jusqu'aux pétits enfants qui ne veuillent | lement LU toucher la main da missionnaire. Quand il arrive dans un ( duite de LU village où il y à une église, tous, chrétiens et catéchumènes, \ résidé Ê al est à D | emeureé nu (ce) M. Maïgrét est probablement nommé coadjuteur de Mgr. de | à Nilopolis, C’est un homme d’un grand mérite, qui, sous les dehors les cé 4. plus simples, renferme beaucoup de vertus et de talents. Il suffit de lire ambier, n les Annales de la Propagation de la Foi pour juger de ce qu’il a êque de ft souffert pour l’avancement de la foi dans cette nouvelie contrée.

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(4) C'est-à-dire qu’il ent très-petit.—(Note du Réd. du Canadien).

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se rassemblent pour le saluer et lui apporter ce qui lui est nécessaire pour vivre. Les expressions me manquent, cher

ami, pour peindre les consolations et la joie que j’ai éprou-

vées pendant les deux mois que j'ai passés avec ces chers chrétiens. Bien des fuis je me suis vu entouré de plusieurs centaines de ces indigènes qui naguères immolaient leurs semblables au démon, et dévoraient avec une féroce avidité les membres encore palpitants de leurs frères. Aujourd’hui, l’évangile a dompté leurs cœurs ; aujourd’hui, ils vivent de la foi, bénissent leur Créateur et lui offrent des sacrifices de louange et de reconnaissance. Ils sont avides d’instructions, qu’ils retiennent avec une facilité merveilleuse. On a mille peines à prendre congé d’eux. Après avoir parlé à satiété, il faut chanter ; or, leur symphonie n’est pas très-mélodieuse. Je n’ai vu que trois ou quatre femmes ayant des voix un peu passables. Quant aux hommes, il ne faut point y penser ; ils ont tous la voix horriblement rauque et fausse. Ils se contentent d’écouter. Plusieurs fois je leur ai demandé pourquoi ils ne chantaient pas; l’un me répondait qu’il n'avait point de voix; l’autre, qu’il avait une voix de bœuf (himéné au liké pu pipi, chanter moi comme un bœuf). Quoi qu’il en soit, plusieurs peuplades savent chanter le Gloria, le Credo et plusieurs cantiques en leur langue. Je leur ai appris en plusieurs endroits quelques versets de l’Ave, maris stella et du Te Deum, et lorsque je laissai les chrétiens du Kauku, plusieurs commençaient à chaater le Salve, regina. C’est dans cette peuplade que j'ai résidé le plus long-teinpe. Les chrétiens y sont en grand nombre, et par conséquent le méthodisme y a beaucoup perdu. À quelque distance de Péglise catholique on en voit une qui appartenait naguères aux prédicants de lerreur, et qui aujourd’hui est abandonnée et sert de refuge aux troupeaux d’ânes et de cochons qui paissent dans le voisinage. Depuis quelque temps, les indigènes dans tout l’archipel commencent à s’apercevoir que la religion que leur prêchent MM. les Américains n’est guères propre à les rendre heureux, et près de 9,000 individus, qui les ont abandonnés pour embrasser le catholicisme, en sont une preuve plus que manifeste. Vingt églises catholiques sont bâties dans les diverses baies d’Oahu seulement (e). Les

(e) Les églises, ici, ne sont pas tout-à-fait aussi pompeuses qu’en Canada. Figure-toi un bâtiment plus ou moins grand, consistant en une faible charpente en bois, -#vêtue de foin du haut en bas, à peu près me les toîts de nos granges, et tu auras l’idée d’une église sandwichoise.

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