‹ Mission de la Colombie [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 19 · PETER PEL ET DT DE ED NA CE PE STE PAL DA CO · texte numérisé non relu

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De tous les oiseaux aquatiques, ce sont ceux qui se tiennent le plus constamment éloignés des terres. Lorsqu'ils sont fatigués de voler, ils marchent sur l’eau en se soutenant de leurs aîles : ce qui leur a fait donner le surnom de Pétrels ou Petit-Pierre. Lorsque ce petit animal cherche un asile sur les vergues des navires, c’est un signe certain de tempête. Les autres produits de ma pêche consistaient en gibiers du même ordre et de la même famille que le premier, quoique bien plus gros. C’étaient des mouëttes ou goëlar:is, mais de dimensions plus grandes que ceux du Canada. Ces oiseaux ont le bec comprimé, et leur mandibule supérieure, arquée vers le bout, forme avec Pinférieure un angle saillant en dessous. Je n’ai jamais vu au monde d'oiseaux si voraces ; ilsse jettent même sur les flottants des lignes et auraient le cœur de les avaler, si la grandeur de leur gosier le leur permettait. Leur nombre est considérable ; les uns sont blancs, les autres gris, et quelques-uns sont noirs, n’ayant de blanc que le tour des yeux, ce qui leur donne l’apparence d’avoir des lunettes. Ces derniers sont presqu’aussi gros qu’une oie sauvage et ont souvent cinq pieds envergure. Notre basse-cour, quoique déjà bien ravagée, fournissait encore que.ques coqs, avec lesquels il passa par la tête de quelqu’un de faire battre ces mouëttes. Ils ne se laissèrent pas prier pour en venir aux becs, mais le combat ne fut pas de longue durée : ces oiseaux étrangers par leurs cris auraient pu mettre en fuite une armée de coqs des plus belliqueux.

Le 12 du même mois, nous eûmes encore un jour de calme qui fut employé avec plaisir à la pêche du gibier. Pour le coup, la capture fut extraordinaire ; outre les mouëites, nous primes aussi un albatross, oiseau de la même famille que les précédents, ayant une envergure de 12 pieds. Son corps n’était pas aussi long que celui d’un mouton, mais il n’était pas moins gros. Son bec, d’un demi-pied de long, est fort et tranchant, ayant à peu près la même forme que celui des mouëttes. Cet énorme ciseau se nourrit principalement de poissons qu'il attrape en rasant la surface de l’eau ou en plon-

eant à une petité distance de sa surface, Sa belle couleur blanche lui a fait donner le nom de mouton du cap Horn, car c’est là surtout qu’on les trouve en plus grand nombre. Son plumage est serré et imbibé d’une espèce d’huile qui le pré-

serve de la pénétration de l’eau. Sans cette huile, il fournirait un duvet abondant et fort beau,

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Notre capitaine, ce jour-là, joignit la chasse à la pêche, et toujours plein de bonté pour nous, il voulut nous procurer le plaisir d’une promenace en chaloupe. Nous fümes suivis pendant quelques instant par un requin qui se laissa capturer à notré retour. Le requia est compté au nombre des sétaciens. Sa peau, hérissée d’aspérités nombreuses et très dures, sert à polir divers objets et à couvrir des boîtes que l’on veut rendre imperméables à l’eau. C’est un poisson d’une voracité extraordinaire : quelques-uns atteignent 20 pieds de longueur; celui que nous primes n’en avait pas plus de 10. On reconnaît parfaitement le requin à son corps arrondi et terminé par une queue dont la grosseur diminue insensiblement comme celle de lesturgeon. Ses dents, longues et triangulaires, ordinairement au nombre de dix rangées, le rendent l’effroi des navigateurs qui ont l’imprudence de se mettre à l’eau dans les parages infestés de ce dangereux animal.

Le 13, la mer nous parut couverte d’oiseaux aquatiques et de plantes marines, ce qui nous fit soupçonner le voisinage du Rio de la Plata (rivière d'argent). Les calculs vérifièrent nos soupçons. Cet endroit est très redouté des marins à cause des tempêtes de vent d’ouest qui y règnent presque continuellement. Nous commencions à craindre, car jusque-là nous n’avions eu que des vents b‘en ordinaires. Dans la nuit du 14, en effet, le vent s’éleva avec violence, ce qui dura deux jours qui furent suivis d’un calme de 24 heures. La même chose se renouvela encore deux fois, de sorte que nous passâmes ainsi neuf jours sans rien faire, après quoi le temps se remit au beau: car, depuis le tropique du Capricorne, il avait été pluvieux ; le 17 même nous eûmes de la grèle.

Le 20, après quelques heures de calme, notre cook prit au harpon un superbe dauphin. Plusieurs naturalistes disent que c’est à tort que cet animal est compté au rang des poissons dont il diffère essentiellement et n’a de commun avec eux que la forme extérieure. Toute son organisation interne porterait à le mettre au rang des autres mammifères. * Comme eux, dit M. De la Fosse, ils ont le sang chaud, des oreilles ouvertes à l’extérieur, des poumons, un cœur à deux ventricules, des mamelles au moyen desquelles ils allaitent leurs petits qui naissent vivants. Quoiqu’ayant la forme générale des poissons, ils diffèrent même extérieurement des animaux de cette classe, en ce que leur corps est terminée par une nageoire horizontale,

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