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Lettre au Consul français.
Papéti, 5 janvier 1842.
4 Consul français, salut à toi.
‘4 Voici ce que j’ai à te dire : nous avons tenu conseil, moi et les chefs de mon royaume, sur ce que tu me dis avanthier par rapport au tersain que nous voulons donner aux missionnaires français. Tu me dis: à quels missionnaires “ voulez-vous donner ce terrain ? est-ce aux missionnaires ‘ qui sont maintenant arrivés ici à Tahiti? ce terrain n'est-il pas destiné pour d’autres missionnaires qui viendront ? “ Voici ce que j’ai à te dire : je n’ai rien du tout à te dire «6 ]à-dessus : c’est à toi à le dire. Si tu veux donner le ter- ‘ rain aux missionnaires qui sont arrivés ici, cela te regarde; si tu veux garder le terrain, ou ne pas le donner aux missionnaires qui sont arrivés, mais en attendre d’autres, cela te regarde, je ne veux rien dire là-dessus.
6 Quant à moi, j’accompli le traité conclu entre la Fran- ‘ ce, d’une part, et Tahiti de l’autre. Je crois avoir accompli de mon cûté la donation du terrain qui a été demandé ‘ par le commandant du navire de guerre. Le terrain a “ passé dans ta main, c’est à toi à voir ce que tu as à régler avec les missionnaires français, c’est ton affaire: ne m’en ‘ parle plus. Il ne conviendrait nullement de me rendre “ responsable de ce que tu es maintenant chargé de régler ‘ avec les missionnaires français, et de l’usage que tu feras “ du terrain dont tu m’es parlé, dans mon royaume.—Assez « dit.
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Toute à toi, consul français.
(Signé) Pomaré. ”
J'attends avec empressement l’envoi que tu as eu lobligeance de me faire, et j’espère que si le navire qui est attendu de Londres n’éprouve aucun retard, je recevrai mes effets au plus tard en mai. Le Cantique noté me sera très-précieux. Ici on chante force cantiques, et surtout nous nous appliquons à les faire chanter avec exactitude. Tu serais peut être surpris de voir avec quel goût les femmes sauvages, et surtout les jeunes métisses relèvent la solennité de nos offices.—On rencontre fréquemment parmi elles des voix
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fares et mélodieuses. Elles ont beaucoup de facilité pour apprendre les airs, même les plus compliqués, et les reticanent odmirablement bien.
Qui aurait cru que, dans ce pays-ci, on trouverait des hommes fort instruits même dans les sciences naturelles ? Rien de plus vrai cependant: le nombre, à la vérité, n’en est pas bien grand; mais enfin il y en a aësez pour en faire mention, Plusieurs fois, j’ai eu occasion de parler d’histoire naturelle, de physique, de chimie, d’astronomie, ete.—Il y a à Vancouver quelques instruments, tels que globes terrestre et célesté, machine électrique, pile voltaïque, pile à auge, etc., etc. Quant à ces deux dernières, ils ne savent pas Sen servir, et le gouverneur, M. Maclaughin, attend que j’aille chez lui pour mettre le tout en ordre, et faire quelques expériences. Je suis moi-même en possession d’une petite machine électrique par moi construite. Il ne me manquait que de l’étain en feuille que j'ai remplacé par le plomb en feuille qui sert à protéger le thé dans les caisses. Bien des personnes ont ouvert de terribles yeux en voyant, pour la première fois, les phénomènes que présente la machine en mouvement, et encore plus en éprouvant la commotion de la bouteille de Leyde. Les sauvages ne manqueront pas de dire que j’ai un tumanwas ou génie protecteur très-puissant, et que même je suis fort de médecine...., soso. ve e
J’ai mis à bord de la barque Vancouver, qui va à Londres, une caisse contenant principalement des coquillages et autres articles recueillis pendant mes coursés par mer et par terre. —Les coquillages sont des îles Gambier, Marquises et Tahiti :—Une quarantaine de brasses d’une tresse de cheveux fort délicate et propre à faire des garde-montres précieux ; quelques belles nacres de perle, et surtout trois petites perles véritables des îles Gambier ;—étoffe de Tahiti et des îles Sandwich, faite par les indigènes avec l’écorce du mürier à papier ;—trois livres de prières en langue sandwichoise ; dentelure d’un requin pris dans l’Océan Pacifique (voir le Journal, page 69) ; bec d’un albatros, pris à la ligne au cap Horn (Journal, page 30); épines de hérisson de mer; une dent de baleine avec spécimen de la face de la nation des Babines ; système que le grand chef sandwichois se pendait au cou au temps du paganisme ; un collier de petits limaçons des Klalams du détroit de Juan de Fuca; instruments de jeux des sauvages de la Nouvelle.-Calédonie ; calumet de
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pierre venant du plus grand chef sauvage connu dans nos contrées. Au dit calumet est adapté un petit animal qui « d-peu-près la forme d’un ours; c’est le tamanwas (génie) de son ancien possesseur (a). Tout ceci sera à partager avec notre confrère M
Je suis en frais de rédiger un dictionnaire de la langue
Ou jargon tchinouck ; j'espère l’envoyer par Londres l’automne prochain.
J. B. Z. Bocnuc,
prêtre, missionnaire.
P. S, Dans les mois de mars et avril derniers nous avons vu une comète à longue queue.
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(a) Norte. Tous ces objets sont parvenus heureusement.
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