PRÊTRE; MISSIONNAIRE A LA COLOMBIE
Adressé à M. C...... Tue
Cawlitz, 15 février 1844.
Bien aimé confrère,
Ma voix va donc encore une fois se faire entendre au-delà de cette chaîne de montagnes qui, comme une muraille puissante, partage l’espace immense qui nous sépare, en deux vastes contrées, dont chacune est devenue la part de notre héritage. C’est vraiment pour moi un moment de joie ; car je sens que c’est à un confrère, à un ami que je m’adresse, Au nom de frère et d’aini mon cœur s’émeut, mes pensées se muluplient, et } adresse au maître de la vie des actions de grâces pour le passé, et des vœux pour i avenir.
C'e n’a été que le 2Fe jour de la lune du saumon maigre (17 novembre) que ta lettre du 12 avril m’est parvenue. Je l’ai lue avec joie et transport, et des larmes d’une douce joie ont mouillé mes paupières. Oh! que ces lettres me sont chères ! Je les embrasse par amitié et les considère comme des portraits fidèles de mon ami et comme les liens puissants de cette union qui ne doit point avoir de fin. Que cette intimité qui nous unissait me procure encore de douces jouissances et de délicieux souvenirs ! C’est bien là le caractère de cette véritable amitié “ qui, suivant Pexpression de saint Jean-Chrysostôme, n’est arrêtée ni par la distance des lieux nipar le cours des ans, mais qui s'élève toujours en haut comme la flamme. ”
Dans ma dernière lettre, je lai annoncé que je me proposais de v’écrire ce que je connaissais sur les mœurs, coutumes, etc., etc. des sauvages de mes missions : je suis encore dans le même propos, sans cependant avoir rien mis à exécution, parce que je crois n’en connaître pas assez long. Tous les jours je découvre quelques choses nouvelles, ce qui me porte à croire que ce petit ouvrage n’en sera que plus intéressant et bien plus complet, en en retardant la composition. Je vais donc me borner à te rendre compte de mes travaux apostoliques depuis le mois de mars 1843.
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