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répété qu'il y avait une inscription dans de grosses substructions situées à environ deux cents pas du temple, près du village, dans un champ. I est très-possible que les gens de Bziza, croyant posséder là un trésor, m'aient trompé. J’invite ceux qui me suivront à chercher entre le temple el le village, dans la direction de la mer.
Naous, au-dessus de Kishbé, est un point bien plus important que Bzza'. Le nom est évidemment le grec Naës?. Un des dessins de M. de Laborde* représente la porte d’un des temples de Naous. Naous possède les restes de deux temples avec de grandes cours sacrées. Les jambages des portes sont des monolithes énormes, échancrés à échelons pour épauler les assises. Dans le temple situé à l'est, les sculptures sont lourdes et d'un goût médiocre; les portes et les frontons seuls sont en pierres colossales ; le reste est en pierres de dimension moyenne, comme celles de Kalaat-Fakra et d'Afka. La porte y est couronnée, comme à Oum el- Awamid, comme à Gébeil, de ce globe ailé qui, jusqu’au temps des Antonins, fut l'ornement obligé de tous les temples de la Phénicie. L'autre temple était corinthien; il reste de beaux morceaux du fronton, et un fragment de frise portant, ce semble, les traces des clous qui auraient fixé l'inscriplion. Le mur d'enceinte est ici en pierres colossales, comme à Deir el- Kala. Sur les jambages de la porte, on croit distinguer les points d'attache de ces plaques de métal sur lesquelles s'écrivaient les rituels et les enseignements sacrés. L'aspect de ces rainures est d’un effet singulier, que Je n'ai pas observé ailleurs.
Toutes les constructions de Naous sont de l'époque romaine; mais, comme celles de Kalaat-Fakra, elles ont un caractère syrien bien mar-
qué; en tout cas, elles diffèrent profondément des constructions pure-
! Cf. Ritter, XVIE, 594 et suiv. Michaud et Pou- Namous , « tombeau ou nécropole. » (Voy. Ritter, XVIT, joulat, Corresp. d'Orient, NI, p: H18-h19. 199, 294.) ? Beaucoup de restes de temples antiques portent % XII, 29. Cest par erreur que, dans les planches
ce nom dans la région du Liban, comme Burckhardt de M. de Laborde, ce monument a été rapporté aux l'avait déjà observé. Ce nom se confond souvent avec environs de Tortose. (Comp. la page 33 du texte.)
ment romaines de Baalbek. Ces grands établissements religieux hors des villes étaient communs en Syrie. Hosn-Soleyman, Hosn el-Sefiri, Maschnaka, Aphaca, Kalaat-Fakra, le temple du lac Leimon, Deir el-Kala, Furzul, offrent un caractère fort analogue à Naous.
Les belles sépultures et les vastes carrières qui se voient autour de Naous prouvent qu'il y eut là un centre considérable. Ces caveaux rappellent, à plusieurs égards, ceux d’Adloun. [ls renferment à l'intérieur lrois auges tallées avec soin, et offrent à l'entrée une rainure pour recevoir la pierre plate qui servait de porte. Plusieurs de ces caveaux sont creusés comme ceux d'Adloun dans le roc incliné; ils présentent alors audessus de l'entrée une gouttière destinée à empêcher l'eau de pluie qui tombait sur le roc de couler dans le caveau et de le remplir. Au-dessus de l'entrée se voient encore, comme à Adloun, des croix taillées trèsgrossièrement, et qui sont probablement de quelque époque tardive. Enfin, dans la partie nord de ce bel ensemble de ruines, on trouve des couvercles de sarcophages fort travaillés, présentant, à un bout, de petits acrotères et une sorte d’antéfixe en forme de rosace; à l’autre bout, des bandeaux formant guirlande. Une extrémité du couvercle est plus large que l'autre; cette particularité n’est point rare dans les sarcophages du haut Liban.
Il est assez singulier que le vrai nom d'une localité si importante ne
soit pas connu. La ville, du reste, paraît avoir été rebâtie, comme Oum
el-Awamid, après la destruction des temples. Près de ceux-ci, on voit des
murs grossiers el de pauvres maisons en ruines, qui ont été bâtis avec des débris antiques. L'un des temples a même été reconstruit avec ses propres pierres el ses colonnes.
En montant de Kisbé à la haute vallée de la Kadischa, on trouve à Tirza, où Bürza, une sculpture bizarre. C'est une sorte de griffon entaillé sur le rocher; Panimal a près d'un mètre et demi de long. Non loin
de ce médaillon se voit un caveau, ainsi que cela a lieu pour tous ces bas-
reliefs sculptés sur le roc. Celui-ci à neuf niches et est assez beau. H est
situé en face de la sculpture.
La région d'Ehden et de Bscherreh, «la Vallée sainte, » si intéressante
au point de vue de l’histoire du moyen àge' et des temps modernes par le développement original qu'y a pris la race maronite, n'a pas eu de rôle important dans l'antiquité. Je n'admets nullement qu'Ehden ait rien de commun ni avec l'Éden de la Genèse, ni avec le }7p-n72 d’Amos (1, 5), ni avec le Hapddaicos des géographes anciens, comme on le suppose pénéralement?. Ehden n'offre aucun vestige de grandes constructions; il ny a Jamais eu à cet endroit qu'un village patriarcal de bons montagnards. L'identification d'Ehden avec }=y et Hapd3eicos vient d’une erreur d'orthographe. L'orthographe d'Ehden est ,xs1, et non Hùsf, ainsi que l'a bien
vu Robinson. Il est surprenant qu'une telle erreur ait été admise par tant
1 «Plura loca religiosa constructa sunt super rivos ? Gesenius, Thes. s. h. v. Ritter, XVIL, 650 et rejus et ecclesiæ mullæ.» (Brocard, dans le Rudi- suiv. mentum novitiorum , (ol. 168 a, p. 28 de l'édition de % Bibl. Res. I, 587, note.
M. Laurent.)
d'hommes savants jusqu’à nos jours". La tendance des Maronites à pla-
cer l'Éden dans leur vallée sainte? s'explique naturellement par leur naïf
patriotisme, et par Pamour qu'ils ont conçu pour cette vallée, témoin de leurs luttes héroïques, et qui est, en effet, l’un des endroits les plus délicieux du monde. Pour justifier cette prétention, ils auront adopté lorthographe +, qui est usuelle dans le clergé, et que les hommes les plus instruits soutiennent avoir été l'orthographe primitive, WT n'étant, selon eux, qu'une corruption des Arabes. Mais on s'explique bien que wX#T soit devenu S+, tandis que l'inverse ne se comprend pas.
Les inscriptions d'Ehden sont au nombre de trois.
L'une, encastrée dans le mur de l’église, se trouve dans le Corpus, n° 4594, d'après
une copie de Seelzen, que j'améliore ainsi :
et que je restitue partiellement ainsi :
..... . 0 XÀGS .. .. [érolus dr@
L'année 07@ ou 584, évaluée d'après l'ère des Séleucides, nous reporterait à l'an 272 de notre ère.
Une autre inscription se lit sur une pierre près de l'église : elle est très-mal gravée et d'une fort basse époque.
FYUNETEPAN
AABGTENOME ABEAAAAMBNE
Le quatrième caractère de la deuxième ligne est singulier. C'est peut-être la feuille des anciennes inscriplions grossièrement imitée. Le dernier caractère de la troisième ligne est douteux. C'est peut-être un T ou un E. La quatrième ligne est en caractères
plus fins. Les trois dernières lettres seules sont certaines. Je crois y voir des sigles ou
1 Robinson d’ailleurs a cru trouver Hapadesos en s'éloigne pas beaucoup de cette opinion (Bibl. sacra, Cœlésyrie (IF, 556). CF. Porter, p. 577. Thomsonne V, 689).— ? Voy. F. Naironi, Evoplia, 8h, 88-89.