PI. LXVI
tiennes du moyen âge que je n'ose repousser absolument une telle pensée. On ne comprend pas comment, si les Francs ont bäti tout le château de Gébeïl, 1 renfermerait deux parties si dissemblables. Brocard et Wilbrand d'Oldenborg présentent Byblos comme une très-petite ville, et le second de ces voyageurs insiste sur le contraste singulier de la ville et du château !.
La tour de l'angle S. O. répondant à une ouverture de souterrain, a été réparée à une époque moderne avec des pierres prises dans la campagne environnante. L'une de ces pierres est un cippe arrondi par le haut (forme très-commune à Gébeïl). H porte une inscription. Les deux bords longitudinaux du cippe ayant été coupés, il ne reste que ce qui suit :
PESRONERITN
WPOYEZHE Or
M. de Vogüé? a reproduit cette inscription avec quelques petites erreurs; il n'a pas cherché à la restaurer. Une autre inscription, trouvée à Bhadidat, dont nous parlerons bientôt, permet, sans hésitation, de la compléter. Dans cette dernière inscriplion, figure un IloTos HAuodwpou, sans doute le même que celui dont nous avons ici le cippe sépuleral. Il faut donc lire :
TICETOCHAIO AWPOYEZHETH Or
Illo7os HAlwÔlwpou &èn Elrnl oy p 189
Iéoos, qu'on trouve dans Joséphe (Vita, ix) comme le nom d'un habitant de Tibériade, est sans doute la traduction d'un nom sémitique tiré de la racine J2N, comme Emin, Aman, Amnon, Héman. On le trouve aussi sur une inscription d'Athènes (Corpus. n° 867 b). Héliodore est l'équivalent de Abdschems.
1 «Hæc est civitas parva, habens turrim quamdam «expensas; qui tamen omnem munilionem ipsius “amplam et munitissimam, unieum suæ defensionis «civitatis destruxerunt.» (Laurent, op. cit. p. 27, 167, +solatium, in qua Sarraceni, quum ipsam avellere 168.)
tlaborarent, multos sudores sæpius perdiderunt et ? Fragments d'un journal de voyage, p. 10.
Toute la colline située au sud du château et du mur de la ville ft partie du site de la vieille Byblos; nos tranchées qui, sur ce plateau, rencontrèrent partout des restes d’antiquité, suffiraient à le prouver. Cette colline, vue de la mer, se détache assez bien et justifie suffisamment ce que dit Strabon ! : Keïres d&@ ÜVous rivos puxpôr dmwber Ths Sakdoons. Si lon trouve l'expression gxpôr érwber trop peu exacte, vu la contiguité de la mer, on peut rapporter ëÿous à la colline de Kassouba, qui semble avoir été une dépendance de Byblos, et qui est à un kilomètre de la mer.
Le nom de Kassouba (äs,x5), comme nous le dirons bientôt, confirme cette hypothèse. Après tout, un tel passage ne peut prévaloir contre l’évidence absolue du site de l'ancienne Byblos. Conclura-t-on que Jérusalem n'était pas autrefois où elle est aujourd'hui, parce que Strabon dit que de cette ville on voit la mer? Ézéchiel (xxvir, 9) donne expressément Byblos comme une ville maritime. Une monnaie romaine de Byblos représente de même le génie de la ville voilé, portant une couronne murale, assis sur une montagne, avec un fleuve à ses pieds?. Comme la figure voilée, tout à fait semblable aux figures que nous trouverons à Maschnaka et à Ghineh, implique une allusion au culte d'Adonis, le fleuve peut ètre le fleuve Adonis, bien que situé à deux lieues de là. Peut-être aussi est-ce le torrent qui contourne la colline du château. Pour justifier l'existence du pont
romain sur ce torrent, il faut, en eflet, supposer qu'il avait autrefois