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SRE
hémicycle, avec de petits génies près d'eux, occupés à les couronner, se retrouvent sur les monnaies de Byblos, et les observations de l'archéologie portent aux mêmes conceplions. On sent partout le style mesquin et décoratif de la Volla Adriana, et on songe malgré-soi aux chapelles exécutées dans le style matérialiste et pompeux des jésuites au xvn° et au xvin° siècle. 3° Deux anses de vases portant toutes deux le nom €PMOFENOYC, frappé avec des poinçons différents. On ne connaissait pas, ce me semble, jusqu'ici, de marque de poterie portant ce nom. La terre est grossière, et le caractère lourd.
l° De nombreux objets usuels antiques, surtout un très-beau pressoir en une brèche analogue à quelques-unes des pierres de la tour. Ces deux pièces, lune convexe et demi-cylindrique, l’autre concave, sont maintenant assez éloignées lune de l’autre.
Les bords de la falaise le long de la mer sont très-remarquables. Le côté ouest surtout est rempli de travaux dans le roc, magasins, bains, silos, citernes. Certaines parties sont revêtues à l'intérieur d’un trèsbon ciment. L'effet de surprise et de grandeur produit par ces travaux est surtout sensible dans une vaste salle carrée avec escalier!, dont le lond, évidé en bassin, est juste au niveau de la mer, laquelle y entre, ou peu sen faut, par une ouverture. Les fouilles faites au-dessus de cette salle amenèrent la découverte de grandes jarres, toutes de formes différentes, et d’un sol enduit de mortier très-dur. Toute la berge est découpée de silos éventrés, de grandes entailles dans le roc, d’escaliers”. Vers le nord, à la jonction du mur de la ville et de la mer, il y a un ouvrage en gros blocs. Les remblais de ce côté sont tous composés de débris anciens. Le côté sud de la colline n’est aussi qu'une masse de débris. On y voit une grande cave ayant son entrée par le plafond; près de là, des meules et des cuves très-belles, ainsi que des pressoirs taillés dans le roc.
Au fond du ouadi qui aboutit à la mer, au pied de la colline, 1l y a
! Voir planche XXVIL — ? Voir planches XXVIIT et XXXIX.
net + . —————
CAMPAGNE DE BYBLOS. 183 un puits et une mosquée de petites dimensions. Je les examinai sans y rien découvrir d'intéressant. Une inscription placée à l'intérieur du puits est arabe et de peu de prix.
Toute la dune de sable qui s'étend au sud au-dessous de la route de Gébeil à Beyrouth est de formation récente et recouvre des sépultures. Le rang le plus élevé de ces sépultures est à nu; celles-ci naturellement ont été dépouillées. Elles offrent maintenant l'apparence de stalles taillées dans le roc, le toit et le devant, qui en faisaient des cellules, ayant disparu. De toutes parts s'ouvrent ces tuyaux ronds, creusés dans le roc, dont nous parlerons bientôt plus au long. Le fond d’une de ces stalles est orné de rinceaux en relief, au milieu desquels on aperçoit les restes d’une ligure alée. Le fond d’une autre stalle est peint; on distingue fort bien une torsade horizontale, rouge et bleue; au-dessus des colombes et au centre, en lettres rouges, l'inscription suivante :
OAPCI
NIKOAOZE OYAICAOANATOC
Odpolelr, NixddoËe- ovô|elis dfdvaros.
Les lettres sont allongées. L’A incline à la forme d’une lettre eursive. La formule Sdpoet…., oùdels dÜévaros, ou edVuye..…., oùdeis dÜdvaros, n'est pas très-rare.
(CF. Franz, Elem. epior. or. p. 34 ; Corpus inscr. gr. n° 4463, 4467, 4468, 5200 b. 6501; de Sauley, Voy. Il, p. 28» et pl. IT [Le Bas, Jnscr. IT, n° 1897 |: Wetzstein, Inschr. n° 148.) Nous la retrouverons à Saïda. Cette formule paraît avoir été particuliérement usitée en Syrie, La plupart des exemples qu'on en connait appartiennent à ce pays.
La grande masse de sable qui s'étend au-dessous a couvert toute une nécropole en amphithéâtre, qui faisait face à la mer. Le roc taillé émerge çà et là. Malgré le danger des travaux en ces masses mobiles et fortement inclinées, nous y fimes quelques excavations ; nous trouväâmes une vaste catacombe à deux étages de tombeaux, en partie évidés dans le roc, en
partie complétés par de la maçonnerié. Toutes les ouvertures des niches
Le
sont en arceaux !. C’est la seule caverne sépulcrale de ce genre que j'aie
vue en Phénicie. Une orosse dalle renversée, au milieu de la chambre,
contenait linseription suivante :
THN2ZYNETHNAAOXON AIONYZ2IANENOAAEKEI Z2OAITYMBOTUOUAYIE MOIONTIOZIEHMTAAIZEN OTNTWETOIETMAPIOYEI MNEAOIMNHMHIATAYTA TAIZZEMNAIZAAOXOIZX MAPTYPIATPOHbEPEIN TAYOOBIOZMAPOAEI TADIAEEAMIAEZENZ OO ZINEYOPAINEZEAYTON MAN ANPIO AO AP ANETMEE ee D EX PIONOMMENENX ENT
ZEPATTIWNOZAIA AZKAAOYEDH BRON OMPANE SIM
Ty» cuverv dAoyor Atopdoiar * évÜdde xetoôau
Tue T@d dm’ éuoi, dv o1s myAdicer,
OTTws Toïs Dapiodot æéot uimunio Tara
Tais oeuvais dAdyous Laprupla TpoDépeir.
Tad0’ à Bios, Gapodetra Qiie * éXmides &r Cooouw. EÿQpave oeautér. Mn a-
pôdou rayürns Bpayéos Aalétow ce ypôvou pddo xûTns Boay ÉTO GE ypôvou.
Separiwvos Adacudkou éOnéwr TÜde onua.
La lecture est certaine. C'est à tort que M. Frœhner * a lu XOI, à la ligne 13.
Les X et les E se ressemblent beaucoup. Pour la croix ansée, d’une espèce particu-
lière, qu'on remarque vers la fin, comparez ci-dessus, p. 162.
Les huit premières lignes forment deux distiques assez réouliers. Le reste ne peut
être régulièrement scandé. On n'ose guère traduire des textes d’une rédaction aussi
incorrecte. Essayons cependant :
«| Apprends | que la sage épouse Dionysia repose ici, sous moi, dans ce tombeau,
1 Selon une note venant du caporal qui dirigeait
les fouilles à cet endroit, il y aurait trois étages de niches, en tout vingt-quatre niches, à moitié creusées dans la paroi et à moïtié maçonnées. Mon jour-
nal ne parle que de deux étages. T est vrai que j'étais
sur le point de partir au moment où la découverte s’effectuait.
? J'accentue d’après la quantité fautive que le versificateur attribue à la syllabe finale de Arorvota.
5 Philologus, XIX, 137-138.
CAMPAGNE DE BYBLOS. 185 que son mari a orné pour elle, afin que ce soit là, pour ceux qui passent, un averlissement de porter témoignage aux épouses respectables.
« Telle est la vie, cher passant : des espérances parmi les vivants. Tiens-toi [done |
en joie. Que la rapidité du cours du temps qui passe ne l'échappe pas.
« Cest ici le tombeau de Sérapion, le professeur des éphèbes. »
Ce Sérapion était done le mari de Dionysia, et le tombeau a dû jadis renfermer les corps des deux époux. Sa profession, équivalant à peu près à celle de nos maitres d'escrime, excuse l'inexpérience qu'il a montrée comme écrivain. Au reste, on trouve sur les inscriptions des simples particuliers toutes les nuances et les variantes de la barbarie, depuis le changement capricieux du mètre (Franz, Elementa epigr. grec , p. 6, 7), jusqu'au centon d’hémistiches empruntés à des auteurs classiques, jusqu'à la prose semée de fragments de vers qui ne produisent aucun vers régulier. Nous en signalerons ici seulement deux exemples : 1° l'épitaphe gréco-latine d’un marchand syrien établi en Gaule, épilaphe qui vient d’être publiée par M. Allmer dans le tome XXVI des Mémoires de la Société des antiquaires ; 2° le n° 5929 du Corpus, inscription rédigée à-Rome, sous le règne de l’empereur Septime Sévère, par un personnage de Tripoli de Phénicie. (Comparez, thid. n° 591.) L'expression Téde ofua se retrouve employée d’une facon analogue dans le Corpus (n* 4634, 4637) et dans une inscription publiée par M. Perrot, Exploration de la Galatie, ete. p. 59. Le mauvais style des rhéteurs de Byblos, sous les Antonins, nous est, du reste, attesté par ce que nous savons du caractère des écrits d'Aspasius, lesquels étaient surchargés de tropes et d'épithètes oiseuses !. Quant à la fonction de Sérapion, on peut observer que ces sortes de mentions sont tès-fréquentes sur les marbres funéraires; les plus humbles méliers sont mentionnés dans les épitaphes païennes, et, peut-être, avec une affectation d'humilité dans les épitaphes chrétiennes (exemples dans le Corpus inser. gr. n°° 9168, 9188, 920, 9219, 9°20, ete). L'épitaphe chrétienne d’un certain Zosimus (ubid. n° 9710) l'appelle simplement SddoxaXos. Mais notre AIéoxados ÉCnSwr était probablement un de ces éOnÉapyor dont la fonction était aussi exprimée par le verbe ëOn- Sapyéw (Corpus, n° 3085, 3086, à Téos: 3665, à Cyzique)
La crainte de voir s’écrouler la voûte de la caverne sépulcrale où reposaient Dionysia et Sé rapion nous força de nous arrêter. En effet, peu après que nous eûmes abandonné ce point, un énorme éboulement eut lieu. La chapelle de Sayyidet Martine (57e 84m), bonne construction chrétienne placée près de 1à, a plus d'intérêt pour le paysagiste que pour l'archéologue. Montons maintenant au-dessus de la route de Beyrouth.
1 C. Müller, Fragm. hist. grec. UE, p. 76.
Tout l’espace situé à lest de cette route est la continuation de la nécropole dont nous venons de trouver une partie recouverte par les sables. Il serait fastidieux de donner une description de chacun de ces caveaux, dont nos planches XXVT et XXX présentent quelques spécimens. Tous sont taillés dans la roche vive, et en général destinés à plusieurs cadavres. Il ny faut pas chercher la grande unité qui nous a frappés à Amrit et que nous retrouverons à Saïda. Les formes ici sont très-diverses. Tous ces caveaux étaient encombrés de terre, et tous avaient été violés. L'habitude de renfermer des objets précieux avec les morts avait, dès lantiquité, érigé en industrie régulière le pillage des tombeaux. Néanmoins je ne regrette nullement les efforts que la nécropole de Gébeil n'a coûtés. Nos travaux nous révélèrent de curieux détails sur un art qui fut le premier chez les Phéniciens, et qui, à Byblos, s’est développé avec une variété surprenante. À l'angle de la nécropole qui est le plus rapproché de la ville se voit un caveau remarquable par la grandeur des sarcophages qui le remplissent. Les couvercles de ces sarcophages sont inclinés en toit, la face postérieure élant scellée dans le plâtre et attachée au mur. Les coins sont ornés d’acrotères de moyenne dimension. Dans ce caveau fut trouvée, peu avant notre arrivée, une grande jarre en bronze extrêmement légère. Sous une maison, un peu à l'est, il y a une crypte servant d'étable, analogue aux caveaux d'Amrit; les fours sont simples el sans style. Près de là est une petite éminence percée sur toutes ses faces de niches, d'auges, de soupiraux. À cette éminence se rattache une crête de rochers dans laquelle s'ouvre une ligne de caveaux que nous avons déblayée. Quelques-uns élaient assez modernes, {rès-soignés, analogues à ceux d’Adloun et à cerlains des environs de Jérusalem (auges dégagées du rocher, arcosolium au-dessus). Dans un de ces caveaux nous trouvâmes trois inscriptions orecques, que je rapportai. L’une se compose du simple mot :
EXEI
>: À + 1 F4 k Û Rien ne manque avant ni après. Le bloc est presque brut et nullement préparé pou
une inscription. Î vaut mieux s'abstenir de toute conjecture sur un texte isolé et obscur, que rien ne permet de rattacher aux idées ou aux souvenirs que réveillent les monuments voisins. Le sens serait-il que le caveau qui était fermé par cette pierre «avait»
son cadavre, c'est-à-dire était plein?
Les deux autres inscriptions sont gravées transversalement sur des blocs de calcaire grossier, arrondis d’un bout en forme de cippes. L'un porte É
EYAOTIAMACIN OHKHEIOCHYEI
OYTOYMAKAPIOY ACTEPIOY
Epitaphe chrétienne, d'assez basse époque : grosses lettres, assez barbares, peintes en rouge.
EtAoyia aäoiw :
Sun Eioonuet OU TOÙ axaæpiou
Acfepiou
On, déja employé en ce sens par Sophocle (Électre, vers 892), est un des mots Si variés qui signifient «tombeau» sur les épitaphes grecques; les exemples en sont très-nombreux ; nous le retrouverons plus tard. EtAoy{x &äow est une formule chrétienne qui parait répondre à la formule païenne Xaipete œdvres, où à la formule Xape xat ov, formule de remerciment pieux adressée par le mort à celui qui vient de prononcer sur son tombeau la formule xpnoîe ou ypnoîh xape. (Voir Corpus, n° 1956, avec la note de M. Bæœckh.)
Quant au nom bizarre Etoomuetos, on peut y voir une altération de Edoééos, devenu d'abord Evoeutos, puis Eooewros, par le même analogie qui a fait Osdropmos de Oedrouros, Oevdäs de Oeod&s, etc. Il est plus probable, cependant, qu'il y a là erreur du lapicide, et que ce nom est le même que celui de Moceuds, qui se lit dans l'inscription suivante, laquelle est inséparable de celle dont nous parlons en ce moment. M aura été lu El.
L'autre cippe, exactement du même caractère que le précédent, porte :
TOMYCTHPIN TOYTOMOCEM OYHAEBOYAHOH OEMOYOCEZOYC
To wvohpw
ToùTo Mooeu-
où * # (pour ei) dé BouAnÜm
à éuo[t] ulilos, éÉouo|lx &cw]
Mvuohipw est pour auohptov, par une contraction très-fréquente dans le grec vulgaire et qu'explique la place de l'accent; c'est ainsi qu'on trouve Aerdpis pour Asrdpios et xaprdpis pour yæprdpios (chartarius) dans deux inscriptions de Smyrne (Corpus, n® 3309 et 3310), et Tarépw, nom propre, pour Tærdptov, dans une inscription de
la Phrygie (Corpus, n° 3954). Quant au sens même de ce mot, je ne puis guère y voir, jusqu'à meilleur avis, que celui de «lieu caché,» et, par conséquent, «retraite. tombeau. » Le second sens n’est assurément pas plus éloigné du premier que ne le sont, en latin, les deux sens du mot schola, suivant qu'il signifie, soit une réunion d'écoliers, soit la salle des réunions d'une corporation (exemples dans Orelli, n° Ao88 et Suiv. ), ou qu'il signifie une salle funéraire à plusieurs niches, pour les urnes contenant les ossements des morts (Orelli, n° Abo). L'inscription paraît mcomplète par le bas; on peut y supposer une dernière ligne qui contiendrait les mots 6% Toù épra@ñvou ou Soc aùTé évraCvou, ou quelque formule analogue, telle que &£ouctar Éyew éyundevOmvou (Corpus, n° 13037). Comme on trouve fréquemment sur les tombeaux antiques la défense d'y enterrer d’autres personnes que celles qui seront formellement dési-
CE
gnées par le propriétaire (voir des exemples dans lé Corpus, n° 1933, 1973, 199». 1993, 2685 et suiv. 2824, 2896 et suiv. 3029, 8041, 310h, 3108, 3113, etc.), il est naturel d'y trouver aussi la mention d'une personne autorisée à se faire inhumer dans telle ou telle sépulture; on en rencontre un exemple dans une inscription funéraire copiée par Baie, auprès du port de Kakova (Corpus, n° 4303 h4, an Addendis).
L’incorrection du tour grammatical ei ÉovAñÜn n'aurait rien qui pût étonner sur un monument de ce pays et d'aussi basse époque. (Voir, par exemple, l'inscription de Sidon, publiée par M. Dietrich (Zivei Sidonische Inschriften , ete. Marburg, 1855, in-8°),
et réimprimée dans le Corpus sous le n° 9153.)
La falaise de rochers où ces tombes sont creusées offre à chaque pas des traces de constructions et de sépultures. En la déchaussant, nous lrouvâmes trois fosses contiguës, d’un mètre soixante centimètres de profondeur, de quatre-vingts centimètres de largeur et plus de deux mètres
de longueur, en partie creusées dans le roc, et en partie complétées par des
pierres taillées?. Ces fosses n'avaient jamais été violées. Tout l'ensemble
! Cette note appartient tout entière à M. Egper. dessin représentant l’état des lieux, d’après une pho- 2 Voir, dans le Tour du monde, 1863, p. 34, un tographie de M. Lockroy.
CAMPAGNE DE BYBLOS. 189 était revêtu sur ses faces libres d’une épaisse couche de ciment très-dur. Deux de ces fosses étaient recouvertes de grandes dalles s'appliquant à leur ouverture par un joint très-exact. Dans l’une des fosses, nous trouvämes deux adultes et deux enfants de huit à dix ans; dans l’autre, de la terre mêlée avec une telle quantité de débris osseux qu'il faut supposer que la fosse avait contenu au moins une dizaine de squelettes. Les terres et la avité médullaire des os étaient remplies de gravier et d'un coquillage terrestre, l'hehx cinela, commun sur les premières collines du Liban. Nous trouvämes encore des fragments de verre et une petite médaille de cuivre, très-dégradée, attachée à un anneau, aussi de cuivre. Tout porte à croire que ce fut ici une sorte de fosse commune où l'on entassa des débris arrachés à d’autres caveaux avec la terre à laquelle ils étaient mêlés, peutêtre à un moment où ces caveaux furent vendus à d’autres familles. I n'était pas rare qu'un même caveau servit successivement de sépulture à des morts différents; les inscriptions renferment à cet égard de nombreux témoignages.
La troisième fosse, située contre la paroi du rocher, était couverte de quatre petites dalles, réunies par un ciment très-solide. Elle contenait deux corps couchés côte à côte. Deux pierres brutes supportaient les crânes en guise d'oreillers; les os étaient à leur place respective; la terre était purement végétale. L'hypothèse que nous avons faite sur les fosses précédentes ne peut donc pas s'appliquer à celle-ci.
Toute la suite du mur de rocher a formé le fond de cellules sépulerales qui y étaient adossées. Les revêtements de stue et les dallages sont conservés en certains endroits. Dans un mur voisin, nous trouvâmes les débris d’un très-beau sarcophage, à couvercle imbriqué, cassé il y a quelques années. Des restes d'inscription se voient encore sur ces débris. On croit lire :
ATAIZOCE
Peut-être avons-nous là le reste de Epapdydivos érooer. Suapdydiwos serait
un dérivé correct de Zudpæydos, nom propre connu par les légendes des médailles, (Mionnet, IL, p. 27: Suppl. NE, p. 5: cités par Pape, s. ».) La place de l'inscription sur un listel étroit ferait croire en effet qu'elle offrait plutôt le nom de l'artiste que celui du défunt.
C’est, je pense, le sarcophage dont parle M. Thomson ', et qui venait d'être brisé lors de son passage à Gébeil. Le motif principal de lornementation de ce tombeau se retrouve copié dans un tombeau tout moderne, adossé à l’église de Mar-louhanna.
Un peu plus loin, s'ouvre une belle grotte sépulcrale?, dont le sol
est recouvert d'une mosaïque à gros cubes, sans dessins. À côté, le roc est eriblé de ces trous ronds ou soupiraux dont nous parlions tout à l'heure.
Enfin, en s'avançant d'environ deux cents mètres vers le sud-est, on trouve le plus beau caveau de toute cette nécropole. IL était, quand nous arrivâmes, tout à fait encombré. Notre planche XXXIX en offre le dessin. Les murs sont revêtus de stuc en apparence noirci, mais en réalité couvert de peintures décoratives, qui revivent en partie quand on les éponge. Nous n'y avons vu clairement qu'un serpent. Î y a aussi quelques reliefs, mais cassés el où nous n'avons rien pu reconnaitre, Le caveau se compose de deux cavités sépulcrales, situées en face de l'entrée, et de fours moindres sur les côtés. Ces fours sont maintenant obstrués par l'éboulement de la voûte. Cet éboulement a dissimulé également toute l'entrée et la partie antérieure. Le trou par lequel on entre à présent est une crevasse du plafond. Les deux cavités en face de l'entrée contenaient chacune deux grands sarcophages, lun situé en avant de l'autre, mais sur des plans différents. En outre, au pied du sarcophage inférieur, s’ouvrait une auge sépulcrale dans le roc. Trois rangées de tombeaux s'étageaient ainsi dans chacune des deux cavités. J'ai rapporté les deux grands
! Bibliotheca sacra, NV, p. 7. Cf. Ritter, Erdkunde, ? Voir de Tour du monde, 1863, p. 36, d’après XVIE, p. 576. une photographie de M. Lockroy.
CAMPAGNE DE BYBLOS. 191 sarcophages du rang supérieur. On remarquera la bizarre représentalion qui figure sur celui de gauche. Cest, je crois, une ciste où un objet symbolique. Le devant du sarcophage de droite est cassé: mais nous en avons trouvé assez de morceaux pour le recomposer en grande partie. Nous 1gnorons quel était Pobjet dont on voit l'attache à droite du rond central. La comparaison du bas-relief de Schalaboun, que nous donnerons plus tard, nous ferait croire que c'était un arbre. Les guirlandes du couvercle sont d’un travail grossier, mais non sans effet. L'ensemble de ces tombeaux, quand ils étaient à leur place, avait quelque chose de saisissant.
Les tombeaux du second rang avaient des couvercles plats ou à peine convexes. Les cuves offraient des traces de reliefs et de peinture, mais en très-mauvais état. Sur le devant de celui qui se présente à droite du spectateur, J'ai cru distinguer trois vases à très-pelit relief, ornés d’une bande rouge, analogues à la ciste du grand sarcaphage de gauche.
À côté de ce beau caveau, nous découvrimes l'entrée d’un autre caveau, composé de deux chambres, l’une à la suite de l’autre, et communiquant entre elles par une porte assez basse. Déblayées minutieusement, elles ne donnèrent rien. À côté, nous trouvâmes les restes d’un caveau en maçonnerie appliqué au rocher. Plus à l’est, on voit encore des travaux dans le roc.
Les murs des maisons, dans l'espace que nous venons de décrire, ren-
ferment trois inscriptions. La première est latine :
DISMANIBVS L:PHILOCALVS-: