CHAPITRE IT
ENVIRONS DE GÉBEIL.
Le Liban au-dessus de Gébeil a une grande importance historique et archéologique. On ne peut pas espérer d'y trouver précisément la Phénicie: cest exclusivement dans les grandes villes de la côte, sorte de comptoirs d'une race marchande établie au milieu d’autochthones de race infémeure, qu'il faut chercher l'art, l'écriture et le génie propre des Phéniciens. Mais dans la montagne se révèlent à chaque pas les traces d’un des monuments religieux les plus curieux de l’histoire de l'humanité. Les cultes du Liban, vieux comme le monde, mais plusieurs fois transformés et mélés d'éléments de toute provenance, prirent, dans les premiers siècles de notre ère, une vogue extraordinaire. Byblos devint, vers cette époque, une ville toute religieuse, et la région du Liban située au-dessus joua le rôle d’une vraie terre sainte, où l'on venait de toutes parts en pèlerinage. Les traces de ce curieux mouvement, dernier effort du paganisme, qui à déterminé la forme sous laquelle Pidolâtrie se présenta à l'imagination des auteurs chrétiens et même du moyen àge, sont fort nombreuses. Chaque sommet du Liban était couronné d’un temple, dont les débris, portant avec évidence la marque d'une destruction violente et poussée jusqu'à la minutie, se voient encore, L'avénement du christianisme fut marqué en Syrie par de nombreuses destructions de temples. Le Liban exerçait sur les iImaginations un grand charme '. Ces montagnes, par un rare privi-
*Phœnice, Libano monti acclivis, regio plena gratiarum et venustatis.» (Ammien Marcellin.)
lége, réunissent à un haut degré la majesté et la grâce : ce sont des Alpes riantes, fleuries, parfumées. Les temples qui les couronnaient contribuaient à leur beauté; un paganisme très-dangereux et très-difhicile à déracer s'y délendait à outrance. Déjà, dans les écrits des anciens prophètes hébreux, on trouve à chaque page l'horreur des cultes qui se pratiquaient sur les « hauts lieux » et sous les «arbres verts!.» Le Liban se présentait à Pimagination des chrétiens comme le dernier refuge des crimes d'Athalie et de Jézabel; on le découronna systématiquement. Dé-
truire les temples passa pour une œuvre des plus méritoires ?; nous Voyons
les moines d’Antioche* et plusieurs pieux personnages, saint Maron, par.
exemple, se donner à cet égard une sorte de mission“ et courir le pays en destructeurs.
Rien de plus uniforme que l'aspect sous lequel se présentent ces emplacements sacrés. Toujours une chapelle a remplacé le vieux tem ple, el souvent il est facile de reconnaître, dans la dédicace de la chapelle, dans la spécialité, médicale ou autre, à laquelle elle est affectée, un souvenir du culte primitif, L'inscription du temple forme d'ordinaire le linteau de la porte de la chapelle. Les simples et bons prêtres maroniles croient que c'est la pierre de fondation de leur église, et c'est là une heureuse erreur; car, s'ils avaient su que ces pierres conservent le souvenir d'une divinité païenne, ils les auraient détruites, ne füt-ce que pour soutenir leur prétention bizarre que le Liban a toujours été pur d'idolätrie. L’autel est souvent le bomos ancien avec son inscription. Les cippes et les débris de sculptures ou d’ornements architectoniques qui ont échappé à la destruclion sont groupés sur l'autel avec une grande naïveté et une absence complète du sentiment de l'art. La position de ces temples est toujours
très-belle, car c’est particulièrement de haut en bas que les vues du Li-
1 Cf. Gesenius, Thesaurus, p. 188, 189. toire ecclésiastique, livre XVI, n° 39.—* Libanius, 2 Libanius, Yrèp Tv iep@v, édit. de Reiske, et trailé cité. les textes de lois recueillis par Reiske; Fleury, His- 4 Mhéodoret, Religiosa historia, xv1. I ; \ fi ;
CAMPAGNE DE BYBLOS. 2 il ban sont délicieuses. Un caroubier séculaire, souvent un petit bois de chènes ou de lauriers, derniers descendants de l’ancien bois sacré, abritent d'ordinaire ces débris. Alentour, se voient des puits, des citernes, des piscines, des tombeaux taillés dans le roc, des pressoirs, des meules, des auges, tirés également du roc vif, des pierres éparses semées dans un taillis de chênes. En général, la chapelle à ici plus d'intérêt que l'église. Moins surveillée par le clergé, elle abrite presque loujours en ses pauvres murs les restes de la vieille religion. Saint Georges et saint Élie, leurs patrons habituels, le prophète Jonas, dont le nom s'attache à beaucoup d'endroils caractéristiques au bord de la mer, ont remplacé, sans doute, des divinités plus anciennes. Je suis persuadé que laspect intérieur de la plupart de ces chapelles, la nature et la disposition des offrandes, les vœux qu'on y fait, la façon dont on y prie, diffèrent peu de ce qui avait lieu il y a seize cents ans. Souvent ces culles, surtout ceux qui se rapportent à saint Georges et à Jonas, sont communs aux chrétiens et aux musulmans. Nulle part plus qu'en ce pays il n'est vrai de dire que l'humanité, depuis son origine, à prié aux mêmes endroits. On ne saurait douter, en tout cas, que ce ne soient ici les 22 ou «hauts lieux» des Hébreux, impliquant à la fois l'idée de forteresse, de temple et même de tombeau !, analogues au fous des Grecs. I n’est pas impossible que le mot Soués lui-même vienne du phénicien 93 (plur. constr. bomothé ).
Les inscriptions de ces curieux édifices sont la partie qui a pour nous le plus d'intérêt. L’extrème bienveillance avec laquelle ma mission fut accueillie par les habitants de ces contrées me donna, pour les découvrir, de grandes facilités. Durant mon séjour à Amschit, j'organisai un système d'enquête auquel la population se prêta avec empressement. J'annonçai que l'Empereur des Français avait résolu de faire écrire l'histoire de tous les anciens peuples, mais qu'ayant remarqué dans les chroniques beaucoup de mensonges, il avait donné l'ordre de recueillir ce qui est écrit
! Voir Gesenius, Thesaurus, p. 188, 189.
sur les pierres, vu que les pierres ne mentent jamais. Je reçus bientôt une foule de renseignements sur les villages et les grottes où 11 y a des pierres écrites. En groupant ces indications, j'arrivai à une liste de plus de soixante localités de la région de Gébeil et de Batroun où l'existence d'inscriptions m'était attestée. Presque aucune de ces indications ne s'est trouvée complétement en défaut, et parfois j'ai admiré la justesse avec laquelle ces hommes simples apercevaient des traces d'écriture sur des pierres à côté desquelles l'œil le plus exercé eût passé inattentif. Je ne pense pas qu'après nous on trouve, dans cette parte du Liban, beaucoup de lettres antiques à découvert.
Partons de Gébeil, et décrivons d'abord alentour un cercle d’une lieue de rayon à peu près.
En suivant la mer vers le sud, on rencontre, au bout de trois quarts d'heure, l'embouchure du Ouadi-Fédar (,ixaali). I y a là les restes d’un aquedue qui conduisait les eaux de PAdonis à Byblos et d’autres vestiges d'antiquités. Néanmoins, ce n’est pas un sile de ville, et c’est à tort, selon moi, que M. Thomson a eu l'idée de placer Palæ-Byblos à ce point”. Je n'ai pas vu linscription grecque que beaucoup de voyageurs ont copiée en cetendroit?. La tour de lÉcho, placée près de là, n’a rien d’antique. On nous avail indiqué les deux villages de Fédar el-Fauka et de Hammar- Saghir ( 4e »lr) comme possédant des inscriptions arabes encastrées au mur de l'église. Nous n'y avons pas trouvé d'inscriptions ; seulement nous avons vu à Hammar-Saghir une pierre antique sur laquelle on distingue une tête de bœuf, analogue à celle de Haboub, que nous décrirons bientôt; à côté, se voit la moitié d'une guirlande. Fédar a aussi un morceau de moulure grecque.
7 2 Ë) ÿ : Me) 2 + | | , je En S élev ant par le ouadi qui souvre au SUu de Kassouba ,0on remarque
1 Bibliotheca sacra, N, p. 5. Ritter, XVIT, p. 570. La copie de M. Krafft (Topographie Jerusalen’s , plan-
> Corpus inser. græc. n° 503 b. C'est par une inad- ches, n° 25) ne sert pas beaucoup à corriger le Cor
vertance singulière que M. Franz l'a rapportée à Pal- pus. (Cf. Lepsius, Denkmeæler, t. XIT, feuille 100, 8 PI 1 ; ; >
mvyre et a suppléé en tête [auuonrdr 5 mous. n° 588: Bibliotheca sacra, N, p. 6 et 587.) À l Rue Ï 7
CAMPAGNE DE BYBLOS. 295 d’abord, le long du torrent, un mur en gros blocs, analogue à celui dont nous avons parlé, p. 211. Puis on arrive à Bélat (Bk), centre remarquable d’antiquités. L'église de ce village, dédiée à saint Élie, est bâtie avec les débris d'un temple ancien. Des morceaux de statues romaines sont engagés dans le mur. Toutes les belles pierres sont à refend, mais hors de leur place, l'édifice primitif ayant été démoli, sans doute au 1v° ou au v° siècle. Ceci a de importance; car notre édifice étant daté avec précision nous donne un type certain de la coupe des pierres usitée en Syrie à la fin du r* siècle avant Jésus-Christ. L'hypothèse d'après laquelle ces pierres auraient élé prises à Byblos ne saurait arrêter l'esprit un moment. La route de Gébeil à Bélat est impraticable. Les chrétiens qui ont bät l'église de Saint-Élie ne se fussent pas donné la peine d'aller chercher si loin, pour une si pauvre construction, des matériaux si difhiciles à amener à pied d'œuvre.
L'église de Bélat renferme quatre inscriptions.
1% Au-dessus de la porte de devant :
AIIMETIETNIAZTTAZIOZ AI | ONYZIOYANZOHKZEN |
Complet; lettres de médiocre grandeur. Le £ et l'E ont exactement la même forme: il en est de même dans le 2° et le 4°,
2° Au-dessus de la porte latérale du sud :
ZTOYEQIBSTHEHTEZMON KAIQAIONYEZIOYSTOYSKAI
Incomplet à droite. Belles lettres de douze centimètres de haut.
A côté de la porte latérale du sud :
» KAICAPOCCEBACTOYAII ONYCIOYANEOHKEN
Incomplet à gauche: caractères moyens; ceux de la deuxième ligne un peu plus
petits.
L° Fragment qui a été employé à bâtir les marches de l'autel, d’où on
le tira pour me le faire voir :
ETIZTNWISAZTAZIO GA AISZWAIWGZPI AKA
Incomplet des deux côtés; grands caractères, plus gros que ceux du 2°.
I semble, au premier coup d'œil, que les fragments »°, 3° et 4° doivent se rassembler. I n’en est rien. Outre qu'on y trouvera, si on l'essaye, des difficultés insurmontables, le caractère des lettres, leur grandeur, les moulures des pierres, s'y opposent absolument. Mais ces quatre inscriptions, qui se répétaient presque, peuvent se com-
pléter, d'une manière probable, l'une par l'autre.
La première était :
Aù ueyiolw Aomdcios Ar ovuotou àvélmuer.
La deuxième était :
Érous 16 Ths myeuor|las Kaloapos Se6aooÿ, Ai peylolw Aomäcios Atorvoiov, ToÙ| xai Auopuaotov, Toù nai [Aiowuoiou, dvébnuer|. La troisième était :
[Érous 1€ ris myeuovtas| Kaloapos Xe6acioÿ, Ai [usytoo Âomodoios Ailovuotou dvélnuer.
La quatrième ne peut être rétablie d'une manière aussi complète :
[Ai uleyiolo Âomaoios AIOUDDIOE eee DR À Ewdio ÉpufnpldxAfns.................….
La formule roÿ «af ne s'emploie d'ordinaire que pour exprimer qu'un homme avait deux noms. Mais, si l’on tient compte de toutes les particularités du fragment 2°, on verra qu'il faut se plier ici à une autre hypothèse et supposer qu'il s'agit d'une descendance par homonymie. Il est vrai que celte descendance est désignée dans les inscriplions par dés, tpis, elc. suivant le nom de l’ascendant au génitif. (Voyez le Corpus, t. [, p. 613, et les n° 2686, 43031; Le Bas, Revue archéol. À, p. 716: Insempt. de
Morée, n° 156.) M. Egger, qui me fournit cette note, ne connaît pas un seul exemple de roÿ xal avec le sens que nous proposons. Mais! si l'on n'admet pas ce sens, il faul ou supposer que le n° 2 donnait le nom de la mère avant celui du père, ce qui n’est guère admissible, ou que le père d'Aspasius portait indifféremment trois noms, avec cette bizarrerie que Atordotos, son nom principal dans les n° 1, 3 et 4, aurait occupé la seconde place dans le n° ».
L'ère de «l'hégémonie de César Auguste» est probablement la même que celle de + la victoire de César. Augusté à Actinm , » que nous trouverons bientôt à Maad. M. Egger, cependant, ne croit pas avoir rencontré ailleurs sur les marbres la formule 7yeuovius.
La date des inscriptions, et, par conséquent, celle de la construction du temple de
Bélat, serait donc l'an 19 avant Jésus-Christ. Le caractère du n° 3 semblerait plus mo-
derne; peut-être cette inscription a-t-elle été refaite.
Zowdtoy, ou mieux &wdo», a ici, sans doute, le sens de «sculpture,» ou est synonyme de EwB6pos, «frise.» Le fragment, en effet, par la grandeur des caractères et par ses moulures, semble avoir fait partie d'une longue inscription entourant une
frise. I rappelle des fragments semblables qui se voient à Baalbek.
La dédicace de l'église à saint Élie (Santelia) est à noter. Élie, en oénéral, a remplacé Baal; il est représenté, dans les tableaux des églises, entouré de prêtres de Baal massacrés, et tenant d’une main un sabre sanglant, de l’autre, une tête coupée.
On voit auprès de Bélat divers tombeaux dans le roc. Les plus beaux sont à l'ouest du village, en descendant. Ce sont six ou huit auges creusées l'une à côté de l'autre dans le roc, plané avec une extrême régularité et un soin minutieux. Un rebord intérieur y à été ménagé pour servir d'assise au couvercle. C’est évidemment une sépulture de famille, car des auges moindres et hors rang y sont ménagées pour les enfants. Nulle part on n'admire plus l'art de ces sépultures en plein air. Mêlées aux aiguilles
de rochers et entourées d’une charmante végétation, ces grandes coupes
lisses dans la pierre produisent un effet très-pilloresque.
Je trouvai beaucoup d'objets antiques entre les mains des gens du pays, un petit pot d'albâtre (au Louvre), une bague à sujet grotesque (ibid.), des verreries. On me montra aussi une très-belle bague, dont le chaton représentait un coquillage, et dont je donne ii le dessin, pour qu'on voie s'il peul servir à éc aircir la question du murex”. Quelques monnaies phé-
niciennes offrent des représentations analogues.
La «dalle» ou rocher horizontal (LA), dont le village a pris le nom, est une roche striée artificiellement pour un usage industriel inconnu, et se voit à côté de ce village, sur le bord du ravin.
Une famille ancienne de cheikhs, les Dahdah, résident à Bélat. Je vis dans cette famille une femme portant la tasié (xb), immense appendice en argent, semblable au pavillon d’un cor de chasse: on l'attache à la tèle par un mouchoir. C'est sa dot, me dit-on, que la femme porte ainsi. Cet usage est devenu extrêmement rare?.
Mar-Semän, à l'est de Gébeïl, est une pauvre chapelle, au centre de laquelle s'élève bizarrement une énorme colonne de marbre de quatre mètres cinquante centimètres de circonférence. Le tronçon a cinq mètres de haut, et il s'enfonce profondément dans le sol. En descendant la colline, on trouve une chapelle composée de matériaux anciens. [y eut là un temple et de belles constructions en gros blocs. Partout on voit des travaux dans le roc et des débris.
Le village de Haboub (Ssx> ), au nord de Mar-Semän, a un reste de sculpture architecturale : c’est une belle pierre présentant des moulures soignées et une tête de génisse. Des traces nombreuses de grandes constuctions se voient près de là. Sur un rocher, des signes bizarres, un cercle
1 Voir M. de Sauley, Voyage en Terre Sainte, W, 2 Brocchi, en 1894 (Giornale delle Osservaziont, ete. p. 28h et suiv. IL, p. 139-133), en vit plus d'exemples.
CAMPAGNE DE BYBLOS. 297 rayé de lignes horizontales et des tailles diverses dans le roc. Au-dessous se trouvent les ruines d'une construction en grosses pierres. L'église de Haboub est bâtie dans la cella d'un temple, analogue à celui de Deir el- Kala, si ce n'est que les pierres ne sont pas tout à fait aussi grandes.
Le village d'Eddé, un peu au nord de Haboub, est encore plus 1important sous le rapport archéologique. L'église du village, Mar-Gioroious, est tout entière construite avec des matériaux anciens. H y a des colonnes et de belles pierres moulurées engagées dans les murs. Le linteau de la porte principale est celui d’un temple phénicien et offre les mêmes symboles que la frise trouvée au baptistère de Byblos; mais le linteau d'Eddé est plus ancien. Je l'ai rapporté au musée du Louvre ( pl. XXXII, n° 6). Les uræus ont été martelés, et le globe a été aplat pour recevoir une croix rouge. Les deux appendices supérieurs du globe, ici comme dans la pierre du baptistère de Gébeil, semblent les queues des urœus!. En Égypte, ces appendices se présentent comme des cornes de bouc; mais je crois que les artistes de Phénicie ont interprété à leur guise la donnée originelle. On remarquera la ressemblance particulière de cette représentation avec les symboles analogues de la Perse?, surtout en ce qui concerne les nervures inclinées qu'on voit sous la pare d'ailes principale. Ces nervures, d'un autre côté, s'expliquent très-bien par les cannelures des voussures des pylônes égyptiens. La surface courbe sur laquelle se déploient les ailes au-dessus de ces pylônes est d'ordinaire striée verticalement. Mais ce qui fait l'importance de ce monument, ce sont les inscriptions qu'on y lit.
Sur le petit listel qui est au bas du linteau :
EON KB
AIONYCIOCOIIOCZ7ZOAAACOIKOAWMOYCENOICACEZ
Inscription fruste et difficile. Ce qui est entre Awopdaouos et oXXas est très-douteux.
re fe Dies iles cola He ! $ ouos serait-il pour vids? On sait les ort 1ographes très-diverses de ce mot dans les ins-
? Voir ci-dessus, p. 158. * Gela est sensible surtout au pylône du nord à = Voir Lajard, Culte de Mithra, pl. Let I. Karnak.
criptions incorrectes. Ce qui suit a été sûrement corrigé et surchargé. On croit quelquefois lire AYKIOAAAS, ou AYEIOAAAS, génilif d'Aviola. L'orthographe barbare de l'inscription autorise à supposer toutes les fautes possibles. Je propose done, mais
avec beaucoup de réserve :
Auoybaoios, vids Aderdhhæs, oodduous émoinoa, ceSÜperos Seûv. 16. Les lettres x£ paraissent désigner une date. Mais il est dificile de songer à Pere
d'Actium. L'écriture et l'orthographe de notre inscription sont d'une bien plus basse
époque que le siècle d'Auguste.
Sur le champ même du fronton, au-dessous du globe, se lisent quel-
ques autres lettres, très-frustes, très-mal gravées, de formes eursives :
BIECTABOYBAOAC
Bou£a seul est certain. À@w@4s était un des noms d'Adonis!. Je prouverai bientôt par induction que le temple d'Eddé était consacré à Adonis. Mais il faut s'arrêter vite dans les conjectures sur des textes si indéchiffrables.
Quoiqu'il faille être très-réservé quand il s'agit de supposer une différence de date entre le travail d'un membre d'architecture et les inseriptions qu'on y lit, 1l semble bien que, dans le cas présent, une telle hypothèse est permise. Les sculptures de notre pierre, en effet, sont plus anciennes que celles de la pierre du baptistère de Gébeil, laquelle paraît être du n° siècle. Or les inscriptions que porte la pierre d'Eddé n'ont pas été pravées avant le in ou le 1v° siècle. Remarquons de plus que l'inscription principale est gravée sur un espace très-élroit, qui n'a nullement été ménagé pour recevoir une épigraphe, en sorte que celle-ci ne semble nullement être entrée dans le plan du monu-
ment primitif auquel la pierre appartenait.
Eddé à diverses autres antiquités, une très-belle citerne creusée dans le roc, avec un pilier couronné d’une plinthe au milieu, pour empècher
l'effondrement de la voûte; un curieux chapiteau.
kue-X-250û
1 Movers, Die Phœn. À, p. 202.
Enfin, dans une maison, un fragment de marbre portant un débris k EN d'inscription :