‹ Mission de PhénicieChapitre 34 sur 127 · SEE · texte numérisé non relu

SEE

DÉLINES

inseripüon du même genre. Les Métualis, qui occupent ces parages, ne voulurent pas

me la laisser voir. Une copie grossière d’un indigène me permet de lire :

WG eo

Voici, en tout cas, la note qui m'avait été remise sur Békata : «ke ue bles à che SN pt à su DE v2 À Djouret Bou Hmar, au-dessus de Gerbiné, près de Matkoubé, il y a une Inscription

sur un rocher. Îl y en a une aussi, dit-on, à Tumm el-Matkoubé. Dans toute la résion de Kartaba, surtout sur les hauteurs, les inscriptions abondent.

O î ( Souvent les suidesne pouvaient retrouver toutes celles qu'ils connaissaient. Quelquefois, : O l | * | en effet, ces inscriptions sont tout à fait cachées: d’autres fois, elles sont très-ellacées, et l'on s'étonne de la perspicacité avec laquelle les indigènes savent les reconnaitre. IDE. I 8

Pour toutes ces inscriptions, s'adresser au curé Abd el-Ahad ou à Féris Sab, de

Kartaba, qui les connaissent. Préférer Féris.

Le Wadi-Almät, qui est cultivé, n'a pas d'inscriptions. En rentrant, au contraire, sur les pentes escarpées du Nahr-Ibrahim, on trouve la plus singulièrement placée de ( | ( 8 I toutes ces inscriptions, je veux parler de celle de Mupharet-Ayyoub, caverne située dans | >] [ g Uk la terre de Misschen (GE), entre Fatré (us) et Maschnaka (X Rite), sur l’escarpement même du rocher à pie qui est vis-à-vis de Gebel-Mousa. C'est un endroit ] | d’un abord extrêmement dangereux; la paroï où la caverne est creusée étant absolument perpendiculaire, on n'arrive à l'excax alion qu'en marchant sur une sorte de bourrelet, formé par les racines des arbres; à un endroit même, cet appui manque; un simple petit bâton a été enfoncé dans une fente du rocher, et c’est en s'appuyant sur ce frêle échelon qu’on est obligé d'enjamber le gouffre béant. La caverne est étroite, et son O ] Le] aire très-inclinée: on n°v lient pas sans quelque angoisse; mais le paysage de FAdonis \ Ï UC 6 paysag s'offre de là dans sa plus sauvage beauté.

Voici l'inscription :

MIWG DES N PCXIV

Ge fut la première inscription de ce genre que je vis. Je crus un moment avoir devant moi un graffito laissé par quelque touriste. Mais la dureté de la roche et la singularité de l'endroit me parurent tout d'abord des objections décisives contre une telle hypothèse. On ne conçoit pas, du reste, comment on a jamais eu l'idée de tracer une inscription en un pareil endroit.

À Mérah Abéid, près de Aïn el-Djereïn, dans la vallée du Nahr-[brahim, non loin de

RSS

la Mugharet-Ayyoub, il y a aussi une inscription. Elle est cassée; je n'en ai qu'une ô A } copie défectueuse, qui laisse néanmoins clairement lire les lettres :

MP AD Le Djebel-Mousa, grande montagne détachée, située vis-à-vis de Maschnaka. pré- ] Le) O

sente aussi un grand nombre d'inscriptions d'Adrien.

1° À l'endroit appelé ke À 5, Kœrnet Antar :

MAIAD 7YC D AGIVCP

En tête, se trouve une sorte de crosse analogue à celle que nous avons représentée ci-dessus, p. 272.

2° À ali N-4>. aux environs de Djurd el-Kamoun :

MIAD4G AGIVCP

en pelits caractères, très-bien gravés.

3° Toujours au 740) Na, au bas:

DG

Le D est douteux.

AN Xaæ, à l'endroit nommé «uns Ja> Gakÿ, à lorient de Gsl, Lu :

AGIVCP

5° A ei) ëp#æ, deux pierres superposées. Sur celle de dessous :

MPIAD WG

Sur la pierre plus petite, qui est superposée : AGIMCR

À Ja suite de la seconde formule, à quelque distance, se voit un A,

À Rai 5,5 (Kœrnet ed-Deïr), où l’on nous avait aussi indiqué une inseription, nous n'avons rien trouvé.

S'adresser, pour voir ces inseriptions et peut-être d'autres encore, au cheikh Khaden Dahdah, qui demeure à côté, à Kwali ou à Zeitoun.

AkKwali ou Dahr Kwali, sur la rive gauche de l'Adonis, assez près de son embouchure, sur la route de Gébeil, il doit y avoir aussi une inscription. On dit qu'elle est longue de dix lignes: ce n'est peut-être pas une inscription d'Adrien.

RARE TEEN

A Akoura, on nous parla aussi d’une inscription sur le roc, à Aïn-Bahr, au-dessus d'Afka. J'envoyai examiner, on ne trouva rien; mais nous en entendimes parler de

nouveau plus tard, à Kartaba. L'existence de cette inscription est donc certaine.

Au sud du bassin du fleuve Adonis, sur les hauteurs qui séparent les bassins de

l'Adonis et du Lycus, j'ai encore trouvé deux inscripüons d'Adrien. 1° À Djurd en-Nokri, entre Fareya et Aphaca, sur un rocher ébréché à coups de

massue :

7 AM HADWGD FSNCCXXXV

Toute la première ligne est douteuse.

° Près de là, à Djoreidé, en face du Sannin : HAD4GDF S:NCXXCIV

Aucune lettre n’est douteuse. On est ici au milieu des neiges; au mois de-juin, il} en avait encore une couche épaisse près de cette inscription.

C'est la plus méridionale des inscriptions d'Adrien que j'ai trouvées. Je lis, il est vrai, dans la Relation, de M. Guys! : «À mi-chemin de Meroud] à Zahlé, c'est-à-dire trois heures avant d'arriver à ce dernier endroit, J'ai apercu sur un rocher le monogramme de l'empereur Adrien.» Une inscription analogue aux précédentes serait, dans cette résion, un fait si isolé, que je suis porté à croire que l'inscription vue par M. Guys n'est pas du même ordre que les textes dont nous venons de parler. Au contraire, les lettres TEB, qu'il vit gravées sur le rocher, à une demi-lieue de Fakra?, peuvent être

un débris de [CEÏTER[A|-

Tel est cet ensemble d'écritures bizarres auquel je ne connais rien d’analogue. Elles se composent toutes, comme l'on voit, 1° d’une formule fondamentale, qui ne laisse place à aucun doute; 2° de formules additionnelles qui varient. L'une de ces formules : AGIVCP, nous est expliquée, puisque nous en avons trouvé la seripho plena. Deux autres, DFS et VIC ou VIG restent douteuses. Comme je n'ai pas vu moi-même tous les

endroits où il peut y avoir des seriptiones plenæ, je n'affirme pas qu'on ne

DCS a the Tbid. p. 15.

SE EN PF a Las PS ETS

CAMPAGNE DE BYBLOS. 279 trouvera pas l'explication de ces deux dernières formules. Je recommande particulièrement aux voyageurs d’aller revoir Wadi-Aïn-Schara où Wadi-

‘Tout, Diradjet el-Mihal, quelques-unes des inscriptions au-dessus de Tannourin, surtout celles d'El-Fouar, de Tumm el-Qobour et de Aïn el- Hamra, enfin les deux de Ras Akbet Djenny, près de Kartaba.

Outre les formules additionnelles, beaucoup d'inscriptions, on l'a vu, portent un numéro d'ordre. Ces numéros vont jusqu'à 800 au moins. I ést remarquable que des inscriptions voisines l’une de l'autre, comme les deux dernières que nous avons rapportées, ont des numéros fort écartés les uns des autres.

Une hypothèse qui se présente d'elle-même pour grouper les faits qui viennent d'être exposés, c'est de considérer ces nombreuses inscriptions comme un règlement afliché, en quelque sorte, par l'ordre d’Adrien dans cette région du Liban, autrelois couverte d'arbres, et par lequel on faisait la distinction des essences réservées à l’État et de celles qui étaient abandonnées aux coupes des particuliers. Nous avons déjà rencontré des circonstances qui nous ont porté à supposer que le Liban, au-dessus de Byblos, était très-boisé à l'époque romaine. On sait que, dans la Bible, le trait caractéristique du Liban, ce sont les bois qui le couvrent!, Le Liban fournissait du bois pour la construction des grandes flottes du temps d’Alexandre?. À l’époque romaine, la flotte stationnait souvent dans ces parages, el sans doute choisissait ses mâts parmi les plus beaux pins de la montagne. Nos inscriplions se rencontrent surtout dans des endroits abruptes, inaccessibles, très-rarement dans les endroits cultivés, dans les fonds de vallées.

Avouons cependant que les lieux où se trouvent parfois nos inscriptions contrarient un peu l'hypothèse que nous venons d'exposer. Non-seulement ce sont, le plus souvent, des cantons aujourd'hui complétement dénudés; mais, en quelques cas, il semble qu'on ail pris plaisir à les tracer

! Voir, par exemple, Îl Reg. xix, 23; Isaïe, xxxvir, 24. — ? Quinte-Curce, X, 1.

dans des sites bizarres, pittoresques, ou dont l'accès constituait, par les

dangers que lon courat pour Y arriver, une sorte de défi : ainsi, aux sommets inaccessibles du Djebel-Mousa, point le plus sauvage du Liban; sur les sommets les plus élevés entre Akoura et la Cœlésyrie, où la neige dure jusqu’au mois de juin, et où ne poussent que des buissons rampants; parmi les rochers au-dessus de Tartedj et de Tannourin, où Pon croirail que jamais l'homme n'a pénétré; dans la grotte d \yvoub, creusée au flane d’un rocher à pie, où lon ne par ient qu'en s’aidant des arbustes suspendus au-dessus du fleuve Adonis. Comme ce furent justement des inscriplions ainsi placées que Je rencontrai d'abord, je fus tenté, pendant quelque temps, de les regarder comme des espèces de cartes de visite du César voyageur, analogues à celles du mème empereur qu'on lit sur le colosse de Memnon en Égypte ! et dans plusieurs autres lieux?. Le nom d'Adrien est sûrement celui qui a été semé par l'épigraphie dans le plus de lieux divers. On sait les longs séjours qu'Adrien, avant et depuis son élévation à l'empire, fit en Syrie. Tout porte à croire qu'il visita Byblos; il occupe du moins une place importante dans l'histoire de cette ville’. On sait aussi avec quelle curiosité il visitait les sanctuaires célèbres; sans doute il aura tenu à faire le pèlermage d’Aphaca. Les biographes d'Adrien n'en parlent pas, il est vrai”, mais on le trouve à Antioche, à Jérusalem, au mont Casius sur la frontière d'Égypte, en Arabie Pétrée. I avait une dévotion particulière pour Vénus; on dit qu'il établit le culte de cette déesse à Jérusalem. Spartien, parlant des voyages d'Adrien en Grèce, remarque le soin qu'il avait d'assister aux cérémonies religieuses. [ n’est done pas tout à fait impossible que les inscriptions du Liban aient quelque rela-

lion avec les voyages d'Adrien. Mais sûrement leur principal objet est

1 Voir Letronne, Anscript. de l'Égypte, sect. Il, de Byblos,adressa un panégyrique à Adrien (Fragmn. init. p. 149. hist. græc: W,556 );Philon de Byblos composa une

2 A Athènes, en Grèce, etc. (Voir Bourquelot, Huit biographie d’Adrien, et fut, ainsi que son école, en jours dans l'ile de Candie, p. 11-13.) rapports suivis avec cetempereur. (Ouvr. cité, p.260.)

3 L'inscription vue par G. Robinson (Voy. en Pal. 4 Voy. le mémoire de l'abbé Greppo , Sur les voyages et en Syrie, I, p. 69) l'atteste. Aspasius, rhéteur de l'empereur Adrien (Paris, 1842), p. 178 el suix.

RENE CNET LES

TOSNSEARENTANETMERSE N

CAMPAGNE DE BYBLOS. 281 l'aménagement des forêts. H me paraît difficile qu'on ne trouve pas, dans quelque chaîne de montagnes voisines de la Méditerranée, des inscriptions semblables. Un de mes confrères se souvient vaguement d’avoir vu un fait analogue rapporté dans un voyage aux Balkans.

Un trait caractéristique du Liban au-dessus de Byblos est la masse énorme de pierres concassées qui couvrent le sol, et que les laboureurs maronites sont obligés d'amonceler en talus. Ces pierres viennent-elles du travail d’une culture séculaire, l’homme n'ayant réussi à créer des surfaces arables en ces contrées qu'en brisant le rocher qui émerge à chaque pas? Ou bien est-ce là un effet des moraines, des oppositions de l'hiver et de l'été, qui auront fait éclater la pierre ? Cest aux

géologues

qu'il appartient de le décider.

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