TE D NÉ D
L'inscription est donc de l'an 111 de notre ère. L'usage du plomb pour la couverture d’un édifice semble un fait à signaler. Le recueil d'Orelli, n° 3272, mentionne des tegule æncæ cum carpuseulis et vestituris basium. (CG. h267, plumbarius ; 4268 , plumbare officinæ. )
ANTUNEINOY TONKYPIWN
TOYCTHPOOYPEOYCYITEPHPAIAOC TANTOLOIKOYANEOHKA
Mutlé à gauche; xat Téro martelé. Comparez, ci-dessous, l'inscription de Kasyoun.
[Érous ad’ xuodpur oeSaolär M.] Âvrovemou [rai T'éra] r&v 20 plev, [Tor vadr nai robs Gwuods] rods Gpobupéous ùmép Hpaïtdos [Suyarpos xai roù adris] mavros oixou dvélna. Voir Frœhner, Inscriptions du Musée du Louvre, n° 29 L'inscription est de l'an 1: ou 219. Caracalla et Géta n'ayant régné qu'un an ensemble, le chiffre après Érous est certain. Pour la formule roù &avros aùroù oixov, voir une inscription du mont
F Claudien, dans Letronne, /nser. de l'Évypte, n° 17. To oüumavros tro oixou, ibid
n° 16, et Corpus, n° Abo1, etc. Le nom d'Héraïs fut porté par une disciple d'Origène,
qui fut martyre (Eusèbe, Hist. ecel. VE, 3 et 4 }e
À Defné, près de là, on trouve des objets antiques. Ce doit être une ancienne localité du nom de Adgyn, comme Tell-Defné, près de Baniâs. À Kefour, on a ouvert un tumulus, où se sont rencontrés des ossements, des ornements de cuivre, des monnaies des croisés. Auprès de la tour de Ras-Wata-Sillan, qui ferme au N. 0. la baie du Kesrouan, on trouve des cubes de mosaïque, des poteries, des briques, ete.
Le pont romain de Maamiltein a été souvent décrit. Le couvent armé-
mien de Beit-Khaschbo, près de Ghazir, possède une inscription latine : M-M:IVL-R-P:VIX:ANNIS-LXXXVII
Une copie que je dois au P. de Prunières porte : LXXXVI. Gette inscription se lit sur un pelit sarcophage en marbre blanc, qui sert aujourd'hui de lavoir pour les mains dans la sacristie du couvent. Il a 69 centimètres de large de face, 38 centimètres de hauteur, 48 d'épaisseur. Le creux a 32 centimètres de large sur 30 de profondeur. La face postérieure est lisse; la face antérieure présente trois têtes de taureaux très-mal laites, une au centre, deux autres à chaque coin, reliées par une guirlande de chêne. Au-dessus de ces sculptures, sur la bande supérieure, se trouve l'inscription qui, sans
- | Re ” =. - A à 2 PRO RME PE si 328 MISSION DE PHENICIE.
doute, commençait sur le couvercle. — Ce petit sarcophage a été trouvé aux environs
de Beit-Kaschbo. Il renfermait, dit-on, deux vases lacrymatoires.
La baie du Kesrouan, du resie, paraît avoir été toute romaine. Elle
élait sans doute autrefois, comme aujourd'hui, le séjour d'été des Bérytiens. Les noms de villages des environs sont presque tous grecs el latins : Ghousta!, Delebta, Defné, Reyfoun, Ajeltoun, Bellouni. Delebta a une ruine appelée Kalaa ?, construite en grosses pierres (restes d'uri temple?). La voie romaine contourne toute la baie. À dix minutes environ du pont de Maamiltein, on voit un groupe de bornes milliaires, sur l'une desquelles il y a une inscription dont M. de Bertou copia quelques mots * et que Kraflt a relevée intégralement ?. Près de là sont des rochers tullés en pressoirs, une cuve monolithe cassée, et une caverne en partie naturelle, peut-être, mais dont l'entrée à été régularisée. Cette entrée à une sorte de façade carrée, au milieu de laquelle s'ouvre une grande ouverture cintrée, Les chercheurs de trésors, en brisant l'entrée à coups de marteau, lui ont récemment enlevé beaucoup de son caractère monumental. Nous avons déjà souvent remarqué la tendance des Phéniciens à utiliser les cavernes. À une époque où l'on ne savait pas faire de voûte, un creux naturel était une chose précieuse, qu'on se hâtait d'approprier aux besoins de l’homme.
Le village de Djouni est tout moderne, sauf une grosse construction
€ € près de la douane. Au contraire, le village de Sarba (Le), très-près de
Djouni, est sûrement une localité phénicienne ?. Les travaux dans le
roc y sont nombreux et caractérisés °. I faut citer en première ligne une 1 Brocchi (Giornale, ME, 146-147) écrit Agosta. H nale, I, 319-320), mais placée d’une façon très-
y à un autre Ghousta, près du pont de PAouali, du indécise (Ritter XVII, 546). La même indécision
côté de Sidon.
2 Je dois ce renseignement aux PP. Jésuites de Ghazir.
3 Bulletin de la Soc. de géopr. 1838, p. 155.
# Topographie Jerusalenrs, inser. n° 9h. Corpus inser. lat. Syria, n° 208.
5 Elle fut d'abord remarquée par Brocchi (Gior-
ee © NI NE ET se Ten ere ere
règne dans la carte de Van de Velde.
5 À mon second voyage en Syrie, j'ai été frappé des changements qu'a subis cette localité par suite du progrès de la culture. La trace d’une foule de travaux dans le roc a disparu. De nouveaux écroulements de rochers arrivés à la route qui suit la mer ont fait dis-
paraitre certaines particularités remarquables. C'est
CAMPAGNE DE BYBLOS. 329 construction bizarre, dont on trouve l’analogue à Gébeil et à Anéfé, sorte de salle au niveau de la mer, à laquelle il semble que s’attachait quelque superstition dont les chrétiens et les musulmans ont également gardé le souvenir. On l'appelle maintenant la grotte de Saint-Georges, et lon croit que les bains de mer qu'y prennent les femmes les rendent fécondes. Le rituel veut qu'avant de sortir elles offrent une pièce de monnaie, déterminée par les règlements, à saint Georges, ce qui peut être un reste des anciens larifs phéniciens pour les sacrifices ou un souvenir éloigné du rachat de la prostitution sacrée'. En général, les pèlerinages communs aux musulmans, aux chrétiens et aux autres sectes, en Syrie, indiquent des centres de cultes païens. Les rochers de l'ancien sanctuaire ont été disloqués par des éboulements; on voit néanmoins le plan d'une façon trèsclaire. Des trous ronds dans le roc horizontal marquent la base des colonnes. Un escalier conduit à une plate-forme intérieure, située à la hauteur d'une niche où était sans doute la statue de la divinité. Je ne doute pas que la grotte de Saint-Georges, à Sarba, n'ait abrité les rites que nous savons avoir été pratiqués à Babylone, à Byblos, à Aphaca?, et qui venaient d’une idée répandue chez certaines races dans la haute antiquité, idée d’après laquelle la prostitution à l'étranger, loin d’être honteuse, était considérée comme un acte religieux. Des traces de cette idée se retrouvent encore en certains pays orientaux et en Aloérie.
La grotte de Saint-Georges est située sur le bord de l’ancienne voie, qui suit le rivage de la mer. La route est taillée dans le roc, et est séparée de la mer par un long écran monolithe, ou mur de rocher à pans trèsréguliers. Cet écran est fortement ébréché. La côte, minée de cavernes au niveau de la mer, s'est écroulée.
De l'autre côté de la route est Ale eut 5, kabr bint mélik, «le tom-
en voyant de telles destructions accomplies en quatre ? La grotte de Saint-Georges est dessinée dans L« années que j'ai le mieux compris comment les restes Syrie, la Terre-Sainte et l'Asie Mineure, t. UT, p. 34. de la vieille Phénicie sont si fort effacés. Mais ce dessin est inexact et sans valeur.
? Hérodote, [, 196, 199; De dea Syria, 6.
ha
beau de la fille du roi.» C’est une grotte sépulcrale, creusée au fond d'une grande entaille dans le roc. L'entrée est cintrée, mais d’une courbe fort surbaissée. Les niches, consoles, escaliers, trous de poutres, excavalions de toute sorte abondent alentour. On trouve là des citernes, des pressoirs, des moulins à huile; enfin, en s’avançant vers l’ouest, les tombeaux deviennent nombreux. Ils ont toujours la forme d'auges, tantôt creusées dans le roc, tantôt détachées. Un de ces tombeaux, taillé avec soin dans un rocher isolé et lui-même équarri, a quelque chose de trèspittoresque !. Malheureusement, les chercheurs de trésors l'ont ébréché. Sur le plateau, près de la route de Djouni au fleuve du Chien, il y a aussi des tombeaux en forme d'auge. Près des pins qui couvrent le cap S. O. de la baie de Djouni, on voit comme la partie inférieure d’une cella monolithe, évidée dans le roc; une partie du rebord reste et rappelle les travaux du même genre à l'ouest de Beyrouth; un trou rond se voit près de là. Les excavations régulières dans le roc se prolongent le long des cultures, presque jusqu'au fleuve du Chien.
Outre ces travaux dans le roc, Sarba à une grosse construction fort digne d'intérêt, appelée Kalaat-Sarba. C'est un soubassement en pierres très-grandes, qui rappelle Deir el-Kala. Brocchi? l'a vu, 1l y a 43 ans, beaucoup plus complet qu'il ne l'est aujourd’hui. Un pan, qui faisait angle avec ce qui reste, une corniche et une ou deux assises de hauteur ont dù disparaître. Quand Brocchi visita le monument, on en arrachaït déjà des pierres. Plusieurs beaux blocs ont été descellés en ces derniers temps. Mais ce qui reste prouve une construction fort soignée. Les pierres sont de trois ou quatre mètres en moyenne. La masse de ce qui reste est pleine, sauf un couloir qui allait autrefois d’une face à l'autre et dont un bout est maintenant obstrué de moellons. Sur une pierre en retraite de la première assise au-dessus de la ligne du sol antique, est sculptée, comme au fond d’une sorte de niche, une tête de génisse d'un bon travail. La niche
. 1 Comparez les tombeaux d’Alinda, dans Le Bas, Voy. arch. planches, Il, 7. — ? Loc cit.
à ie) vs EE nr RTS ir due net ITU NE à
CAMPAGNE DE BYBLOS. 331 a été faite exprès; elle entame deux assises; une dalle devait fermer la niche, en sorte que cette tête, sorte de talisman déposé dans les fondations, devait n'être pas visible. Près du Kalaa, se voient des débris d’une frise très-riche, de chapiteaux ioniens de l’époque romaine, de colonnes cannelées en spirale, et ces tas de retailles de pierre, qui sont toujours en Syrie le signe d’un édifice ancien. lei, comme partout, un chanter de tailleurs de pierres s’est installé près du monument, a débité les blocs sur place, et a laissé, comme souvenir de son passage, des monceaux de rognures.
Les mouvements de terrain que la culture du sol à amenés rendent assez obscur au premier coup d'œil le plan de cette grosse construction. La pente étant assez forte dans cette partie de la colline, les Maronites ont pratiqué 1ci leur système favori de culture en étage, en sorte que par un côté le monument est déchaussé, par l'autre il est enterré. Une coupe
du monument pratiquée du nord au sud donnerait à peu près ceci :
Nord Sud
En général, les soubassements de temples ruinés s'appellent en Syrie Kalaa, « forteresse. » (Dewr el-Kalaa, Kalaat-Fakra, ete.) I y a un autre Kalaat-Sarba, près du Nahr-Zaharani, du côté de Saïda. Sarba nous cache probablement un nom d'ancienne mythologie sémitique. Ge nom, en effet, dans la localité dont nous venons de parler, près de Djouni, paraît avoir été originairement le nom du temple (Kaluat-Sarba); puis 1l s'est étendu aux maisons environnantes. Divers restes antiques, en particulier un chapiteau ionique romain, se voient dans ces maisons.
Sarba, enfin, a fourni une inscription importante. Le piédestal où elle figure fut trouvé près de Kabr bint mélik. Je l'ai rapporté au Louvre
ha.
HA HAE rs AN rE Æ ge, ge: TEA ( 339 MISSION DE PHÉNICIE.
(voir pl. XXIF, n° 14). On y remarque le motif ordinaire des autels de Byblos, l'ornement à gradins. L'inscription a été publiée par M. Lepsius ; elle porte :
Leds
ÉROUP-
vos
C'est, sans contredit, le ŸYoupdmios ou Samemroum de Sanchoniathon ou Philon de Byblos, lequel parait avoir été identique à Adonis (voir ci-dessus, p. 23b)°. «Je ne retrouve pas, dit M. Epger, d'autre exemple de l'épithète éroupdnos appliquée à Jupiter dans les nombreuses dédicaces à ce Dieu que nous offrent les recueils épigraphiques. (Voir Franz, Elementa epigraphe grecæ, p. 333-335.) Cependant le mot émoupdmios existe depuis Homère dans le langage de la mythologie et de la religion grecque.»
Les monnaies qu'on me montra comme trouvées aux environs, étaient
très-variées. [1 y en avait de phéniciennes, de ptolémaïques, de romaines,
| | de coufiques, et une sassanide*; mais je n'oserais aflirmer que celle-ci
provienne de Sarba. Plusieurs statuettes, au contraire, ont été trouvées
à Djouni ou à Zuk. Du premier de ces deux points est venue la déesse à gaine, représentée par notre planche XXIF, n° 4.
C'est ici le lieu de discuter l'identification des noms antiques depuis le
fleuve Adonis jusqu'au fleuve Lycus. Deux noms sont placés par les géo-
graphes ou les itinéraires anciens dans cet intervalle; ce sont «la mon-
tagne Climax» et la ville de Palæbyblos*. Ptolémée , 1 est vrai, con-
1 Denkmeæler aus Æp. und Æth. XIE, feuille 100, n° 59o. C'est à tort que M. Lepsius place cette inscription à l'embouchure du fleuve du Chien.
2 Y. Movers, Die Phœn. I, 1° partie p. 107-109.
3 C'est une drachme frappée sous Chosroès I. Voir Longpérier, Essai sur la classification des médailles sassanides, 1840, pl.X,n°5.Ony lit, au droit, le nom du roi vin Khousroui; au revers onii wwn (Hascht tschéhel), 48. C’est la quarante-huitième année du règne de Chosroës [”, c'est-à-dire 578 de J. G. Dans = revers est ND2 (Basa). On ne sait pas trop ce qu'est
e n a été mal formé. La seconde inscription du
cette ville (car il y a toujours en cette place un nom
de ville); les uns y voient le nom de Basra, d’autres
celui d'El-Beidha ou Beisa xaaal) à la manière persane. Les plus prudents disent Basa, sans trancher la question. Types. Tête du roi. R. Pyrée allumé, entre deux mobeds (note de M. de Longpérier).
4 Strabon, XVI, 11, 193; Pline, V, xx; Carte de Peutinger et peut-être le pèlerin de Bordeaux. Je pense cependant avec M. de Vogüé (Fragments, p.16, 17) et Menke (Atlas ant. n° 26) que l’Alcobile du pèlerin de Bordeaux est Gébeil. Le texte de l’Itinéraire d’Antonin Martyr, donné par les Bollandistes, puis par Ugolini, porte : «(Venimus) post (Vibilum) in civitatem Tant, quæ et ipsa subversa est.» (tin. Anton. $ 3.) Le texte « (Veni-
mus) item in civitatem Trierim, quæ et ipsa subversa
de Tobler, revu sur les manuscrits, porte :