‹ Mission de PhénicieChapitre 45 sur 127 · LU NEED · texte numérisé non relu

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tredit cette donnée. H place Palæbyblos parmi les villes de l’intérieur (usodyeui). Mais nous avons déjà montré ci-dessus (p. 248) combien cette autorité est faible dans le cas présent. Il faut donc trouver entre l'Adonis et le Lycus l'emplacement de Palæbyblos?. Or ledit intervalle nous offre trois points qui sûrement ont été dans l'antiquité des centres considérables de population ; ce sont El-Bauar, Berja et Sarba*. Les deux premiers peuvent être considérés comme n’en faisant qu'un seul. Il reste done à choisir entre El-Bauar ou Berja d’une part, et Sarba de l’autre. Le P. Bourquenoud est pour la première opinion, et certainement le centre de population de El-Bauar et Berja fut plus considérable que celui de Sarba. Mais Sarba peut faire valoir son temple, d’une construction grandiose, et son inscription, qui établit que les cultes pratiqués en ce lieu étaient les mêmes que ceux de Byblos. En outre, Strabon place Palæbyblos au sud de la montagne Climax. On ne trouve entre l'Adonis et El-Bauar ou Berja aucun endroit auquel ce nom convienne . La montagne s’abaisse ici vers la mer en contours assez mous. À partir du cap Ras-Wata-Sillan, au contraire, on n'a que l'embarras du choix. Certes, il serait permis de songer à Ghazir, où l'on monte, en effet, par une route qui est sur plusieurs points un escalier fait de main d'homme. Mais

Ghazir n'a presque aucune trace d'antiquité. Pour moi, je pense que le

«est similiter.» Cette prétendue ville de Tani ne serait done autre que Trière. (Voir l'édition dudit Itinéraire donnée par Tobler, p. 4 et 74.) Mais Trière est au nord de Byblos et Antonin va du nord au sud. Il est vrai que ütem a moins de force que deinde, dont Antonin se sert d'ordinaire pour marquer une nouvelle étape. Il est remarquable que, dans les cartes qui accompagnent le texte de Marin Sanuto, dans Bongars, Gesta, Dei per Francos, p. 284, on lit entre Gibeletum et Barutum le nom de la ville de Canum.

1 V, xv, 21. Comparez Kruse, Commentare zu Seetzens Reisen, p. 94, 104, 110.

? Je ne sais comment expliquer lassertion du P. Bourquenoud (Études, sept.-oct. 1863, p. 850 et suiv.), d’après laquelle j'aurais, dans mon premier

rapport, identifié Palæbyblos avec la tour de Gébeil. J'ai toujours combattu cette idée, émise par Movers et Ritter. Dès mon premier rapport, j'inclinais à placer Palæbyblos à Sarba.

3 LeP. Bourquenoud, n’ayant pas eu connaissance des antiquités de Sarba, a posé la question d’une manière incomplète (Wém. p. Lo et suiv.).

# Ritter (XVIT, 350) et le P. Bourquenoud (p. 43, 4h) cherchent Climax dans les montagnes qui dominent Berja. Mais, d’abord, ces montagnes sont à l'est, non au nord de Berja. En second lieu, Climax désigne mieux un passage artificiel. Quelques-unes des assertions topographiques par lesquelles le P. Bourquenoud cherche à établir son opinion sont inexactes.

KAyaë de Strabon désigne cette route à échelons taillée dans le flanc de la montagne qui forme le nord de la baie de Djouni, et qui ensuite s'engage en escalier dans une gorge de rochers !. C'est bien là le sens du mot Chmax, sur la côte de Phénicie, et peut-être l'origine des nombreux Kalmoun ou Kalamoun?. Climax Tyriorum est la route à échelons du cap Blanc, à laquelle la route au nord de la baie de Djouni ressemble en petit. Je place done Üpos KMyaë au nord de la baie de Djouni, et Palæbyblos au sud de la même baie. Cette baie est un endroit si beau, si caractéristique qu'il n’est pas possible que l'antiquité ne lui ait donné aucune importance, Plusieurs des raisons du P. Bourquenoud en faveur de Berja sont trèsfaibles. Exagérant encore les vues, déjà vagues et hasardées, de Movers * et de Ritter “ sur le rôle de Palæbyblos *, qu'ils envisagent comme « la primitive Byblos, » 1 veuttrouver dans le nom actuel de ce village une trace de l'antique Burdj de Kronos. Mais, quand même Berja serait la vraie forme du nom de ce village (ce qui n'est pas)°, quand même ce ne serait pas un nom grec altéré, Berja ne sau rait être une altération de #, mot récent dans les langues sémitiques, emprunté ce semble par elles aux langues étrangères, et qui n'a jamais existé qu'en arabe, sous la forme burd. Le rapprochement du nom de Berjis, roi mythique de Maschnaka, est tout à fait sans valeur. — Un résultat, du moins, est hors de doute, c'est que Palæbyblos ne saurait avoir été qu'à El-Bauar ou Berja, ou à Sarba. Toutes les autres hypothèses doivent être écartées. M. de Vogüé songea

un moment à l'embouchure du Nahr el-Kelb?. Mais je pense que le sa-

1 Cest ce qu'a vu avec une rare justesse M. Kenrick, Phœnicia, p. 12. Sur Palæbyblos, au contraire, ses inductions se sont égarées. Maundrell est aussi de notre opinion sur Climax. «À une lieue et un quart de cette rivière (l'Ibrahim) nous passâmes le pied de la montagne Climax, d'où, après avoir passé par un chemin fort raboteux, nous entrâmes dans une grande baie nommée Junia.» (P. 58, Paris, 1706.) M. Ch. Müller à aussi très-bien &cviné (Ad Strab. p. 778,

873 et carte x11).

2 Comparez Kaki Skala, nom de la route des Roches scyroniennes, près de Mégare.

5 Die Phœn. W, 1, p. 108 et suiv.

“ Erdkunde, XNIT, 60 et suiv. b7o.

5 Mém. p. 32 et suiv.; Études, ete. sept.-oct. 1863, p. 851. Pour appuyer cette opinion, on fausse le sens du passage de Sanchoniathon, DEWTAV æédu urlèe tv ém) Dosviuns BU6)or.

5 Voir ci-dessus, p. 326.

Fragments, p. 16-17e Brocchi (Giornale, ILE,

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