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vant explorateur ne lient pas beaucoup à cette supposition. L'embouchure du Nahr el-Kelb n’a jamais pu offrir l'assiette d’un groupe un peu considérable d'habitations.
Près d’Antoura, on remarque quelques tombes dans le roc. Le couvent de Loweizah a, dit-on, une caverne qui aurait servi aux cultes païens; je ne lai pas vue. Il y a, du reste, autour de la baie du Kesrouan, beaucoup de localités antiques. Une légende fort répandue dans le pays est celle de sept temples bâtis dans cette partie du Liban par Salomon pour ses femmes idolätres. Ces temples sont Kalaat-Fakra, Reifoun, Ajeltoun, Bellouni, Tamisch, et deux autres que je ne me rappelle pas. On voit dans Tamisch et dans Bellouni les noms d’Artémis et d'Apollon, non sans raison peut-être. Reifoun et Ajeltonn peuvent aussi être des noms anciens. Cette légende est, du reste, la conséquence de la prétention smgulière des Maronites, d’après laquelle la population du Liban n'aurait jamais été païenne, ce pays, selon eux, ayant été le premier chrétien, et ayant fait partie de la Terre-Sainte avant Jésus-Christ.
Kalaat-Fakra est le groupe de ruines le plus considérable de toute la montagne ". On peut y distinguer quatre constructions principales :
1° Le grand temple, qui est engagé dans une vaste entaille pratiquée dans le roc. H est précédé d’une cour carrée, dont un côté est construit, et dont l’autre est formé par le roc coupé à pie?. Le temple est séparé des deux côtés du rocher coupé à pic par un couloir assez étroit. Gette distribution rappelle les lois générales des temples sémitiques, et, en particulier, celle du temple de Jérusalem. Du côté sud, Paire du temple est égalisée par un soubassement formé de pierres posées dans le sens de leur moindre largeur. Sur les piédestaux des colonnes, on
croit remarquer le globe phénicien avec ses appendices inférieurs, se
320) place Climax au même endroit, opinion insou- 59 ; texte, p. 36. Cf. Seetzen, Dheïl [, p. 248 et tenable, mais qui se fonde sur une notion juste du suiv.; Commentare de Kruse, p. 120 et suiv. sens du mot Climax. ? Les dimensions sont données par M. Guys, Re-
! M. de Laborde, Voy. de la Syrie, pl. XXNL, 51, lation d'un séjour à Beyrouth, ete. I, p- 8.
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prolongeant sur les moulures. J'ai par moments cru reconnaître la tête et la queue des serpents; mais la lumière m'était défavorable. D’autres piédestaux offrent au milieu du dé une saillie très-prononcée. En général, les piédestaux et les frises ont les parties lisses très-courtes. On trouve dans toute la construction une habitude fréquente en Syrie, et qui consiste en ce que la coupe des pierres ne s’est pas réglée sur les lignes architectoniques. [l y a, en effet, à Fakra, comme dans plusieurs autres constructions du Liban et de Galilée, de doubles colonnes monolithes. Le mur de elôture de la cour qui précède le temple rappelle, sur de moindres proportions, l'enceinte d'Hébron, par le travail des pierres et par les pilastres qui le décorent. Le travail des pierres consiste en un refend extrêmement fin, ou, pour mieux dire, en une ciselure qui encadre le bloc. À l'intérieur, le refend est plus accentué. Les matériaux du temple
sont de moyenne dimension; la frise, les marches de l'entrée, les fûts de
colonnes seuls sont de dimension très-considérable.
9° Une grosse tour carrée, au nord du temple, a été remarquée par tous les voyageurs. La construction n’a subi aucun remaniement. Au-dessus, il y avait autrefois une py ramide, ce me semble, à gradins. L'intérieur est assez compliqué ; il se compose d'une série de couloirs ! et d’un escalier qui conduit au sommet. Quelques blocs, surtout sur le devant, égalent ceux de Deir el-Kala; cependant, en géné ral, les matériaux ne sont pas de première grandeur. Le style est beau et pur. Le cube n’a pas de corniche; il est simplement couronné par la saillie de la base de la pyramide, comme cela s’observe aussi à Afka. Le monument a deux inscriplions : l'une au-dessus de la porte, l'autre à Pun des angles de la tour, la première exprimant la dédicace du monument, l'autre la date et le nom de ceux qui lont élevé. Toutes deux ont été depuis longtemps copiées (Cor-
pus, n° h526, 4595 Ÿ.
| 1 M. Guys (II, 10-11) les décrit minutieusement. IL, p. 89 (1842); de Kraft, Topographie Jerusalenrs, 2 Parmi les copies de ces inscriptions, les rédac- n°34,35 (1846); et de M. Thomson, Bibl. sacra, V, 3
teurs du Corpus ont omis celles de Brocchi, Giornale, (1848). Celles de Krafft sont importantes à consulter.
La première est en très-mauvais état. À la première ligne, il y a clairement KAAYAIWI, comme Seelzen l'avait entrevu. À la deuxième ligne, après la lacune, j'ai cru voir AITIY; l'ATIOY de Krafft est impossible. À la troisième ligne, la copie de Seetzen est encore la meilleure. On voit certainement €TII. ...… YK. La première lettre après ET, paraît un M. Avant l'Y, il semble bien aussi qu'il y a un O. On dirait : Éri T'houxou.…. M. Egger me suggère Émt l'[xfov] Aovuxd|vou]|. Krafft a lu &üpyou xai..….. Voir Kruse, Commentare sur Seetzen, p. 120. Quant à la seconde inscription elle est exactement reproduite, lettre pour lettre, dans le texte du Corpus ; la copie de M. Kennedy Bailie, dont M. Franz a eru devoir tenir compte dans ses Addenda.
est erronée sur tous les points où elle s’écarte dudit texte.
3° Vis-à-vis du grand temple, se trouvent des restes d’une construction soignée qui paraît avoir été un tombeau !. J'ai appris, après coup, d’un des PP. Jésuites du séminaire de Ghazir, le P. Roze, qu'il existait une inscription parmi ces débris. Quelques pierres à l’entour devront être examinées : l’une présente une sorte de niche ou de cul-de-lampe en forme de conque, analogue à celle de la grande caverne de Gébeil; d'autres présentent des profils en doucine remarquables, et prouvent qu'il y eut à Fakra des constructions de genres divers.
l° Un peu au sud, sont les restes d’un édifice qui paraît avoir été une église chrétienne. Le P. Roze m'a dit qu'il s’y trouvait une inscription audessus d’une porte basse. I m'a parlé également d'une autre inscription qui se trouverait sur une pierre dans les champs, à côté d'une figure d'oiseau.
Le temple est naturellement de tous ces édifices celui auquel on s’intéresse le plus; il est évident, en effet, que ce temple constitua la partie principale de cette localité antique, et que tout le reste n’est qu’accessoire. I n'offre aucune inscription apparente ?; mais les inscriptions de la tour carrée suppléent à ce silence. Celle qui est au-dessus de la porte (Corpus, n° 45926), en effet, nous apprend que le monument dont elle fait partie a été élevé en l'honneur de l’empereur Claude. L'autre (Corpus, n° 459 5)
2 Voir les dimensions dans Guys, IL, 9-10. fragment d'inscription sur un lambeau de corniche.
? M. Thomson (Bibl. sacra, p. 3) dit avoir vu un Je ne l'ai pas retrouvé.
porte que ledit monument a été élevé l'an 355 (43 de notre ère"), èx Tr r0ÿ ueyislou &soë. Cette pierre est à sa place primitive; elle se rapporte au monument où elle se trouve ?. L'édifice dont la tour de Fakra était la base fut done un monument honorifique élevé à l'empereur Claude sur les revenus du «grand dieu.» Or, évidemment ce « grand dieu» ne peut être que celui-là même auquel le grand temple était consacré. Ge sont les prêtres, qui, par adulation ou pour avoir la tolérance de leur culte, auront bâti à Claude ce monument sardanapalesque, plaçant leur nom par une sorte d'humilité affectée dans un des coins de l'édifice. Une chose indubitable en tout cas, c'est que le temple était dédié au Ssès ueyiolos, «au grand dieu» par excellence. Gette expression nest pas rare dans les inscriptions, appliquée aux divinités topiques *. Mais nous avons vu que c'est Elioun ou Adonis qui, dans les inscriptions du pays de Byblos, est appelé uéyioîos, Uiolos, oùpdrios, émoupdios, Seds carpdmns. Fakra est done un tem ple de plus à ajouter aux monuments de cette grande religion de Byblos, monothéiste à l'origine. Nous trouvons en effet, dans Philon de Byblos ou Sanchoniathon, ce passage important : (A ypds) mapd BuEhiows éÉaupéreos Seûr à péyislos voudèera”. On sait que cet Àypds parait répondre au 71 des Hébreux °. De plus en plus, le culte d'Adonis nous apparaît comme la forme orgiaque et mystérieuse du culte du Très-Haut. Les éléments bizarres et naturalistes de ce culte viennent sans doute de quelque syncrétisme grossier avec le culte de Tammuz, lequel semble d'une toute autre origine et d’une toute autre signification ?. Le style de la tour et celui du temple se ressemblent; les moulures
en particulier sont identiques. La date du temple est par là mème déter-
1 Nul doute que l'ère ne soit celle des Séleucides, pothèse d’une telle lecture, VE initial de la troisième puisque l'an 43 tombe en effet sous le règne de Claude. ligne ?
2 Le Corpus et M. Baïlie (Fascic. IE, 129) s’expri- “ Voyez Kennedy Bailie, loc. cit. ment à cet égard d’une façon inexacte. 5 Orelli, Sanch. fragm. p. 20.
3 Si la lecture AFIOY TTYPTOY de Kraft était 5 Mém. de l'Acad. des Inser. XXUL, 2° part. p. 268. admise, elle ébranlerait cette conjecture. Mais cette 7 N. Chwolson, Die Ssabier, I, 27 et suiv. 202
lecture est plus que douteuse. Que devient, dans Phy- et suiv. 210.
minée, et cette date, une fois connue, sert à déterminer celle du temple d'Afka. Le temple de Fakra, en effet, est de la même construction que celui d’Afka. Ces temples sont grecs de style; mais leur distribution est tout indigène.
À peine jugeons-nous nécessaire de réfuter une opinion qui fut proposée pour la première fois par Mannert', et que M. Thomson, de nos jours, a relevée?, je veux parler de l'identification de Fakra avec l’ancienne Aphaca. Quand même Afka n’aurait pas conservé des titres évidents à représenter l'ancienne Aphaca, il serait certainement impossible de placer cette dernière à Fakra. Zosime nous apprend qu'Aphaca était à moitié chemin sur la route d'Héliopolis à Byblos. Or, Kalaat-Fakra n’est nullement sur cette route. Sozomène place Aphaca sur les bords de l'Adonis. Or, Kalaat-Fakra n'est pas même dans le bassin de l'Adonis. En outre, Kalaat-Fakra n’est pas un temple de Vénus : c'est un temple du «grand dieu.» Enfin, Kalaat-Fakra n’a dans son voisinage aucune Avr, répondant à ce que dit Zosime, et, quant à voir dans le lac El-Yammouni la x en question, un coup d'œil jeté sur la carte montre l’absurdité d’une telle hypothèse. Kalaat-Fakra est à une rude journée du lac E-Yammouni. L'opinion de M. Thomson ne peut donc être tenue que pour une inadvertance. Elle vient de l'erreur où était M. Thomson sur les routes anciennes de la montagne, et du hasard qui fit qu'à son passage à Afka les ruines du temple lui échappèrent*.
Le pont monolithe de Neba el-Leben est un curieux exemple d'accommodation artificielle d'accidents naturels. Je crois avec M. Guys‘, contrairement à l’opinion de M. de Laborde* et de M. Thomson, que la main de l’homme y a passé; les deux beaux dessins qu'en a donnés mon
savant confrère sufliraient pour le faire penser.
1 Syrien, p. 321. Brocchi s’y laisse entraîner (Gior- 3 Cf. Ritter, XVIT, 303.
rule, M, 89, 118), quoique à un autre endroit (ibid. * Relation d'un séjour, ete. I, p. 12.
97, note) il ait entrevu l'identité d’Afka et d'Aphaca. 5 Voy. de la Syrie, p. 35; pl. XXV, 48, 49. 2 Bibliotheca sacra , V, p. 5. 5 The Land and the Book, 1, 61-62.
Je n'eus pas le temps de visiter les antiquités du Sannin et du Djebel- Keneyssé, sur lesquelles M. Guys et le colonel Chesney ont donné d'utiles indications !. Les antiquités du fleuve du Chien sont si connues, que je n’en dirai que quelques mots. L'existence des stèles ésyptiennes est, on le sait, contestée. M. G. Hachette, qui visitait la Syrie en même temps que moi, a pu prendre une photographie du n° 8 de Robimson et de Porter, qui ne laisse de place à aucun doute. L'heure et le jour sont pour cela des conditions essentielles. Le globe ailé décore le listel de la corniche ?. I est probable que les excavations qu'on voit au coin des cadres égyptiens, et qui paraissent avoir contenu des crampons pour fixer une table de métal, ont été faites plus tard. Cette circonstance, et la façon dont les stèles assyriennes sont accolées aux cadres égyptiens, portent à croire que ce sont les Assyriens qui, à leur passage, ont recouvert les trophées de leurs devanciers et ont écrit leurs victoires par-dessus *.
Le texte des deux inscriptions latines tracées sur les rochers du Nahr el-Kelb est fixé depuis longtemps. I y a aussi quelque part aux environs une inscription grecque. Kraft est, je crois, le seul qui l'ait copiée”*. Cest probablement celle dont parle M. Guys, à la page 271 de sa Relation. Je
ne l'ai pas vue. Une autre inscription latine se trouve sur une colonne de
1 Guys, Relaüon, M, ch. xxviexxvm; Chesney, The expedition for the survey, etc. [, p. 47e et suiv. Sur le Sannin et son identification avec le château ituréen de Sinnan (Strabon, XVI, 11, 18), on peut lire Ritter, XVIL, p. 14, 585. Voir cependant Fr. Münder, De rebus Tturæorum (Hafniæ, 1824), p. 20, en observant que l'inscription qu'il cite est apocryphe. Selon Münder, le Liban ituréen est l’Anti-Liban.
2 Voir Laborde, Syrie, p. 413 pl. XXXI-XXXIV; Tonumenti inediti de Institut archéologique de Rome 1838, pl. XXI (Annal, t. X, p.1 2); Ryllo et Bertou, dans le Bullettino, 1837, p. 145 et suiv. Lepsius Denkmæler, Il, pl. 197; de Sauley, Voyage autour de la mer Morte, L, 647 et suiv. pl. Il et LVL. Revue arch. (1° série) XI, 1 et suiv.; Athenœum français, 185, . 902; Movers, Die Phœn. IT, 1, p. 280 et Suiv. ;
kitter, XVIL, 534 et suiv.; Guys, Relation, 1, 254 et
suiv.; Robinson, Bibl. Res. II, p. 619 et suiv.; Porter, Syria and Palestine, p. ho7 et suiv.; de Kremer, Mitelsyrien und Damascus, p. 229 et suiv.; Monatsberichte de Acad. de Berlin, juin 1854 ; Commentaire de Kruse sur Seetzen, p.92, 93, 113 etsuiv. M. Chabas suppose avec toutes lesapparences de la probabilité que le promontoire du Nahr el-Kelb est le «rocher de Sésostris», dont il est question dans un ancien papyrus égyptien. (Voyage d'un Evyptien, etc. 1866, p.99.)
3 Comp. Laborde, pl. XXXI, XXXIL, XXXIV (en observant que les n° 12 et 13 de la pl. XXXI sont rapportés par erreur au fleuve du Chien; ils appartiennent à Adloun) ; Thomson, The Land and the Book, I, p. 59.
2 Voir Hérodote, Il, 106. Comp. le monument dit de Sésostris près de Nymphi; Revue archéol. juin 1 866.
5 Topographie Jerusalents, inscr. n° 23.
granit renversée au haut du promontoire. Elle a été relevée par Lepsius, Kraflt, de Sauley, Abeken. M. Waddington en a pris une copie supé-
rieure à celle de tous ses devanciers. La voici :
M A MAXII ACPRIMI SEMPERA BICICONS FILVLCONS:
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N C‘BILLL CALs55