L:MVCIMEIVSPTCABDICI SNER LT OM VINS
Cette inscription peut se lire ainsi : . .... Pomponio |Eruccio Triario, Lilo C(aù) Bruce C(Dari, c(larissimi) [o(ri)|, L(ucius) Mucimerus, Plubli) f{ilius), Cafr]dicifa]. Sucerdotianus. — C. Éruccius était certainement un grand personnage, puisque son
fils fut honoré d'une statue, par la seule raison qu'il était son fils'; peut-être est-ce le même que C. Erucius Clarus, qui fut consul en 170, avec M. Cornelius Gethegus. La manière dont son nom est ici écrit, ERVCCIVS pour ERVCIVS, ne serait pas un obstacle à cette conjecture; on trouve de même AVRELLIVS pour AVRELIVS?. Les lettres CI du mot MVCIMEIVS ne sont pas certaines; peut-être faut-il lire MVM- MEIVS et reconnaître dans ce personnage un parent du L. Mummeius Ingenuus, que nous retrouverons à Deir el-Kala (voir ci-après, p. 355). Cafrldia[a], nom de la patrie de ce personnage, parail ici pour la première fois. (Note de M. Léon Renier.)
Auprès d’une maison, sur le flane de la colline, au-dessus du chemin qui mêne au pont du Nahr-Beyrouth, à l'endroit nommé Chorafié, sur un sarcophage orné de têtes
de bœuf et de bélier, dans un cartouche :
CEKO YNAOC
1 Voyez, sur cet usage, Léon Renier, Mélanges d'épigraphie, p. 7 et suiv. —? V. Henzen, n° 5590 et 6058.
CAMPAGNE DE BYBLOS. Jo
On lit dans Guys' que, de son temps, on trouva à Beyrouth un sarcophage avec cette inscription : IVLIA MAMMEA, lequel fut transporté en Amérique, Cela serait fort'intéressant. Mais le livre, d’ailleurs important à plusieurs égards, de M. Guys fourmille de telles inexactitudes en fait d'épigraphie?, qu'on ne peut se fier à ce renseignement.
Fragment de sarcophage en marbre blanc, transporté de Beyrouth à Saïda :
Réduit au vingtième. Sur le nom propre, voir Corpus ser. gr. n° 1626; Mommsen, Inser. repni Neap. n° 6465.
Je place 1e1, uniquement parce qu’elle m'a été communiquée à Beyrouth, une pierre gravée dont je dois empreinte à M. le comte Bentivoglio, qui lavait acquise à Damas; circonstance qui prouverait qu'elle avait été trouvée au delà du Jourdain. Damas et Beyrouth, en effet, sont les deux centres du commerce des antiquités pour la Syrie. Les antiques
de la montagne et de la côte viennent de préférence à Beyrouth.
Le signe placé en tête est fréquent sur les monuments figurés des peuples phéniciens*. Il parait venir de l'image d'une personne en prière, non moins fréquente au haut des stèles phéniciennes". Les deux lignes suivantes doivent être lues :
n° L Relation, F, p. 247. Constantine, 1860-1861, pl. VI, XI; 186, pi. XIT, ? Voir, par exemple, If, p. 11. XI, p. 60, 61, 62; Guigniaut, Rel. de l'ant. pl. LV,
# Gesenius, Monumenta phœn. pl. XXII, XXIV, fig. 209, 2113; Beulé, Fouilles à Carthage, pl. \, XXXIX, XLV; Thesaurus, p. 1082-1083: Anser. in fig. 6. M. Cherbonneau m'en a communiqué de nomthe phœn. character, publiées par le Musée britan- breux exemples trouvés dans la nécropole de Sigus.
nique (1863), n°% 9, 4, ete. Annuaire de la Soc. de Par exemple, Gesenius, Monum. phœn. pl. XXIV.
La forme des lettres est remarquable en ce qu'elle se rapproche à quelques égards du caractère des monnaies juives asmonéennes. Le » surtout est très-frappant et s’éloigne du type phénicien. Le + etle vw se retrouvent dans la pierre gravée de Lévy (Phwmizische Studien, I, pl. n° 8 a). La cambrure du jambage du est un signe de moindre antiquité. La forme du n, à la seconde ligne, est assez particulière.
La plupart des épigraphes des pierres gravées phéniciennes commencent par b, sui du nom de la personne à laquelle appartenait le sceau. Mais wn> ne forme pas un nom propre d'homme satisfaisant. C’est, au contraire, un nom de divinité, le nom de l'idole des Ammonites et des Moabites !. On serait donc tenté de croire que nous avons ici un amulette moabite ou ammonite?. M. Lévy a publié diverses pierres du même genre, où le nom de la divinité est précédé de 3 sm aurait alors le sens de «Vivat.» Qu'on se rappelle les formules nn, 9 3m. (Gesenius, Thes. p. 469.) Mais cette explication n'est pas la meilleure. IL est bien plus naturel de former un seul nom propre avec vs. Je ne me rappelle aucun exemple où les mots soient ainsi coupés sur des pierres gravées; mais de pareilles coupes sont fréquentes dans les inscriptions; on peut dire d’ailleurs, que, dans de tels noms propres composés, il est permis de regarder les composants comme formant deux mots distincts. Les noms composés d'un nom de Dieu et du verbe mn où vn sont fréquents dans les langues sémitiques. Qu'on se rappelle en hébreu own, mm, so pour mn, et le nom du célèbre rabbin nv 5 nov. ‘analogie de tels noms voudrait que le nom ammonite füt 223 ou sr, le verbe étant au futur quand il est à la première place, el au prétérit quand il est à la seconde. Il est une autre série de noms cependant à laquelle vmvn> pourrait se rapporter. Ge sont les noms comme :
Zeho-yakim (Jéhovah le constituera), Zeho-yakin (Jéhovah linstituera), Leho -yarib (Jéhovah le défendra), El-yakim (Dieu le constituera), El-yaschb (Dieu le restaurera ).
En pareil cas, le second verbe doit être un verbe actif ayant pour régime la personne en question. Entendu de la sorte, mom pourrait s'expliquer par : « Celui que
«Chamos fait vivre.» ww alors serait wm, futur piel de 5, et ce nom devrait être lu
Kamos-yehaï, en grec Xauwouaios (2). Une inscription récemment découverte à Pantellaria offre le nom tout semblable 5m», Baal-yehaï (communication de M. Fr. Lenormant, à l'Académie des Inscriptions, séance du 29 mars 1867).
La forêt de pins de Beyrouth est peut-être une de ses antiquités *. C'est
1 Le nom de Chamos se retrouve dans une inscrip- 2 Voir Comptes rendus de l'Académie des inscriptions tion de Sardaigne. Gesenius, Mon. phœn., p. 109; et belles-lettres, séances du 94 août et du 14 sep- Ernst Meier, Ærklerung phœn. Sprachdenkmale (Tu- tembre 1866 ; Journal asiatique, août 1867, p. 173. bingue, 1860), p. 9. On le retrouve dans un nom 3 Phœniische Studien, I, p. 35, 36, 38.
assyrien, Revue archéol. septembre 1866, p. 166. & On en attribue la plantation à Fakhr-eddin
de là, ce semble, que la ville tire son nom. I n’est guère admissible que °n92 (II Sam. vnr, 8), n°2 (Ézéch. xLVII, 16), désignent la ville de Beyrouth?. I est probable cependant que le nom de cette dermière ville vient de nn, chald. n°3, syr. /LoisŸ. Ce mot signifie proprement « cyprès, » mais 11 désigne aussi le pin, et dans un endroit, la traduction arabe de la Bible l'a rendu par ,3,4%, nom que porte aujourd'hui la pineta de Beyrouth. L'étymologie du nom de Beyrouth, tirée de MaN3 «les puits”, » est en contradiction trop manifeste avec la nature des lieux, où l'eau est rare et mauvaise”. Ce n’est pas le médiocre puits antique situé près du petit port qui aurait suffi pour justifier une telle appellation.
Les traditions groupées autour de la petite mosquée de Saint- Georges me paraissent répondre à ce passage de Sanchoniathon : Tévrou Aetlava sis Tir BnpurTo» dQiépwoar (p. 38).
Deir el-Kala est le dernier grand temple du Liban qu'on rencontre en s'avançant vers le sud°. Comme tous les autres temples du Liban, on voit qu'il a été renversé exprès et avec de grands efforts. La beauté des matériaux de ce temple est un véritable objet d'étonnement. Les colonnes de granit d'Égypte égalent celles de Baalbek; pour les monter en cet endroit, où l'ascension à cheval est aujourd’hui fort difficile, il a fallu des prodipes. Les pierres épalent celles de la tour de Gébeil et sont taillées d’une manière analogue. À quelques pas du temple, sont les carrières d'où les
pierres qui ont servi à bâtir l'édifice sont sorties. Un bloc s’y voit encore
(Sauley, Voyage autour de la mer Morte, X, p. 25). 4 Étienne de Byz. au mot Bypurés; Ritter, XVII, p. 62, 63.
5 C'est bien à tort qu'on a argumenté de la ri-
Mais la valeur de cette tradition est douteuse, vu la popularité du nom de Fakhr-eddin à Beyrouth.
il Bepôn est une grécisation faite par quelque bel esprit, non une forme véritable du nom de la ville.
? M. Ewald (Gesch. des V. Isr. IT, 3° édit. p. 207) distingue ces deux villes et identifie la seconde avec Beyrouth. Mais, dans les deux passages, Berothaï ou Berotha est rapproché des mêmes villes, et en particulier de Soba, de Hamath, de Damas. (G£. Chabas, Voyage d'un éyptien, ete. p. 111.)
% Gesenius, Thes. p. 247.
chesse en eaux du triangle de Beyrouth. Aloys Müller, Esmun (Vienne, 1864), p. 17, 18.
5 Guys, Relation, [, p. 250 et suiv. Les renseignements de Guys sont très-confus ; ils sont importants néanmoins, car il a vu des antiquités qui semblent avoir disparu depuis. Comparez les renseignements du P. Ryllo, dans Secchi, /scrizioni greche trovate in Arado, p. 9.
5 sy
comme à Baalbek, dégagé de lous les côtés, excepté par la base. Des niches et des signes sur le roc font croire que la coupe du rocher a été 1c, comme en tant d’autres endroits, appropriée à quelque usage spécial. On a cru voir, à Deir el-Kala, des débris d’un édifice plus ancien que le grand temple !; je n'ai rien trouvé qui confirmät cette opinion. Les inscriptions se rapportent presque toutes à l'époque de Seplime Sévère. Les grandes constructions de Deir el-Kala sont probablement contempo saines de celles de Baalbek. Sur ces deux points, la population romaine parait avoir été tout à fait dominante.
Les inscriptions de Deir el-Kala et de Beit-Méry ont été souvent copiées ?. M. Waddington en a repris plusieurs. Voici les améliorations qui résultent de ses copies pour les textes déjà publiés :
M. Le Bas (/nser. IE, n° 1855) a supposé, non sans vraisemblance, que les deux inscriptions 4535 et h536 du Corpus n'en font qu'une, et que la première est la suite
de la seconde. M. Waddington n’a pas copié la partie répondant au n° 4536. M. Krafit
(n° 20), M. de Sauley (pl. LVIE) et M. Texier (p. 88 et pl. LXIX et LXX) en ont donné
de bonnes copies, qui limitent sur celte partie le champ des incertitudes. Celle de M. de sin du monument,
Sauley surtout (ou plutôt de M. Ed. Delessert}, présentant un de fait justice des conjectures hasardées de M. Bailie et de quelques-unes de celles de M. Franz et de M. Texier. À la fin de la huitième ligne, Kraft, Sauley et Kremer portent KAY. Or, entre la dernière lettre de cette ligne et la première de la suivante, il n’y a pas de lacune, si bien qu'il est assez na urel de regarder KAYECOY, ou tout autre mot formé par ces sepl lettres, comme un génitif gouverné par AECTIOTA. M. Texier lit KAYECOY et voit là Cavesus, qu'il suppose être le nom antique de Der
el-Kala. Cela n’est pas probable. Peut-être serait-il permis de songer à un mot dérivé de la racine xAU&w, comme xAvouoÿ, ce qui répondrait bien à la pensée générale de l'inscription. KAŸe poÿ ne s'agence pas bien avec ce qui suit. — Quant à la partie répondant au n° 4535 du Corpus, la copie de M. Waddington est en tout conforme
à celle du Corpus (p. 243), sauf pour la première lettre, que M. Waddington lit P
1 Voir Texier et Poplewell Pullan, Architecture und Damascus, p. 236-239 ; Texier et Poplewell Pulbycantine (Londres 1864), pl. Vetp. 87 et suiv. lan, Architecture byzantine, p. 88 et suiv. et pl. LXIX
2 Noir Corpus inscript. gr. n° 4535, 4536 et les et LXX; Le Bas, Inscriptions, IT, n° 1855-1803 ; addenda ; Brocchi, Giornale, I, 151,152; Secchi, Kruse, Commentare zu Seetzens Reise, p. 12h el suiv.; Iscrizioni greche trovate in Arado , p.19, 50 ;Krafft, To- Robinson, LI, 16 et suiv.; Corpus inscriptionum latinapographie Jerusalen’s , inscriptions, n° 15-21; Kennedy rum, Syrie, n° 103 el suiv. Le Corpus doit être ici Bailie, Fascie. HI, 118 et suiv.; Sauley, Voyage autour complété par Secchi, p. bo, et par Texier, p. 89.
de la mer Morte, pl. IX et LVIT; de Kremer, Mittelsyrien 3 Le P qui selità gauche dela ligne dans le texte du
avec Henzen (voir Corpus, add. p. 1176), Kremer (p. 138) et Texier (loc. «t.), et pour l’antépénultième de la première ligne, qu'il lit E. La conjecture de M. Letronne, AEPOAPOMON pour IEPOAPOMON, outre qu'elle blesse la quantité, est formellement repoussée par le monument. — Sur l’aqueduc de Deir el-Kala, on peut consulter Guys, Relation, 1, p.248, 249, 253; Revue archéol. 1846, p. 79-83, 489-h91 ; Corpus inscr. Gr. WI, p. 1176. M. Texier, dans une note qu'il a bien voulu me remettre, remarque que l'aqueduc est à plus de 300 mètres en contre-bas de Deir el-Kala, que par conséquent il devait porter l’eau à Beyrouth. La construction lui a paru des bas temps de l'empire.
L'inscription de Postumius, sur un piédestal renversé, tracée en belles lettres, doit être lue comme dans Secchi, /ser. p. 50; Sauley, Voyage, pl. LVIT; Le Bas, IE, n° 1856: Kremer, p. 237. Les copies du Corpus (p. 243 et 1177), de Kraft, Balie, Texier sont plus ou moins défectueuses.
De ces deux inscriptions rapprochées du n° 1857 de Le Bas, et d'une autre inseription maintenant à Paris, mais qui sûrement provient de Deir el-Kala (Henzen , n° 5617: Corpus anser. Lat. Syr. n° 155), il résulte que le temple de Deir el-Kala était dédié à
} > I | Baal-Markod, dont on croit que le nom est traduit en grec, dans le n° 4536, par xofpavos xœuov. Kôuor (pluriel de x@uos) répondrait alors à spw, impliquant l'idée de jeux et de danses’. Kou&» (pluriel de x@un) signifierait «seigneur des villages et répondrait à la formule &rè xcuns, si fréquente sur les épitaphes de Syriens. La premicre explication est de beaucoup la meilleure. La lecture BAAAMAAPAKGWO, proposée par Franz”, bien qu'elle ait une bonne physionomie sémilique, nisssn-y3, est gratuite. L'étymologie Baal-Mélek, proposée par le P. Secchi°, est inadmissible. Le rapprochement avec Baal-Melkart, proposé par Texier*, n'est pas plus heureux. Après tout, il n'est pas sûr que ce qui suit BAAMAPKGC dans le n° 1855 de Le Bas, soit la traduction de BaAuapuas. Peut-être faut-il ponetuer ainsi : EfAa@{ pot, Bauap- LOS LOÏPAVE , XV AA XAVOUOŸ JÉGTOTE. .…
L'inscription de Mummeius, tracée en lettres grossières, des deux côtés d’un cippe rond, n'a été vue entière que par Seetzen, avant M. Waddington. La seconde partie a élé copiée par Kraft, Bailie, Sauley, Kremer, Texier, Voici la copie de M. Waddington.
D'un côté :
PROSALVTED Of#NINIMPF L:SEPTIMISEVERIPERTINACISAVG IOMMIMVM MEIVSINGENVOSWS
Corpus est sûrement une variante ou une correction 1 Robinson, Bibl. Res. IE, 16-17; Ritter, XVI, 462. de la première lettre, proposée en marge par Wilden- 2? Corpus, p. 243 et 1177.
bruch, que Frantz aura prise pour un élément du % Iscrizioni gveche trovate in Arado, p. 5o.
texte. 1 Ouvr. cité, p. 89.
de l’autre : }-
MVMMEIVSINGENVOSPRO
SALVTESVAETFRATRVM ETFILIORVM VARERES
M. Mommsen lit :
PRO: SALVTE:DO[MIINI-N-IMP-[CAJES L: SEPTIMI : SEVERI : PERTINACIS: AVG 1:O-M:M:L:MVM MEIVS:INGENVOS:V:S
MVMMEIVS:INGENVOS : PRO SALVTE:SVA:ET:FRATRVM ET -FILIORVM VMEASS
Peut-être la formule 1:O0:M:M: doit-elle être lue : J{oui) O(ptimo) M(aximo) M(arco). Cependant la formule ordinaire est I:O0:M:BALMARCODI.
L'inscription d’Antistia a été publiée d’abord par Mariti, puis reprise par Kraft, Bailie, de Sauley, de Kremer. (CF. Le Bas, n° 1 859.) M. Mommsen l'a restituée ainsi,
en s'aidant de la copie de M. Waddington.
GENIVM-COL- ANTISTIA: VICTO RINA : FABARIA PRO SALVTE SW
[ETJ-C-ANTISTI-ELA[IJNI