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nifiés. Jupiter, Mars, Vénus, Saturne figurent alors, non plus comme des dieux, mais comme des planètes, ou bien tiennent la place des jours. M. de Rossi ne connaît pas un seul monument antérieur au nr siècle qui nous offre les douze mois sous celte forme. Au contraire, sur une mosaique que M. Beulé a vue à Carthage, les douze mois se sont trouvés représentés d’une manière qui rappelle beaucoup le dessin de Kabr- Hiram ?.
Notre planche XLIX offre l'image de la mosaïque de Saint-Christophe, sauf les couleurs. Nous rectifierons bientôt quelques erreurs qui se sont glissées dans le rangement des médaillons représentant les mois en la travée de gauche. Les deux couples de médaillons du haut et du bas, dans la même travée, doivent être disposés ainsi : 1° couple, moutons; 2° couple, poissons"; .…...avant-dernier couple, poissons; dernier couple, moutons. Dans la série des entre-colonnes de droite, il faut donner la première place, près de l'entrée, à la chasse de la lionne et du taureau, el la seconde, à celle du tigre et du cheval.
On remarquera la symétrie des couples de médaillons de chaque travée : le premier couple du haut (moutons) répond au dernier d'en bas (moutons); le deuxième couple (poissons) au pénultième (poissons); le troisième couple (poules) à l’'antépénultième (coq), ete. À droite, la correspondance est la même (poissons, poules, fleurs, éléphants, moutons, oies, fruits); seulement la série du bas a un couple (moutons) de plus”.
Les parties du hant des travées non revêtues de mosaïque offraient un
1 Compies rendus de l'Académie des inscriptions, 1869, p. 160, 161.
2 Fouilles à Carthage, p. 37. La mosaïque récemment découverte à Palerme, et qui est antérieure à Constantin, présente les médaillons des saisons. (Comptes rendus de l'Acad. des inscr. 18 mars 1870.)
5 Des représentations de la même mosaïque ont été données par Didron, Annales arch. nov.-déc. 1863, janv.-févr. juill.-août, sept.-déc. 1864. Pour l'explication des détails, voir tbid. 1864, p. 6 el suiv.
4 Un dessin de Taddei, qui a été publié à Rome
à 4 Re ; en photographie, contient, avec bien d’autres inexactitudes, celle que nous venons de corriger. Une pièce décisive en pareille matière est un plan que je lis
sur mes carnets au moment de la découverte, et où
j'indiquai le sujet de chaque médaillon.
5 Le plan de M. Didron (Annales archéologiques, 1863, p. 278) est tout à fait défectueux pour celte travée. Les groupes de têtes ne se répondent pas d'un
bas côté à l’autre.
CAMPAGNE DE TYR. 611 dallage en marbre, élégant et soigné. M. Thobois pense que l'église a été ainsi tout entière dallée avant d’être pavée de mosaïques; je ne partage pas cet avis.
La mosaique offre, comme on voit, plusieurs inscriptions.
Petite porte latérale à gauche :
+ EIPENHHEICOAONCOYHWBAEFTION Eipévn eicoddv cou, & GAérov.
C'est un passage biblique !, tiré de I Rep. xu, L : ciphon ÿ elcodds aou, à BAéma ?. M. Frœhner (/nser. du Louvre, p. 309, 310) a supposé à tort qu'il fallait sup- 5 oh ! : ï : Du :
pléer œpès rôr Xpioôy, ou quelque chose d analogue, après BXéov:; c'est à tort aussi qu'il coupe eis 606»; eicodov est un barbarisme pour eicoôos. (Comp. Waddington, n® 1995, 2b70 a, 2646, 26694, 2696.)
Au milieu, devant le sanctuaire :
WOIKOCOYMPENMIAFIAC#
C'est un passage du Ps. xar (Vule.) 5 : [T]@ oixo oov péri dyiac|uæ]. Taddei paraît avoir vu le T encore existant. Le passage biblique a xÜpie après éylacua. La symétrie s'oppose à ce que ce mot füt dans la mosaique. Cependant une inscription de Deir Semän, identique à la nôtre, porte pie”.
M. de Rossi et M. J. Durand‘ supposent que l'inscription faisait le tour de l'ambon : cela n’est pas; nous en avons des preuves matérielles certaines. Le listel qui porte l'inscription est plus large que les deux listels latéraux; l'inscription des deux côtés
n'aurait eu ni place ni raison d'être.
Les mois, les vents et les saisons se suivent dans un ordre remarquable à beaucoup d'égards. En rangeant dans les caves du Louvre les carrés
de la mosaïque pour que M. Thobois püt faire son dessin, on a interverti
! Le goût des inscriptions bibliques était trèsrépandu en Syrie. (Inscription de Dietrich à Sidon, inscription de la mosquée de Damas, n° 181 de Wetsstein, etc.; Corpus, n®8928 et suiv.; Ann. arch. 1864, p. 292.)
? Ann. arch. 1864, p. 290. La substitutien de lo à l'æ est un des traits de ces inscriptions. (Cf. Corpus,
n°8853.) Pour le changement inverse, voir Waddington, {nser. de Le Bas, III, n° 2160. L'influence de l'accent devenait déjà prépondérante et écrasait la distinction des longues et des brèves.
3 Waddington, n° 2694 (rectifier la lecture d'après ce qui précède).
Annales archéol. 1864, p. 289.
NN à
les médaillons de la travée de gauche. L'ordre doit être rétabli comme il
suit :
Travée de gauche : Travée de droite :
AIOC ATEAAEOC APTEMICIOC AECIOC AYAYNEOC NWTOC BOPEAC MANEMOC XEIMEPINH AEPINH OEPINH? METONP;:
HTIAPKIAC MEPITIOC AWOC HOYPHWC AMCRPOC! =ANOIKOC FOPTIEOC YMEPBEPETHOC
dos me) éos dprewloios déci0s addyvéos v@ros (pour vdTos) Bopéas œdveuos XEULE DIT depwy (pour éapuwi) Sepi ue0omp|w#] (pour ATAPAIQS (pour d- Gepirios @os LETOTpIN À) mrapurias") Eavüinds YopTiéos noüpus (pour eÿpos)
dVoÎpos dTepéeperios (pour
Ùmep$epertaios)
J'ai pour garant de cet ordre un dessin sommaire de la mosaïque que je lis sur place avant qu’elle fût découpée. Le plan pris par Taddeï, et qui à présidé au rangement lors de l'exposition Campana, est tout à fait conforme au mien. Cet ordre, du reste, est logique à quelques égards. Les quatre saisons, l'hiver, le printemps, l'été, l'automne, occupent le centre de chaque groupe de cinq figures. Les vents, sans qu'on puisse saisir aucune loi de classement, les accompagnent; seulement, l'artiste ne les a pas mis, comme les quatre saisons, sur une même ligne, mais 1l les a fait se répondre en quinconce. Quant aux mois, si on lit chaque travée séparément, en commençant par celle de droite et en procédant horizontalement, on obtient bien la série des mois macédoniens, telle qu’elle fut employée
en Europe, à Antioche, à Pergame et à Ephèse® : Atos, dmeXkaïos, avdu-
1 Maintenant effacé. J'en vis des traces le premier jour.
2 Maintenant à moilié effacé.
$ M. Frœhner lit à tort us0o6p.
: Le mosaïste a cru sans doute à une forme érapxTias.
5 Voyez de Wailly, Élém. de paléopr. T, p. 52,54,
55; dissertations du P. Petau, à la suite de son édition du traité de saint Épiphane contre les hérésies, col. 929 et suiv. (réimpr. de Migne); Ann. archéol. 1864, p. 207; Ann. de la Soc. des antiq. de France, 1851, p. 243 et suiv. On remarquera que cet ordre n'est pas celui qu'Usserius attribue aux Syro-Macédoniens.
CAMPAGNE DE TYR. 613 vaios, mepitios, düopos, Éavbinds, dpreuloios, daicios, mdveuos, dos, Yopriaios, dmepéeperaïos. (Conf. Corpus inscript. grec. n° L672.) Seulement il est étrange que l'artiste n’ait pas rapproché chaque saison des mois qui lui correspondent.
Arrivons à la grande inscription qui occupait le centre de la petite église, el se trouvait probablement devant l'autel. Notre planche XLIX en
rend bien le caractère général. En voici la transcription :
FETONHNTOTANEPTONTHCYEROCENCTOYENAO=E KAITANCETITOYMAPTYPOCATIBXPICTObOPSENITS OEObIAECTTEMNPTISAPXISSXOPETICKSENITBOEODIAECTS KYPBAIAKSETIITPYTEPCHTHRTNNAYNKTHMATSOIKONO MHWNSTEOPTWNSTONTEKNWNAYTHNSTHCKAHPBSTHWNKAP MObOPBNTSENXPONOICTSOEOCEBECTSZAXXAPIANPEC BYTEPSEAAXICTSENMHNIAECISTSYAETOYCINAO
Téyornr ro œäv épyor ris VeQéoews Toù évSdEou \ PES PT V4 e 1 11 I s \ 4 J Xat mavcémiou péprupos dyiou Xpiolo@dpou, émi Toÿ [oîldrou) SeoQikeol(drou) l'ewpylou dpyiepléws) ai xopemion(dmou), nai èmi r0Ù SeoGie Küpou Giax(évou) xai émirp(émov), Ünép owrnpi(as) ré Do XTNLËT (wo) oixovOpar nai yeopy@v xai TÔv Téxvor adTév ua Ts x}pou ua Tv Xp moPopoivr(wr), v ypdvois rod Seoce6eci[drou) Lay yapia wpec- Surépou élaglollou), &v puvi ectou roù Va tous, ind{ixrios) &.
«À été exécutée toute l'œuvre de la mosaïque [de l’église] de l'ilustre et très-vénéré martyr saint Christophe, sous le très-aimé de Dieu Georges archiprêtre et chorévêque. et sous le très-aimé de Dieu Cyrus diacre et administrateur, pour le salut des intendants el des laboureurs des Deux Ktèmes, et de leurs enfants, et du clergé, et des bienfaiteurs [de l'église], au temps du très-pieux Zacharie, prêtre très-humble, au mois de désius de l'année 701, 9° indiction. »
Sur Géroemlos, voir ci-dessus, p. °5, et Corpus, n°° 8686, 8716, 8737, 8771, 8829, 8839. À la troisième ligne, l’abréviation qui suit dpy offre une difficulté. ÀbxeTioxomos est impossible; car on ne pouvait être à la fois archevêque et chorévêque (c'est-à-dire évêque de campagne !). Conf. Corpus inser. gr. n° 8829. J'adopte, avec M. Frœhner, dpyrep(éws), tout en doutant que ce mot fût de la hiérarchie ecclésiastique d'alors. M. J. Durand lit : dpyilmoeoéurépou]. Le signe $ cause aussi plus d’une
! Voir la dissertation du P. Petau sur les clior- tion de ywoerioxomos. Fleischer Commentaire sur :
évêques, à la suite de son édition des Héréstes desaint Les Voyages de Scetzen, p. 35. Épiphane, Le mot «5% des Maronites est l'abrévia-
difficulté : tantôt il marque l'abréviation de la fin d'un mot, tantôt il remplace xaf, tantôt il représente à la fois l’abréviation de la fin du mot et xai. L'endroit sur lequel ce doute pèse d'une manière grave est entre x7muaT el olxovdpowy; car si l’on insère là so, il faut traduire : «Pour le salut des Deux Ktèmes et des intendants et des labou- ROLE 600 » M. Frœhner (p. 310) traduit : « Pour le salut des deux économes-fermiers, » ce qui est la moins satisfaisante des versions. M. J. Durand (Ann. arch. 1864 , p. 286) me paraît le plus près de la vérité. — Je considère T& dücw xryara comme le nom de la localité de Kabr-Hiram, devenue peut-être un domaine ecclésiastique à l’époque byzantine, (Comp. Tres tabernæ, sur la voie Appienne.) Oxdvouos est surtout un titre ecclésiastique (voir Corpus inscr. gr. n° 8899). Les yewpyol sont des fermiers (Matth. xx, 33, 41; Mare, x1, 1). Sur le sens de xæpmo@opoüvres voir Frœhner, p. 311; Ann. arch. 1864, p. 288; Corpus inser. pr. n° 8825, 8896; Hesychius, au mot émiapméa. Pour le tour général de l'inscription, comparez l'inscription de la mosaïque de Berja, ci-dessus, p. 513, et surtout celle de la mosaïque du mont Sinaï (Corpus inscr. gr. n° 882b). Comparez aussi l'inscription de Tyr, ci-dessus, p. 543, et celle de Bargylia (Le Bas, INT, n° 498), Corpus, n° 8827. CF. Corpus, n° 8615, 8622, 8624, 8627, 8648, 8649, 8662, 8666, 8697, 87306, 8769; Waddington, n° 2556 (païen), 2691.
La mosaïque a donc été faite en l'honneur de saint Christophe, saint très-populaire en Syrie, aux frais des riches agriculteurs du pays. Dès la fin du 1v° siècle, les églises dédiées aux martyrs, même légendaires, tels que saint Georges, s'élèvent de toutes parts en Syrie. (CF. Corpus, n* 8609, 8616, 8625, 8626, 8627, 8854; Wadd. 2158, 159, 24098.) La tradition la plus ordinaire fait de saint Christophe un chananéen (Acta S$S. 25 juillet). Il n’est pas impossible que les environs de Tyr ne fussent l'endroit où la légende plaçait les faits merveilleux de la vie de ce personnage fabuleux, et que notre chapelle ne fût la commémoration des origines d’un culte si répandu en Orient et bientôt en Occident.
Deux personnages ecclésiastiques sont désignés comme exerçant une juridiction sur le pays, au moment où l'ouvrage fut exécuté : 1° Georges, archiprètre et chorévêque. Les chorévêques étaient des évêques suburbicaires, des évêques de campagne ou de banlieue, ou plutôt des espèces de curés de canton. La métropole de Tyr, si importante. devait avoir de ces chorévêques, et la riche localité de Kabr-Hiram; qui, du moins à l’époque romane et chrétienne, n’était pas précisément une ville, était toute désignée pour posséder un tel dignitaire. 2° Le diacre Cyrus, qualifié en même temps d'émétpoos. (Voir ci-dessus, p. 543, 544.) Tous ces traits montrent combien la propriété privée avait baissé en Syrie dans les siècles byzantins. Une immense mainmorte multipliait partout les émérpomor, les oixovduor ecclésiastiques (ef. Corpus, n° 8619, 8647, 8819). Ces personnages servaient, comme autrefois les magistrats suprêmes et les souverains, à dater les monuments. Le n° 8647 du Corpus nous offre ainsi le diacre servant d'é-
ponyme et ayant le titre de &pooîdrns rod iepoÿ. (G. 8653, 8769.) Les chorévêques,
du reste, résidant dans les localités rurales, une de leurs principales fonctions était d'administrer les biens de l'église !. Outre ces deux supérieurs ecclésiastiques, est menionné, sans la formule émé, et avec la simple indication év ypdvors (cf. Corpus, n® 8693, 8820), un Zacharie, ayant pour épithète Seoce$éofarcs, non comme les deux autres Seo@rAéolaros”, et qualifié @peoirepos éAdyioos. Gelte dénomination d'humilité n’est guère de mise que dans la bouche de celui qui lient la parole (cf. Corpus, n° 8853). Comme Seooeéolaros est d'ailleurs l'expression d’un sentiment que tout chrétien doit avouer plutôt qu'un éloge, je pense que ce prêtre Zacharie a été l'épyoduwnrns de l'ouvrage, que c'est lui qui fit l'inscription, qu'il remplit, en un mot, dans notre inscription le rôle qui ailleurs est exprimé par oroudÿ suivi d'un génibl (cf. Corpus, n° 8820).
Calculée d’après l'ère des Séleucides, l'année 701 donnerait l'an 389 de J. C. date inadmissible; car, si le style de la mosaïque répond bien à cette date, la paléographie de l'inscription n’y répond nullement. L'écriture ne peut être que du wi° ou du vr siéele. Toujours, d’ailleurs, l'ère des Séleucides appliquée à de pareilles inscriptions nous à menés à des dates trop anciennes. L'ère d'Antioche ? donnerait l'an 65 2-653, ce qui nous porterait douze ou treize ans après la conquête musulmane. Un tel résultat est peu probable, Comment, dix ou douze ans après la victoire des premiers conquérants arabes, les chrétiens auraient-ils eu assez de richesse et de tranquillité d'esprit pour exécuter un tel ouvrage? L'inscription nous montre l'organisation temporelle de l'Éplise établie avec une largeur et une liberté qui devinrent sûrement impossibles après le triomphe de l'islam 5. Et d’ailleurs, en cette hypothèse, le chiffre de lindiction ne convient pas. «On comptait done, dit avec raison M. Frœhner, d'après une des nombreuses ères particulières des villes de la Syrie, commençant presque toutes à l'époque de Jules César.» L'ère propre de Tyr donnerait l'an 575 de J. C. ce qui conviendrait parfaitement; l'indiction même correspond bien, dans quelques systèmes. Cette ère de Tyr fut employée par plusieurs conciles 6. L'inscription de la communaulé tyrienne de Pouzzoles (Corpus, n° 5853), qui est de l'an 174 après J. C. est datée par l'ère de Tyr.
La question des ères de Syrie, si pleine de doutes, a été en ces derniers temps traitée par M. Wetzstein? et par M. Waddington Ÿ avec une grande érudition. Ces deux
! Voir Petau, dissert. précitée, col. 1052, 1053 5 De Wailly, Élém. de paléoer. p. 56.
de la réimpression de Migne.
? Cf. Corpus, n° 8646, 8647, 8769; Waddington, n° 2497.
3 Tyr dépendait du patriarcat d’Antioche.
* M.J. Durand adopte pourtant cette date. (Ann. arch. 1864, p. 288, 289.)
5 Les raisons que M. Reinaud fit valoir en sens contraire ( Comptes rendus, 1869, p. 157) sont bien
faibles.
7 En tête de ses Inschriften, dans les Mémoires de l’Académie de Berlin, 1863, p. 255 et suiv.
5 Mélanges de numismatique, 2° série, p. 158 el suiv.; Revue archéol. avril 1865, p. 257 el suiv. ou Comptes rendus de l'Acad. des inser. 1865, p. 35 et suiv. Cf. (du même) Comment. sur les /nser. de Le Bas, n° 1908, 2158, 2159, 2463 (pour Schakka et Bostra ).
savants, qui ont apporté à la discussion tant d'éléments nouveaux, repoussent, comme je l'ai fait, les ères qui mettraient avant la paix de l'Église, ou après la conquête musulmane, des monuments d'un christianisme florissant'. En ce qui concerne la côte de Syrie, la question est lout à fait distincte de ce qu'elle est à Damas et aux environs, à Bostra, au Hauran, à Antioche et dans le nord de la Syrie. L'ère des Séleucides?, l'ère d’Antioche y ont été employées, mais non pas exclusivement. La seule ère donnée avec une précision absolue dans nos inscriptions est l'ère d’Actium (ci-dessus, p. 241): Quant aux inscriptions de Sidon et de Tyr, l'ère des Séleucides nous a toujours menés à des résultats inadmissibles. L'ère d'Antioche convient mieux sans doute, mais les êres propres de Sidon et de Tyr conviennent presque toujours mieux encore. Ainsi l'inscription peinte de Saïda*, qui paraît de la même renaissance d'art chrétien que les’ inscriptions de Berja et de Kabr-Hiram°, tomberait, selon l'ère d'Antioche, en l'année 6/9, postérieure à la conquête musulmane ou justement contemporaine. En la comptant selon l'ère de Sidon, elle tombe en 580 ou 581, ce qui va bien mieux, quoique les indictions ne concordent pas. Ce qui paraït de beaucoup le plus probable, quand il s'agit des inscriptions de Sidon et de Tyr qui portent une indication d'année, c'est de supputer cette année d’après les ères propres de ces deux villes, c’est-à-dire d'après les ères de la numismatique. À Laodicée (Lattakié), la chose est particulièrement claire; car là nous avons une inscription offrant un synchronisme. Il faut agir de même ailleurs. En suivant cette hypothèse à Tyr et à Sidon, nous ne sommes jamais arrivés qu'à des résultats satisfaisants. Les indictions ont rarement répondu dans le système normal, où la première année du eyele est comptée à partir du 1% janvier 313; mais elles ont presque toujours répondu dans quelqu'un des autres systèmes. Au vr° et au vn° siècle, ces petites ères tombèrent en désuétude, et les ères chrétiennes prirent le dessus ?. Mahomet ne fit qu'imiter les chrétiens en faisant partir une ère de l’époque
de son apostolat,
Nous pensons donc que linseription fixe l'exécution de la mosaique à la deuxième moitié du wi° siècle, vers le règne de Justin Il, époque très-brillante, comme on sait, pour l'art byzantin. La mosaïque du mont Sinaï, dont l'inscription a la plus grande ressemblance avec la nôtre, à
1 Voir cependant Waddington, Inser. n° 1997, 5 Voyez Corpus, n® hhzo, hk31, khzo. Pour n° 8654 (Gé-
2028; mais ce sont là deux faits isolés et peu impor
Apamée, voyez n®% 4h7h, hhn5. Cf.
tants.
2? Conf. Corpus inser. gr. n° 4453, 1458, LAGo, 4h63, hh77 (lisez 958 au lieu de 955),4515, 4518, h519, 8641 (Wadd. 1878).
5 Cf. Corpus, n° 8650, 8651, 8652, ele.
* Dietrich, Zwvei sidonische Inschrifien, p. 14, 15.
C£ Corpus, n° 8634, 8646-8640.
lase). Pour Aradus, voyez Corpus, n° 1536 c; Frœhner, {nser. du Louvre, p. 177. Cf. Sprüner-Menke, Atlas antiquus , n° xxv1, 1° carte (d’après Eckhel et
.Mionnet). Cf. Ræœsch, dans les Jahrbücher für deutsche
Theologie, t. XI (Gotha, 1866), p. 41 etsuiv. 7 Voir Wetsstein, L c. p. 259 etsuiv.; Ræsch, dans les Jahrbücher précités, t. XI, p. Lo et suiv.
CAMPAGNE DE TYR. 617 été faite sous Justinien!, Mais l'archéologie élève contre cette date des diflicultés capitales. Si cette date, en effet, répond très-bien au style de l'écriture de l'inscription où elle se trouve (notez surtout le sigle pour af), elle répond médiocrement au style de l'écriture des noms de mois; elle répond mal surtout au style de la mosaique, que les connaisseurs, et en particulier M. de Rossi?, déclarent être celui des mosaïques du 1v° siècle. Au premier coup d'œil, la décoration de la partie de la mosaïque qui environne l'inscription, ce maigre rectangle, entouré d’une sorte de barrière de piliers, où l'intervalle de ces piliers est occupé par de chétifs arrangements de cubes, semble aussi d’un tout autre style que les mosaïques de la nef et des travées. Dans cette dernière partie, aucune trace de christianisme ne se laisse apercevoir; enfin, la pauvreté de la construction fait contraste avec la beauté du pavé. Il paraît d'abord difficile de croire qu'on eût exécuté un tel dallage pour une construction si irréoulière et si mesquine. Ces réflexions se présentèrent à notre esprit dès le Jour même de la découverte de la mosaïque. Mon journal des fouilles contient ce qui suit à la date du 1 9 mars : « Une colonne portant une croix grecque nous conduit au sol d’une église, lequel est tout entier revêtu d’une magnifique mosaique, qui paraît d'une époque plus ancienne que l'église.» M. de Rossi, ayant pu examiner la mosaïque dans un voyage qu'il fit à Paris en août et septembre 1869, fut amené à la même hypothèse. Avec l'autorité que lui donne sa grande expérience en un pareil sujet, il déclara que la nef et les deux travées sont une ancienne mosaique, qui à été appropriée, au w° où au vu siècle, au culte chrétien. Le centre, c’est-à-dire l'entourage de linscription, serait seul alors du vi° ou du wir siècle.
Voici comment M. de Rossi exposa son opinion dans une discussion
qui eut lieu au sein de l'Académie des inscriptions et belles-lettres ? :
! Ann, archéol. 1864, p. 288. belles lettres, p. 161, 162 Cf. P.152,103 etp. 157- © Comptes rendus de l'Acad. des inscriptions, 1862 , 159 (notez l'erratum , p.177). Comparez Journal gép.153,1b7 et suiv. 161 et suiv. néral de l'instruction publique, 10 et 24 décembre
% Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et 1869. £
« Dans la mosaïque découverte par M. Renan, il m'a toujours paru qu'il existait un anachronisme. L'inscription, quelle que soit l’année précise à laquelle il faille la rapporter
est sans aucun doute de la fin du vi° ou même du vu siècle; le style de la mosaïque,
au contraire, nous rappelle le 1v° siècle; il marque la décadence du style classique grec et romain, ou, si l'on veut, la transition entre le style païen et le style chrétien : on n'y trouve pourtant pas de traces de l’art chrétien byzantin. Pour résoudre cette difficulté, je me suis adressé à la mosaïque elle-même, et, l'ayant examinée attentivement avec M. de Longpérier, j'ai constaté une différence d'époque et de travail entre la partie qui présente la grande inscription et le reste de la mosaïque. Les signes caractéristiques de cette différence sont principalement l'écriture, l'ornementation, l’usage de la croix. La paléographie de l'inscription chrétienne est d'un type entièrement byzantin; les abréviations sont aussi de ce style : or les bustes des vents, des saisons et des mois dessinés dans la mosaïque sont accompagnés de leurs noms tracés d'une écriture toute différente. Cette ressemblance de quelques-unes des lettres pourrait être attribuée, jusqu'à un certain point, à la forme oblongue que l'on a été forcé de donner à celles de l'inscription principale pour ménager l’espace; mais il ya de tels caractères dont la forme radicale est différente, par exemple &, E, Z; enfin, l'aspect général des deux paléographies présente clairement deux alphabets distincts. L'ornementation est encore moins semblable. Celle de la grande mosaïque est lourde, épaisse, surchargée; celle des côtés de l'inscription est au contraire très-simple, mais d'une simplicité grossière, sans choix, sans goût. Vient ensuite l'emploi de la croix. Ce signe est non-seulement au haut de l'inscription principale, mais aussi de celle qui suivait toute la ligne du cadre et dont il ne reste que des fragments. Dans le champ de la mosaïque, il ne se voit nulle part. M. Renan a cru reconnaitre ce symbole dans le sujet représentant le pressoir de manière à figurer dans le centre même de la composition une espèce de croix. Je suis très-porté à admettre l'opinion de M. Renan, mais il en ressort une différence de plus entre la partie de la mosaïque où est traité ce sujet et celle qui porte l'inscription. L'époque à laquelle on cachait la croix sous des allépories, où l’on en dissimulait l'usage de différentes façons, el toujours dans un même but, n'est pas celle où lon en plaçait le sigrie en tête des inscriptions, même dans les monuments qui n’appartenaient pas au culte. La première est la période de la lutte entre le paganisme et le christianisme, lorsque la croix était un scandale pour les juifs, une folie pour les païens, un souvenir douloureux el repoussant d’un supplice infâme pour les chrétiens, comme serait aujourd'hui la guillotine; la seconde est le temps du triomphe complet du christianisme et de la croix, et de sa transformation en signe uniquement religieux, le supplice de la croix ayant été effacé du code criminel romain par les empereurs chrétiens.
«La double date de ce monument étant ainsi établie, il ne reste qu'à expliquer ce fait, ce qui devient très-facile. L'inscription et les ornements qui l'entourent occupent
précisément la place de l’ambon, c’est-à-dire de l’enceinte destinée au clergé, et cette
partie de l'ouvrage se prolongerait peut-être en forme semi-circulaire au delà de l'espace rectangulaire qu'occupait l'édifice reconnu par M. Renan, si l'abside, placée sans doute sur un plan plus élevé, n'avait pas disparu. M. Renan admet en effet la possibilité de l'existence d’une abside. Cette remarque fait voir comment la mosaique a été composée à deux époques différentes. Dans les siècles où la religion chrétienne avait remporté une complète victoire, lorsqu'on transformait en basiliques les temples profanes ou les salles des édifices anciens, on ajoutait une abside au monument et l'on y disposait une enceinte réservée au clergé et aux cérémonies. Cette partie, refaite ou seulement appropriée à sa nouvelle destination, portait l’ornementation et le symbole du christianisme; souvent le reste n’était pas changé, alors même qu'il s'y trouvait des images franchement païennes. C’est ce qui résulte de quelques exemples décisifs, entre autres, de l'étude de la basilique dédiée à Rome, à saint André, par le pape Simplicius, au v° siècle. La mosaïque de Sour est dans la condition des monuments de ce genre. Elle a été faite vers l’époque constantinienne, peut-être pour une basilique profane, et, lorsque plus tard on a consacré cet édifice au culte chrétien, ou lorsqu'on l’a restauré, au vu siècle, on a seulement refait la partie qui couvrait le sanctuaire et ses dépendances, probablement avec les cubes mêmes de la mosaique préexistante, ce qui expliquerait l'identité des cubes dans tout l'ouvrage. »
M. de Longpérier se rangea complétement à l'opinion de M. de Rossi!. Tout, dans les têtes, les draperies, les ornements des cheveux des figures du bas de la nef et des travées, lui paraît du 1v° siècle etnon du vi° ou du vn°. IL est vrai que dans les deux parties de la mosaïque la matière est la même, la grandeur des cubes la même. M. de Longpérier répond à cela que le mosaïsle qui à fait la partie la plus moderne de l’œuvre a dû s'attacher tout d'abord à la raccorder avec la plus ancienne en se servant de la même matière et en laillant ses cubes dans les mêmes dimensions. En effet, les principales matières qui ont servi à composer la mosaique de Kabr-Hiram existent encore dans le pays. Taddeiï en a rapporté des échantillons qui permettront de faire à la mosaïque toutes les réparations qui pourront être nécessaires. Un texte curieux de saint Nicéphore prouve que même les iconoclastes avaient pour les mosaïques une cerlaine indulgence et voulaient que les anciennes fussent conservées?. Le paganisme mitigé que
! M. de Sauley a adopté le même sentiment, Deuxième Voyage, Il, p. 279: — ? Pitra, Spicileoium Solesmense, t. IV, p. 363.
pouvaient offrir de tels ouvrages était d’ailleurs de peu de conséquence, puisque l'ouvrage même était destiné à être foulé aux pieds. L’art chrétien a loujours suivi la règle fort raisonnable de ne tracer sur le pavé aucune image trop sainte : c’eût été exposer l’image à une sorte de profanation !. Voilà donc une hypothèse qui a pour elle et de fortes raisons et de graves autorités. [l ne faut pas dissimuler cependant les objections qu'on y peut opposer, et qui ont conduit des archéologues fort habiles, en particulier M. Julien Durand?, à des conclusions opposées. La plus forte de ces objections se tire de la grande inscription centrale. Si l'hypothèse de M. de Rossi est vraie, l'inscription implique un mensonge complet. T'éyore Tù œûâr &pyor rüs VnQaicews. Il est difficile que les trois dignitaires ecclésiastiques nommés dans l'inscription aient eu limpudence de s’attribuer aux yeux de leurs contemporains un ouvrage que tous les gens de la localité savaient être antérieur, et aient en quelque sorte cherché à jouer la divinité et les saints, en dédiant, comme leur ouvrage pour un but pieux (ümép owrnplas....), un travail qu'ils n'avaient pas fait. Comment pouvaient-ils croire que saint Christophe serait dupe de ce mensonge? Et ces xaproBopobvres, ces gens qui ont contribué de leurs deniers à l'ouvrage ? Ce serait done une plaisanterie; car, si Georges et Cyrus n'ont fait que la partie centrale, c’est bien peu de chose; il n’y avait pas besoin de xapmæoBopoÿvTes Pour cela, et, en tout cas, ces souscripteurs n'ont pu manquer de sourire en voyant leur petite contribution obtenir un effet si disproportionné. La même formule Téyove rd &är épyor se retrouve dans deux autres mosaïques d'Orient, celle de Berja et celle du mont Sinaï, et là cette formule fut sans doute l'expression de la vérité. On a des exemples, en parti culier dans le Hauran, de temples changés en églises (Corpus, n° 8627, 8645); mais alors l'inscription le dit expressément et ne cherche pas à attribuer aux dignitaires ecclésiastiques ce qu'ils n’ont pas fait.
L Annales archéol. 1864, p. 290, note 3. Le pas- plique cela indirectement. —? Annales archéol. 1863,
sage de saint Grégoire de Nysse (ibid. p. 278) im- p. 281, 282; 1864, p. 288, 289.
La seconde objection se tire de la mosaique même de Berja. L'inscription de la mosaïque de Berja, par sa date et sa paléographie, est évidemment contemporaine de l'inscription de la mosaique de Kabr-Hiram. La date de ces inscriptions n’est pas douteuse; toutes deux sont de la deuxième moitié du wi° siècle. Si donc la mosaïque de Berja est du même style que celle de Kabr-Hiram, il faut admettre que les deux mosaïques sont de la deuxième moitié du vr siècle; car de prétendre qu'à Berja aussi il y ait discordance entre l'âge de l'inscription et l’âge de la mosaique, qu'à Berja aussi on a, au vr° siècle, fait adaptation d’un ouvrage ancien au christianisme, avec le même mensonge de la part des autorités ecclésiastiques (Téyove TO œäv épyov..… Éyéveto td œ&r Épyov..… ), c'est ce qui est insoutenable, À Kabr-Hiram cela est soutenable; car il y a une différence entre la partie où est l'inscription et le reste; à Berja, l'unité de l'ouvrage est complète; ladjonction de l'inscription, n'ayant été accompagnée d'aucun autre travail, serait une imposture sans excuse. Supposer la même imposture cherchant ainsi à s'imposer deux fois est contre toute vraisemblance. La question est donc de savoir si la mosaïque de Berja est du même style que celle de Kabr-Hiram. À cet égard, je ne peux me prononcer, puisque cetté mosaïque n’a été découverte qu'après mon départ. Mais tous les renseignements que j'ai me portent à croire que le style est le même. Que si le style est le même, que si l'inscription de Berja (ce qui est infiniment probable) n’est pas suspecte d’avoir été mensongèrement attribuée au v° siècle, il faut reconnaitre que la mosaïque de Kabr- Hiram est aussi du vi siècle. Toute la question est là. Quand l'inscription de Berja sera transportée en France, la question de la mosaïque de Kabr-Hiram sera résolue probablement avec une certitude absolue.
La différence de la partie centrale de la mosaïque où est l’inscription et des trois belles travées est-elle aussi sensible que le croient MM. de Rossi et de Longpérier? On ne saurait nier que les mosaïques qui en-
tourent l'inscription ne soient inférieures à celles du reste de l'édifice.
Mais il faut remarquer que cette partie de l'église, qui était le presbyteruum, était peu en vue, peu avantageuse, el comme à part de l'effet général. Pour lereste, on a pu suivre un beau patron du 11° siècle; pour cette partie, qui n’offrait pas de larges espaces et dont la donnée décorative était assez ingrate, les mosaïstes auront suivi leurs idées propres. L'esprit des mosaistes de Kabr-Hiram a été de rechercher l'effet pour la vue, de réjouir l'œil des fidèles, si bien que les endroits les plus apparents, non les plus saints, se sont trouvés les plus ornés. La rosace centrale de la ligne d'entrée est délicate de couleurs; les cubes y sont les mêmes que dans le reste de l’ouvrage. Certaines figures des bas côtés sont inférieures, selon M. Thobois', au travail des mosaïques de lambon. Par la façon dont on a traité les deux entre-piliers du haut de l'église, on voit que les artistes n’ont tenu à décorer largement et avec style que les parties qui offraient des aspects d’ensemble. Le presbyterium, selon certaines hypothèses dont nous parlerons bientôt, aurait été entouré d'un rideau.
Un fait grave, c’est que Taddeï, en opérant l'enlèvement de la mosaïque, ne fut frappé d'aucune différence dans le travail des différents compartiments. Plusieurs fois questionné par moï à ce sujet, Taddeï a toujours soutenu que toute la mosaïque est du même travail. Sûrement Taddeiï n’a aucune prétention à balancer l’autorité archéologique de M. de Rossi; mais c'est ici une question qui est tout à fait de la compétence d’un praticien. Accordons à M. de Longpérier (ce qui pourtant, je l’avoue, me cause quelques doutes) que les mosaïstes du vi° siècle eussent pris la précaution de tailler leurs cubes dans les mêmes dimensions que ceux du 1v° siècle (ces soucis de restauration archéologique ne sont guère le fait du moyen äge?); accordons cela. Est-il possible qu'ils eussent poussé le scrupule jusqu'à prendre le même ciment, jusqu’à donner la même épaisseur à l'ouvrage, jusqu'à imiter si bien des particularités intérieures qui ne pouvaient ètre
1 M. Julien Durand se rapproche du même senti- ? Les exemples qu'on en cite ( Comptes rendus, 1869,
ment (p. 282). p: 158, 177) sont d'un tout autre ordre.
CAMPAGNE DE TYR. 623 vues de personne, que 1200 ans plus tard, en taillant leur ouvrage, on devait encore y être trompé ?
La différence du caractère de l'inscription centrale et des noms des mois, vents, saisons, est-elle aussi réelle qu'on le dit! ? Il faut avouer, au moins, que l'orthographe est bien la même : abus de ln, confusion des longues et des brèves, nulle tendance à l'iotacisme (noÿpos, nrapuias, vmep&eperños, écritures à peine possibles au rv° siècle). Il semble que pour ces inscriptions dédicatoires des mosaïques on prenait un caractère à part, allongé, se rapprochant des manuscrits par les abréviations (voir ci-dessus, p.513, l'inscription de Berja). L'inscription de Tyr (ci-dessus, p.243) est de onze ans postérieure à celle de Kabr-Hiram, et pourtant cette inscription de Sour est en caractères classiques et sans sigles, quoique mal exécutée. Le caractère allongé était considéré comme plus élégant, et, quant aux sigles, ils étaient commandés par la longueur de ce qu'on voulait faire tenir dans un cadre limité. En général, les inscriptions des mosaïques sont de mauvais criterium paléographiques. L’ouvrier, en effet, dans ces mosaïques en assez gros cubes, est gêné pour reproduire exactement la forme des lettres, et porté à prendre un caractère long et grêle, qui, joint aux abréviations, porte à mettre l'inscription plus bas qu'il ne faudrait?. Un rapprochement peut être fait entre les quatre vents de notre mosaïque et les quatre vents qui marquent les points cardinaux dans la carte de Cosmas Indicopleustès, qui, comme on sait, est du vr' siècle 5, La parfaite conservation de l'ouvrage (sauf les endroits labourés par les racines des arbres) fait aussi croire que ce précieux pavé à servi très-peu de temps, n’a guère élé foulé, et qu'il a été recouvert peu après son achèvement.
1 M. Julien Durand , qui admet cette différence, est mencement du v° siècle, Corpus, n° 8616; Wadd. Join d’en tirer la même conséquence que MM. de Rossi (Le Bas, IT), n° 2159. Pourla suppression de la fin et de Longpérier (Ann. archéol. 1863, p.282). Mais des mots, voyez Corpus, n° 8615. le système de partage qu'il propose est impossible 3% Cette idée est judéo-chrétienne. Voir l'Apocaà admettre. lypse, vu, 13; le livre d'Hénoch, ch. xvrr. Comp.
? L’abréviation 3 se trouve en Syrie dès le com- Zacharie, 1v, 1 et suiv.
Une chose est hors de doute : c’est que la mosaïque est contemporaine ou à peu près de la construction dont les arrachements se voient encore aujourd'hui. En effet, le plan de l'édifice actuel et celui de la mosaïque s'embrassent parfaitement, s'expliquent l'un par l’autre. De cette correspondance mutuelle naît une église chrétienne très-conforme aux règles, très-bien orientée. Si la mosaïque est du 1v° siècle, il faut donc que la construction dont les traces existent soient aussi du 1v° siècle. La supposera-t-on païenne? Cela est impossible. Les portions de colonnes existantes offrent des croix grecques. Comment l'orientation et la distribution de l'édicule se seraient-elles trouvées répondre si bien à une église? et quel genre d'édifice eût-ce été? Une basilique en plein champ est inadmissible". Et pourquoi l'inégalité des deux bas côtés, quand il n’y a aucun mur qui limite le côté court? Cette négalité s'explique très-bien dans une église, comme nous le verrons plus tard; elle ne s'explique pas dans une basilique païenne. Dira-t-on que la construction dont nous voyons les traces est une petite église du 1v° siècle? Alors l'inscription est un non-sens. Accordons (malgré l’invraisemblance de la supposition ) qu’en transformant un édifice païen en église, les chrétiens y auraient mis une inscription où ils se seraient attribué l'exécution d’un pavé qu'ils n'avaient pas fait. Ce qui est absolument impossible, c’est que le clergé du vi ou du vf siècle ait fait un solennel mensonge en mosaïque sur le pavé pour dépouiller les fidèles du 1v° siècle et tromper saint Christophe en lui dédiant, pour obtenir ses faveurs, un travail chrétien antérieur. Ajoutons que l’inégale laroeur des bas côtés, l'inégale distance des piliers, inégale’ surface de l'assise des colonnes, sont des irrégularités qu'on ne trouverait pas dans une église du n° siècle, n1 dans une basilique de ce temps.
Malgré les fortes raisons qu'on a fait valoir pour distinguer deux époques dans la mosaïque de Saint-Christophe, nous croyons donc qu'il faut abandonner cette hypothèse, La mosaïque est pour nous de la date indi-
! M. de Rossi semble toujours supposer dans son argumentation que la mosaïque provient de Tyr même.
CAMPAGNE DE TYR. 625 quée par l'inscription, date qui est probablement lan 575 après J. C. Toutes les objections « priori doivent céder devant les preuves presque matérielles qu’on en a. La comparaison avec des ouvrages comme les mosaiques de Sainte-Constance n’est pas juste. Si la mosaïque de Sainte- Constance ressemble à la nôtre par le sentiment qui a porté l'artiste à prendre ses sujets dans la vie rustique, elle en diffère tout à fait par le dessin général, qui est bien plus libre, plus antique, moins cadré, moins divisé en compartiments. M. de Rossi, habitué surtout à l'archéologie chrétienne de l'Occident, a pu facilement s'égarer en jugeant d'après Rome un ouvrage de Syrie. Ce n’est pas seulement en ce cas-ci qu'une telle illusion s’est produite. Une foule de belles constructions de Syrie qu'on avait d’abord attribuées aux époques classiques, la porte Dorée de Jérusalem, par exemple, se sont trouvées, devant un examen plus attentif, être de l'époque de Justinien. Un rapprochement serait celui de la mosaïque du pavé de l'église du couvent de Sainte-Croix près de Jérusalem, dont la bordure a de la ressemblance avec la nôtre, quoique bien inférieure pour l'exécution. Mais la date de cette mosaique est très-douteuse. Les moines du couvent prétendent y voir des gouttes du sang versé par Chosroès Il en 614; rien de moins certain.
Un fait général de l’histoire de l'art en Syrie, c'est que les traditions anciennes sy conservèrent beaucoup mieux qu'ailleurs, aux v°, wi et vu siècles. C’est ce qu'a très-bien vu M. de Vogüé, dans le Hauran, du côté d'El-Bara, à Jérusalem?. Nos mosaïques de Berja et de Kabr-Hiram sont des exemples particuliers de cette grande loi. On sait qu'une des choses qui frappèrent le plus les musulmans, lors de la conquête de la Syrie, fut l'habileté des chrétiens dans l'exécution des mosaïques. De 1à ce mot de
Xmiaus désignant la mosaïque, et qui n’est autre chose que Yiewois*.
! Pierotti, Jerusalem explored, p. 249, 943.
? M. de Vogüé, Le Temple de Jérusalem , p- 66,67; L’Architecture en Syrie; Comptes rendus de l Académie des inscriptions, mars 1865, p. 66 et suiv.
* Reinaud, Comptes rendus de l'Académie, 1865. D. 94-96, 157; Freytag, rac. ui. ÏoTopioypdgos povoiérwp est du xn° siècle, Corpus, n° 8736; cf. saint Nicéphore (vers 815), dans Pitra, Spicilegium
no
Ajoulons que ces sortes d'ouvrages étaient faits à l'entreprise par des ouvriers ambulants, qui avaient des patrons, des traditions remontant à plusieurs siècles, et qui venaient s'offrir aux communautés riches, en sorte qu'il pouvait y avoir une grande inégalité entre la mosaïque et la construction de l'édifice qui la renfermait, si dans le pays on n'avait pas de bons maçons. Ce qui frappe justement dans la mosaïque de Saint-Christophe, c'est la discordance du dessin et de l'exécution. Le parti pris général est parfaitement entendu; le dessin est excellent; les rinceaux, les torsades sont du meilleur style; le patron, en un mot, remontait aux meilleurs temps de l’art; mais l'exécution est défectueuse et grossière. De toutes les manières, nous arrivons done à considérer notre mosaïque comme un fruit de la grande renaissance du temps de Justinien, renaissance qui à laissé tant de traces dans tout l'Orient, en Ég pte, en Syrie, au mont Sinaï, dans le Hauran?. Le travail de ce temps consiste surtout en mosaïques, en dallages, en placages de marbres : papuapomolois (cidessus, P- 54 3) TÔ épyor Ts mAaxdoEws, Corpus, n° 8662; érlaxcün, n° 8641. La mosaïque de Kabr-Hiram fait ainsi partie d’un ensemble d'œuvres constituant une vraie période d'art chrétien, où la Syrie joue le premier rôle, et qui ne saurait être postérieure à l'orage terrible qui écrasa l'Orient en l'année 640. Beaucoup de faits prouvent que l'Orient orande tentative de civilisation chrétienne,
qui échoua par le fait de Mahomet.
était alors le théâtre d’une
Pour éclaircir toutes les questions qui se rapportent à ce cu rieUXx MOnument, nous fimes exécuter des fouilles dans les alentours. Nous trouvâmes plusieurs chambres dallées et des amorces qui firent penser à M. Thobois que toute la petite église était entourée de dépendances qui en
masquaient l'extérieur. Ainsi il devait y avoir devant le bas de l'église une
Solesmense, t. IV, p. 363. Voir H. Étienne, Thes. V, ments suflisants pour réparer les parties détériorées. col. 1228-1930. 2? L'an 575 à peu près est une des époques les plus 1 Taddei croit cependant que les matériaux sont brillantes des constructions du Hauran. (Voir Wad-
pour la plupart du pays; il emporta avec lui des élé- dington, n° 2110.)
CAMPAGNE DE TYR. $ 627 allée ou porche! Les fondements s'en voient à quelque distance du mur de façade. Derrière l'église se trouvait une salle presque de même largeur que l’église; les contre-forts en sont visibles encore. L'église chrétienne orientale de ce temps nous est loujours représentée, dans les miniatures byzantines et même dans les miniatures arabes où l’on veut représenter un derr chrétien, comme un petit couvent. Deir (habitation) signilie à la fois église et couvent : en effet, au vre siècle, les deux choses n'en faisaient qu'une, l'église n'étant jamais sans bâtiments d'habitation pour le clergé.
Ces fouilles donnèrent un seul débris d'inscription. C'est une plinthe
de.pierre grise portant l'inscription suivante : SCTOYYKOYAYTOY #
8 [èmép œavr|ds roÿ Üxou (pour oixou) aÿroÿ +
Pour cette orthographe de oixos, cf. Corpus, n° 8893; Waddimgton, n° 2666.
Le plan ci-joint (p. 628) donnera une idée de l’état du terrain et de la petite église qui couvrait la mosaique”.
Les deux entrées principales n’ont que 1%,97 de large. M. Thobois aflirme que la petite baie de gauche n’est pas une porte; qu'elle est murée. Cela est en contradiction avec l'inscription; la porte aura été murée postérieurement*. Les intervalles des colonnes sont inégaux; ils varient de 1%,95 à 1°,95, si bien que les colonnes ne se répondent pas exactement d'un côté à l'autre. Les piliers étaient reliés entre eux soit par de petits arceaux, soit par des plates-bandes. Quant à la couverture générale de l'édifice, elle ne pouvait être en voûte; la faiblesse des murs s’y oppose. Il n'y avait pas de coupole‘; l'éclairage se faisait sans doute par en haut, au
1 J. Durand, Ann. archéol. 1864, P- 291. de cette inscription (Journal général de Pinstruction ? Cest par erreur qu'en septembre 1862 (Comptes publique, 1. c.; Ann. archéol. 1864, p- 290, note). Le rendus, p. 158) je niais les absides. M. Thobois, à plan de M. Thobois, fait sur place, et mes propres cette époque, n'avait pas encore lerminé son étude souvenirs, me donnent toute certitude à cet égard. sur Ja petite église. * M. Durand cependant en conçoit une au-dessus 3 C'est à tort qu'on a élevé des doutes sur la place du chœur (Ann. archéol. 1864, p- 291).
Te
moyen de petites fenêtres sous le toit. La largeur de la nef principale est de 4,95; les deux nefs latérales sont, l'une de 2,275, l'autre de 2,475. Les bases des colonnes ne sont pas non plus égales ni sem-
blables; elles ont environ o",685 de côté. Tout ce qui reste des murs ; ; I
Echelle : 0.00667 p.M
donne une pauvre idée de la construction. C’est à un fait général de l'époque byzantine, époque où l'architecture sacrifiait beaucoup à l'orne-
mentation. Autant on était magnifique dans les revêtements (et justement
parce qu'on portait de ce côté toute l'attention), autant on népgligeait les gros œuvres, qui disparaissaient sous leur brillante parure. Sainte- Sophie, de Constantinople, et presque toutes les constructions musulmanes sont des exemples de ce contraste.
Que faire de l'enceinte carrée située au milieu de la grande nef, et autour de laquelle sont placées huit bases de pierre, d'environ 0,30 de saillie, ayant un trou au centre? Impossible de songer à un ciborium ; comment admettre que l'inscription eût été derrière l'autel, que l'autel eût recouvert des mosaïques? C’est un presbyterium (cf. Corpus, n° 8832). Les huit pierres servaient, selon moi, de bases à des estrades ou siéges pour les dignitaires ecclésiastiques. L'inscription T4 oëw cou œpére éylacpa, xèpie est ainsi parfaitement appropriée. On ne s'explique pas très-bien cependant comment le trou qui se voit en ces pierres a servi à sceller un siége. On pourrait être tenté d'y voir des trous de poteaux destinés à supporter une tenture ou une clôture en bois. Les siégres des diacres auraient posé alors sur les petits carreaux de mosaïque, au nombre de sept (chiffre très-convenable à un diaxommév). Mais on ne comprendrait pas que pour si peu de chose on eût pris la peine de planter de pareïls pieux à o",25 des colonnes de la nef, qui offraient un soutien bien plus naturel. En outre, ces pierres grossières, destinées à un usage avec lequel elles ont si peu de proportion, eussent fait une étrange disparate au milieu des petits carrés de mosaïque si soionés. Lors du travail de la mosaïque, on n’eût pas tenu compte d’une entrave aussi inutile. Enfin, les tapisseries, qui étaient de règle autour du ciborium, n'avaient que faire autour d'un presbyterium disposé comme le nôtre; elles eussent totalement intercepté la vue de l'église et masqué l'autel.
L’autel, se trouvait, à n'en pas douter, dans l'espace vide situé entre les deux travées latérales. Cet espace élait sûrement exhaussé sur des degrés el fermé par des tentures. Les intervalles des colonnes dans cette
parue sont, en effet, carrelés d’une manière qui prouve que ces espaces
n'étaient pas en vue du côté du sanctuaire, et que du reste de l'église on ne les apercevait guère, si ce n'est quand on élait auprès. Nous avons fouillé avec soin la terre végétale qui est à l'endroit de l'autel; nous n'y avons rien trouvé. Par le dernier entre-pilier, il y avait des deux côtés un passage du sanctuaire aux bas côtés’. Le bout de la travée de gauche n'a pas de mosaïque; il était carrelé en marbre. M. Julien Durand pense que cette extrémité était occupée par l'autel de la prothèse, et qu'à droite était le Siaxomxév?. L'orientation de l’église (abside à l'est, autel de la prothèse au nord, daconicum au sud) serait, en eflet, conforme aux usages byzantins*. Le carrelage de l'extrémité de la travée de gauche fait un peu difficulté à cette hypothèse. Je ne peux affirmer si ce carrelage était complet ou s'il constituait seulement une bordure au centre de laquelle aurait pu être l'autel. Si les règles d'orientation n'étaient pas absolues, il serait plus naturel de placer le Siaxommér dans le réduit carrelé de gauche. Pour que les mosaïstes se soient arrètés avant la fin de la travée, il faut qu'ils aient trouvé devant eux une cloison.
Un monument qui offre avec le nôtre une frappante ressemblance est la petite basilique de Djémila en Algérie”. Le plan par terre est exactement le mème, sauf les absides et le presbyterium; la mosaïque offre beaucoup de ressemblance avec la nôtre, en particulier pour les médaillons d'animaux; la place de l'autel est sans mosaïques comme à Kabr- Hiram; une porte latérale est placée de la même manière.
Quand fut détruite l’église de Saint-Christophe? Sûrement, lors de l'invasion musulmane. Je suis porté à croire que la couche de terre qui recouvrait la mosaïque, et qui était toute meuble, a été répandue exprès. Cette couche n’était pas formée des débris du monument écroulé. On peut supposer que, lors de l'invasion de la Syrie par les musulmans iconoclastes,
1 Cest à tort que, dans le plan donné par M. Di- pas confondre avec le æpec6uriprov, comme l'a fait dron (Ann. archéol. 1863, p. 278), la communica- Kirchhoff, ad n°” 8839:
tion à droite est fermée. 3 Ann, archéol. 1864, p. 6, 205. 2? C£ Corpus, n° 8827 (Le Bas, ILE, n° 498). Ne # Voir À. Lenoir, Archit. monastique, L, p. 245, 247.
CAMPAGNE DE TYR. 63 on aura recouvert ce bel ouvrage pour le préserver de la destruction. Le frêle édifice qui s'élevait au-dessus aura disparu bientôt. Les chrétiens du pays ayant fui ou ayant été exterminés, la tradition se sera perdue. Si l'ouvrage avait été connu au moyen äge, les musulmans l'eussent saccagé, les chercheurs de trésors l’eussent mis en pièces'. À l'époque des croisades, nulle trace à cet endroit ni d’un établissement religieux, ni d’un souvenir de saint Christophe, saint pourtant aussi populaire chez les Latins que chez les Grecs.
Certes, nous ne réclamons pour la mosaïque de Kabr-Hiram aucune place parmi les monuments phéniciens. est permis cependant de remarquer que nulle part les mosaïques ne sont plus nombreuses et plus soignées qu'aux environs de Tyr. En Afrique, aux alentours de Carthage, les mosaïques sont aussi fort ordinaires?. C'était là, je crois, un art d’origine tyrienne. Le dallage en mosaique (n5%") est très-ancien chez les Hébreux, dont presque toute l'industrie venait de Tyr. Dans la campagne de Tyr les exemples de mosaïques blanches ayant servi aux usages industriels sont très-nombreux. Plus nombreux encore sont les cas où dans un champ labouré on voit les cubes de mosaïque mêlés à la terre végétale par myriades. Ces cubes viennent de mosaïques souterraines qui ont été déchirées par la charrue. Si le champ de Saint-Christophe avait été une seule fois labouré, l'aspect qu'il offrirait serait celui que nous venons de dire, et de ce bel ouvrage chrétien la seule trace eût été un champ par-
semé de petits cubes; mais cette trace-là eût été pour l'éternité.
! La découverte de la mosaïque amena les idées ? Cf. Beulé, Fouilles à Carthage, P. 37; Annuaires les plus folles chez les chercheurs de trésors du pays. de la Société archéologique de Constantine, 1826-1857, Ils sont convaincus que les Français tirèrent de à 1860, 1861, 1862; Recueil des notices et mémoires de
des monceaux d’or. Chaque médaillon cireulaire fut la même Société, 1863, 1868, planches; Annales considéré comme la place d’un trésor. archéol. 1864, p. 9, 10, 206; À. Lenoir, L. c.