‹ Mission de PhénicieChapitre 84 sur 127 · CIE · texte numérisé non relu

CIE

tous les monuments phéniciens avaient des niches sous lesquelles se trouvait souvent une inscription. La grotte d'Astarté, un peu au nord de la Kasmie, offre cette disposiüon d’une manière frappante. L'hypothèse d’une niche n’est pas même nécessaire. On conçoit très-bien que l’auteur du vœu ou de la consécration dépose son offrande en esprit «aux pieds» de la divinité qu'il veut honorer. M. Bargès traduit cette ligne à peu près comme moi; mais il prend l'expression «sous les pas de mon seigneur le maître du ciel» pour l'équivalent de #9 Nnn, «sous le soleil,» expression si familière à l’auteur de l’Ecclésiaste, et qui se retrouve dans l'inscription d'Eschmunazar !. Cela me paraît forcé; le style de notre inscription est des plus simples; une telle expression aurait, selon moi, quelque chose de gauche. On conçoit que l’on dise sub jove frigido, car là le sens physique est évident; mais on ne dira jamais sub Jove Optimo Maximo; cela ferait une confusion du sens physique et du sens théologique tout à fait peu naturelle. M. Lévy s’écarte aussi en cet endroit de mon interprétation, sans qu'il me soit possible de voir quel avantage il y trouve. H traduit DS Ann par «pour cette fois, » ou « pour ceci.» Mais c'est bien gratuitement s’écarter du sens le plus ordinaire de Dnn «sous, » et du sens ordinaire de DYD, «pied» en phénicien. C’est pratuitement supposer une omission de l'article, RYD pour DYpñ.

Une inscription trouvée à Chypre par M. de Vogüé se termine, comme la nôtre, M. de Vogüé a aussi montré que l'inscription n° 1 de Pococke, jusqu'ici restée illisible, se terminait par le mot DYDWn «qu'elle les exauce?.» La première de Malte offre une lormule finale toute semblable. 11 faut donc faire de 3292 une phrase à part et rap-

par une courte prière formant une phrase détachée : 592 «qu'il le bénisse. »

porter nbvb à ce qui précède. Comp. Isaïe, ur, 5; Ps. exnr, 6 Ÿ. En résumé, l'inscription coupée, orthographiée et ponctuée selon les habitudes de la grammaire hébraïque", peut se rendre ainsi : D'ONTD LN + omou-DpaD piinL vous D'ORTOUTS JD PINOT AT ON ND TNT bon 2: N/D °°) "ANS n'a n'y 0 UN op? PAIE D'30n-n2 777 D) og 50 parob sx D'D-by2 IN *OUS NON : 979 * DD?

! Je m'étonne que M. l'abbé Le Hir ait admis 3 Judas, mém. cité, p. 296. cette interprétation. # La ponctuation masorétique s'applique très-mal ? Revue archéologique octobre 1862; Journal asia- au phénicien; ce qu’on donne ci-après n’est qu'une tique, août 1867, p. 98, 104; Schræder, Die phœn. approximation incorrecte, mais qui peut être utile Sprache, p. 193. pour fixer les idées des philologues.

CAMPAGNE DE TYR. 725) Traduites en latin, les parties certaines de l'inscription donneraient :

Domino Baal cœlorum. Votum quod voit Abdelimus, Jilius Mattans, fil Abdelime, Jilu Baalsamari, in... Laodic.… Portam hanc et valvas

(HE AE domus. ædhficavi anno...l

aæxa domini reoum,.. xl anno populi

Tyri, ut sit mihi in memoriam et nomen bonum sub pedibus domini mei Baalis cœlorum

in œternum. Benedicat mihi.

Notre traduction, en partie hypothétique, de l'ensemble serait :

« Au seigneur Baal des cieux. Vœu fait par Abdélim, fils de Mattan, fils d'Abdélim,

fils de Baalschamar, dans le district de Laodicée. J'ai construit cette porte et les .

battants qui sont à l'entrée de la cella de ma maison sépulcrale, l'an 280 du maître des rois, l'an 143 du peuple de Tyr, pour qu'ils me soient en souvenir et en bonne renommée, sous les pieds de mon seigneur Baal des cieux, pour l'éternité. Qu'il me bénisse ! »

Quant aux conséquences historiques, topographiques, grammaticales et paléographiques qui sortent de cette inscription, on peut les résumer ainsi :

1° La ville dont les ruines s'appellent maintenant Oum el- Awamid parait avoir été une de celles qui portèrent dans l'antiquité le nom de Laodicée. Cette ville était encore florissante à l’époque grecque, et lon y faisait alors des constructions considérables.

2° En Phénicie, sous les successeurs d'Alexandre, on traçait des inscriptions phéniciennes, et les vieux cultes de la Phénicie étaient conservés.

3° La langue était encore la vieille langue chananéenne pure, sans influence sensible de l’araméen. La tendance à écrire les quiescentes se fait cependant lévérement sentir.

4° Les idiotismes donnés par notre inscription pour la première fois sont : le mot 3bp dans le sens de «district, » et le mot ny), synonyme de l’hébreu 2%, qui était déjà fourni par les noms propres.

5° Les particularités d'orthographe sont : l'adformante de la première personne est ‘n et le pluriel n127 supposant un singulier ñD3, d'où il semble résulter que les formes en ñ, ne faisaient pas complétement défaut en chananéen.

6° Enfin, ce qui fera probablement le principal intérêt de cette inscription dans l'épigraphie sémitique, ce sont les chiffres qu'elle contient et qui ajoutent beaucoup aux notions que l’on possède sur la numération sémitique et sur l'histoire de la numération en général. Ces chiffres, en somme, sont les chiffres araméens et non les chiffres phéniciens tels qu'on les connaît par les monnaies et par les inscriptions. En comparant

les signes fournis par notre pierre, à ceux que l'on possède déja, à la numération palmyrénienne, à celle des papyrus épyplo-araméens, à la numération sy

laque découverte par M. Land, à celle qu'a découverte M. Hanoteau à Ghadamès!, on consti-

uera une numéraltion sémitique , analogue à celle qui lut en usage chez les Romains

chiffres romains), et dont la première origine pourra probablement être rapportée à Egypte.

Il. — La seconde inscription (pl. LVIIT) était tracée sur la partie postérieure d'une ierre dont notre planche LIT donne le dessin. Ces sortes de cubes de pierre, enaillés d’un côté, se rencontrent fréquemment aux environs des temples et servaient eut-être à contenir les objets offerts à la divinité.

Les quatre premières lettres sont presque effacées par le frottement. On les lit cependant avec certitude : Jon. La lettre suivante est cassée en partie; mais ce qui en reste appartient évidemment à un 3. La sixième lettre est très-fruste; mais les trois lettres qui viennent ensuite étant nn, il est clair que c'est un ®, complétant le nom d’Astarté. Les traces qui restent de la lettre confirment cette supposition.

L'inscription entière doit donc se lire ainsi :

fon 9 nancy 100?

"5 bp PUNTO 75 wN

Astarté est désignée par Jérémie comme «reine du ciel, »

own non (ur, 18:

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