REPUBLIQUE
Le principe de la République pure est la Volonté populaire.
La fin que se propose celle volonté est la liberté illimitée des citoyens.
Le moyen par lequel ce principe tend à réaliser cette fin est Tégalité juridique, sans distinction de plans, sans hiérarchie de fonctions.
La condition radicale, l'organisme typique correspondant à remploi de ce moyen, est la nomination directe des magistrats par le peuple assemblé en masse, sans représentants ni délégués, en un mot, sans intermédiaires.
La garantie de celte forme de gouvernement, est l'esclavage domestique, Tasservissement civil, agricole ou militaire du plus grand nombre, l'exil ou l'ostracisme politique.
Athènes réalisa ce type réel de la République; mais l'éclat dont elle brilla ne doit pas faire illusion, car il est emprunté à des institutions théocratiques importées en Grèce, de Phénicie et surtout d'Egypte : mystères d'Orphée, rites de Delphes et d'Eleusis, Âmphictyons, etc.
La liberté des citoyens avait, dans cette république, l'esclavage pour garantie, et personne n'était à l'abri de cette redoutable et perpétuelle menace.
C'est ainsi que, si Nicétès n'avait pas racheté la liberté de Platon, ce vulgarisateur de Pythagore, malgré sa métaphysique fantaisiste sur la République, aurait dû limiter ses vertus républicaines à la stricte pratique de ses devoirs d'esclave, sous peine du fouet, de la torture et du pal.
Carlbage eut également une République pure, avec la Terreur comme ressort, dans la statue de Molocb, et Tesclavage des Numides, comme base et piédestal, comme support et garantie de la liberté.
Fondée par des brigands, ancien bourg de l'Élrurie Ibéocratique, Rome, plus grossière qu'Âtbènes, plus brutale encore que Cartbage, se conforma également à la donnée de la République radicale, quoique avec certains tempéraments, que lui imposèrent les débris de la royauté et de la théocratie, dont elle essava vainement d'effacer l'influence et le souvenir.
C'est ainsi que le Souverain Pontife romain, avec son collège de douze grands prêtres, était armé d'un pouvoir assez considérable pour suspendre et dissoudre les assemblées populaires; et lorsque l'opinion travaillée par le pyrrhonisme cessa d'accorder à la Religion la foi, au Souverain PontiGcat le crédit nécessaire à sa fonction, la patrie de Gincinnatus était devenue celle de Sylla, et Jules César allait mettre sur sa tète la tiare et la couronne impériale.
Rome républicaine, pour rester libre, ne se contenta pas de l'esclavage domestique ; elle asservit encore l'Europe, et une partie de l'Afrique et de l'Asie.
Dans la Chrétienté, il n'y a jamais eu de république réelle.
Le gouvernement des villes d'Italie, de Flandre, de Hollande, ne fut républicain que de nom.
En réalité représentatif, le système de ces villes fut municipal ou emporocratique, parfois les deux ensemble, comme sont plus ou moins aujourd'hui l'Angleterre, les États-Unis, la Suisse et comme voudrait être la démocratie bourgeoise de France, sans pouvoir y arriver, pour des causes inutiles à dévoiler ici.