‹ Mission du général Gardane en Perse sous le premier empire. Documents historiques publiés par son fils, le comte Alfred e GardaneChapitre 2 sur 5 · PENDANT LES ANNÉES · texte numérisé non relu

PENDANT LES ANNÉES

Traité dalliancv entre S. M. Napoléon et Feth- AH-Slia, fait à Finkcmtein, le 4 mai 1807.

Sa Majesté l'Empereur des Français, roi d'Italie, et Sa Majesté l'Empereur de Perse, désirant consolider par un traité d'alliance leurs relations d'amitié, ont nommé plénipotentiaires à cet effet, savoir :

Sa Majesté l'Empereur des Français, roi d'Italie, M. Hugues-Bernard Maret, son ministre et secrétaire d'Iùat, grand cordon de

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la liégion d'honneur, chevalier des ordres de Saint-Hubert de Bavière et de la Fidélité de Bade ;

Et Sa Majesté l'Empereur de Perse, son ambassadeur extraordinaire, le très-noble et très-élevé ^lirza-Mehemed-Riza-Khan, gouverneur de la ville et province de Casbin, premier vizir du prince Mehemed- Ali- Mirza ;

Lesquels, après avoir échangé leurs pleins pouvoirs, sont convenus de jce qui suit :

Article premier.

Il y aura constamment paix, amitié vt alliance entre S. M. l'Empereur des Français, roi d'Italie, et S. M. l'Empereur de Perse.

Art. 2.

S. M. l'Empereur des Français, roi d'Italie,

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garantit à S. M. l'Krnpereiir de Perse l'intégrité de son territoire actuel.

Art. 3.

S. M. l'Empereur des Français, roi d'Italie, reconnaît la Géorgie comme appartenant légitimement à S. M. l'Empereur de Perse.

Art. 4«

Il s'engage à faire tous ses efforts pour contraindre la Russie à l'évacuation de la Géorgie et du territoire persan, et pour l'obtenir par le traité de paix à intervenir. Cette évacuation sera constamment l'objet de sa politique et de toute sa sollicitude.

Art, 5.

S. M. l'Empereur des Français, roi d'Italie, entretiendra un ministre plénipotentiaire et

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des secrétaires de légation auprès de la cour de Perse.

Art. 6.

S. M. l'Empereur de Perse, désirant organiser son infanterie, son artillerie et ses places fortes suivant les principes du système européen, S. M. l'Empereur des Français, roi d'Italie, s'engage à lui fournir autant de canons de campagne et de fusils avec leurs baïonnettes que l'Empereur de Perse en demandera. Le payement de ces armes sera fait conformément à leur valeur en Europe.

Art. 7.

S. M. l'Empereur des Français, roi d'Italie, s'engage à fournir à S. ]\ï. l'Empereur de Perse des officiers d'artillerie, du génie et d'infanterie, en tel nombre qui sera jugé

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nécessaire par S. IM. l'Empereur de Perse pour fortifier ses places et organiser l'artillerie et l'infanterie persanes, suivant les principes de l'art militaire en Europe.

Art. 8.

De son côté, S. M. l'Empereur de Perse s'engage à interrompre avec l'Angleterre toutes communications politiques et commerciales , à déclarer immédiatement la guerre à cette puissance, et jV agir d'une manière hostile sans délai. En conséquence il rappellera de Bombay le ministre persan qu'il y avait envoyé. Los j-onsnls, facteurs ou autres aj^ciits de l<i Compagnie anglaise qui résident en Perse et dans les ports du golfe Persique, devront quitter aussitôt leurs résidences. S. M. l'Empereur de Perse fera saisir toutes les marchandises anglaises et

interdire toute communication à l'Angliterre dans ses Etats, soit par terre, soit par mer. Tout ministre, ambassadeur ou agent qui se présenterait de la part de cette puissance, pendant la guerre, sera refusé.

Art. 9.

Dans toute autre guerre où l'Angleterre et la Russie feraient cause commune contre la Perse et la France, la France et la Perse feront également cause commune entre elles. Elles agiront contre l'ennemi commun aussitôt après la notifîcation officielle qui sera faite de l'état de guerre par celle des deux

puissances contractantes menacées ou attaquées. Il en sera usé alors à l'égard de toutes communications politiques et commerciales, comme il a été dit dans l'article précédent.

Art. io.

S. M. l'Empereur de Perse emploiera toute son influence pour déterminer les Afghans et les autres peuples du Candahar à joindre leurs armes aux siennes contre l'Angleterre, et, après avoir obtenu passage sur leur territoire, il fera marcher une armée sur les possessions anglaises dans l'Inde.

Art. 1 1.

Dans le cas où une escadre française se rendrait dans le golfe Persique et dans les ports de S. M. l'Empereur de Perse, elle y trouverait toutes les facilités et tous les secours dont elle pourrait avoir besoin.

Art. 12.

S'il était dans l'intention de S. M. l'Empe-

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reur des Français d'envoyer par terre une armée pour attaquer les possessions anglaises .dans riude, S. M. l'Empereur de Perse, en bon et fidèle allié, lui donnerait passage sur son territoire. Ce cas arrivant, i^ serait fait à l'avance entre les deux gouvernements une convention particulière qui stipulerait la route que les troupes devraient tenir, les subsistances et les moyens de transport qui leur seraient fournis , ainsi que les troupes auxiliaires qu'il conviendrait à S. 31. l'Empereur de Perse de joindre à cette expédition.

Art. i3.

Tout ce qui serait fourni soit aux escadres, soit aux troupes, en conséquence des articles précédents, serait accordé auxdites esca-

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dres et troupes, aux mêmes prix et conditions qu'aux nationaux eux-mêmes, et ac- (juitté par elles.

Art. i4'

Les stipulations portées dans l'article 12 ci-dessus ne sont applicables qu'à la France. En conséquence elles ne pourront être étendues, par des traités postérieurs, ni à l'Angleterre ni à la Russie.

Art. i5.

Il sera fait pour l'avantage réciproque des deux puissances nn traité de commerce qui sera négocié à Téhéran.

Art. 16.

I^s ratifications du présent traité seront

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échangées à Téhéran, dans le délai de quatre mois à dater de ce jour.

Fait et signé au camp impérial de Finkenstein, le 4 niai de l'an 1807.

Signé HuGUEs-B. Maret.

(Signature de Tambassadcur de Perse.)

Pour copie conforme :

Le ministre des relations extérieures, Ch.-M. Talleyrand, prince de Bénévent.

Instructions pour le général Gardane.

Au camp impérial de Finkcnstcin, le 10 mai 1807.

M. le général Gardane arrivera le plus promptement possible en Perse. Quinze jours après son arrivée il expédiera un courrier, et un mois après il fera partir un des officiers qui l'accompagnent.

A son passage à Constantinople,il prendra toutes les mesures pour que sa correspondance avec le ministre des relations extérieures et celle du ministre avec lui se fassent rapidement. S'il était possible de faire faire ce service par les agents mêmes de la Porte, il serait dans le cas d'écrire tous les huit jours. Toutes les dépêches de quelque

importance, tant pour le ministre des relations extérieures que pour le général Sébastian], seront écrites en chiffres.

Les premières dépêches «surtout doivent être telles qu'il convient lorsqu'on a à faire connaître un pays sur lequel il n'existe aucun renseignement positif. La géographie et la topographie du pays, les côtes, la population, les finances, l'état militaire dans ses divers détails. Tels doivent être les premiers objets des recherches du général Gardane. Ils doivent remplir ses dépêches et lui fournir des volumes. La Perse doit regarder les Russes comme ses ennemis naturels : ils lui ont enlevé la Géorgie ; ils menacent ses plus belles provinces; ils n'ont pas encore reconnu la dynastie actuelle, et, depuis son avènement, ils ont toujours été en guerre avec elle. M. le général Gardane rappellera

tous ces griefs ; il entretiendra l'inimitié des Persans contre la Russie. Il les excitera à de nouveaux efforts, à des levées plus nombreuses. 11 leur donnera pour la suite de leurs opérations militaires, tous les conseils que lui suggérera son expérience, et il cherchera, dans cette vue, à se lier avec le prince Abbas-Mirza cpii commande larmée et qui paraît en avoir la confiance. Il faut que la Perse opère sur les frontières de la Russie une puissante diversion et qu'elle profite du moment où les Russes ont affaibli leur armée du Caucase et en ont envoyé en Europe une partie, pour rentrer dans les provinces qu'ils lui ont enlevées par leurs armes et par leurs intrigues. La Géorgie qu'ils se sont fait céder par le dernier prince de ce pays, leur est mal assurée, et les habitants paraissent regretter encore leurs anciens maîtres. I^à

84 MISSION EN PERSK.

chaîne de montagnes qui couvre l'entrée de la Perse est d'ailleurs située au nord de la Géorgie : il est important que la Russie ne demeure pas maîtresse de tous les passages.

M. le général Gardane emploiera tous ses soins pour que la Perse et la Porte Ottomane »e concertent, autant qu'il sera possible, dans leurs opérations entre la mer Noire et la mer Caspienne. L'intérêt des deux empires est le même : tous les pays au midi de la Russie sont également menacés, parce qu'elle préfère à ses déserts et à ses glaces une terre plus fertile et un ciel plusdoux. Mais la Perse a encore un^utre intérêt qui lui est propre, c'est d'arrêter dans l'Inde les progrès de l'Angleterre.

La Perse est aujourd'hui pressée entre la Russie et les possessions anglaises. Plus ces possessions s'étendent vers les frontières de

Perse, plus elle doit en craindre l'agrandissement ultérieur : elle serait exposée à devenir un jour, comme le nord de Tlnde, une province anglaise, si, dès aujourd'hui, elle ne cherchait pas à prévenir ce danger, à nuire à l'Angleterre, à favoriser contre elle toutes les opérations de la France.

La Perse est considérée par la France sous deux points de vue ; comme ennemie naturelle de la Russie et comme moyen de passage pour une expédition aux Indes.

C'est à raison de ce double objet que de nombreux officiers du génie et d'artillerie ont été attachés à la légation du général Gardane. Ils doivent être employés à rendre plus redoutables à la Russie les forces militaires de la Perse, et a faire des recherches, des reconnaissances et des mémoires rpii puissent conduire à connaître quels seraient les obsta-

86 MISSION EN FERSE.

des que trouverait une expédition dans son passage, quelle route elle devrait suivre pour serendredans l'Inde, soit en partant d'Alep, soit en partant d'un port* du golfe Persique. On suppose que, dans le premier cas, l'expédition française, du consentement de la Porte, débarquerait à Alexaiidrette; que, dans le second, elle doublerait le cap de Bonne-Espérance, et irait débarquer à l'entrée du golfe Persique. Il faut faire connaître, dans le premier et dans le second cas, quelle serait la route depuis le point de débarquement jusque dans l'Inde, quelles en seraient les difficultés, si l'expédition trouverait des moyens de transport suffisants et de quelle nature, si les cliemins lui permettraient de traîner son artillerie, et, dans le cas d'obstacles, quels moyens elle aurait de les éviter ou de les surmonter, si elle trouverait abon-

MISSION EN PKRSK. g7

damment des vivres et surtout de l'eau. Dans le second cas, quels seraient lesports propres à un débarquenient, quels seraient ceux où pourraient entrer des vaisseaux à trois ponts, des vaisseaux de quatre-vingts canons, des vaisseaux de soixante-quatorze; quels seraient ceux oii l'on pourrait établir des batteries, afin de mettre les vaisseaux à l'abri des attaques d'une escadre ennemie; quels seraient enfin ceux où l'escadre trouverait de l'eau et des vivres à prix d'argent. Enfin il serait également nécessaire de faire connaître si l'on trouverait une assez grande quantité de chevaux pour remonter la cavalerie et l'artillerie.

Si M. le général Gardane était seul, il ne pourrait répondre à aucune de ces questions, puisque nous voyons dans notre Europe, au sein même de rAlleniagne,que les renseigne-

ments donnés par les propres habitants du pays sont toujours inexacts et incompréliensibles. Mais le général (iardane aura à ses ordres des ingénieurs de la guerre et de la marine et des officiers d'artillerie, qui parcourront les routes, examineront les places, visiteront les ports de l'empire de Perse non-seulement sur le golfe Persique, mais aussi sur la mer Caspienne, dresseront des cartes et lui fourniront le moyen d'envoyer, après quatre mois de séjour, des mémoires détaillés et dignes de confiance sur les divers objets de ces reconnaissances. 11 aura constamment soin de faire ses envois par duplicata, afin que des renseignements aussi précieux ne soient pas perdus, s'il arrivait quelque accidenta un courrier.

Ces officiers se rendront également utiles en communiquant aux Persans les connais-

MISSION EN PEKSE. 89

sauces de l'art militaire de l'Europe et en les aidant à construire de nouveaux ouvrages pour la défense de leurs places.

Les deux principaux objets qu'on se propose seront ainsi remplis, puisque la Perse deviendra plus redoutable aux Russes et que les moyens de passa|L;e, ainsi que tout ce qui regarde le pays, nous seront parfaitement connus. Voilà pour la partie militaire.

Quant à la partie diplomatique, le général Gardane est autorisé à conclure des conventions pour l'envoi à faire par la France de fusils avec baïonnettes, de canons, et d'un nombre d'officiers et de sous-officiers suffisants pour former le cadre d'un corps de 12,000 hommes, qui serait levé par la Perse. liC prix des armes sera fixé par les officiers d'artillerie, selon leur valeur en Europe. Le payement en sera stipulé. L'intention de Sa

liO MISSION EN PERSE.

Majesté, en faisant payer ces armes, n'est pas d éviter une dépende de cinq ou six cent mille francs, mais de s'assurer que le gouvernement persan en fera plus de cas lorsqu'il les aura payées, que si elles lui avaient été données. On sera certain d'ailleurs que puisqu'il les achète, c'est qu'il a en effet la volonté de s'en servir. Ces armes et les officiers et sous- officiers seront transportés par une escadre de Sa Majesté. — On stipulera dans la convention le lieu du débarquement et le mode de payement des armes, qui pourra être fait, pour la plus grande partie, en vivres, tels que biscuit, riz, bœuf, etc., pour les escadres qui, après avoir débarqué ce qu'elles auront apporté, croiseront dans ces mers. lia quantité d'armes cpi'on prendra l'engagement de fournir peut s'élever à dix mille fusils et une trentaine de pièces de

canon de campagne. FiC sort des officiers et sous-officiers, tant de ceux qui accompagnent le général Gardane que de ceux qui seront envoyés, doit être également fixé par ces conventions. Sa Majesté leur laissera le traitement dont ils jouissent en France; mais il convient qu'ils reçoivent de la Perse un traitement extraordinaire qui est toujours nécessaire ù des Européens qui s'expatrient.

Si la guerre avec la Russie continue, que la Perse désire et que le général Gardane croie utile, lorsqu'il connaîtra bien le pays, l'envoi de quatre ou cinq bataillons et de deux ou trois compagnies d'artillerie pour former une réserve à l'armée persane, cet envoi pourra être convenu par le général Gardane, et l'Empereur y donnerait son approbation.

Ce ministre connaît assez bien la situation des affaires pour savoir que ce n'est qu'au moyen d'un grand secret et de notions exacte", sur les lieux de débarquement qu'on peut envoyer une escadre pour porter des secours en Perse.

Dans le cas d'une expédition de 20,000 Français aux Indes, il conviendrait de savoir quel nombre d'auxiliaires la Perse joindrait à cette armée, et, surtout, tout ce qui concerne,comme il a été dit plus haut, les lieux de débarquement, les routes à tenir, les vivres et l'eau nécessaires à l'expédition. Il faut connaître aussi quelle serait la saison favorable pour le passage par terre.

Là ne se borne pas la mission du général Gardane : il doit communiquer avec les Malirattes et s'instruire le plus positivement possible de l'appui que l'expédition [>ourrait

MISSION EN PKRSE. 03

trouver dans l'Inde. Cette presqu'île est tellement changée depuis dix ans, que ce qui la concerne est à peine connu de l'Europe. Rien ne serait plus utile que tous les renseignements qu'il pourrait recueillir, toutes les liaisons qu'il pourrait former.

Enfin le général Gardane ne doit pas perdre de vue que notre objet important est d'établir une triple alliance entre la Erance, la Porte et la Perse, de nous frayer un chemin aux Indes et de nous procurer des auxiliaires contre la Russie. Si l'exécution de cette dernière vue pouvait s'étendre du côté de la Tartarie, ce serait une chose digne d'attention. I^a Russie se mêlant de ce qui concerne ses frontières, nous recueillerons tôt ou tard le fruit des moyens que nous nous serons préparés pour l'inquiéter sur les siennes.

M. le général Gardane examinera quelles ressources la Perse pqurrait offrir à notre commerce, quels produits de nos manufactures y réussiraient et ce que nous pourrions en tirer en échange. Il est autorisé à négocier ensuite un traité de commerce sur les bases de ceux de 1 708 et 1715. Il correspondra avec l'île de France, et il s'attachera à en favoriser le commerce avec d'autant plus de soin que l'île de France doit devenir la [

première échelle du commerce de la métropole avec le golfe Persique.

Signé Napoléon.

Instructions sur les opérations géographiques à faire pendant la durée de In mission de M. le général Gardane.

L'intention de S. M. l'Empereur et roi en envoyant des officiers dans l'Orient est de faire recueillir sur les pays qu'ils parcourront tous les renseignements qui composent une reconnaissance militaire des grandes communications.

Ce travail se divise en deux parties : le dessin topograpliique et la rédaction des mémoires destinés à compléter la connaissance du pays.

Il faudra donc figurer avec soin les grandes routes et tout ce qu'elles offriront de remarquables droiteet à gauche sur une lar^

geur moyenne de trois kilomètres (environ *lî

une demi-lieue), le dessin s'élargira toutes

les fois que cela sera nécessaire pour rendre

avec exactitude les sites qui offriraient à une

armée des positions avantageuses. T/éclielle

pour les routes sera ,^^. Celle des plans

particuliers de villes, villages, de forts ou

emplacements de camps, sera déterminée

par chaque officier d'après l'étendue et la

nature des objets à représenter. Toutes les

feuilles seront orientées par une flèche dont

la pointe indiquera le nord magnétique;

lorsqu'on aura pu observer la déclinaison de

la boussole, on tracera l'intersection du vrai

nord avec la flèche, ayant soin d'écrire à

côté la valeur numérique de l'angle formé

par ces deux lignes.

Afin d'établir de l'uniformité entre les plans topographiques tracés par différentes

mains, on se conformera, pour la désignation des objets que ce genre de dessin ne peut représenter, aux tableaux de signes conventionnels, publiés dans le cinquième numéro du Mcmorial du dépôt de la guerre.

Si les moyens et les circonstances le permettent, on s'efforcera de lier letoutpardes observations astionomirjues faites dans les villes situées vers les parties extrêmes et centrales des régions que l'on aura parcourues.

FiCS mémoires devront faire connaître l'étatdes routes, la nature des terres qu'elles traversent, le degré d'abondance et de salubrité des eaux, ce que l'on pourrait tirer des pays environnants pour la subsistance, les remontes et les moyens de transport d'une armée pourvue d'artillerie.

[ies officiers qui suivront les côtes obscr-

98 MISSION KN PER^E.

veront la forme des rives, l'état habituel de la mer, les vents périodiques et accidentels, les marées, les anses, rades et ports qui pourraient offrir des relâches à une flotte militaire ou marchande; les moyens de défense que Tony pourrait établir contre des forces navales ennemies, les ressources en eau douce et en moyens d'avitaillement; enfin si le cabotage peut devenir d'une certaine importance pour une armée qui suivrait une route peu éloignée de la mer.

Les dispositions morales des habitants à l'égard des nationseuropéennes, leurs mœurs, leur manière de combattre méritent une attention particulière. On acquerrait des notions justes sur le degré de facilité qu'il y aurait à rapprocher les Orientaux de notre régime militaire et de notre tactique.

fies dessins et mémoires seront faits dou-

MISSION EN PEIISE. 99

Mes et envoyés h la cliancellerie de rambassade à Téliéran, après avoir pris toutes les précautions que les circonstances suggéreront pour que rien ne puisse être soustrait ou pris en communication.

iOO MISSION EN PERSE.

Lettre adressée à S. Exe. le ministre des relations extérieures, le prince de Dénévent.

Constantinople, le 0 septembre 1807.

Monseigneur,

Je pars dans ce moment avec l'ambassadeur persan pour Téhéran, et j'ai l'honneur de joindre ici l'état des personnes qui m'accompagnent.

Déjà M. Trézel est parti pour le golfe PersiqucelM. Truilhierci Alep, pour remplir tous les deux les missions ordonnées par Sa Majesté. On n'a pas pu me donner des officiers d'un grade supérieur, ce que je regarde comme très-nécessaire, le but principal n'étant pi* s de former des soldats, mais des officiers de distinction qui, après, étendraient la connaissance de notre tactique.

J'emmène seulement deux missionnaires ; je n'ai pu en trouver davantage; j'en ai écrit h

S. A. 1. le cardinal Fetch et je lui en demande. Si je puis en recevoir, je m'attacherai à en faire passer dans le Candahar et chez les Usbecs, et à établir par ce moyen des relations inlimes entre les missionnaires de Géorgie, de Perse et du Candahar.

Je n'ai pu emmener que deux jeunes de langue : un troisième, je dois le trouver en Perse. Cependant c'est seulement sur les lieux qu'ils peuvent se former et un jour être très-utiles pour suivre les vues de Sa Majesté. Ne trouveriez-vous pas à propos de m'en faire passer de ceux qui se trouvent à Constanlinoplc; celte ville doit toujours leur être assignée pour les premiers principes, avant de se rendre en Perse où la langue turque est très en usage.

Il me manque trois drogmans.

A mon arrivée à Constantinople, les fièvres du pays ont attaqué presque toutes les personnes qui se trouvent avec moi, et il m'a été impossi-

loi MISSION EiN FliUSIi.

ble de me mettre eu route sans rii(l»deciu; oii m'a recommandé et j'ai choisi lo D' Salvatori, dont la répii talion m'a paru bonne, il a servi comme officier de santé dans nos armées, il désire un traitement. C'est h vous, Monseigneur, h prononcer sur son sort; il fait un sacrifice en quittant son travail dans cette ville. Plusieurs de ces messieurs se mettent en route avec les fièvres. Les dépenses dans ce pays sont excessives et en même temps îihsolues, et pour en donner un exemple à Votre Altesse, comme les gens du pays 8'entcndcnt entre eux pour ne nous faire aucun quartier, j'avais fait un prix avec un Tarlare de Bagdad, qui y retournait, et il devait me prendre avec lui un officier, mais bientôt, ici, on l'a intimidé et on l'a obligé de rompre son marché, puis j'ai dû surpayer une personne de ce pays.

Je ne pense pas devoir rappeler à Votre Altesse les présents que l'on destine pour le roi de Perse.

MISSION EN TEHSE. 103

Je prie Votre Altesse de ne pas me perdre de vue, pour ses instructions, qui peuvent seules diriger ma conduite et assurer le succès de ma mission, que je ne devrai qu'à vous.

Je suis avec un profond respect, etc.

Etat fies personnes composant la légation de France en Perse.

M. DE Gakuane aînr, prcmior secrétaire de légation.

M. Rousseau fils, dcuxièirc secrétaire de légation , se trouvant h Bagdad ; présumé en route pour Téhéran.

M. Lajaud, troisième secrétaire de légation.

M. JouANNiN , premier drogman , se trouvant à

Téhéran.

M. ANDniAsNEnciAT,jeuncde langue, désigné par

S. Exc. le gcncrol Sébastiani comme deuxième drogman provisoire, se trouvant avec M. le capitaine Bontcms au camp du prince Ai)bas-Mirza.

M. JoLNN'AnD, jeune de langue de l'école deConstantinople, altaché h la l<^ga(ion par S. A. S. le prince de lîénévent.

M. Tancoigne, jeune de langue de l'école de Conslantinoplc , désigné provisoirement par S. Exc. le général Sébastiani.

M. EscalonPiIs, sujet recommande par S. Exc. le général Sébastiani et désigné provisoirement pour remplir les fonctions de drogman.

M. DuPKÉ fds, sujet recommandé par S. Exc. le général Sébastiani ; envoyé en mission à Bagdad avec M. l'ingénieur géograplie Trézel, pour lui servir de drogman.

M. le D' Salvatoqi , désigné provisoirement comme premier médecin-chirurgien de la légation.

M. DAMADii:, missionnaire, aumônier de la légation, pris au couvent de Saint-Bénott, à Péra.

MISSION EN PERSE. i05

M. Franuopoulo, missionnaire, pris au couvent de Saint-Bénotl à Péra.

Officiers et sous-officiers.

M. TnÉzRL, lieutenant, ingénieur géographe, aide do camp du généra] Gardanc, envoyé en mission à Bagdad.

M. BiinNAUD, Id.

M. TiiuiuiiER^ capitaine du génie, envoyé en mission à Alep.

M. Lamy, capitaine du génie.

M. DoNTEMS, capitaine se trouvant au camp du prince Abbas-Mirza.

M. BiANCiii, capitaine du génie italien.

M. Fabyier, lieutenant d'artillerie.

M. Beboul, lieutenant d'artillerie.

M. Verdier, capitaine au 65* régiment de ligne.

I^ sieur Finot, sergent-major audit régiment.

Le sieur Marciial, sergent audit régiment.

Le sieur Damhon, Id.

Lettre adressée à S. Kac. le ministre des relations extérieures , le prince de liénévmt.

Tclu'raii, le 24 décembre 1807.

Monseigneur,

Je n'ai reçu aucune nouvelle de France ni de Conslanlinopic depuis votre lettre du 21 juillet, en date de Dresde et à lafjuclle j'ai répondu le 6 août de Widdin. Je suis arrivé ici le 4 décembre, ïya route a été infiniment pénible et dangereuse. J'ai Iravei-sé. une partie de la Turquie qui était incendiée et pillée par les Curdes. A Erzérouni, Youssouf-Patba m'a reçu comme l'ami franc des Français.

Nous avons été très-bien accueillis à la cour de Téliéran. J'ai fait ratifier le traité dont j'étais porteur, le 20. J'ai fait un traité de commerce, analogue à ceux de 1708 et 1715, qui donne de plus l'île do Karek, après l'exécution de l'article 4

MISSION Ki\ PtHSK 107

du traité d'alliance, ci la liberté de religion dans toutes les villes où il y aura des consuls français. Je remets ces actes originaux à mon frère pour vous les porter. Il doit se mettre en route incessamment, une boîte d'or qui doit contenir le traité n*étant pas encore finie.

L'expédition dos Indes est dans toutes les tètes, vu que dans ce pays-ci on aime extrêmement l'argent. Le prince Abbas-Mirza ne respire que la guerre, ainsi que ses frères. Mais les grands et la nation en général aiment le repos.

Je prépare tous les moyens de l'expédition des Indes. Des officiers sont sur les routes pour dresser des journaux topograpliiques, et d'autres vont bientôt former des soldais à notre tactique européenne.

A mon discernement, il me 8<^mble que cette expédition a besoin d'avoir un pied à terre en Asie , et d'avoir un quartier général en Syrie à tout événement, ainsi que d'élre maître de l'Ile

108 MISSION EN PEUSt:.

de Chypre et d'Alcp, el surtout de Bir ou Beregik, sur rEuphrate.à trente-cinq lieues d'Alep.

Je ne dois pas cacher h Votre Exc(»llcnce que ce climat parait contraire aux Français. Mon frère sera porteur du rapport que je fais faire au médecin de la l6j,'ation à ce sujet. Les Français môme témoignent du dégoût et il leur faudrait de trèsgros appointements, et, malgré tout, tous soupi- . rent après leur retour dans leur patrie.

Dans une de mes présentations h l'Empereur, il m'a représenté son vif désir de l'entreprise de l'Inde, mais qu'il ne pourrait s'en occuper tant que la Russie occuperait la Géorgie ; qu'il espérait beaucoup dans la proteclion de Sa Majesté pour la ravoir. Nous sommes convenus que l'article 8 du traité ne serait exécutoire que quand l'article 4 aurait été exécuté, et ils ne peuvent effectivement faire aucun mouvement sans avoir fait la paix avec la Russie.

D'après mes instructions secrètes, je viens de

MISSION EN PKIISE. i09

faire une convention pour vingt mille fusils qui sont payables à raison de trente francs la pii'ce. La totalité de la somme sera acquittée au moment même de la remise des fusils dans le port de Bender-Ahoucher, ou autre port du golfe Persiquc.

Le gouvernement ici est très-despotique. Quoique le Prince ait un pouvoir absolu sur la vie et les biens de ses sujets, il arrive rarement qu'il en abuse. II est affable, bon militaire et aime à récompenser le mérite.

Il vient d'arriver ici un envoyé du prince Bokara. Quand je serai bien au fai! de sa mission, j'aurai l'honneur de vous en informer.

A quelques lieues de Koi, M. Bernard, géographe, attaché à moi comme aide de camp, est mort de maladie. Il avait dessiné le terrain de Sculari à Bajé/id, dernière ville de Turquie. Aussitôt que son collègue, M. deTrézel, qui est en mission, me reviendra, je le chargerai d»» rédiuerce

ilO MISS(ON EN PKUSE.

truvail. Je ne caclicrai co[)cn(|aiitpasque ces dessins étant sur feuilles volantes, il puisse y avoir quelque chose d'égaré.

Le prince Abbas-Mirza nous a parfaitement reçus et, je puis assurer, comme l'ami franc des Français.

Sa Majesté a bien voulu me décorer de l'ordre du Soleil de première classe et conférer celui de seconde classe à MM. de (iardane, Rousseau et Lajard, secrétaires de la légation, îiM. Jouannin, premier drogman, et cà MM. les officiers Lamy, Hontems, Verdier, Biauchi, d'Adda, Fabvier et Reboul. Je viens prier Votre Excellence d'obtenir de Sa Majesté l'Empereur l'agrément de porter celle décoration. C'est une récompense pour ceux qui sont dans des pays aussi lointains, avec tant de peine, et pour c^ux qui pourraient y venir.

MISSION EN PERSE. ili

Idées du général Gardane sur une expédition dans r/nde par Delhi et Patna en traversant la Turquie et la Perse.

Envoyé le 24 d«''ccmbre I.S07.

Deux chemins conduisciil ù Di'lhi, celui de l'Euplirale et de la Mésopolamie. Par lo premier chemin, qui est le pliis difficile ol le plus désert, après s'être assuré de XWm de Chypr.' et débarqué à Alexandrette, l'armée marcherait 'l'Alep (trentesept lieues ) à Jiir ou licrigik, endroit où l'on préparerait d'avance les bateaux destinés à transporter sur l'Euphratc les munitions et les bagages. A cùlé c'est la forêt de Zenn> où l'on trouverait des bois pour la construction des bateaux. On côtoierait alors l'une ou l'autre rive de ce fleuve. En prenant la rive droite on rencontrerait des Mahabits, peuple de brigands, et sur la rive gauche des tribus d'Arabes qi:» ne sont point à craindre.

Si l'armée passe sur la rive gauche ce serait à Bir où l'on traverserait ce fleuve. Les autres points plus convenables pour traverser sont A;i«a, Hit et Tclougé qui est vis-à-vis de Bagdad et à deux journées.

De Bagdad l'armée marcherait en droiture par Kermcmchah, Ispahan et Jczd pour arriver par le midi de Kanduhar sur les rives du Sind, dont le prince, allié des Persans, se trouve à Tatta et nous est trés-favorahle, ainsi qu'on le voit dans le mémoire de M. Rousseau. J'ai chargé M. Rousseau de continuer de négocier avec ce prince et surtout l'engager à dissimuler avec les Anglais.

A Alep, l'armée pourrait se diviser en deux ailes : l'une prendrait la route de l'Euphrate, et l'autre celle de la Mésopotamie ; le rendez-vous serait toujours à llorat.

Et voyez à la fin l'itinéraire. D'Jczd à Herat. — Seconde route par laquelle on gagne plus tôt leGan^c, — l'armée passerait toujours l'Euphrate

kBir. DeBir (seize lieues) à Orfa.D'Orfa (quarante- ')

cinq lieues^ ^ Mardin. De Mardin (dix-sept lieues) à Gésiré, on suit la chatne des montagnes de ;

Jioudi, qui s'étend jusqu'aux environs du lac de »

Wan et qui est habitée par les Nesloriens, peuplades favorables aux Français, dont le chef pourrait donner un renfort qui irait jusqu'aux Indes.

De Gésiré ' on passe le Tigre sur un pont de \

t bateaux pour entrer dans le Curdistan, et après

huit à neuf jours de marche pénible dans des montagnes et des gorges on arrive sur le territoire de Sultanié et Casbin, d'où on marcherait sur Téhéran pour joindre le corps de Persans, organisé à l'européenne.

De Téhéran à Mesched, Hérat qui appartient '

aux Afghans^ en guerre dans ce moment avec les Persans, lesquels supérieurs en force ont promis de remettre cette place à notre disposition deux

* Il existait à nne demi-heure de Gésiré, au-dessous, un pont de pierres ; il est ruiné.

H4 MISSION EN PKUSE.

mois avant roiivcrlure de la campagne, et Sa Majesté l'Empereur y placera son quartier général. Ces deux villes doivent être fortifiées pour conserver des dépôts de munitions de bouche cl de guerre. On va ensuite à Çandahar, Caboul, Pesc/iavifi, qui est une position militaire, et ou arrive ensuite à Lahore et Sirkind. Cette dernière ville serait le rendez-vous des troupes venant du Sind. S. Exe. le capitaine-général de Cai^n pourrait faire débarquer sur la côte du Sind 12 à 1,500 créoles de bonne volonté, ou des noirs commandés par des blancs qui se rendraient au quartier général par Jesselmere , pays des Seih; c'est un point important et un peuple à ménager.

MOYENS d'exécution.

Une armée de 40 à 50,000 hommes, dont 3 ou 4,000 cavaliers avec selles et harnais, est nécessaire pour cette cxpdition où il ne faut

MISSION EN PERSE. il5

compter que sur des Français. La longueur du

chemin, qui est de plus de mille lieues, le cli- (î

mat ', surtout si Ton veut laisser des garnisons ^

en arrière avec de l'artillerie comme à l'Ile do %

Chypre, Btr, Mardin^ Téhéran, Hôral *, Caboul^ f'

Peschavin, l'exigent. i>

Il serait à désirer d'avoir un bon nombre '^

d'officiers de bonne volonté pour réunir à environ \

30 ou 40,000 hommes de troupes persanes ou V.

indiennes; le mois de mai est le temps qu'elles !♦ entrent en campagne.

Il serait heureux que celte armée fût composée p en partie d'hommes du Midi ; le climat de Peree

est dangereux pour les Français. Le général qui {

commanderait cette armée y aurait toute l'auto- )

rite et devrait avoir pris son parti pour rester {^ quelques années loin de sa patrie; un caractère

ib

' Sur cet objet je joins un mémoire que j'ai demandé au médecin de la légationt v

* Voyez à la fin l'itinéraire d'Hérat à Candahar.

H6 MISSION EN PKRSE.

franc et décidé; ce serait un grand avantage qu'il eût clé déjà dans l'Inde.

La solde des troupes devrait ôtrc augmentée et tenir la main à ce que le compte particulier de chaque homme soit toujours en règle. Il serait nécessaire de faire précéder l'exécution par des inspecteurs aux revues et des commissaires de guerre qui s'occuperaient de subsistances et de faire rassembler le nombre suffisant de chameaux pour porter l'eau et les tentes absolument nécessaires en Asie, ainsi que tous les chevaux et les ânes qu'on pourrait trouver pour monter les soldats qui devraient continuer la route; les chameaux pourraient, dans les chemins difficiles, porter les canons.

Le pain coûte ici, les quatre quintaux de France, 40 francs; le riz, six sous la livre ; la viande, elle, ne manquerait pas non plus; quant à l'eau-devie, il serait bon à l'avance d'en avoir fait rassembler d'ispahan ; elle vaut quarante-cinq sous

MISSION EN PERSi:. H7

la bouteille; le sel partout à bas prix; il y a du vinaigre, mais, s'il en manque, on peut le remplacer par des plantes acides dont on fait un grand usage dans ce pays.

Voilà mon premier aperçu; je pourrai m'élendre davantage quand je connaîtrai le résultat de la mission que j'ai donnée à deux officiei-s pour connaître la route du Sind.

Dans ce moment où nous n'avons aucune nouvelle , les nouveaux troubles de la Turquie donnent l'idée d'une expédition dans la Mésopotamie en débarquant 10 îi 12,000 hommes à Alexandrelte, dont une partie de suite occuperait Alep, Bir,Mar(Hn, Hagdadct Bassora. Elle aurait le but d'assurer avec le temps le golfe Persique et Mascate, et donnerait une nouvelle route ?i notre commerce. On trouverait dans le pays des Sciabes beaucoup de bois pour construire des bâtiments, qui pourraient même, le long des côtes de la mer des Indes, aller jusqu'à Guzarate; d'après les

notes de M. Rousseau, cela serait facile, le climat est bon PU Mésopotamie.

On a construit à Bender-' Boucher de mauvais bâtiments, et avec des dépenses triples de j ceux qu'on achète aux Anglais à Bombay; on

j a dû ensuite les envoyer à ces ports afin de les

î doubler en cuivre à cause de l'action destruc-

I tive des eaux du golfe Persique.

« ITINÉRAIRE DE VEZD A IIÉRAT.

' On compte d'ispahan à Yezd neuf journées de

j caravane.

I i' D'Yezd à Endjirek 6 heures.

i 2» D'Endjirek à Kliarounak 6

l 3" De Kharounak à Saken, désert 14

\ 40 De Sakcn à un caravansérail dit Hadji-

aga-Baba, désert 7

5» De Hadji-aga-Baba à Pouchl-badam ... 7

' 6» Do Poucht - badam à Roubat-Sengui ... \^

T De Roubal-Sengui à Kulmèrz 1 i

A reporter.^. 68

Report... 68 heures.

8» De Kulmèrz à Roubal-Chah-Abbas .... 7

9» De Roubat-Chah-Abbas à Tchihardih.. 12

lO* De Tchihardih à Dih-Muhammed 10

H» De Dili-Muhammed à Scrdj 7

12" De Serdj à Biichrouïé 7

13» De Buchrouïé à Rubat-Chour 7

.14* De Rubat-Chour à Thoun 7

15* De Thoun à Kelati-Goun-Abad 8

10» De Rclali-Goun-Abad à Douminè-Goun-

Abad 6

17* De Doumirnî-Gonn-Abad à Bimourg. . . 6

18» De Bimoirg à Zouzèn 12

190 De Zouzèn à Niazabad 7

20° De Niazabad à Tchah-Dekkal 8

21° De Tchah-Dekkal à Nilègoun 8

22* De Nilègoun à Tchah- Kèbonteri 5

23» De Tchah-Kèbouteri à Gourïan 5

24* De Gourïan à Ghekiban 5

25» De Ghekiban à Hérat 0

Total des heures du chemin 201

m MISSION EN PERSE.

ITINÉRAIRE d'hÉRAT A CANDAHAR.

1° D'Héral à Ziaretgah .^ 3 heures.

2» De Ziaretgah à Gour-Scfid 4

3» De Gour-Sèfid à Beïaban 6

4' De Beïaban à Khouseb 6

5" De Khouseb à Gueïraek 4

C» De Gucïmek à Ab-Guil 5

7» De Ab-Guil à Cherbakhch 6

8» De Cherbakhch à Guèranèy 5

1 9* De Guèranèy à Guermab 4

» 10" De Guermab à Bckwa 6

j !!• De Bekwa à Kasr-Dilaram 5

I 12* De Kasr-Dilaram à Djouï-Ibrahimi 4

i3* De Djoui-lbrahitni à Chonrab. 6

14* De Chourab à Hauwz-Mèdèd 7

15* De Hauwz-Mèdèd à Guerechk 7

i6* De Guerechk à Kouchk-nokoud 6

17* De Kouchk-nokoud à Achikan 6

18* D'Achikan à Hauwz - Khoubi 4

49* De Hauwz-Khoubi h Candahai- 3

Total des heures du chemin 97

MISSION EN PERSE. i2i

Le pays est habité par des tribus d'Afghans qui demeurent sous des tentes.

Constantinople ou Trébizonde pourraient être aussi un point de débarquement, l'itinéraire cijoint indique la route de Constantinople; quant à celle de Trébizonde, l'armée pourrait se séparer en deux : une partie venir à Tauris par Kars, l'autre par Gruas où passerait le gros train.

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