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de large sur un et demi de long. Du reste cette rivière industrieuse ne paye aucun tribut de ses trésors au Lac St. Jean dans lequel elle se précipite, comme plusieurs autres qui viennent de la hauteur des terres et que fournit le Lac Ka8itchisit, lequel de lac en lac va Jusqu'au lac du père Albanel, ainsi appelé parçeque ce missionnaire en fit le premier la découverte, environ à 80 lieties Est-nord-est de la Baie d'Hudson, et assez près du Grand Lac des Mistassins, lequel recevant l'eau du Lac Albanel se décharge dans la mer du nord.
C'est dans cet endroit qu'habitent les Michtassini ou en français Mistassins, Ce nom composé de michta, grand, et d’ussini, pierre, leur vient d’une grosse roche qui se recontre dans leur rivière ; c’est celle-là même qui produit les “ijoux dont je viens de vous parler. Ils ont en vénérution ce rocher ; ce seroit un crime pour eux que de passer proche sans y laisser quelque marque de leur superstition envers TchivigSches, le dieu du beau et du mauvais tems, qui selon leurs fables ÿ a choisi par prédilection sa demeure. D'ordinaire leur encens est un peu de tabac, ou quelque galette, quelques os de castor ou de poisson qu'ils mettent dessus. Mais d’autres sauvages moins dévots et affamez de fumer, enlèvent souvent en passant le tabac au bon où mauvais génie qui n'a pas eu soin de profiter de la dévotion de ses adorateurs.
C'est vers là aussi qu'ils prétendent qu'après le déluge, (car ils en ont, à leurs contes près, la même idée que nous) le grand canot vint s'échouer sur une haute montagne qu'ils montrent ; certains même assurent comme un article de leur foy, y avoir vu souvent un
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viel homme, d'une hauteur démesurée, lequel armé d'arc et de flèches se promène aux environs et semble garder les respectables débris de ce canot dont, à ce qu'ils prétendent, restent encore quelques varangucs incorruptibles. Ces reveries, entre mille autres, qui ne méritent point, Mon KR. P, votre attention, et auxquelles pourtant l'érudition profonde du P. Lafiteau (que nous regretterions ici davantage si son mérite trop connu ne l’eût fait rappeler en France) auroit donné un jour merveilleux, sont si communes parmi ces peuples qu'il n'est point d'enfant qui ne sache l'histoire du grand canot et du grand sauvage, le vénérable grand père MechS. Au reste cette nation qui se réduit à peu de gens, dont une partie se range iei au printems, l’autre aux Anglais, pour leurs besoins, est d'une douceur et d’une simplicité qui passe les idées qu'on se peut former de la bonté. Il ne seroit pas difficile de les faire bons chrétiens s'ils voyaient de plus près et plus longtems un missionnaire qui fût moins gesné, en un mot auquel on donnât plus de facilité et plus de liberté de les instruire, eux et leurs compatriotes. Bien différents des autres sauvages ceux-ci n'aiment point communément l’eau de vie, et si le françois plus avide de leur butin que de leur salut, malgré les défenses réitérées de nos roys, à forcé leur répugnance naturelle pour cette liqueur enyvrante, ils n’en boivent gueres qu'avec de ridicules grimaces, aussi ne reviennent-ils jamais à la charge d'eux-mêmes, leur raison est qu’on cesse honteusement d'avoir de l'esprit, pour m'exprimer en leur langage, quand il est une fois tué par la boisson de feu. A cette heureuse sobriété ils joignent une docilité admi-
irmé mble à ce œUCs , Qui auxiteau 1érite uroit parmi sache we, le ation range SOINS, sse les seroit yaient qui fût le faci- ; leurs Lvages, vie, et e leur 'OYS, à liqueur dicules charge sement angage, eu. À
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rable, quoy qu'il leur en coute. Il y a quelques années que le missionnaire envoya à leur chef, extrémement vieux et qui n’étoit pas baptisé, quelque petit présent de dévotion pour ie convier à venir enfin se faire instruire. Malgré son grand âge, la longueur du voyage, les fatigues du canot et des portages, il obéit, vient se présenter à l'Eglise : “ Voilà, mon Pere, dit-il, ce vieillard que tu désirois voir.” Chaque jour il se faisoit instruire pour se disposer au baptême, voulut même se confesser’ afin de jetter, comme ils disent plus ouvertement tous ses péchez, et reçut avec édification sur la fin de sa vie la grâce qu'il était venu chercher de plus de 250 lieües, ou pour mieux dire qui elle même l'étoit aller chercher si loin.
Les Mistassins vivent de poisson dont leurs lacs sont abondans. Il y a peu de castor chez eux, maïs le caribou par bandes les dédommage. Presque toutes leurs superstitions se réduisent à ne pas laisser manger à leurs chiens certains os qu'ils respectent de peur qu’ils ne soient profanés et qu'ils ne puissent plus rien tuer après. Ils ont l'attention de les jeter ou au feu où à la rivière. Cet acte de religion ma surement d'autre principe que la crainte qu'ils avoient jadis, comme nos chasseurs françois, que leurs chiens ne se cassassent les dents ; les sensez parini eux en conviennent. Rarement entre eux ils boivent ou mangent sans donner avant aux morts une petite portion de leurs mets qu'ils jettent au feu; c'est le benedicité qu'ils apprennent à leurs enfants.
La plus remarquable de toutes les curiositez qui se voyent dans ces bois-là, en tirant du côté de Nenisks, est un antre de marbre blanc, qu'il semble que lou-