‹ Mission Hostains-D'Ollone, 1898-1900Chapitre 14 sur 52 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Mœurs des indigènes. — La familli'. — Les cai)tifs. — Justice. — Ueligioii. — Commerce. — La Iribii. — Les Tahétoiios. — Histoire et légendes.

J'ÉTAIS donc seul à Fort-Binger. Qu'on n'aille pas croire que j'eus le temps de m'y ennuyer une minute. Je passe rapidement sur les besognes multiples qui m'incombaient : visite et pansement des malades^ achats de vivres, distributions, entretien de la plantation, création d'un potager, etc.. Quand l'existence de vingt hommes dépend, dans ses plus petits détails, d'un seul, celui-ci ne manque pas d'ouvrage.

Mais ce qui prit tous les moments libres que je pouvais trouver, ce fut, avec la préparation de notre future route, l'étude des populations chez lesquelles nous nous trouvions. Grâce à Hyné, qui était vraiment un noir d'espèce supérieure, j'arrivai à connaître le sens et l'origine d'une foule de coutumes. Je vais résumer ici ce qui me paraît le plus intéressant ^

A proprement parler, il n'y a point de société, mais des

1. Tous les liommes qui me restaient étaient malades de fièvre, diarrhée dysenterie, broncbite, ou blessés, dans ce pays, comme dans toutes les contrées tropicales humides, les plaies s'envenimaient rapidement et devenaient très graves, prenant la forme d'ulcère qu'au Tonkin on appelle plaie anamite, à Madagascar plaie malgache.

2, Tout ce que je vais dire a été contrôlé par nous de mille façons, on doit donc le tenir pour vrai jusqu'à preuve du contraire, et preuve bien certaine, car ce sont choses qui ne se révèlent point sans une sérieuse étude. Gela n'empêchera sans doute pas les gens qui n'ont jamais quitté le rivage de prochmer que ce sont des fables : il est tellement plus simple de traiter les noirs de brutes que de chercher à les comprendre!

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