‹ Mission Hostains-D'Ollone, 1898-1900Chapitre 23 sur 52 · LA PLACE DE L ARRIVEE DES BLANCS · texte numérisé non relu

LA PLACE DE L ARRIVEE DES BLANCS

d'être surpris par la nuit ; or rien ne dit qu'à l'heure voulue on trouvera un endroit propice pour camper et que les marais ou terrains détrempés ne se prolongeront pas indéfiniment : il est donc prudent de marcher jusqu'à ce qu'on trouve une place favorable. Ainsi donc, entre six heures du matin et six heures du soir, moment vers lequel tout est à peu près installé, il faut désormais se passer de manger.

Au quatrième jour, au matin, débouche enfin une nombreuse cohorte de Paloubés venant au-devant de nous. Quoique un peu effrayés, ils sont pleins de fierté de nous voir chez eux. Ils défrichent aussitôt un vaste espace circulaire et font des marques à tous les arbres : telle est dans la forêt la façon de commémorer un grand événement '. Ce sera dorénavant la Place de l'arrivée des Blancs.

Grâce à leur aide, nous atteignons le soir même le village de

1 . On marque de cette façon tous les endroits de la forêt où s'est passé un fait important.

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Ilirébo. L'accueil est l)()n ; les hnhil.iiilH, h/illiis (I;ins une {.-iierrc raconte, son! craintifs, ce (ini nous v.mt des j)()i-l(!nrs et (ont cjî que nous vonlons. A travers nno suite de villages, nous traversons tout le territoire des Paloubés. Cette tribu ne se différencie guère de ses voisines ; f^ mais il faut citer un détail co mique.

De loyaux sujets de la reine Victoria onteul'idëe de répandre chez les noirs l'image de leur gracieuse souveraine et ils l'ont imprimée sur des mouchoirs de cotonnade, sans prévoir l'usage qui en serait fait. Un stock de ces mouchoirs, débarqué sur la côte^ a pris le chemin des Paloubés, et nous ne pouvons nous empêcher de rire aux larmes en voyant tous les indigènes arborer le portrait de la reine d'Angleterre à une place oii

on n'a pas l'habitude d'en mettre : ce n'est pas sur leur cœur, oh noni Pauvre Queen î Shocking, en vérité I

Nous atteignons le 29 août Yubébo, gros village de 75 cases, au-dessus d'une colline de 300 mètres d'altitude, d'où, pour la première fois, nous découvrons un peu de vue. Quelle jouissance pour des malheureux enfermés dans des cavernes de verdure I Nous ne nous lassons pas de regarder les nombreuses collines qui s'étagent jusqu'à l'horizon, car le pays est très mouvementé.

Nous avons la joie de trouver là notre ami le Sapo, Tobrou, accompagné de plusieurs notables de sa tribu, qui sont venus voir si réellement on peut nous recevoir sans danger. Il nous faut plusieurs jours pour les apprivoiser; enfin notre charme

PALOUBES.

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