‹ Mission Hostains-D'Ollone, 1898-1900Chapitre 25 sur 52 · TOILETTE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

TOILETTE DES ENFANTS

DESSIN DE MADAME PAULE CUAMPEL ID'aPRÈS PHOTOGRAPHIES).

deries autour de noies descendant chromatiquement. Les hommes s'assemblent et tirent quelques coups de fusil.

Le lendemain, les gens des environs apportent leurs condoléances. Le troisième jour a lieu l'enterrement. Chaque habitant offre un morceau d'étoffe, avec lequel on confectionne une bandelette pour le corps, qui en est recouvert delà tête aux pieds. Puis, dans une natte, on le porte à la tombe, profonde d'un mètre, creusée sur la lisière du village ; les femmes marchent devant, pleurant et chantant, les guerriers derrière, tirant des coups de fusil ; tout le monde a un rameau à la main.

Au moment de descendre le corps dans la fosse, la scène la plus inattendue se produit. Le poison n'a-t-il été pour rien dans la mort? Pour s'en assurer, il n'y a qu'un moyen : l'autopsie. Et elle est faite aussitôt, d'une façon fort experte I Les intestins sont examinés, et rien de suspect n'y étant remarqué, le corps

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est mis en terre. A la réflexion, de telles pratiques sont moins stupéfiantes chez des anthropophages qui ont déjà eu roccasion d'ouvrir des corps et pu y constater les effets du poison. Néanmoins, qui aurait pu prévoir que le cannibalisme préparait les voies à l'anatomie?

La case du mort est ensuite démolie, sage mesure pour empêcher les cases de devenir trop vieilles et de s'écrouler.

Le chef de Paoulo, Falé, faisait exception à la règle qui veut que les chefs se déchargent sur leur ministre du fardeau des affaires : relativement jeune, il aimait à exercer son autorité. Chaque nuit, il circulait dans le village en proclamant à haute voix ses volontés. Gela avait généralement rapport à nous et aux vols assez fréquents dont se plaignait notre personnel ; Falé, rejetant tout sur les gens des autres villages, criait : (( Je suis ravi de voir des étrangers chez moi, mais je ne veux pas qu'on vole les blancs ; ceux qui sont venus pour voler peuvent rester ici cette nuit, mais ils devront partir demain dès l'aurore. » Hélas ! on constatait le lendemain quelque nouveau vol. Le soir, Falé recommençait : (( J'ai cependant bien défendu de voler », hurlait-il. (( Que les voleurs s'en aillent, gare à eux si je les vois demain. » On aurait cru vraiment qu'il les connaissait parfaitement et qu'ils avaient un signe distinctif. Malgré les difficultés et les querelles que ces vols engendraient, nous ne pouvions nous empêcher de rire de la façon dont Falé entendait la police.

Notre présence, coïncidant avec la fin de la récolte et des travaux, était la cause de réjouissances perpétuelles : tous les soirs filles et garçons venaient devant notre case danser au son du tam-tam. Le coup d'œil à la lueur des torches était pittoresque, bien qu'en elles-mêmes les danses fussent médiocres : qu'on se figure des monômes interminables de gens qui, les coudes au corps et remuant les hanches et les jambes, font semblant d'aller au pas gymnastique, sans presque que leurs pieds quittent le sol et en se déplaçant à peine ; quelquefois cependant, les jeunes hommes exécutent des pas plus intéres-

L ENTERREMENT. — DESSIN DE MADAME PAULE CRAMPEL. (d'après des PHOTOGRAPHIES J

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saiils, siiiioiil. (iiiaïul les clKi-iirs, (|iii ne- ccssoiil pas, (Miloimciit des motifs ^ikm'imoi's. Nous nous rc.lii-ioiis hiciilôt, mais le. laiiilain coiiliiiiiail jiiscjiraii matin, nous (',mj)r'(;liaiil iirij)itoya!)lomoiiî (lo dormir.

Ces s('j()iirs dans les villages sont (l'ailh'ui's odieux. l\'is d'arbres à rintérieur, partant pas d'ombre, ironie criiollo au milieu d'une ceinture de végétation qui vous étouffe ; impossible de se promener sans traverser des fondrières ou des marigots. On est donc obligé, en dehors des reconnaissances nécessaires, de rester tout le temps dans sa case, où il fait sombre au point de ne pouvoir ni lire ni écrire pour peu que le soleil soit voilé ^ — or il l'est souvent : il pleut sans cesse !

— On vit dans un cachot obscur et étouffant.

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EN BONNE FOIÎTUNE.

Les tirailleurs, eux, trouvaient des consolations. Chaque fois que nous arrivions dans un village, le chef nous prévenait que, si nos hommes désiraient les faveurs du beau sexe, il fallait les mériter... par des cadeaux. Nous répondions invariablement que nos hommes ne possédaient rien et que, s'ils plaisaient aux femmes, eh bien ! ils seraient aimés pour eux-mêmes. Ceci bien posé, il n'y avait plus de réclamation. Or, par tous pays, la femme subit le prestige du beau militaire, et à Paoulo les conquêtes furent nombreuses.

Il n'était point malaisé de s'en apercevoir. Bien loin de la dissimuler, les jeunes filles tenaient à proclamer leur flamme : avec de la couleur blanche, elles peignaient des ronds, des carrés, des étoiles, sur la figure de celui qu'elles avaient distingué,

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et le marquaient ainsi à leur chiffre. Telles les dames du moyen âge brodant à leurs couleurs l'écharpe de leur chevalier ! Et

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