CARTE DESSINEE PAR TOOLLOL
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contribuera à détruire cette opinion presque universelle que le nègre privé de nos lumières est un être borné et voisin de l'animal. C'est là un préjugé ridicule, dû à notre vanité. Parce que ces gens vont tout nus, ils ne sont pas forcément stupides : les Gaulois nos pères n'allaient pas autrement, au temps de César, et, il y a quatre raille ans, les Grecs n'étaient guère plus avancés sous aucun rapport ; le monde cependant était déjà vieux. La civilisation des noirs est en retard, parce qu'ils n'ont pas de besoins, grâce à la douceur de leur climat et à la fécondité de leur sol ; des siècles d'existence facile leur ont fait par atavisme un caractère indolent et léger ; ils n'éprouvent pas le désir d'un progrès qu'il faudrait payer plus cher qu'il ne vaut. Mais de là à être dépourvus d'intelligence naturelle il y a loin.
D'ailleurs, il faut se garder d'identifier tous les nègres, qui se divisent en une foule de races très différentes. Ceux de la forêt sont vraiment bien doués, et c'est pourquoi est passionnante l'étude de ces êtres qui, grâce à leur complet isolement, n'ont rien appris que par eux-mêmes et donnent une idée de ce que furent nos ancêtres, et de ce que nous serions peut-être restés dans les mêmes conditions.
Le Pérabo sortit vainqueur du tournoi : sa tribu fut reconnue comme la plus septentrionale de toutes les concurrentes, donc la plus proche du Soudan ; bien mieux, Tooulou s'engageait à nous conduire dans des peuplades situées encore plus au nord, nommées les Gons.
Notre décision d'aller chez les Pérabos mécontenta fort les Sapos, peu pressés de voir partir nos marchandises.
Un soir, une contestation pour un motif insignifiant s'élève au marché. Aussitôt les Sapos appellent au secours ; subitement tous les hommes sortent des cases en brandissant leurs fusils et les femmes disparaissent dans la brousse. Mais^ nous sommes toujours sur nos gardes : trois coups de sifflet, et tout notre monde en armes se rassemble aux emplacements de combat fixés d'avance. La situation est tendue au dernier point. Les indigènes, qui croyaient nous surprendre, ont bien reculé en nous