‹ Mission Hostains-D'Ollone, 1898-1900Chapitre 28 sur 52 · M IIOSTAINS AU MILIEU DES INDIGENES. — DESSIN DE MADAME PAULE CRAMPEL · texte numérisé non relu

M IIOSTAINS AU MILIEU DES INDIGENES. — DESSIN DE MADAME PAULE CRAMPEL

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voyant silol j)i'r|s à la hillc, lu.iis ils sn (lisj)f)s('iil ;i r.'illaiju(i : n^Miiis .'iii fond du village, ils se coiiccrtcnl , cl de, jxîlils groupes VOal soposlci' dans la l)i'()iiss(> tout aiiloiii' de nous. I)f'S hommes so di^tachonl |)()iii* nous ciicr des injni'cs cl des menaces. On un coup do feu parU' d'un eoh' on de l'anlrc, et c'est la lin de noire mission, car, même si nous sommes v a i n queurs, il nous sera impossible do continuer notre route sans guide à travers des populations dorénavant toutes hostiles, et il faudra regagner la côte en combattant sans cesse.

Heureusement la discipline de notre personnel est admirable : tous attendent , insensibles aux provocations, le signal du combat qui les

comblerait de joie. Les vieillards du village, qui d'abord s'étaient tenus à l'écart, finissent par comprendre que peut-être leurs guerriers ne seront pas les plus forts. Falé s'avance, prend Hostains par la main et l'emmène vers ses gens, en proclamant qu'il est son ami et qu'on ait à déposer les armes.

Mais les Sapos sont fort excités, et ce blanc tout seul au bout de leurs fusils prête à un exploit bien tentant : plusieurs mettent enjoué à bout portant Hostains, qui ne fait pas un mouvement. Les gens sages désarment ces forcenés, et tous, impressionnés l)ar cette tranquillité impassible en même temps que par l'attitude de nos hommes, se décident un à un à regagner leurs cases. Hostains, seul et sans armes, fait ainsi avec Falé le tour du village jusqu'à ce que tous soient rentrés chez eux; son retour vient enfin nous délivrer d'une mortelle inquiétude.

MASOCK EN BOIS SCULPTii.

MISS/().\ JIO.STAL\S-lJ'OLLO\E.

Le calme ne se rétablit pas tout de suite, il nous faut veiller toute la nuit. Les femmes sont toujours absentes, et c'est un indice caractéristique de mauvaises dispositions ; enfin, au matin, elles rentrent successivement.

Peu après, les notables viennent en corps nous trouver : « Il ne faut plus, disent-ils, que pareille chose se reproduise. Nous voulons être amis et proclamer notre amitié : donnez-nous un pavillon. » On envoie aussitôt des messagers convoquer les chefs des villages voisins; un mat immense est coupé et planté sur la grande place. Le lendemain, en grande pompe,, le drapeau français est hissé sur Paoulo. C'était là le résultat de la tentative d'agression des Sapos : grâce au calme courage d'Hostains et à la discipline de notre troupe, nous avions, sans effusion de sang, remporté la victoire, et tous la reconnaissaient.

Nous avons su plus tard que le coup de main avait été préparé : les Sapos croyaient que leur prise d'armes suffirait pour terrifier tout notre monde et le mettre en fuite ; ils n'auraient plus qu'à se partager nos marchandises et à garder comme captifs ceux qu'ils ne voudraient pas tuer. Du reste^ il ne faut pas se le dissimuler, tous les peuples que nous avons traversés n'ont cessé de chercher une occasion favorable pour nous surprendre; mais, en gagnant à nos intérêts quelques hommes influents, nous avons toujours empêché l'accord de se faire contre nous, et d'ailleurs nous nous gardions.

Le pavillon hissé et un traité en règle signé avec les Sapos, nous n'avions qu'à partir. Mais nos nouveaux amis entendaient bien utiliser notre alliance : une antique querelle avec un village voisin, Toulibli, s'étant ranimée, ils voulurent aussitôt commencer la guerre. Nous ne pouvions les abandonner juste au moment où ils venaient de se proclamer Français ; cependant, nous n'avions nulle envie de nous battre pour le compte d'autrui, même au prix de trois bœufs que les gens de Paoulo nous offrirent si nous voulions prendre Toulibli !

Tous nos efforts tendirent à amener une réconciliation, en intimidant l'ennemi. Cette tactique réussit. Les négociations furent

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condiiilcs par h^s rciniiics (l(^ Toiilil)!! : clicz (mîs cIicv/iIcros([U(>s (•;mnil).*»los, les rciiniios soiil l'cspecldcs iiciidaiil la gueiTCi loiil. (îomiiuwii iMiropc, cl, bel (;x(miii)I('. ])()iir nos IciDinistos, ce soiil elles (jui scrveail de- j)ai'lenieiitaire.s et d'anibassadeurs '. Mes loclours coniiaisseiil trop la diplomalie Irminiiie poui' doiiler (ju'clles ikï s'a('(|iiilLeiiL foi't bien de telles fondions, si dillerenles dn l'ôle (hî béhi d(i somme anxrjuelles on les croit soumises. Mais ici tonte la finesse des négoeiatrices fnt vaine, et nos alliés ohlinrent g-ain de cause sur tous les points.

Ils n'en furent que plus mécontents do notre départ, puisque leur puissance s'en allait avec nous, aussi nous refusèrent-ils toute aide. Gomme chez les Graoros, il nous fallut partir seuls, conduits par Tooulou, en opérant des va-et-vient avec nos porteurs, et non sans prendre des précautions : les Sapos étaient si furieux que, pour un peu, ils nous auraient attaqués, par affection !

Le 22 octobre nous quittions Paoulo, après un mois et demi de séjour.

1. Partout ailleurs que chez les Sapos, les femmes sont tuées comme de simples hommes; ou ne les réduit pas eu captivité, les captifs autochtones étant impossibles à garder.

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