‹ Mission Hostains-D'Ollone, 1898-1900Chapitre 42 sur 52 · PHOTOGRAPHIE DU LIEUTENANT BACOT · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE DU LIEUTENANT BACOT

espace déjà brûlé' ; chaque village s'en préserve au moyen d'une zone circulaire entièrement nue.

Ces incendies, pratiqués sur tous les points du continent noir, causent à la longue la ruine d'un pays. Ils ont trouvé des défenseurs qui prétendent que les arbres ne brûlent pas et que les cendres des herbes, délayées par les premières pluies, constituent un engrais pour le sol; mais il est bien évident que, sur les pentes, les eaux entraînent et les cendres et la terre végétale que rien ne retient plus, aussi la végétation, magnifique dans les fonds, est-elle chétive sur les terrains inclinés, où le roc apparaît. Et si les arbres ne meurent pas, ils brûlent néanmoins en partie et s'étiolent.

Je suis convaincu^ appuyant cette théorie sur de nombreuses observations géologiques, botaniques et ethnologiques, que jadis

1. D'où le procédé connu à employer quand on est menacé par lui : allumer soi-même un incendie que le vent chasse; le feu qui vous poursuit meurt en atteignant l'espace ainsi consumé, sur lequel on se trouve en sûreté.

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îa grande forêt côli6ro s'avaiK.-.iil 1res loin (l.nis riiib-riniir du Soudan : co sont les incendies eonslainmcnt allnim's |);ir les races du Nord, ennemies de la V('g('tatioii, (iiii l'ont Ciil rcrtulftr, elle cl SOS hnhilnnls, ot elleconlinuo, ma lui nia ni encore, à dimiiiiici' chaque année. Si l'on no veut que le terrain <iu'elle perd no devienne progressivement un nouveau Sahara, il y aurait peut-être lieu de prendre des mesures contre ces incendies.

Pendant qu'avec le gros de la mission je traverse ces pays, Hostains tente de descendre le Milo en pirogue avec les blessés pour leur éviter toute fatigue. Il rencontre de très grandes

difficultés, non seulement par suite des rapides, mais aussi à cause des hippopotames. Les hippopotames du Milo sont réputés pour leur nombre et leur férocité, à tel point qu'on a complètement renoncé à la navigation sur cette rivière.

Pour ne pas exposer nos malades, Hostains accoste chaque fois qu'une des énormes bêtes est aperçue, et il la tire du haut de la berge; bienlui prend d'être prudent, car plusieurs fois ses pirogues, si heureusement quittées, sont attaquées et chavirées, et l'une d'elles est complètement défoncée. Il fait un massacre épouvantable : treize hippopotames.

Un tel exploit est répété au loin par la renommée, les gens de tout le pays accourent pour se partager la chair des victimes, assez pareille à celle du bœuf, et c'est une fête

ABBRE, HOxMME ET CHEVAL.

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