‹ Mission Hostains-D'Ollone, 1898-1900Chapitre 48 sur 52 · MISSION II OS TA INS-D'OL L ONE · texte numérisé non relu

MISSION II OS TA INS-D'OL L ONE

pendant ce temps deux explorateurs commerciaux, MM. Voiluret et Papillon, veulent à leur tour gagner Tiassalé et se font massacrer. Un peloton de tirailleurs sénégalais envoyé pour les venger ne peut atteindre Tiassalé, et les lieutenants Armand et de Tavernost doivent renoncer à reprendre leur exploration.

Le capitaine Ménard remonte vers Kong en suivant à peu près la route de Binger. De là il se dirige vers l'Est et longe la grande forêt. Mais dans un combat contre les sofas de Samory, il est tué à Séguéla (1892). Suivant les renseignements recueillis par Marchand et Binger, il serait mort héroïquement en combattant pour défendre un chef qui l'avait accueilli, et après avoir, une fois blessé, renvoyé pour les sauver de la mort ses tirailleurs qui voulaient l'emporter.

Le lieutenant Vigy envoyé du Soudan à la rencontre du capitaine Ménard est arrêté au delà de Sikasso et doit revenir sur ses pas. Il meurt de maladie en route.

En 1803, le capitaine Binger, accompagné du lieutenant Braulot, du docteur Grozat et de M. Marcel Monnier, est envoyé délimiter la Côte d'Ivoire et la Côte d'Or, concurremment avec une mission anglaise. Cette tâche ayant été interrompue, la mission française gagne Kong où elle se disloque. Binger et Marcel Monnier veulent redescendre à la côte par le Bandama, mais sitôt entrés dans la forêt, ils se voient barrer le passage. Ils doivent rebrousser chemin et revenir par la route déjà parcourue par Binger. Le Docteur Crozat, qui avait continué sa marche vers le Nord pour gagner le Soudan, meurt de maladie à Sikasso. Quand au lieutenant Braulot, il sera assassiné en 1896, avec le lieutenant Bunas, en se rendant à une entrevue aAec Samory.

En même temps, le capitaine Marchand (le futur héros de Fachoda) et le capitaine Manet remontaient le Bandama, s'emparaient de Tiassalé où ils châtiaient les assassins de Yoituret et Papillon, puis réussissaient à sortir de la forêt dans le Baoulé. Le capitaine Manet se noyait dans le Bandama. Marchand faisait plusieurs tentatives infructeuses pour pénétrer dans la forêt à l'ouest du Bandama afin de rejoindre le Cavally.

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Il explor.iil .ilors loiilc l.i n'i^ioii (|('(;oii\ (ii'tc <lii l'.ioiili'' cl .'illciynail Kong-. S.-iinory se dirigeai il, en ce momeiil sur fcilo \illo, Marchand redescendait à la côte pour ])i('ii(lre pari à rcxjx'ditiou Monteil, pi'i'cédiMiinient destinée à opérer sur le I laul-Oubau^hi, et ([ue sur ses instances on en\()\ ail eu liAto eontre Sanfîor\'.

Un auli'C explorateur, M. Moskowil/, qui avait également atteint Kon^' par le lîaoulé, mourait d'épuisement.

L'expédition du lieutenant-colonel Monteil, 1(S9 1-1805, ne réussit pas à arrêter Saniory. Les nécessités du ra\ itaillement d'une colonne forte de 1 500 hommes indisposèrent les indigènes du Baoulé ((ui attaquèrent nos troupes. Celles-ci eurent donc à la fois devant elles Samory et sur leurs derrières les populations soulevées, tandis (jue leurs mouvements étaient encore gênés par la multitude de fuyards du pays de Kong (|ui se mettaient sous leur protection. Le lieutenant-colonel Monteil reçut l'ordre de revenir à la côte et de dissoudre sa colonne. Le Baoulé fut évacué.

Cependant Binger, qui depuis 1893 était gouverneur de la Côte d"Ivoire érigée en colonie, envoya l'administrateur Pobéguin dans le Baoulé. M. Pobéguin réussit, avec quelques miliciens, à réoccuper Toumodi. Mais l'autorité de la France restera longtemps encore fort précaire sur ces populations qui croient avoir forcé à la retraite la puissante colonne Monteil.

En 1894 également, le lieutenant Lecerf, parti du poste de Beyla, au Soudan, s'avança jusqu'à Nsapa dans la forêt ; ayant été attaqué, il s'empara de ce village, mais ensuite il fut tué dans une embuscade.

En 1890, M. Pobéguin remonta laSassandra, puis le Gavally, jusqu'à 75 kilomètres de la côte.

En 1897 les tentatives sont particulièrement nombreuses.

Pendant qu'à l'Est l'administrateur Clozel traverse tout l'Indénié et va occuper Bondoukou. M. Eysséric s'avance par le Baoulé et essaie de pénétrer dans la forêt sur la rive droite du Bandama rouge. Il est au premier village, Elengué, cliez les Gouros, retenu en captivité et près d'être massacré. Au bout de vingt jours, on le renvoie hors delafoi-êi.

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L'adjoint des affaires indigènes Thomann remonte la Sassandra un peu plus haut que M. Pobéguin, mais les rapides et l'hostilité des indigènes l'arrêtent.

Il eu est de môme sur le San-Pedro pour le commis des affaires indigènes Gendre, administrateur de San-Pedro. (Il est impossible de déterminer exactement jusqu'où sont allés MM. Gendre et Thomann, les renseignements qu'ils ont rapportés étant difficiles à identifier, par suite sans doute de la différence des langues, avec ceux que nous possédons nous-mêmes.)

De Béréby, Tadministrateur Maurice pousse une reconnaissance jusqu'à Niépa. Les renseignements rapportés nous seront plus tard fort utiles.

Sur le Gavally, M. Hostains, administrateur de Tabou, qui déjà était allé à Grabo, capitale de la tribu puissante et mal disposée des Tépos, et à Bapé, leur village le plus septentrional à 85 kilomètres de la mer, tenta de remonter le fleuve.

Les Tépos l'attaquèrent à Nohin, tandis qu'il passait en pirogue, mais ses feux rapides les mirent en fuite. A Guipola, terminus de la navigation, il fut bien accueilli, car la tribu des Diutou, étant en mauvais rapports avec les Tépos, se réjouissait de leur défaite. M. Hostains s'était avancé par terre jusqu'à Matoua, à 120 kilomètres de la côte, d'où, grâce aux relations qu'il avait su nouer, il espérait aller beaucoup plus loin, lorsqu'il fut rappelé par une attaque des indigènes de la côte qui, profitant de son absence, assiégeaient son poste de Tabou.

Au Nord, MM. Bailly et Pauly, quittant le poste soudanais de Kissidougou, tentaient d'atteindre le Gavally. Après une série de difficultés et de combats avec les populations Tomas, ils étaient tués à Nzolou, tout près de JNsapa où avait été tué le lieutenant Lecerf. Le capitaine Basset, commandant de Beyla, a obtenu en 1900 la soumission de Nsapa et de Nzolou et s'est fait rendre les restes des malheureux explorateurs.

Le lieutenant Blondiaux, parti de Beyla, longeait toute la lisière Nord en essayant vainement d'obtenir le passage, aussi bien à Buonsira chez les Los, près du Bandama, qu'à Nzo près

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(lu (lavnllv, cluv, les ( «iii'r/j's. il Iciilail df ix'iK'Ircr à Mau chez k's l)i()iilas, iMilrc (lavally cl Sassaiuli-a. Mais dhs le pi-cmior jour il ('tait assic'gc dans ce village par plusieurs milliers (riioiiiines ; sur ses .">() tirailleurs il avail l'J lu('s ou Mossds, cf il a\ait jAraiicTpeine à se dégager cl à renlrer on plaine.

l/aiiiiéc l.SDS vit plusieurs colonnes Ojx'rer dans l'Indénié et sur la lagune contre des tribus hostiles dont on eut grand'peino à venir à bout. Le lieutenant Laïrle s'y distingua particulièremont en débloquant le poste d'Assikasso assiégé par plusieurs milliers d'indigènes.

Après notre départ, quoiciu'on pensât que la prise de Samory dans le nord de la t'orèt eut dA produire sur les indigènes une vive impression, il parut nécessaire d'envoyer une colonne à notre rencontre. En raison de l'échec delà mission Blondiaux, on lui donna un effectif double de celle-ci : le lieutenant Woelffel avait avec lui le lieutenant Mangin, le sergent Van Gassel, cent tirailleurs et cent cinquante porteurs anciens sofas de Samory et pouvant servir de tirailleurs. Le sergent Ariste et le docteur Lemasle lui furent plus tard adjoints.

Partie de Beyla le 18 mars 1899, la mission Woelffel se rendit à Lola, d'où le lieutenant Mangin fit une reconnaissance à l'ouest des monts Nimba ; mais il fut attaqué au village de lalounsou. La mission se rendit alors à Nzo, mais les habitants, malgré le service que AVoelffel leur avait rendu l'année précédente en les sauvant de Samory par son succès de Tiaféso, refusèrent de le conduire vers le Sud. 11 voulut alors descendre par la rive gauche du Cavally, mais le manque de vivres le força à envoyer le lieutenant Mangin en chercher à Man, dont les habitants aA^aient fait leur soumission au moment de l'arrivée de Samory, et à s'en rapprocher lui-même. Le lieutenant Mangin dut livrer une série de combats autour de Ninéné, chez les Ouobés. La mission ravitaillée descendit ensuite vers le Sud par le pays des Blolos (ouBloxs, en langue krouman?); elle y fut assiégée huit jours dans le village de Dainné. S'étant dégagée, elle passa le Zo, fonda un poste à Gouékangui, un autre à

MfSSIOX IIOSTAINS-D'OLLOXE.

Nouantoglouin, et de là fit de nombreuses reconnaissances pour pacifier le pays. Mais tous ces combats lui avaient coûté 65 tués oublessés, et les indigènes, malgré plusieurs soumissionsfeintes, venaient attaquer les détachements jusqu'auprès des postes. Les tirailleurs, dont l'engagement était expiré et que cette dure campagne sans résultat décourageait, demandèrent leur libération, et le ministre rappela la mission ^^^oelffel, qui rentra à Touba et se disloqua.

Naturellement le même ordre de rappel fut envoyé à la mission Hostains-d'OUone, mais elle n'en eut connaissance qu'à son arrivée au Soudan et lorsque sa tâche était terminée.

La mission AA^oelfl'el, malgré la vaillance éprouvée de ses chefs et leurs coûteux efforts, n'avait pu s'avancer qu'à 40 kilomètres au Sud de Man, point sur la lisière de la forêt et déjà soumis '.

Ainsi, depuis la traversée de Binger en 1889, toutes les tentatives pour pénétrer la forêt avaient échoué. Les explorateurs insuffisamment escortés avaient été arrêtés ; ceux qui s'étaient fiés à la force d'une escorte plus nombreuse avaient été attaqués et repoussés. D'où la méthode conçue et employée par notre mission : avoir une escorte suffisante pour combattre au besoin, mais surtout pour ôter l'idée d'un coup de main, soit 20 hommes, effectif nécessaire pour fournir un poste chaque jour; mais marcher néanmoins comme si nous ne comptions que sur l'assentiment et l'amitié des populations, d'où nos longs séjours et nos négociations incessantes. — Je dois mentionner que le chiffre

1. Je ne vois cependant aucune raison d'admelire, ainsi que le fait le capitaine Woelffel, qu'il a dû avoir affaire à des adversaires i)lus redoutables que l'autre mission : son rapport indi(iue que toutes ses portes ont été éprouvées dans des embuscades, toutes ses atta(pies au contraire ont réussi facilement et des poignées d'hommes ont enlevé de grands villages (Xinéné, Logoualé, Goualé, etc.) Gela expli(jue comment la mission Hostains-d'OUone, marchant constamment en zig-zag pour éviter les surprises et attaquant elle-même à l'improviste les villages, a pu en enlever (juarante-quatre sans autre chose que six blessés: mais rien ne permet de supposer que les populations vaincues fussent moins belliqueuses que les autres, et au surplus, on se demanderait pourquoi, si Woelffel les connaissait pour telles, ils n'est pas passé par leur pays qui était sa route directe au lieu de s'en délourner comme il l'a fait précisément.

///.s ronKjiJi:.

(lo .'>() porloui'S <'l;iil li*()|) r.iihlc, : forcf's d'.-ivoir un iioiiil)i'(; de chai*{^"cs plus coiisidi'r.ihlc, il nous C.ill.Mil, rcM-onrir ;inx sci-viccs clos iiidif^cnos, co (ini oxigoail d('>s m'^ocialions ('j)in('iis(;s cd (>ii lous cas longues, cl amonail ainsi une ^rôudc consoinni.'ilion dr; marchandises. Avec 50 porteurs nous eussions pu avanc(ïi' plus vile el plus facilement. QuanI au cliillVe (l(i(îO(K) francs i)onr consliluer la pacotille, je ne conseillerai à personne de s'en contenter, sous peine de se résigner à de terribles privations pour soi d'abord, et, ce qui peut etro funeste, pour ses hommes. Hinger, type de l'explorateur simple et économe, avait pour 12 000 francs de marchandises, et il était seul.

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