‹ Mission Hostains-D'Ollone, 1898-1900Chapitre 8 sur 52 · MISSION 11 OS TA IJSS-D'OL LOM · texte numérisé non relu

MISSION 11 OS TA IJSS-D'OL LOM

(où poussent du tabac ' et quelques autres plantes précieuses comme remèdes ou condiments) sont entourés d'une seconde palissade qui fait un double rempart et en même temps flanque le chemin d'accès. Presque tous les villages de la forêt sont défendus de pareille façon ; cependant les Tabélouos ayant renoncé aux guerres intestines, plusieurs de leurs villages sont ouverts, protégés seulement par un arceau fétiche sous lequel passe le chemin, et qui frappe de mort quiconque vient dans de mauvais desseins : ingénieux système de fortification que n'avait point prévu Vauban.

Je ne fatiguerai pas le lecteur du détail de notre réception dans chaque village ; qu'il me suffise de dire que si la recommandation de Kapé Yékiré et l'exemple des femmes de Béréby et de Diutou nous valut partout un accueil sans hostilité, la vente de vivres, et l'aide de porteurs des deux sexes, ce ne fut pas cependant sans des palabres interminables et des difficultés qui risquaient à tout instant d'amener des conflits irréparables. C'était une situation de paix armée très délicate, un mélange de protestations d'amitié et de précautions militaires, qui exigeait beaucoup de patience et une grande discipline de la part de nos hommes : la moindre brusquerie de leur part eût mis le feu aux poudres.

Autour de chaque village sont plusieurs hameaux vassaux : tout chef de famille veut avoir sa résidence propre, cependant, tant qu'il n'a pas assez d'hommes pour garantir son indépendance, il s'installe près d'un chef important qui le protège. Les cultures sont toujours assez loin, souvent à plusieurs kilomètres : les habitants ne veulent pas autour d'eux de clairières qui favoriseraient l'attaque du village; puis, ne fumant pas les terres, ils sont obligés de changer chaque année de terrain. Elles leur demandent beaucoup de travail pour défricher la

1 . Les indigènes cultivent un tabac assez agréable. Us fument soil dans des pipes en terre venues de la côte, soit dans d'énormes pi])es en bois faites par eux. Ils prisent de singulière façon : le tabac réduit en poudre est délayé dans de Tenu, et ce liquide conservé dans une grosse coquille d'escargot rouge est introduit dans le nez par aspiration.

.Urt; AOUATKJUK. — DESSIN DE MADAME PAULE CliAMPEL, d'aPRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

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