‹ Mission Hostains-D'Ollone, 1898-1900Chapitre 9 sur 52 · ANIMAI. INCONNU · texte numérisé non relu

ANIMAI. INCONNU

forrl : on j'clU'. I).'is les {^TaïKls .-irhrcs on en lii-ùLinl le jjIcmI cl i!s rosUMil siii' le sol; i.-i pclilc v<'}^<'l;ilioii csl rouix'o cl hrùlf'c. Ij; l'iz s(Mil (vsl coiiiiniint'iiicMl iMiiliv*', le in.'iiiioo cl les p.'il/iics sont plus l'.-ii'cs.

liCs ci'.uios cill;iss('S nu pied de r.-ii'lii'e lcli(die- nous pci'nuiUeul do conn.i ill'(^ l.i l'aune du pays : ee sonl des hiiflles, diverses sortes d'anlilopes, des san^^diers à poil fauve et à d<'fenses ti'ès courl(\s, (d en lin des hi[)popotanies de Idlx'ria. ( le dcriiicu' animal , ([ui n'existe (|ue sur co point du monde, le seul préeis('ment inexploré, est un liippopotame d'une toute j)elite espèce, de la taille d'un sanj^licr.

Dans une case nous voyons la peau d'un animal inconnu, que les indigènes appellent blé comme le village autour duquel il est assez commun. Cette peau d'un gris-brun, à poil court assez rude, ressemble à celle d'un grand blaireau: malheureusement la tête et les pattes manquent. Les gens nous donnent sur le blé les détails les plus extraordinaires. Je vais les répéter, parce qu'ils nous ont été fournis identiquement pareils en divers endroits, et on verra combien il est difficile de démêler la vérité dans les histoires indigènes.

Le blé est d'une bravoure et d'une force extrêmes. 11 attaque et tue tous les animaux qu'il rencontre, même la panthère, l'éléphant (!) et l'homme. Voici son procédé de combat : arrivé près de son adversaire, il lui lance — pas avec sa bouche — un jet de liquide corrosif qui l'aveugle ou lui cause des démangeaisons intolérables; alors il se dresse sur ses pattes de derrière, et, avec celles de devant qui sont comme des mains et contiennent une sorte d'excroissance dure, il l'assomme pendant qu'il se gratte! Mais voici le plus joli. Il n'est point Carnivore; une fois son ennemi tué, il le dépouille de sa peau dont il se revêt, et s'en va déguisé de la sorte; seulement cette peau lui couvrant la tête, il n'y voit plus, et c'est ainsi que plusieurs ont pu être tués même par des femmes !

En faisant la part de l'imagination, on trouve là quelques traits qui rappellent le putois (jet de liquide), l'ours et le kan-

MISSIOiX nos TA L\S -D' OLLOMi.

gourou (combat debout avec les pattes de devant). Peut-être y aura-t-il là un nouveau sujet d'études pour les naturalistes : la faune de ce pays est reconnue comme tout à fait spéciale et réserve bien des surprises.

L'étape très forte entre Blé et Gui nous fait suivre la ligne de hauteurs qui séparent les bassins des deux petits fleuves côtiers Nono et Dodo *. Nous passons plusieurs petites rivières qui coulent limpides sur un fond de sable fin, avec de jolies cascades -. Elles sont si charmantes que des indigènes ne rêvent point de meilleurs sentiers : une trouée toute faite dans la forêt, un sol doux, une eau rafraîchissante pour la bouche et les pieds, quelle aubaine! Et c'est le ruisseau qui sert de chemin aussi longtemps qu'il ne lui plaît pas de changer trop brusquement de direction.

Pour un Européen les cours d'eau sont fort agréables en tant que (( chemins qui marchent», mais non comme chemins où l'on marche. Quand il a plu on y a facilement de l'eau jusqu'aux épaules. Et cependant ces sentiers aquatiques ont une qualité inappréciable : ils sont ravissants. La rivière ouvre une percée large de quelques mètres qui, sous la voûte plus haute, semble l'allée de quelque merveilleux jardin d'hiver, fouillis de palmiers-bambous semblables à de prodigieuses fougères. Ce sont les seuls endroits où la beauté de la végétation se laisse entrevoir.

Les différentes variétés, très nombreuses, de l'espèce des palmiers ne se rencontrent du reste que dans les fonds où l'humidité est constante^; partout ailleurs ce sont des arbres presque tous inconnus, mais peu différents en apparence des nôtres, sauf les géants, caïlcédras, fromagers, etc. Ceux-ci

1. Que si lo lecteur distrait, auquel je parle de Xéiiés, deXouo. de Dodo, croit que je Teulrelieus d'une nourrice berçant so:i petit — il ne manque que le Lolo — il veuille bien m'oxcuser: ce n'est pas moi qui ai inventé ces noms ridicules.

2. Le sol depuis le départ est une argile silico-ferrugineuse recouvrant du granit.

3. Sauf le palmier à huile qui préfère les terrains relativement secs et ne vient d'ailleurs que là où il est planté.

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