PL. XI
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Lac : je résolus alors de me rendre à Kompong-Som en achevant l'étude de la côte, el de rejoindre Battambang en traversant, de l'Est à l'Ouest, le massif principal des monts Krevanh.
L'itinéraire offrait un intérêt particulier, j'allais en effet pouvoir faire près de la moitié du trajet en relevant des cours d'eau coulant presque parallèlement à la mer. Il comporte les reconnaissances : de ceux entre Chantaboun cl Kratl. du chemin de Kralt à Sauton, des cours d'eau entre Sauton et Trepang Rovak, et du chemin de ce point à Kompong- Som .
A part un très court trajet par terre reliant, du village de Santong à celui de Ban Klong Iaï, la voie fluviale longeant la côte, on peut se rendre en barque de Chantaboun au petit centre administratif et commercial de Kralt. au fond de la haie du même nom.
Je préférai d'autant mieux cette route à une autre terrestre plus au Nord, que les indigènes avaient appelé mon attention sur deux « dos d'âne » qui. au cours du trajet, faisaient obstacle à la navigation et la limitaient à la toute petite batellerie.
De l'estuaire de Chantaboun à celui de Packnam Yen, des lagunes, enlrelenues par trois petites rivières prennent successivement les noms de Klong Pliou. Klong Krell et Klong ma iao. Les points de séparation entre elles sont : le prolongement rocheux des collines de Houa langnoc. sur lequel il y a à peine, pendant une dizaine de mètres, assez d'eau pour permettre d'y traîner les petits bateaux, et le dos d'âne formé à l'embouchure du Klong Taphôn noï. Ces deux obstacles, s'ils disparaissaient, permettraient la circulation aux grosses barques qui ne peuvent se risquer en mer pendant la mousson du Sud-Ouest. La largeur du cours d'eau est réduite à une dizaine de mètres dans sa partie la plus étroite, elle s'augmente rapidement avant d'arriver, d'un côté et de l'autre, aux estuaires.
La route qui unit l'estuaire de Packnam Ven au Klong tung iai est facile à parcourir, les transports de marchandises ou de produits s'y font couramment au moyeu de chars à buffles.
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154 MISSION PAME
Le Klong Tung Iaï est un petit fleuve de 40 mètres de Large cl de 3 mètres de profondeur au poinl où L'on s'embarque pour le descendre. Il parcourt, recevant plusieurs affluents sur sa rive gauche, la vaste plaine située entre les monts Sabap cl la ligne des hauteurs Ponntatt, habités les uns les autres par des Tchiongs : Ll n'a qu'un village sur sa rive jusqu'au petit canal <|iii conduit à Ivralt.
fcratt est Le chef-Lieu d'un beau canton: une vingtaine de Chinois y sont établis, trafiquant des produits des cultures, cl de ceux des forêts au nombre desquels la gomme-gutte tient le premier rang.
Le voyage de Krall à Sauton est surtoul intéressant dans la partie autour de la baie, riche plaine cultivée en poivre et riz, que nombre de Chinois, planteurs ou commerçants, habitent parmi La population indigène composée de Cambodgiens, de Siamois et de Tchiongs. Le parcours csl singulièrement compliqué par la montée ou la descente des rivières dont Le cours alterne, pour le trajet jusqu'au village de Rovak, avec les chemins terrestres qui les relient entre elles.
De Rovak à Sauton une barque longeant la grève sans difficulté, le vent venant de terre en cette saison, emporta mon bagage.
Tantôt marchant sur Le rivage, tantôt le suivant dans le bateau, je notai les torrents nombreux descendant de ces hauteurs des Ponnlall qui, vues de Loin, ont une apparence Ires régulière cl. de près, montrent des ravins par Lesquels les eaux descendent (\i' sommets au troisième plan.
Cinq ou six villages, de bûcherons qui recueillent la gomme-gutte dans les bois, ou de pécheurs, sont disséminés sur cette côte presque inhabitée.
Sauton, petit chef-lieu administratif au fond de l'estuaire envasé du Klong Kopo, est en communication avec l'important Stung Kokongou Tliepong, par une sorte de canal naturel, formé de plusieurs rivières dont les alluvions ont constitué le vaste banc de Ivo Elao, 1res bien cultivé, aux environs de l'unique village sur la rive.
SIAM ET CAMBODGE i:,5
Le Stung Kokong, appelé ainsi du nom de la grande île devant son embouchure, a sa source sur le plateau au Sud-Est : il suit une direction parallèle à la côte recevant, sur sa rive droite, les eaux dune partie de la région des Krevanh, <pii lui sont apportées par une série de rivières dont l'itinéraire suivant montrera les sources.
Le pays dont la population est très restreinte, est habité par des Cambodgiens et quelques Siamois qui, ayant fui le Siam, sont considérés comme avant droit d asile sur ces terres désertes et ne doivent pas d'après les usages, y être poursuivis. Son aspect est dès beau, quelques cours d'eau soûl remarquables comme voies de communication ainsi que le Stung l'est lui-même, jusqu'au point extrême où on peut le remonter au delà de Trepang-Rovak.
I ne première marche par terre dans une forêt inhabitée où la meilleure espèce de guttiers et des cannelliers variés sont communs, conduit à Thanong, au bord du prec Piphat, grosse rivière dont on rencontre plusieurs des sources en chemin.
Rapidement parcouru en barque jusqu'à son embouchure, ce prec ramène au golfe de Siam. Il est, après le fleuve de Kompong-Som, le tributaire le plus important du vaste estuaire, que ferment les îles de Rong productrices de gomme-gutte, el qu'il contribue à envaser. Le village de Piphat. sur ses rixes en le remontant, est habité par des réfugiés du Siam el du Cambodge qui y ont droit d'asile.
La frontière entre le Siam el le Cambodge n'étant pas déterminée, la ligne de partage des eaux entre le prec Piphat el le prec Kokong, sépare la province cambodgienne de K.ompong-Som, des territoires également cambodgiens sur la côte au Nord que le Siam administre.
Quelques villages de pécheurs sont disséminés sur la plane de l'estuaire entre les embouchures des deux cours d'eau.
ir>6 MISSION PAV1E
i. — BASSINS Dl GOLFE DE SIVM ET 1)1 GRAND-LAC1
DE KOMPONG-SOM A BATTAMBANC
ÏSO kilomètres do levé nouveau.
Cel itinéraire comprend les reconnaissances, du chemin de Kompong- Som à K.ompong-Kol, el de la rivière de Sangkè; il allail compléter les renseignements recueillis le long de la côte du golfe el dans la région du Grand-Lac en me montrant, dans la partie centrale des monts Krevanh, les sources des cours d'eau reconnus à leur embouchure, et il allait me donner une idée définitive de ce grand massif que j'avais déjà contourné dans son entier el dont j'avais traversé et parcouru des rameaux.
\\anl gagné en barque le village de Coucha sur le Heine de Kompong- Som, déjà visité en 188 I , je lis à pied, jusqu'à Thepong, le premier tiers de la route, là je pus me procurer des éléphants que je gardai jusqu'à une journée de la rivière de Battambang.
Au village de Pobang, le chemin laisse la direction de mon premier voyage ( 1881 ) à l'Est, puis se continuant ensuite vers le Nord-Ouest, il conduit aux dernières sourcesdu fleuve de Kompong-Som, entre pour une journée dans le bassin du fleuve postérieur où il passe les sources d'un fort affluent du Prec Thnott, «'I franchissant le col de knang-lvrepcuh ramène dans le bassin du golfe de Siam, aux sources du Stung-Thepong, le principal affluent du Stung-Kokong.
C'est la grande région des montagnes, celle où l'on recueille le plus de cardamome. Le chemin la parcourt en visitant une série de vallées parallèles, séparées par des lignes de hauteurs de 2 à 300 mètres, qui vont uniformément mourir à une comte distance à l'Ouest de la roule. Les ruisseaux el rivières qui y circulent, pour arriver au golfe par les Slungs kolvong el Kopo ou le petit espace entre eux, tombent brusquement du plateau dans le Delta par une rampe presque à pic qui, suivanl les indigènes, sérail d'environ 15 mètres de hauteur.