ITINÉRAIRES SI 11 LA RIVE GAUCHE DU MÉKHONG
DE BANAM A BAPHNOM ET A PREYVENG
Banam, centre commercial important, sur la branche du Mékhong nommée fleuve antérieur, au confluent du dernier des cours d'eau qui, depuis Chlong, unissent dans le Cambodge, le Tonlé-Tauch au fleuve, était le chef-lieu de la province dans laquelle, à Preyveng, les troubles avaient éclaté de la manière la plus grave.
Il y avait quelques semaines déjà que le pays était désorganisé, que la population était en fuite, et que des bandes tenaient la campagne lorsque notre mission, dirigée par M. Fouies, représentant du protectorat. se mit en route pour tenter d y l'établir la tranquillité. Il ne fut possible d'entrer en relations ni avec les bandes ni avec les habitants qui s'enfuyaient dès qu'on approchait. Devant cette attitude et pour ne pas aggraver la situation, M. Fourès ramena sa colonne à Banam après neuf jours d'absence.
L'itinéraire accompli à l'aller avait eu pour limite Sud. les collines de Baphnom contournées dans leur entier, et pour limite Nord, Preyveng où avait eu lieu le massacre des quatorze Annamites : le retour à Banam s'effectua par un chemin différent.
Les hauteurs de Baphnom prolongement du petit plateau de Péan- Ghang. achèvent la séparation entre le Mékhong et les deux Yaïeos, fleuves dont les eaux, au delà, en Cochinchine, se mêlent dans la plaine des joncs.
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Quoique à celte époque de l'année la sécheresse soit très avancée, l'inondation a encore sa trace sur le terrain jusqu'aux approches des collines : l'étang de Khsach Sa, en particulier, > créail un obstacle à la marche difficile à franchir pour les chars, une passerelle provisoire en bambous y avait été établie à l'occasion de notre passage.
La province est très habitée surtout au bord des cours d'eau, autour des hauteurs, et dans l'Ouest. D'épaisses forêts joignent le plateau de
Fig. 83. — Passage do l'étang de Khsach Sa.
Péan-Chang aux collines de Baphnom. Une immense plaine est cultivée en rizières dans sa partie la moins basse : le reste esl inculte à cause des proportions <pi'\ a l'inondation, cl esl couvert de hautes herbes où de véritables troupeaux de cerfs, daims, chevreuils, etc., trouveul asile.
La population esl cambodgienne: un grand nombre de Chinois et d'Annamites, la plupart commerçants, s'y mêlent, installés surtout à Preyveng el sur le canal <pn abouti! à Banam.
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Preyveng, marché important, avait été détruit : de même, Iapluparl des villages où nous passions n'étaient plus que des cendres, cet état de désolation, joint à l'absence de toute la population, fit, de notre infructueuse tentative d'apaisement, la plus pénible des marches.
DE l'LM-SK A K.OMPOING-KIAM Î8 kilomètres de levé nouveau.
Celle course, dans la partie sud de la province de Tbaung lvhmoum, où j'accompagnais une colonne, conduite par le résident local, organisée dans le même but que les précédentes, n'eut comme elles, d'autre résultat que le levé de l'itinéraire qui complétait l'étude topographique, faite lors de la construction du télégraphe, cl me permettait de me rendre un compte plus exact de la disposition des éminences de Péan-Chang.
Partis de Crauchmar en suivant la route de Spéan-Kiam, nous avions quitté celle-ci à Pum-Sé, gros village d'où un chemin atteint le Mékhong devant Kompong-Kiam.
Ce dernier trajet, n'avait pas montré le pays sous un aspect différent de celui que les précédentes marches, dans le bassin du Vaïco oriental, oui fait connaître. C'était la même belle plaine de rizières parsemée de villages à laquelle succédait la forêt épaisse garnissant les hauteurs, puis, en entrant dans le voisinage du Mékhong, des terres basses couvertes de bambous, soumises fortement à l'inondation cl inhabitées.
DE SVAI ÎIOMIET A PREYVENG
Ce dernier voyage, effectué avec M. Klobukowski et le second-roi, dans les mêmes conditions que celui de Takèo a Pnom-Penh, relie l'itinéraire aboutissant à Péam-Pkai-moreck à celui de Banam à Preyveng.
La grosse affaire en quittant le Mékhong pour les terres de l'Est, avait
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été de chercher l'endroit où <>u passerail son bras, le Tonlé-Tauchj < I < > 1 1 1 les bords sont généralement à pic, car noire convoi était nombreux en éléphants. La profondeur ou la largeur du cours d'eau importait peu à
ces animaux qui venaient de traverser le Mékhong devant Pnom-Penh,
mais il leur fallait, pour y entrer comme pour en sortir, des berges en pente douce.
La rivière fut lentement franchie à Misapréachan, et Ton se trouva en trois jours, après avoir parcouru un pays fertile el habité, dans les immenses plaines de Preyveng. terres basses à l'extrême qu'en temps d'inondation une petite chaloupe à vapeur pourrait parcourir très à l'aise, et où les villages sont partout où le sol un peu relevé permet d habiter.
Les temples bouddhistes, quand ils n'avaient pas élé détruits, nous servaient de logement dans les marches, car la saison pluvieuse avançait et il devenait difficile de camper dans les champs. A Preyveng où noire séjour devait se prolonger, des installations en paillottes avaient élé construites pour la colonne qui outre la compagnie d'infanterie de marine escortant le second roi. comptait plusieurs cenlaines de Cambodgiens.
Heureusement, le but, cette fois, put être atteint, les chefs rebelles de la rive gauche du fleuve firent tous leur soumission. Ce fut une salisfaction d'autant plus grande pour moi. d'y avoir participé, après tant d'échecs, que cette marche devait être ma dernière au Cambodge.
Fis ft'i. — Orchestre Cambodgien