‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895 (volume 2)Chapitre 65 sur 87 · TONRIN ET I. VOS ORIENT VI · texte numérisé non relu

TONRIN ET I. VOS ORIENT VI

sionnélles, accompli dos faits de guerre réputés audacieux cl (cinéraires dont sa grande connaissance de l'adversaire lui avait l'ail juger l'exécution possible et montré une admirable dextérité dans le maniement des indigènes qu'il avait eus sous sa direction en Indo-Chine et à Madagascar. Il comptait le voir mettre ses qualités en pratique dans la conduite de ce territoire immense. Non seulement d ne lui donnait pas de troupes supplémentaires, mais il espérait cl ce l'ut le résultai des premiers actes du commandant : l'évacuation sur le delta des troupes européennes cl le remplacement progressif, par des gens du pays, des soldats annamites qui y étaient cantonnés.

Né à Toulon le 25 décembre 1849, Pennequin était entré à Saint-Cyr en 1868 cl en était sorti lors de la déclaration de guerre avec la Prusse le 15 juillet 1870. Depuis celle date, il n'avait pour ainsi dire pas cessé d'être en campagne ou aux colonies.

A oici un court résumé de sa carrière jusqu à l'époque où nous lûmes ainsi réunis :

1870. — Comme sous-liculenant au i0 d'infanterie de marine, il prend pari à la campagne contre l'Allemagne, assiste aux combats de Mouzon el Douzy cl à la bataille de Sedan (épisodes de Bazeilles et Balan', où le chef de son bataillon et son lieutenant sont tués, son capitaine blessé, où le l'eu ne cessa (pie sur ordre après l'évacuation de Bazeilles incendié par l'artillerie ennemie, et où il fut fait prisonnier.

1 87*2 à I87-"). — Passe toute celle période à la Guyane, à la Martinique el à la Guadeloupe.

1877 à 1882. — Fait un premier séjour de deux ans au Tonkin, puis va passer deux ans el demi en Cûchinch 1 1 1 e m'i il est employé à la formation du régiment annamite.

1883 à 1886. — Arrive à Madagascar, débute par plusieurs reconnaissances autour de Tama ta ve, enlève un poste hova qu'il ramène prisonnier, esl décoré pour ce fait el continue la campagne par des succès constants qui attirent <\tr lui l'attention toute particulière du haut commandement.

Sa compagnie, fatiguée, esl à ce moment envoyée à I île de la Réu-

niiin pour s'y refaire : lui, reste pour prendre le commandement de la compagnie de volontaires de la Réunion, qui vienl d être créée.

Bientôt sa-. compagnie est de retour. Pennequin pari avec elle el va prendre la direction du poste d' Vmbamadirou, dans la haie de Panandra, en face de Nossi-Bé. Son premier soin est de dégager ce point, presque cerné par les limas. Le 13 octobre 1884, dans une marche de nuit, il enlève le poste hova d ^njaboury, situé à 20 kilomètres du sien, défendu par 200 hommes el du canon. Par une série de reconnaissances heureuses, il continue à se faire connaître dans le pays.

La population sakalave, enthousiasmée, se rallie à nous : d peut alors commencer à s'appuyer sur elle et lève une compagnie sakalave. Il organise le pays. Los quatre chefs du Nord (Tsialana, roi des Antankaras : le roi Monza. la reine Binao et le roi Ahonou) se rallient alors franchement à nous. Pennequin devient l'arbitre dans tous leurs différends et règle facilement toutes leurs affaires en tenant compte des mœurs et de la tradition. Sous son impulsion habile notre influence grandit chaque jour dans la région.

En décembre, il va attaquer les Hovas qui le menacent à Maïverano, dans la haie de Narinda et enlève leur poste.

En avril 1885, une colonne hova, forte de 1 000 hommes, vient de Tananarive avec l'anglais Servington pour rétablir l'autorité de la reine des Hovas sur le pays. Cette troupe, évitant Ambadimadirou, se porte dans la vallée de Sarubirano. Pennequin, avec tous ses Sakalaves et sa petite troupe française, marche pour prendre le contact avec elle et, après deux jours, l'atteint le 27 août 1885.

11 lui livre un rude combat le même jour à Andanpy ; la compagnie sakalave. complètement entourée, y repousse plusieurs assauts : alors un peloton français de réserve se porte sur les derrières des Hovas et détermine la déroute que les irréguliers sakalaves complètent en poursuivant les fuyards.

Pennequin. pour ce fait d'armes, est nommé officier de la Légion d'honneur avec la mention : « A brillamment conduit le combat d'Andanpy où il a été blessé. »

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