‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895 (volume 2)Chapitre 79 sur 87 · LAOS ORIENT VF, ET V\\ VM · texte numérisé non relu

LAOS ORIENT VF, ET V\\ VM

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Dès mon arrivée dans le canton, je suis confirmé par les habitants dans la certitude que le pays a toujours été directemenl administré par l'Annam. Les chefs tiennent leurs nominations des autorités annamites, mais depuis deux ou trois ans. un ageni siamois est venu leur offrir drs litres ('manant de Bangkok et s'est installé à Kammon avec des soldats. 11 y a (juinze jours, un coup de main a été tenté par des habitants pour enlever son poste, l'agent a été blessé, mais il a réussi à repousser l'attaque.

Pig 132. — Pont flottant en bambous sur le Nam-Kading.

Le commissaire siamois qui m'accompagne explique ainsi la présence d'un fonctionnaire de son pays sur notre territoire.

«( Il \ avait des pirates de l'autre côté des montagnes, alors le gouvernemenl siamois, pourassurer la tranquillité, a envoyé un fonctionnaire qui a établi sa résidence à Kammon et a placé des bornes frontières sili-

ces montagnes. »

L'agenl siamois a le litre de Pra Yot, lorsque je le rencontre, je coin

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prends qu'il esl là en exécution d'ordres précis de Bangkok, el qu il ne se retirera que s'il est rappelé.

Je lui fais connaître ainsi qu'au Louang Satra qu'une dépêche apportée le jour même par un courrier de \ inh. m'annonce qu'une troupe française vienl occuper la partie du pays comprise entre les monts el Kamiiioii. et que je suis chargé de l'installer. Je le prie de faire connaître lui-même aux chefs de la population que c'est au capitaine français qu'ils devront obéir, et je lui demande de ne pas dépasser les limites de son poste en attendant l'accord de nos deux gouvernements. Quand ma proposition est acceptée, j'envoie Kéo au-devant de nus soldats.

Le capitaine de Grasse, de l'infanterie de marine, arrive le 24 mars : il a sous ses ordres les lieutenants Carré et Rivière (le dernier devait plus tard faire partie de la mission). Je le mets en rapport avec le chef siamois. L'entente est de suite faite, la troupe française restera d'abord à Napé, elle ira ensuite s'établir au gros village de Na-Huong, plus en avant, lorsqu'une installation qu'on x commence sera achevée.

Le capitaine m'a apporté une correspondance m'informant que les troupes siamoises n'occupent pas seulement indûment le nord et le centre de la partie orientale du Laos, mais aussi le sud jusqu'au Cambodge, et elle m'apprend que je suis chargé du règlement de notre frontière avec le Siam. et de traiter l'évacuation par lui de ces pays.

Je mets le Louang Satra au courant de mes instructions que son gouvernement connaît déjà, et je lui annonce que je serai sans doute obligé de me. rendre à Bangkok avant de partir pour la France. Très au regret de la tournure qu'il voil prendre aux choses, en me quittant il va vers M. Vacle, dont le caractère simple et bon l'a conquis; il pense sans doute que son chagrin le touchera, et qu'il l'amènera à me faire conseiller au gouvernement de la République l'acceptation du fait accompli et le maintien des Siamois dans le pays, il lui dit:

« Le gouvernement français est fort et grand, il peut faire ce qu'il veut, le gouvernement siamois lui dit seulement : Ces territoires dont vous n'avez pas besoin, donnez-nous-les, comme vous nous avez donné autrefois le Cambodge ! »

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