I. VOS ORIENT M
l'été précédent. Son dessein était de prendre à Muong-Khoa sur le \amllnii la voie de terre la plus directe, passanl le nam-Ngoua à Sup-Nao d'où je lavais moi-même parcourue, el de revenir à son point de dépari en allanl joindre le Nam-Hou à Muong-Houne, el en déscendanl ensuite ce cours d'eau.
Plus lard, quand je venais d'arriver en France, j'appris que le capitaine avail effectué sou voyage sans incidents el qu'il étail rentré à Luang-Prabang le "20 mai après six semaines d'absence.
Je dirai ici que sa santé ne devait pas lui permettre un plus loup séjour au Laos. Le 1er juillet, dès malade il remil la conduite du poste à M. Massie, et rentra en Fiance où nous nous retrouvâmes. Il se maria quelque temps après. Son nom est, depuis, venu grossir la liste de ceux de mes anciens compagnons que la mort a enlevés.
Nicolon avail été décoré au titre de la mission. Il avait débuté comme
engagé volontaire au 4e régiment d'infanterie de marine. Soldai, il avail suivi les cours du lycée, el avait été admis à Saint-Cyr. \ sa sortie i\c 1 Ecole, il avail l'ail, en qualité <\c sous-lieutenanl au 11) . la campagnede Tunisie après laquelle il obtinl d'aller au Tonkin. C'est alors qu'au cours de la campagne, il fui désigné pour me rejoindre au Laos.
Sa volonté de parcourir une carrière lui lia nie et de me lire en évidence ses qualités militaires le conduisit, bientôt après son retour en France, à demander de reprendre la série des campagnes qu il avait commencée, ïlrejoignit, en Algérie, le 2e régiment de la Légion étrangère, el peu après, à la suite du massacre de la colonne Bonnier à Tombouctou,
M. Nicolon.
320 MISSION l'W I i;
parti f pour le Soudan où. jusqu'en décembre 1895, il (il un séjour très pénible à la suite duquel d succomba quelques jours après son arrivée dans sa famille. -J'avais précieusement gardé le souvenir de sa collaboralion, el je suivais avec un grand intérêt la vie de soldai de mon ancien compagnon. La nouvelle de sa morl me parvint quand, ma mission déjà terminée, | allais le revoir. Il disparaissait à ce moment où, inscrit au tableau d'avancement pour le grade de chef de bataillon, il allait recevoir la récompense de services remarqués, et où il allait prendre quelques mois de repos auprès de sa jeune femme et de son lils qu'il laissait dans la plus profonde affliction.
Fie-. 137. — Coffret laotien.
LAOS OCCIDENTAL
M. GARANGER '28 janvier au 19 mars 1889
Le mémo courrier, qui m'annonçait le voyage de M. Nicolon, me faisait connaître que \I. Garanger avait effectué son retour à Luang-Prabang et qu il était en route pour le Tonkin. Presque au début de son voyage, peu après avoir quitte \ieng-Sen. il avait trouvé les habitants îles frontières du royaume de Xieng-Toung en guerre avec leurs voisins laotiens et s était vu refuser le passage. Pendant qu'il cherchai! à apaiser les deux partis, son interprète cambodgien, Douith, succomba à nu accès de fièvre pernicieuse. M. Garanger s'éfail alors vu dans l'obligation de renoncer à son étude et il allait rentrer en France.
Douith, le plus jeune de mes collaborateurs cambodgiens était le pre- 1"- Série. — I. 41
MISSION l'A VI K
mier d'entre eux qui disparaissait ainsi au cours de la mission. Il était de ceux que j'avais conduits à l'école Cambodgienne de Paris, et du groupe amené au Laos à mon retour d'Hanoï au mois de juillet précédent. Son père, fonctionnaire énergique et notre partisan résolu, avait été massacré à ce titre par les rebelles pendant les troubles du Cambodge, dont j'ai parlé dans la première période. Sa mère me Taxait confié, il avait désiré suivre Garanger dans le beau voyage qu'il entreprenait. J'éprouvai de sa mort une peine très \i\e. je reportai sur son frère Oum, alors en France à l'école de Saint-Cyr. toute l'affection que j'avais eue pour lui. Comme on le verra plus loin, je pus recueillir ses restes au cours de la mission suivante, et rapporter ses cendres à sa famille éplorée.
Oill'rpl laotien.