‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 10 sur 125 · Voir page · texte numérisé non relu

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•2. Voir vol. I, page 3a3.

Cependant le moment de nous éloigner approche. L'époque où nous pourrons visiter avec fruit le fleuve, en même temps que le descendre très rapidement, est celle des premières crues. Les barques pour former les radeaux sont louées, les rameurs engagés. Le dépari pourra s'effectuer le 6 juillet.

Les dernières dispositions sont prises :

MM. Pennequin, Lefevre-Pontalis, Friquegnon, Donnât et moi, nous descendrons, vers la Gochinchine, le Mé-Khong que je connais en partie qu'aucun de mes compagnons n'a parcouru. A Nong Kay, MM. Cogniard. Dugast et Macey se joindront à nous. A Lakhône nous débarquerons MM. Cogniard, de Malglaive et Dugast. Ils y séjournerontjusqu à la fin des pluies, puis par terre, se rendront à Bassac où ils retrouveront MM. Cupet et Lugan.

M. Rivière est insuffisamment remis de sa maladie : M. Molleur, depuis son arrivée à Luang-Prabang est sous l'influence d'une fièvre liilieuse qui l'a extrêmement affaibli : l'un et l'autre ne sont pas en état d'être maintenus au Laos dans les conditions où il faut y vivre pour le moment. Ils se résignent à partir avec notre convoi qu'ils quitteront à Lakhône pour gagner le Tonkin vers Vinh. M. Rivière ira travaillera la carie de la mission au bureau géographique d'Hanoï, M. Molleur rentrera dans son administration.

Pendanl si m séjour de dix-huit mois à Luang-Prabang. M. Massie a rassemblé une importante collection d'objets des Ages de la pierre polie et du bronze et recueilli de nombreux échantillons des divers gisements miniers de la région. Il est désireux, pour continuer ses éludes géologiques, et prendre une connaissance plus complète du Laos, de circuler dans d'autres parties du pays. Je le charge d'accompagner, au Tonkin, nos deux compagnons malades, il profitera ensuite d'un vapeur pour venir nous retrouver à Saigon.

Le capitaine Cupet, achevant de se rétablir, attendra avec M. Lugan, la lin du mois de septembre à Luang-Prabang. Tous deux descendront alors h1 Mé-Rhong qu'ils quitteront à Nong Kay pour ne le retrouver qu'à Bassac après avoir étendu leurs itinéraires dans la direction de

Korat. Après leur réunion à Bassac avec MM. Cogniard, de Malglaive et Dugast, ils passeront sur la rive gauche du Mé-Khong afin de procéder au levé du pays entre la rivière Sé-bang-ien et le Cambodge.

En attendant son départ, M. Cupet gérera le poste de Luang-Prabang, il en confiera ensuite la direction à M.Counillon qui la conservera jusqu'au retour de M. Massie.

Ngin, et des Cambodgiens en nombre suffisant pour servir d'interprètes aux membres isolés de la mission, nous accompagnerons.

Le 4 juillet nous prenons congé du vieux roi, de ses fils, du commissaire siamois et du chef des bonzes de Wat-Maï, assurant nos amis de notre retour certain et, le 6, devant une foule sympathique, le courant rapide du fleuve torrentueux entraîne les sept radeaux formant notre convoi.

MM PENNEQUIN, GOGNTA.RD, DONNAT et DUGAST

.'> avril au 7 mai 1890.

Pou-fang, dont il a déjà été parlé, est situé à l'extrémité des Sip-song ehaii thaïs . à près «le 120 kilomètres à l'Ouest de Laï. C'est le point de croisement de deux routes commerciales autrefois liés suivies : i° route de Laï vers Xieng-Houng et le Mé-Khong, prolongement de celle venant d'Haiioï et de Choix) parallèlement à la Rivière Noire : 1" route de

TONKIN ET LAOS ORIENTAL 4i

Chine vers Luang-Prabang par Muong-Lé et la vallée du Nam-Hou. C'était autrefois une sorte de carrefour entre le Tonkin, la Chine, la Birmanie et le Laos. Les caravanes y passaient nombreuses, c'était aussi un lieu d'échanges. Depuis trente ans, tout commerce en avait à peu près disparu par suite de l'insécurité.

L'état de trouble du pays ne datait pas seulement de l'entrée en scène des bandes chinoises, mais de l'époque où une invasion des Lues des Sip-song pahn nas, bouleversa la région jusqu'aux derniers cantons des Sip-song chau thaïs. Lu-Vinh-Phuoc, chef des Pavillons noirs, secondé par Déo-van-tri, délégué par le gouvernement annamite la repoussa finalement, mais les troubles qu'elle avait créés persistèrent longtemps. Pou- Fang s'en ressentait encore; M. Penncquin devait enfin, par son passage, y assurer définitivement Tordre.

Dans le voyage qu'il allait faire pour gagner Luang-Prabang parcelle direction, le colonel avait pour mission, en outre de l'exécution du levé topographique de sa route, d'étudier la valeur des voies de communication, les ressources du pays, et d'installer aux environs de Pou-fang, un chef indigène choisi par Déo-van-lri avec une vingtaine de partisans. De plus, un de ses compagnons, M. Cogniard, irait reconnaître la Rivière Noire, jusqu'au confluent sur sa rive droite du gros torrent Nam- Nap qui, pendant son cours, forme la frontière avec la Chine, et il viendrait ensuite, pour descendre au Laos, les rejoindre à Pou-fang par un chemin qui, de Muong-Té, unit la Rivière Noire à ce point.

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