Voir le tableau, à la fin du volume
de Xieng Lap à Muong Sing qui est la principale voie de communication entre les Sip-song Pahn na et le Haut Laos, aussi rencontre-t-on de nombreuses caravanes de bœufs porteurs dans ce court trajet.
Le chemin qui va ensuite vers le Sud quitte la vallée du Nam-Ma, et pénètre dans un massif montagneux fort compact renfermant des sommets qui atteignent dix-huit cents à deux mille mètres. On rencontre d'abord le Pou Lao que le sentier franchit à une altitude de plus de 1 600 mètres, à environ mille mètres au-dessus de la plaine de Muong Nang. Il laisse vers l'Est l'énorme masse du Pou Kien Suong.
Après avoir coupé le Nam-Long,
important affluent de gauche du Lieutenant Seauve.
Nam Ma, il s'élève à dix-sept cents
mètres pour traverser, au col de Kéou Dang Hé, la chaîne du Pou Bo Kat qui forme la ligne de partage des eaux entre le Nam-Ma et le Nam-Pou. 11 rencontre ensuite les affluents du Nam-Maï, tributaire du Nam-Pou.
Jusqu'à Ban Pou Ping, c'est une série de montées et de descentes, dans un pays excessivement pittoresque, couvert de forêts et habité par des Yaos et des Méos qui vivent clairsemés sur les hauteurs qu'ils déboisent peu à peu pour y faire des champs de riz.
A une dizaine de kilomètres au Nord de Ban Pou Ping, au confluent nommé Nam-Samsop, passe la limite entre les territoires de Muong Sing et Muong Poukha. Le chef du village y signala, au lieutenant, la présence de MM. Rivière et Ryder qui. le lendemain, arrivèrent en efl'et. C'est de là que MM. Ryder et Seauve se rendirent à Xieng Kong pendant que M. Rivière s'enfonçait à l'Ouest, dans le pays habité par les khas Mouceus où il voulait établir quelques signaux géodésiques.
Jusqu'à Ta Khat, M. Seauve trouva alors un terrain moins accidenté ; la plupart du temps, le chemin court en plaine. Il passe au village abandonné de Muong Poukha, traverse ensuite la limite du territoire de Xieng Kong et débouche sur le Nam Pa à Ta Khat.
La région de Muong Poukha est peuplée par des Khas Kouen dirigés par quatre chefs de leur race.
Fig. 1.1- -— Ban tioué Sai, devant Xieng Kong
Le territoire de Xieng Kong sur la rive gauche du Mé-Khong, était subdivisé en trois groupes Kluts. Le chef du groupe du Nord résidait à Ta Khat. Le groupe du centre était sous l'autorité d'un chef résidant à Ban Moka Hang. le chef du Sud demeurait à Sang Noï au Sud du Nam-Ngao.
Pour passer de la vallée du Nam-Pa dans celle du Nam-Nga, le chemin monte sur le Pou Me Neng à i 200 mètres d'altitude ; c'est un nœud important dont les eaux alimentent le Nam-Nga, le Nam-Ngao et le Nam- Pa. Une station géodésique y fut établie pour relier des points que le
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capitaine Rivière devait déterminer, aux sommets déjà relevés par M. Mac-Carthy. Les habitants sont des Khas Lemet dans le Nord de cette région, des Khas Moucks en allant vers le Sud.
A partir de la rencontre du Nam-Kana le chemin suit constamment la vallée de cette rivière ; il coupe le Nam-Ngaoprès de Ban Poung, village situé dans une grande plaine. Les Khas Moucks de cet endroit sont bouddhistes, alors que dans le reste du pays ils ont simplement la croyance aux génies.
Entre Ban Poung et le Mé-Khong la plaine se continue coupée par des collines peu élevées. Les bois qui la couvrent sont des taillis et des bambous. En se rapprochant du fleuve, la forêt disparaît peu à peu. La chaleur devient accablante en terrain nu.
Le 5 février, le lieutenant Seauve et son compagnon atteignaient la rive gauche du Mé-Khong à Ban Houé Saï. C'est laque M. Macey, commissaire du Gouvernement, faisait établir des logements pour y recevoir la commission franco-anglaise. Sur une colline voisine, dans un petit poste, étaient établis les miliciens locaux.
L'agglomération de Bà Kéo (mine de pierres précieuses), dont fait partie Ban Houé Saï, est habitée par des Nhious. émigrés du Xieng Tong à la suite de l'occupation anglaise, et qui exploitent des gisements de saphirs au bord du fleuve, en face de Xieng Kong dont les cases sur la rive droite, s'étalent en une longue étendue bordant des jardins et des rizières.