DE MUONG HE A MUONG OUA, RETOUR A BAN LO ET A MUONG POUNG
2g janvier au 1 1 février.
Environ 80 kilomètres.
Cette course, qui allait comporter plus de 220 kilomètres, devait être exécutée rapidement afin de nous permettre de rejoindre bientôt nos
3 h MISSION PAV1E
compagnons qui n'avaient qu'un trajet bien moindre à accomplir. Aussi noire convoi était-il réduit au strict indispensable. D'autres membres de ma mission avaienl précédemment, après la mission de Lagrée, visité ce territoire. C'étaient MM. Massie et Vacle au commencement de 1891 et, plus lard, M. Garanger. J'avais surtout tenu à le parcourir jusqu'à Muong Oua, canton réclamé parla principauté de Xieng-Toung, et qui devait donner lien à discussion si nos deux gouvernements donnaient suite à bidée de la création d'une zone intermédiaire entre leurs possessions.
En route le 39 février, nous gagnâmes Muong Lœui en descendant le long du Nam-Hé jusqu'à son confluent avec le Nam-Lœui d'abord, puis en remontant sur sa rive gauche celle grande rivière dont, depuis Muong Lœui, la direction est exactement dans le prolongement du Nam- Hé. La marche dans cette partie de la route est généralement en forêt, la vallée étant resserrée entre des collines ; mais à partir de Muong Leui où le chemin passe sur la rive droite, les bailleurs plus reculées, laissent surtout apercevoir Ténor me sommet où prennent naissance les sources du Nam-Lœui et d'un autre gros affluent du Mé-Ivbong, le Nam-^ong. Une vaste plaine, remarquablement cultivée en rizières, s étend le long du cours d'eau montrant des villages habités par des Lues, et dont les principaux sont Muong You et Muong Oua. Une particularité nous frappa, la récolte du riz que nous avions trouvée terminée à Muong Sing un mois auparavant s'achevait seulement à Muong You et Muong Oua quand nous y arrivâmes. Ayant chargé M. Caillât de poursuivre l'excursion jusqu'à la limite du canton, à une journée dans lOuest, je préparai notre retour. Il eut lieu par radeau, sur le Nam-Lœui large parfois de plusieurs centaines de mètres dans un terrain lacustre, arrêté au confluent du Namlliin, à partir duquel il se rétrécit, et d'où M. Caillât et moi regagnâmes Ban Lo par le chemin déjà suivi : taudis que le capitaine Walker allait à Ban Lek.
De Ban Lo. nous étant dirigés sur Ban Oua, village lue précédemment vu à l'aller, nous y quittâmes notre première roule pour la bifurcation, dont il a été parlé, vers Muong Youm et Muong Poung.
Ce chemin nous montra le point précis où allait passer la frontière
avec la Chine en même temps qu'il nous fit voir l'intéressant pays de Muong Youm cultivé en rizières, et la vallée inférieure de la rivière qui en porte le nom.
Arrivé à Muong Poung le 1 1 février, j'allais y prendre un peu de repos. La Commission était là depuis la veille. Dans une entrevue avec M. Scott, il fut convenu que la mission anglaise se mettrait en route le lendemain par Muong La pour Muong Luong où MM. Lcfèvre-Ponlalis et Thomassin, parlant le surlendemain, la rejoindraient en passant par Muong Sing et en relevant un chemin qui suit les sources duNam-Ta, tandis que je gagnerais Xieng Kong par Xieng Lap, point réclamé, comme Muong Oua, par la principauté de Xieng Toung et que pour ce motif je tenais à visiter.
D'un autre côté, l'un des Commissaires chinois pour la délimitation venait aussi d'arriver à Muong Poung pour le rendez-vous avec moi convenu à Muong Lé, en décembre, relatif au règlement de la frontière; il m'annonça l'imminente arrivée de MM. Mailluchet el Oum et de son collègue qui, quelques jours après, m'y joignirent en effet, comme il a été dit plus haut '.
DE MUONG HÉ A BAN LEK ET A MUONG POUNG
Du l" au 6 février.
110 kilomètres dont 7!) de levé nouveau.
La Commission, diminuée de MM. Walker, Caillât et moi, quitta Muong lié pour Ban Lek le Ier février. Entrant tout de suite dans le bassin du Nam-Nga, elle atteint en trois étapes le Mé-khong, séjournant à Muong Oune el à Muong Tane. villages lues, le premier au bord de la rivière du même nom affluent du Nam-Nga, le second sur le Nam-Nga même, tous deux entourés de rizières. Le chemin est très difficile, particulièrement dans la troisième ('lape, an cours de laquelle on rencontre quelques pauvres villages KhasKhos. Cène sont que montées et descentes par des sentiers à peine frayés, à peine accessibles aux mules.