SEJOUR A HANOI. RENTRÉE EN FRANCE
conclusion du Traité, des fonctionnaires siamois. Dans la même zone ainsi que dans les provinces de Battambang et d'Angkor, il avait institué des monopoles qui nous exposaient à voir s'installer des concessionnaires étrangers à proximité de nos établissements. Tous ces actes avaient nue lâcheuse répercussion sur la rive gauche du Fleuve et nuisaient suide nombreux points à rétablissement pacifique de notre administration.
Fie. 1 55. — Le Mé-Nam à Bangkok.
Enfin le Gouvernement siamois, non seulement n'avait pris aucune mesure pour remettre à notre disposition les anciens habitants de la rive gauche, transportés ou détenus au Siam. mais il Taisait ses efforts poulies empêcher par intimidation ou par mauvais traitements de recourir au Représentant de la France. Celle question en soulevait d'ailleurs une autre des plus délicates, celle de la protection de nos ressortissants, qui créait de nombreuses difficultés en raison du mauvais vouloir persistant que la Cour de Bangkok apportait dans les affaires de cette nature.
ile Série. — II. 5o
3g4 MISSION PÀVIE
Ces différentes violations du Traité cl de la Convention avaient fait l'objet, de réclamations formelles de ma part. Jusqu'à présent le Siain avait toujours tenté de se dérober à l'exécution de ses engagements cl de contrecarrer mon action par des demandes directes auprès du Département des Affaires étrangères. J'avais réussi à arrêter les tentatives d'usurpation du Siam au Luang-Prabang, mais sur tous les autres points il m'avait été impossible d'obtenir satisfaction.
Le jugement du Pra Yot par le tribunal Siamois avait donné lieu à un acquittement. 11 avait fallu, sur l'appel de M. Ducos1, prévu par l'art. III tic la Convention, constituer un tribunal mixte qui avait prononcé la condamnation du coupable. Quant au règlement du procès criminel concernant l'affaire de long Xieng kbam, il était toujours en suspens.
Comme conséquence de celte attitude, le Gouvernement français maintenait l'occupation de Cbantaboun, et avait interrompu les négociations commerciales commencées à la iin de 1893 (art. Y du Traité), el pour lesquelles un prince siamois se trouvait à Paris.
M. Defrance, qu'accompagnait Mmc Defrance et leur enfant, étant arrivé à Bangkok, je lui remis, le 29 août, le service du Consulat général. J'avais, la veille, présenté mes lettres de rappel au Roi. Je m'embarquai le 3o pour Saigon que je quittai le 7 septembre. Un mois après j'étais en France.
En arrivant à Paris, je fus placé dans la situation de mission pour le règlement des affaires du Haut Mé-Kbong el du Siam.
A mon départ de Bangkok, j'avais tenu à aller me rendre compte de l'installation de notre poste militaire à Cbataboun. afin d'être en mesure de bien renseigner le Gouvernement et de lui fournir les indications sur ce qu'il conviendrait de faire s'il y avait lieu de prolonger l'occupation comme toul le faisait prévoir.
L'attitude du Siam amena en elfel le maintien de nos troupes dans