SE -SA NE
5 1 7 kilomètres de lève- nouveau.
M. Dugast avait aussi laissé Bassac le 28 novembre ; prenant d'abord le commencement de la route du centre cambodgien Mclou-Prev, an Sud, il avait ensuite longé le Mé-Khong vers Outom et Moula poumok,
irc Série — IL 1/1
ioO MISSION PAVIE
marchant pendant y5 kilomètres dans un pays mi-peuplé de laotiens, mipeuplé de Cambodgiens ol qui dans sa dernière partie, n'avait de chemin dans cette direction, que celui que le voyageur se frayait dans les hautes herbes. AMoulapoumok, il passa le Mé-Khong, etpritla route fréquentée qui en un trajet de 5o kilomètres, pendant lequel on ne rencontre que le village de Ban-ké, amène àSiempang. Là il trouva MM. Cupcl et Lugan. Continuant son itinéraire, il alla prendre à Say-Sabou, le chemin de Palassu, village à Go kilomètres au Sud. au bord du Sé-Sane : pour y arriver il passa, à Ban-Yeun, habité par des Khas Penongs, le Sé-kong. large de 35o mètres et parcourut un chemin presque constamment en forêt clairière.
Au lieu de le conduire à Bang-Laïa où il devait retrouver ses compagnons, le guide se conformant aux instructions du commissaire siamois l'amena sur les bords du Srépok au village de Kebal-Reméas, déjà visité par M. de Coulgeans, comptant sans doute le voir descendre de suite à Stung-Treng. Mais M. Dugast reconnaît alors la fausse direction qu'on bu l'ail suivre et parvient à retrouver le chemin de Ban-Laïa, et après une marche de 90 kilomètres dans un pays désert, mais dont l'aspect, foret clairière, plaine herbue, épaisse futaie, varie chaque jour en restant très beau, il joint à Ban-Sa?um, le 1 1 décembre, l'itinéraire de M. Cupet qu'il rencontre le lendemain, el .qu'il le met au courant des difficultés que de son côté il a éprouvées.
Le 1 '1 décembre M. Dugast se sépare de nouveau du capitaine et va joindre à 3o kilomètres au Nord de Ban-Laïa, la rivière Sé-Sane, à kébo, à travers un pays peuplé de Djaraïs, de Temponnes et de khas-khat, dont les villages, en guerre, sont fortifiés, et où les chemins sont souvent garnis de lancettes de bambous. Après avoir, en dernier lieu, parcouru un terrain couvert de petits soulèvements, il arrive à kébo, habité par une quarantaine de birmans.
Une mine d'or, ayant la réputation d'avoir été très productive, située dans les soulèvements proches, axait attiré ces aventuriers qui assurèrent à M. Dugast qu'on n'y trouvait plus d'or.
A kébo, M. Dugast s'embarqua sur le Sé-Sane, et le releva en le des-
cendant, pendant 172 kilomètres, jusqu'à Palassu, où il reprit la voie de terre par un chemin parallèle au Sé-Sane d'abord, au Srépok ensuite et sur leur rive droite, et qui amène à Stung-Treng après une marche de /jo kilomètres.
DE BASSAC A SREPOK PVIl MELOU PREY ET STUNG-TRENG 36o kilomètres <le levé nouveau.
M. Cogniard s'était mis en route de Bassac, le lendemain du dépari de MM. Dugast et Lugan. Il allai I joindre à Melou-Prey, chef-lieu d'une des anciennes provinces cambodgiennes détenues par le Siam, nos itinéraires à ceux de la mission de Lagrée et de M. Harmand. 11 y parvint après un trajet de i5o kilomètres au cours duquel il était sorli du plateau laotien par les hauteurs des Dangrek, et en passant les innombrables ruisseaux qui vont former le Tonlé-Repou et le Stung-Sen. De Melou- Prey. M. Cogniard avait gagné à 100 kilomètres dans l'Est, Tonlé Repou, autre chef-lieu cambodgien d'une province, où, comme pour la précédente, la délimitation entré le Cambodge et le Siam n'est pas encore intervenue. Dans cette partie de sa roule, il avait franchi les sources de l'importante rivière Slung-Ghinit dont l'embouchure est dans le fleuve du Lac, près de Somrong-Sen.
A Tonlé-lvepou, M. Cogniard passa le Mé-Ivbong et aborda Stung- Treng d'où il se rendit par terre à Kebal-Heméas. longeanl à distance le Srépok sur la rive gauche et empruntant une partie d'un itinéraire de M. de Coulgeans. Là il était passé sur la rive droite avait gagné Srépok puis le Sé-Sane qu'il descendit jusqu à Stung-Treng,
DEPART DE STUNG-TRENG
M. Cupet reçu à son arrivée à Stung-Treng avec M. Lugan par M. de Coulgeans, l'avait mis au courant des difficultés qui luiavaient été créées.
,1Ks mission pa\ ie
Se séparant de M. Lugan à qui mes instructions prescrivaient d'aller résider à Bassac, il descendit le aGdécembre, à Kratié, où MM. Gogniard, et Dugast le rejoignirent le 3i. De ce poste, il m'informa télégraphiquement au Tonkin, de ce qui s'était passé et me soumit, pour la suite des opérations de son groupe, un projet que j'approuvai.
Fig. 3y. — Méos venant vendre des provisions au poste français de Lai
M. VACLE
ier octobre au i5 novembre 1890.
DE MUONG-LYl A MUONG-HOtJ
Ainsi qu'il avait été convenu lors de notre séparation au mois de mai à Muong-Theng, M. Vacle s'était rendu dans la région de Pou-fang pour l'étudier au point de vue commercial, mais comme le voyage de M. Pennequin et de ses compagnons nous avait renseignés sur le pays
outre Laï et cet endroit, il avait projeté de pousser sa course jusqu'à Muong-Hou premier centre intéressant sur la voie de Xieng-Houng.
En attendantque la saison lui permît de se mettre en route, M. Vacle s'était employé à être un utile intermédiaire entre les chefs indigènes de Laï el l'autorité militaire de Sonia, à ce moment difficile où la reddition du (Illinois Huyen-Khao, avait encombré le pays, des partisans et leurs familles, de ce chef de bande1.
Parti le Ier octobre il avait atteint Pou-fang le i3, sans incident. S'engageanl ensuite sur le chemin au delà, il avait franchi la ligne départage des eaux entre la Rivière Noire et le Nam-Ilou habitée par des Yaos et le 2/1, était arrivé à quelques heures de Muong-Hou, à Bo-Sao où il trouva l'exploitation de sel dont il a déjà été parlé". Là, le passage vers Muong-Hou lui fut refusé par un officier chinois, soi-disant venu avec des soldats pour protéger le pays contre la piraterie, qui lui déclara (pie le pays relevait du Yunnan et qu'il ne pouvait y circuler sans passeport. Dépourvu de guides et de coolies M. Vacle n'insista pas, et son examen du canton terminé, il reprit la route de Laï.
11 avait constaté que le transit commercial, autrefois actif, était, sauf pour le sel, complètement arrêté depuis la dévastation de la région par les bandes chinoises, malgré le passage du colonel Pennequin et l'installation du poste de Muong-Nhié, qui avaient assuré la sécurité.
Revenu à Laï, il y trouva la nouvelle de mon arrivée prochaine, et l'expression de mon désir, que Déo-van-tri descendit à Hanoï avec lui sur les pirogues qui devaient venir y chercher la mission, ainsi que je le lui avais conseillé en le quittant. Je comptais, en effet, avant de me mettre en route avec ce chef pour la région du Haut-Mé-Khong, le présenter au gouverneur général, et lui montrer que l'autorité française ne gardait aucune rancune de l'état de guerre qui avait précédé sa soumission, qu'elleavait, pour son pays et pour lui, les intentions les plus bienveillantes et qu'elle lui était reconnaissante de l'aide qu'il apportait à la mission.
i . V oir page 3o.