ORGANISATION ET MISE EN ROUTE DE LÀ MISSION
\- novembre [889 au i5 Février i8<jo.
\ mon départ de France, quatre collaborateurs nouveaux, MM. Lefèyre-Pontalis, attaché d'ambassade; Dugast, sous-lieutenant d'infanterie de marine: Lugan et Molleur, commis de résidence en Indo- Chine, s'embarquèrent avec moi ainsi que quatre cambodgiens, élèves de l'École Coloniale.
Par le courrier suivant, M. Counillon, professeur au Lycée de Marseille, devait suivre avec le capitaine Cupel. L'organisation cl le complément de la mission s'achèveraient à mon arrivée à Hanoï.
A Singapore, quittant le paquebot, et laissant mes autres compagnons
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continuer leur voyage, je me dirigeai avec M. Lefèvre-Pontalis sur Bangkok, où i arrivai le 20 décembre.
Le roi de Siam m'y fit connaître son désir que les négociations eussent lieu exclusivement à Bangkok et non sur le terrain, et qu'il avait à cet effet, choisi comme commissaire, son ministre des Affaires Etrangères.
Ces conditions modifiaient singulièrement la manière de procéder que j'avais mission de suivre. Je n'allais, pour le moment, avoir qu'à me borner au règlement avec ce dernier, des dispositions pour l'exécution des études géographiques dans les régions contestées.
Interrogé par le roi sur la manière dont je complais conduire ces travaux et sur leur durée, j'indiquai le programme suivant qui fut adopté :
Avant les grandes pluies, jusque fin mai, les opérations se feraient simultanément dans les pays au nord de Luang-Prabang et dans ceux à l'est de Lakhone. Au moment des bautes eaux la mission descendrait le Mé-Khong. J'installerais en passant, aux centres intéressants: Lakbone, Bassac, Stung-Treng, ceux de mes compagnons appelés, le beau temps venu, à travailler dans] leurs territoires. Je gagnerais alors Bangkok (ai iùl), par Saïgon, afin de faire connaître au gouvernement siamois les premiers résultats obtenus el d'entamer les négociations concernant les parties terminées. En octobre je regagnerais le Laos par le Tonkin pour prendre part à l'achèvement des travaux qui auraient vraisemblablement lieu au mois d'avril suivant. La discussion définitive pourrait alors se faire.
Les questions de détail ayant été réglées, je m'embarquai avec M. Lefèvre-Pontalis le 4 janvier pour Hatien et Pnompenh. Je recrutai dans fi capitale cambodgienne le personnel indigène qui allait m'être nécessaire et après un court séjour à Saïgon nous étions, le '<3 janvier, à Hanoï, avec nos compagnons et M. Vacle, venu à notre rencontre.
Le Gouverneur général. M. Piquet, nie reinil les pouvoirs du roi du Cambodge el ceux de l'empereur d'Annam pour le règlement des questions territoriales el de délimitation, ainsi qu'un passeport du gouvernement chinois qui devail me permettre de parcourir les territoires du Sud
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du Yunnan et de prendre une idée générale de la région frontière de ce pays depuis le Mé-Khong jusqu'au Fleuve-Rouge. Il compléta la mission avec le personnel que je lui proposai et s'attacha à nous mettre en mesure départir dans les meilleures conditions.
Cinq autres collaborateurs étaient adjoints à la mission: MM. Rivière, lieutenant au a^u d'artillerie; de Malglaive, lieutenant d'infanterie de
I'ig, J\. — Bangkuk ■ — Le palais royal. — Sur la Menai
marine: Gogniard, lieutenant à la Légion étrangère; de ' Coulgeans, commis principal des Postes et Télégraphes, et Félix Le Danlec, préparateur à l'Institut Pasteur, qui accomplissait au Tonkin son service militaire.
J'allais aussi avoir de nouveau pour compagnon mon ami Pennequin, devenu lieutenant-colonel, et qui arrivé au terme de la période réglementaire de séjour en Indo-Chine, rentrerait en France en parcourant la vallée du Mé-Khong jusqu'en Cochinchine et me serait adjoint pendant le voyage.
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Deux lieutenants d'infanterie de marine, MM. Friquegnon et Donnât, dans les mêmes conditions de séjour, se joindraient également à nous.
De plus, un négociant, M. Macey, voyagerait avec la mission jusqu'à Luang-Prabang où il établirait un comptoir commercial.
Le 3 février, un premier groupe composé de MM. de Malglaive, Rivière, Lugan et Counillon, sous la direction du capitaine Cupet, se met en route vers Vinh sur la côte d'Annam, pour se disperser dans le Kammon et le Tran-Ninh et en achever l'exploration avant la fin des pluies. Tous devront ensuite rgagner Luang-Prabang où ils me retrouveront, en mai, avec la mission.
En même temps, M. de Coulgeans qui , au Cambodge depuis plusieurs années, avait dû à sa connaissance de la langue et du pays, de cumuler avec son emploi les fonctions de vice-résident dans diverses localités, reçut de moi l'avis d'aller s'installer à Stung-Treng, à la limite du Laos, afin d'y préparer une base d'opérations pour la mission et d'explorer la région environnante en nous attendant.
Enfin le i5 février, je quitte avec mes autres compagnons, Hanoï pour la Rivière-Noire, par la vallée de laquelle nous"gagnerons le Laos.
J'avais obtenu du Gouverneur général, entre autres mesures utiles à notre succès, la construction immédiate du télégraphe dans la région des Sip-song-chau-thaïs jusqu'à son chef-lieu, Sonia.
Fie'. 5. — Rivière Noire. Le barrage de Cliobo aux basses eaux.
TONKIN
MM. PAVIE, PENNEQUIN, VACLE, LEFÈVRE-PONTA.LIS, COGNIARD, DONNAT, DUGAST, FÉLIX LE DANTEG, MOLLEUR ET MACEY
i5 février au 17 avril 1890.
DE HANOI A MUONG-L
Aï (