‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 42 sur 125 · DE NA-POUNG V QLÏ.VING-TRI · texte numérisé non relu

DE NA-POUNG V QLÏ.VING-TRI

\près 1p départ de M. de Maglaive, Craucht, reconduit à Vang-Kham par les gens du village, avait remis au commissaire la lettre du capitaine. (!elui-ci, voyant qu'il n'avait pu réussir à empêcher l'explorateur d'accomplir sa mission et effrayé à la pensée de le voir revenir avec des soldats français, avait en halo formé un luxueux convoi de six éléphants et sous la conduite d'un fonctionnaire l'avait dirigé sur Cam-Lo, emportant l'interprète et le bagage.

Craucht avait soigneusement noté sa route, en six jours il était parvenu à Kam-Lo d'où l'autorité française l'avait fait rejoindre M. de Malglaivc à Quang-Tri. Le chemin qu'il avait suivi gagne Pa-Hang, suit la vallée de Nam-Tang, alfluent du Sé-lîang-1 lien. Franchit la ligne de partage, au delà du village de Sop-Kasoc . o\ joint à Tio-Thung la rivière krong-Athom qui sert de direction à la descente, comme le

Nam-Tangen a servi à là montée. Le pays parcouru est assez peuplé et généralement habité par des Khas-ïom-Leng.

DE HUÉ A DOUT (sOUI'CeS du Sé-Koilg). 78 kilomètres de lève'' nouveau.

Dans un séjour antérieur à Hué (1887-1888), M. de Malglaive et M. Vigy avaient lait plusieurs reconnaissances dans la zone montagneuse environnante. Depuis lors, trois ans s'étaient écoulés et les circonstances n'avaient pas permis à notre administration de faire étudier ce terrain resté géographiquement inconnu. Cette région, limitée au Nord par le bassin de la rivière de Quàng-Tri, contenait les plus septentrionales des peuplades considérées comme dangereuses et qui sont répandues vers le Sud, ainsi qu'on la \u à propos des voyages de MM. Cupel et Dugast. Les nombreuses variétés de Kbas disséminées depuis ces montagnes jusqu'à la Chine sont de mœurs douces et paisibles, mais celles au contraire, dont il est ici question, avaient été rendues défiantes et agressives par l'état de guerre entre les petites tribus que la chasse à l'homme qui y était pratiquée y entretenait. Il allait être d'autant plus difficile d'y pénétrer que les populations avaient, dans les derniers temps, éternises en garde contre nous par les émissaires des avant-postes siamois qui nous représentaient comme des destructeurs de leurs races résolus à les chasser du sol qu'ils occupaient.

Au courant de cette situation, M. de Malidaive voulut néanmoins tenter de visiter ces peuplades nomades, et de gagner par leurs montagnes la vallée du Mé-Ivhong afin d'étendre le réseau de ses itinéraires vers les centres d'Ailao ou de Saravane.

Le lieutenant Dudouis, muni d'une permission de quinze jours, allait l'accompagner pendant le début de sa marche.

En roule le 26 novembre, M. de Malglaive chercha un passage au Nord du gros sommet d'Atouat, dont il estime la hauteur à 2600 ou 3ooo mètres; il suivit pour cela le chemin des villages de Ba-Truc et

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Ké-té, et parvint, non sans les plus grandes hésitations de ses guides, à franchir la ligne de partage des eaux par une altitude de i 700 mètres. Les Khas-Triengs, avec lesquels il marchait, lui témoignaient, en effet, la plus grande crainte des peuplades Ta-Hoïs, chez lesquelles il allait falloir passer et déclaraient qu'ils n'oseraient y conduire le voyageur, convaincue que ces gens, qu'ils disaient féroces, se vengeraient sur eux de son introduction dans leur territoire.

Parvenu aux villages d'Atria, puis de Dout, aux sources du Sé-Kong, il constate l'attitude inquiète et hostile des gens de ce dernier endroit qui, aux premières heures de la nuit, se sont réunis en armes au bord de la forêt. Avant le jour, 1 interprète Craucht échappe à un coup de lance porté à travers le clayonnage sur lequel il repose. M. de Malglaive pense alors qu'il ne pourra gagner les basses vallées sans une petite escorte indigène; laissant là son bagage, il quitte Dout sur l'heure et regagne Atria. Bientôt, les gens de Dout lui font savoir que ce qui est arrivé est le fait d'individus étrangers au village et que le passage est libre chez eux. M. de Malglaivc, craignant que les mêmes difficultés ne se renouvellent plus loin, leur recommande son bagage, les assurant qu'il ne leur arrivera aucun mal s ils le respectent, puis il se rend à Hué d'où il me télégraphie ce qui s'est passé, nie soumettant un projet de marche avec vingt miliciens pour traverser la région sauvage. En l'approuvant d Hanoï, je lui recommande d'obtenir le passage par la persuasion.

M. de Malglaive était rentré à Hué le 16 décembre. Malgré les mécomptes de cette reconnaissance, elle lui avait permis d'obtenir des certitudes au sujet des directions sur Aï-Lao et Saravane et avait mis en lumière les conditions nécessaires pour traverser sans danger la zone des sauvages que le contact récent avec les Siamois rendait plus intraitables encore.

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