ETUDE DES VOIES PARALLELES AU ME-KHONG ENTRE KAM-TOING ET KEMMARAT
1/42 kilomètres de levé nouveau.
Pendant que son convoi se prépare, M. de Malglaive va faire le relevé des chemins sur les deux rives du Mé-Khong parallèles à son cours, entre Kam-Tong et Ivemmarat, el constate qu'il serait possible, sans difficultés sérieuses, d'établir une voie ferrée qui tournerait les obstacles à la navigation, nombreux dans cette partie du fleuve. Sa reconnaissance lui montre, sur la rive droite, un chemin entre Muong- Tiem et Kemmarat. plus accidenté que celui sur la rive gauche dont une partie avait été parcourue dans l'ilinéraire de Song-Kone à Kam-Tong et qui se déroule dans les vallées de deux gros ruisseaux, le Iloué-Pong et le Houé-Suoc; le premier, affluent du Mé-Khong; le second, du Sé-Don.
En rentrant à Kam-Tong, le i,r avril, M. de Malglaive trouve son convoi prêt et se met en route vers Attopeu le lendemain par le plateau des Bolovens.
lre Série. — 11. a4
DE KAM-ÏONG A ATTOPEU
a4o kilomètres de levé nouveau.
Le plateau habité dans sa partie la plus riche au point de vue du sol par les Khas Bolovens, envoie ses eaux au Nord vers le Sé-Don et au
Fig. !j3. — Cage à éléphant el voiture à buffles.
sud vers le Sé-Kong. Il avait autrefois été parcouru par M. Harmand, de l'Ouest à l'Est : M. de Malglaive allait couper à son centre l'itinéraire de son devancier. Les Bolovens commencent à être civilisés, s'habillent comme les Laotiens avec qui ils ont de fréquents rapports. Le plateau est habité à son extrémité Sud par des Ivhas. d'autre origine, qui vivent presque misérables dans un état demi-sauvage.
Le troisième jour de marche, M. de Malglaive, qui voyageait en élé-
pliant, atteignait le point culminant de cette belle région, Nong-Su-Kéo, à 1 370 mètres d'altitude. Au point de rencontre avec la route suivie par M. Harmand, un chemin conduit vers Attopeu par une pente douce, celui direct que suivait le voyageur était au contraire coupé par une falaise difficilement praticable et cependant très fréquentée. C'est à son approche que se rencontrent les premiers Kdias Nhia-Heun, en même temps qu'on entre chez celte pauvre population, le sol se modifie, devient inculte, presque stérile, puis une immense plaine d'herbe se déroule, ne montrant à son horizon que le pic de Lagrée. Le 7, le sol manque tout à coup, l'abîme se creuse en muraille verticale, la chute mesure 900 mètres, montrant le Sé-Kong et toute la basse plaine indochinoise. Malgré la raideur de la pente, les éléphants la descendent en deux étapes: les Khas l'habitent aussi par endroits. Le 8, M. de Malglaive était au bord de la rivière et peu après à Attopeu.
Là, il aurait voulu joindre les itinéraires de ses compagnons Cupet, Cogniard et Dugast, mais les autorités, après la retraite effectuée parles colonnes siamoises dans ces directions, se refusèrent à lui en faciliter les moyens. Il dut se résoudre à descendre vers le Cambodge en relevant la partie non connue du Sé-Kong (jusqu'au Sé-Pien).
En route le 11 avril, il suivit le cours d'abord paisible de la rivière que des rapides rendent plus difficile en celle saison, jusqu'après le confluent du Sé-Pien, et atteignit Stung-Treng le 16. C'était la fin de son exploration.
Du 1/1 octobre au il) avril, M. de Malglaive avait franchi en cinq endroits la ligne de partage des eaux et reconnu que la trouée de Maï- Lane forme l'un des meilleurs passages entre Tourane et le Mé-Khong. Il avait relié quatre fois le grand fleuve à la cote ; un de ses itinéraires était continu de Hué à Attopeu, par Ai'lao et Saravane.
De Strung-Treng, M. de Malglaive gagna Saigon et Hanoï, où il retrouva ses compagnons.
Fig. 54. — Installation de l'Argus à Klione pour la sécheres