ARRIVÉE A SAIGON. ÉCHEC DE U « ARGUS » DÉPART POUR BANGKOK
A Saigon, je quittai le paquebot qui m'avait ramené de France. J'avais tout d'abord à m'y mettre d'accord avec le Gouverneur général sur les différentes questions dont la solution allait être abordée au Siam, et à lui demander de régulariser la situation de ceux de mes compagnons, restés au Laos après l'achèvement de la dernière mission, et qui cessaient d'être sous ma direction.
M. de Lanessan était au cap Saint-Jacques, très soufflant dune maladie grave que les soins du D' Boulin et le dévouement de M"" de Lanessan réussirent à vaincre après une longue période de crainte et d inquiétude pour la colonie et pour ses amis au nombre desquels je comptais depuis bien longtemps. Il avait suivi avec le plus vif intérêt les opérations de la mission, et nous avait favorisés de tout son pouvoir, en même temps que de ses conseils, pendant la période (pu venait de s'achever ; aussi malgré l'état de fatigue et d'épuisement dans lequel il se trouvait et quoique le mal fût à son moment le plus aigu, il tint à me voir de suite et à me mettre, sans retard, en mesure de rejoindre mon poste. Je me rendis donc immédiatement auprès de bu.
fc Série. — II. 27
Le Gouverneur général, ayant accepté mes propositions en ce cpii
concernait le personnel de la mission resté au Laos, confia à MM. de Coulgeans et Lugan qui appartenaient à l'administration de l'Indo-Chine, les agences de Stung-Treng et de Luang-Prabang dans la vallée du Mé-Khong, dépendant désormais du Gouvernement général, et celles de Bassac, Lakhone et Outhène, aux représentants du Syndicat du haut Laos qui y résidaient depuis longtemps déjà.
MM. Massie et Counillon devaient être remisa leurs départements respectifs: le Ministère de la Guerre et le Ministère de l'Instruction publique : ils furent, en conséquence, invités à revenir de Luang-Prabang à Saigon.
M. Guissez, resté comme on l'a vu' sur 1' « Argus » dans la passe de Khône, y avait attendu la crue de 189 1 pour renouveler sa tentative de monlée vers le bief supérieur du fleuve. J'étais encore en France lorsqu'il m'avait l'ait connaître qu'il n avait pas réussi.
Le 23 septembre, les eaux ayant atteint le niveau qui lui était nécessaire, il avait mis sa chaloupe en marche. MM. de Coulgeans et Lugan assistaient à l'opération et lui prêtaient leur concours. La partie torrentueuse comportait 1 688 mètres. Lorsque quatre jours plus tard, la baisse survint, f\oo mètres seulement avaient pu être remontés ; l'Argus se trouvait bloqué au delà de « tbat phalalek », la quatrième assise rocheuse.
M. de Lancssan.