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aaO MISSION PAVIE
frontières, j'avais proposé que pour éviter tout incident nouveau, la ligne de partage des eaux du Mé-Khong fut provisoirement respectée de part et d'autre.
Non seulement ces tentatives conciliantes avaient été repoussées. mais dès ce moment, le Siam prit des mesures de plus en plus agressives, et son attitude à notre égard sembla avoir pour objectif résolu, de nous faire sentir l'inutilité d'efforts tendant à arriver à un arrangement qui ne serait pas entièrement à sa convenance.
11 lui était cependant facile de se rendre compte que, pour mettre fin à ses empiétements et obtenir un règlement de frontières suivant nos vues, nous étions en mesure d'occuper, sans coup férir, les régions de Battambang et d'Angkor, et que la seule présence de notre escadre d Extrême-Orient dans le golfe, causerait dans sa capitale un émoi qui nécessiterait la soumission à nos exigences. L'effectif de sa petite armée atteignait, en effet, à peine celui d'un régiment ; il était nécessaire au maintien de Tordre à Bangkok dont la population était, pour les quatre cinquièmes, composée de gens d'autres races que la sienne, et, par surcroit île faiblesse, celte troupe et celle de la Marine, étaient presque uniquement formées de ressortissants de la France: Cambodgiens, Kiams, Annamites, pouvant se réclamer d'elle après l'accomplissement du règlement territorial désiré, et levés pour la plupart contre tout droit.
Eu accentuant son rôle devenu provocateur, le Siam donnait donc l'impression d'un inexplicable aveuglement, mais il était en même temps clair que les conseillers européens, hostiles à un bon accord avec notre pays, lui avaient démontré que la résistance à nos demandes ne lui causerait aucune déception, parce que ainsi qu'il a été dit plus liant '. notre (iouvernenient ne voudrait pas. dans les circonstances actuelles, pousser les eboses à l'extrême, et que, en cas de difficultés graves avec nous, l'assistance de l'Angleterre lui serait acquise.
En présence de celle situation, le Gouvernement de la République pensa le moment venu d'aviser aux mesures à prendre pour régler défi-
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