Tchioum Takiate, et Mo
>. Etablie d'après le Livre jaune, et les documents publiés par le gouvernement siamois dans le <.< Bangkok Times », en juillet 1892.
SÉJOUR A BANGKOK. ÉVÉNEMENTS DE i8g3 23i
siamois dans ces deux affaires ainsi que pour l'évacuation immédiate des postes siamois établis en violation du « statu quo ».
27 mars. — La Canonnière française « Lutin » mouille à Bangkok.
6 avril. — Le Ministre des Affaires étrangères du Siam répond par une fin de non-recevoir à la communication du 26 février relativement à l'évacuation des postes, et annonce que les incidents de Tong Xieng Kham et d'Houtène vont être l'objet de nouvelles enquêtes.
10 avril. — Notification au Ministre des Affaires étrangères du Siam que devant la non-observation du « Statu quo » par son Gouvernement, et pour affirmer notre droit et assurer le transport de nos bateaux sur le Mé-Khong, le Gouvernement français a prescrit au Gouverneur général de l'Indo-cbine de faire occuper Stung-ïreng sur la rive gauche du Fleuve et l'île de Kbône.
16 avril. — Le journal officieux siamois, « Bangkok Times » dit: « Bruit que Français avancent sur le Mé-Khong est faux, ce qui est vrai, c'est qu'une centaine d'hommes ont occupé deux villages, sans importance, situés en territoire contesté. »
18 avril. — Le Minisire du Siam à Paris, présente une protestation contre l'occupation de Stung-Treng et de Kbône, à M. Develle, Ministre des Affaires étrangères, qui ne l'accepte pas, répondant que nous avions dû prendre des mesures pour faire cesser les empiétements.
20 avril. — Les dispositions militaires prises par le Gouvernement siamois, et ses envois de renforts et de munitions vers le Laos et Battambang inquiètent la population de Bangkok ; les consuls demandenl à leur Gouvernement la présence de bâtiments de guerre dans le Mé-nam, pour la protection de leurs nationaux, en cas de troubles.
i!\ avril. — La canonnière anglaise « Swift » mouille à Bangkok.
3 mai. — Les troupes siamoises attaquent sans avis préalable, le poste français nouvellement installé dans l'île de Khône et sont repoussécs.
k mai. — Une canonnière portugaise mouille à Bangkok.
5 mai. — Réponse du Gouvernement siamois refusant toute satisfaction à la France au sujet des incidents.
6 mai. — Le Résident de France Dufrénil, parti de Hué, se dirige mis
le Mé-Khong en renvoyant les postes siamois établis sur la rive gauche du
fleuve dans la région.
mai.
Pra-Yot.
Le capitaine Tlioreux, accompagnant, avec un interprète et trois tirailleurs annamites, un convoi de vivres envoyé de Stung-Treng à Khone, est enlevé par les Siamois qui le déclarent prisonnier.
iG mai. — Le Ministre du Siam à Paris, exprime à M. Develle, pour l'attaque de Khone, les regrets de son Gouvernement qui se défend d'avoir donné aucun ordre pouvant amener un conflit.
22 mai. — Le Résident de France à Vinh, M. Luce, renvoie vers le Mé-Khong le poste siamois installé à Kammon. Il donne à son chef Pra-Yot, une petite escorte conduite par l'inspecteur Grosgurin pour l'accompagner jusqu'à Keng-Kiec.
28 mai. — Le Résident Dufrénil, arrive au Mé-Khong devant Kemmarat. après avoir fait retirer, sans incident, les Siamois de tous les postes de la région.
3o mai. — Le croiseur anglais « Pallas » mouille, pour une croisière d'une durée indéterminée, à la barre du Mé-nam que son tirant d'eau ne lui permettrait pas de franchir.
Le Gouvernement siamois se défend d avoir fait exprimer des regrets à M. Develle pour l'attaque de Khone, déclarant que son représentant à Paris a mal interprété ses instructions télégraphiques. Il refuse de rendre la liberté au capitaine Tlioreux.
iG juin. - - La nouvelle que Pra-Yot, après avoir quitté Këng-Kiec1 y est revenu avec une troupe appelée par lui, et a traîtreusement massacré M. Grosgurin et son escorte, soulève en France la plus vive émotion. Ordre est donné à notre Escadre d'Extrême-Orient de se rapprocher de Saigon.