‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 73 sur 125 · Voir même série, vol. I, page · texte numérisé non relu

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26i MISSION PÀVIE

DE MUONG NAN A XIENG HAÏ

s3o kilomètres de levé nouveau.

En partant de Nan, notre itinéraire allait suivre un chemin dans l'Ouest vers Xieng Haï dont les points intéressants sont Xieng Moung et Muong Theune.

En roule, le i3 mai, nous marchons la première journée dans la vallée du Nam-Samoun, affluent de droite de la rivière de Nan, puis, le lendemain, dans celle du Mé-Si Pan, sous-affluent du Narn-Pi, et après avoir laissé ce dernier cours d'eau en arrière, nous retrouvons le Nam- Yom que nous avions quille à Muong Pré. La voie, généralement en foret, est accidentée et rude aux points de partage d'eaux où elle atteint 600 mètres d'altitude. Le voyage se continue le long du Nam-Yom qu'on traverse une première fois à Muong Sak. Le pays, où Ion rencontre ensuite Muong Poung et Muong Oi, dépeuplé par les invasions birmanes, revenait à la vie grâce à l'exploitation du teck, abondant dans les forêts.

Insensiblement, on passe du bassin du Mé-nam dans celui du Mé- Khong, la différence d'altitude est peu indiquée. La vallée du Nam-Lao, affluent de la grosse rivière Nam-Ing, large, bien cultivée et parsemée de villages populeux, cause une véritable surprise, la grande agglomération de Xieng Kham, qu'il faut deux heures pour traverser, mérite en particulier toute l'attention.

Les orages continuels, en grossissant les cours d'eau à traverser, ralentissent la marche; nulle part il n'y a de ponts, et à Xieng Leng force est de décharger les éléphants pour mettre avec des barques notre bagage de l'autre côte d'un petit affluent, débordé, du Nam-Lao ; rien n'est alors plus intéressant que de voir avec quelles précautions les mères font passer à la nage, le torrent à leurs éléphanteaux qui les suivent toujours pendant le voyage.

Une autre route, partant de Xieng Kham, conduit plus rapidement au

EXÉCUTION DU TRAITÉ. ORGANISATION DU LAOS FRANÇAIS a65

Mé-Khong que celle que nous suivons ; elle remonte la vallée du Nam-Lao et va prendre à sa source le Nam-Kop, petit affluent du fleuve, pour en longer le cours.

Par une forêt où le teck abonde, nous entrons sur le territoire de Muong ïheune, petit canton au delà duquel nous quittons la principauté de Nan pour entrer dans celle de Xieng Haï.

Cette partie du bassin du Mé-Khong offre un intérêt particulier au point de vue français, le teck n'étant pratiquement transportable que vers le Grand Fleuve, et le Nam-Ing, qui y conduit les eaux de son vaste bassin, étant une voie commode pour une pareille exploitation ; ses forêts inexploitées jusqu'à ce jour sont une vraie réserve qui ne peut être dirigée que vers nos débouchés de la Cochinchine.

Pour me mieux renseigner sur ce sujet intéressant, je chargeai M. Caillât de descendre la vallée du Nam-lng jusqu'à son embouchure à Xieng Kong.

Traversant le Nam-lng à Ban Tak , nous gagnons par la vallée de son affluent le Mé-Ta, puis par celle du Mé-Lao, affluent du Mé-Khok, Xieng Haï où j'avais séjourné en 1887 ', et où nous arrivons le 21 mai.

Xieng Haï, chef-lieu d'un canton comptant vingt villages, et où le teck est commun, est resté pauvre parce que ses forets, ainsi que celles du bassin du Nam-lng ne sont pas exploitées quoiqu'il ait deux cours d'eau, le Mé-Lao et le Mé-Khok, bons pour le transport des troncs vers le Mé- Khong.

DE XIENG HAÏ A XIENG SEN ET XIENG KONG

Cette époque, du commencement des pluies, est celle de la rentrée vers le Yunnan, des dernières caravanes chinoises revenant delà Birmanie ou du Laos occidental, de Xieng Mai et même de Raheng. Nous en rencontrons quelques-unes pendant nos séjours à Xieng Haï et en dernier lieu à Xieng

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